AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 La vérité est dans l'imaginaire {Ash

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   14.11.11 1:02

Mihael ne sortait pas souvent de chez lui, préférant largement la quiétude entre ses murs au brouhaha incessant de l’extérieur. Trop de bruits, de personnes, de couleurs, d’agitation ; c’était pour lui une agression aussi bien visuelle qu’auditive. Bien sûr il avait des obligations, faire les courses par exemple. Non, la cuisine ne se remplissait pas toute seule, et il était encore loin du stade de vieillard décati obligé de faire appel à une tierce personne pour les tâches du quotidien.
Il lui arrivait cependant de se livrer à quelques autres activités qui le forçaient à mettre le nez dehors telles que de longues promenades à l’extérieur de la ville, lorsque le beau temps était au rendez-vous et la température, supportable.
Le théâtre était un autre de ses petits plaisirs réguliers et pour ne rien gâcher, il s’en dressait justement un à quelques embranchements de ruelles de sa boutique. Tout au plus une vingtaine de minutes pour s’y rendre à pied, en passant par des endroits un peu vieillots préservés de l’affluence des foules. Le bâtiment, relique datant de bien avant la dernière grande guerre, dégageait une atmosphère accueillante qui mettait tout de suite à l’aise. Pas très grand, pas toujours très fréquenté mais très agréable ; il n’y était pas rare d’engager la conversation avec un parfait inconnu et ce de façon toute naturelle, alors que cela ne nous serait même pas venu à l’idée dans un autre endroit et à un autre moment.
On comprenait assez facilement pourquoi le clover aimait tant s’y rendre.

Ce soir, une troupe de nouveaux comédiens fraîchement arrivée dans Naniwa jouait une pièce qu’il avait découvert il y avait de ça une dizaine d’années auparavant au hasard d’une brocante : Rhinocéros, œuvre pour le moins surprenante datant du XXe siècle. Il ne lui avait jamais été donné l’occasion d’assister à une représentation de celle-ci avant aujourd’hui, autant vous dire qu’il s’avouait assez curieux de voir ce que ça allait donner sur scène. Ceci étant dit, il ne craignait pas franchement être déçu, s’étant renseigné quelque peu au préalable sur les acteurs et n’en ayant eu que des bons retours ; visiblement, les spectacles qu’ils donnaient étaient à la hauteur de ses espérances.

Le vieil homme présenta son droit d’entrée à l’accueil et pénétra dans la salle déjà bien remplie, balayant les rangées de sièges du regard pour finalement aviser quelques places libres qui lui convenaient. Bien qu’un écran géant soit situé derrière la scène afin de renvoyer une bonne image à ceux qui se trouvaient trop loin pour correctement y voir, il tenait tout particulièrement à se placer vers l’avant. S’il ne pouvait pas voir le jeu des acteurs en vrai, autant rester chez soi et attendre la rediffusion sur une des nombreuses chaînes télévisées. L’écran serait certes plus petit, mais au moins il n’y avait rien à payer.
Et puis de toute façon, Mihael ne s’encombrait pas de ce genre d’accessoires, qu’il jugeait parfaitement obsolètes en plus d’être dangereusement addictifs.

Il ne devait plus être loin de neuf heures du soir à présent et s’il n’y avait pas de retard, les rideaux s’ouvriraient d’ici cinq minutes, peut-être dix. Il prit place à côté d’une femme dont la beauté indéniable avait déjà dû faire bien des victimes ; peu de temps après, les lumières se mirent à décroître progressivement pour finalement s’éteindre. Seule l’estrade restait lumineuse, avantageusement mise en avant. Les murmures épars se calmèrent à leur tour. La représentation commençait.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   16.11.11 19:18

Ashkore avait élu domicile dans le quartier de Tennoji. Elle avait trouvé son bonheur en achetant un appartement spacieux qui sentait les vieux meubles et le temps passé. Un endroit situé dans les rues les plus calmes, luxueux mais où la modernité n’avait pas sa place. Parfait pour une dragonne âgée de plusieurs millénaires et plus que réfractaire aux nouvelles technologies et aux barres d’immeubles faites de béton, sans personnalité, sans cachet et sans charme aucun.

Mais plus que son nouveau lieu de résidence, c’était Tennoji qu’elle appréciait réellement. Depuis qu’elle était arrivée, elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait passé sa journée complète à flâner dans les parcs et à explorer les moindres recoins et ruelles du vieux quartier. En s’y baladant, la jeune femme sentait le poids des âges, de la culture et des traditions japonaises planer. Tout cela la rendait nettement plus à l’aise que dans n’importe lequel des autres secteurs de Naniwa.

Ashkore avait déjà visité plusieurs temples et églises des environs, mais nombres de bâtiments restaient encore inconnus et mystérieux à ses yeux. Le théâtre faisait partie de ceux-ci. Elle connaissait bien la façade en elle-même, passant devant presque tous les jours, mais n’avait pas la moindre idée de ce qu’il pouvait y avoir à l’intérieur. Elle avait vaguement cru comprendre qu’on y racontait des histoires. Curieuse comme elle était et se disant qu’elle ne pourrait qu’en apprendre plus sur les humains et la Terre, la dragonne avait donc fini par se décider et avait pris une place pour… « Rhinocéros » ? Le titre la laissait un peu pantoise mais bon…

Le grand soir était finalement arrivé. Impatiente, elle s’était préparée « en vitesse » mais pas trop quand même, histoire de conserver son élégance et sa classe habituelles, et avait filé au théâtre. Un nombre assez important de personnes allaient écouter ce récit apparemment, ce qui rassura un peu la belle femme.
Ne voulant perdre aucune miette de ce qui se déroulerait sous ses yeux, la dragonne prit place dans une rangée peu éloignée de la scène. D’abord seule, elle fut rejoint, quelques instants avant que l’histoire ne commence, par un homme, grand et semblant d’un certain âge lui aussi. Elle lui sourit brièvement quand il s’assit à ses côtés, puis reporta son attention sur ce qui semblait être une scène lorsque la pénombre et le silence s’installèrent.

~~~~~

Quand les lumières se rallumèrent, Ashkore se leva et sortit de la salle tranquillement comme la plupart des gens. Elle affichait un air un peu chamboulé, ne sachant trop comment réagir face à la nouvelle qu’elle venait d’apprendre. Deux chapitres venaient d’être racontés et il en restait encore un apparemment. Si ce dernier terminait sur une bonne note comme l’invention du vaccin contre la rhinocérite, peut-être serait-elle soulagée…et irait-elle se faire vacciner surtout ! Comprenez bien : le dernier des dragons ne pouvait se permettre de se retrouver changer en rhinocéros ! De quoi aurait-elle l’air (à part d’un rhinocéros j’entends…) si cela arrivait ?

En attendant, la jeune femme restait méfiante vis-à-vis de cette maladie. Elle semblait la seule pourtant, les gens autour d’elle discutant joyeusement de ce qu’ils venaient de voir. Son regard d’or se posa alors sur son voisin de tout à l’heure et elle décida d’engager la conversation avec lui pour lui faire part de ses préoccupations.

« Inquiétante cette information, vous ne trouvez pas ? dit-elle de sa voix grave après s’être approché de lui par derrière. Prions pour que la ville soit épargnée, je ne désirerais point me retrouver avec pareille allure. »

La dragonne sourit très légèrement sur ses derniers mots mais affichait un air relativement sérieux tout de même. Ses prunelles inquiétantes plongées dans le regard de l’homme qui se tenait en face d’elle, elle attendait. Soit qu’il la rassure, soit qu’il partage lui aussi son trouble…
Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   25.11.11 11:31

Jusqu’à présent, Mihael était relativement satisfait de l’interprétation que la troupe avait faite de cette comédie. Le jeu des acteurs était bon, on voyait qu’ils savaient parfaitement ce qu’ils avaient à faire et qui plus est, qu’ils y prenaient du plaisir, ce qui rendait la représentation d’autant plus agréable à regarder. Les deux premiers actes passèrent ainsi comme une lettre à la poste sans laisser le temps au clover de s’ennuyer.
Lorsque la seconde entracte arriva et que les lumières se rallumèrent doucement afin de laisser le temps au public de se déshabituer de l’obscurité, il se leva en même temps que la plupart des personnes présentes, profitant de la petite vingtaine de minutes de pause pour aller se dégourdir les jambes. L’air, au dehors, s’était considérablement rafraîchi en même temps que la nuit était tombée, ce qui ne l’empêcha pas pour autant de sortir du hall qui avait déjà commencé à se remplir du brouhaha des autres spectateurs. Il s’adossa au mur du théâtre à côté de la grande porte, restée ouverte afin que ceux qui comme lui, profitaient du calme très relatif de l’extérieur, puissent être averti quand le troisième acte commencerait.

Finalement, il retourna à l’intérieur pour aller se chercher un café à la buvette. Il était en train de terminer d’en régler la somme au vendeur lorsqu’elle s’était approchée dans son dos pour lui adresser la parole. Ne l’ayant pas entendue venir, Mihael tressaillit puis jeta un rapide coup d’œil circulaire histoire d’être sûr que c’était bien à lui qu’elle adressait la parole ; il ne comprenait pas trop cet intérêt soudain pour lui. Il se retourna vers la voix féminine qui l’avait alpagué pour se retrouver nez-à-nez avec la femme à côté de laquelle il s’était retrouvé assis tout à l’heure.
Etait-elle vraiment sincère dans ce qu’elle venait de lui dire à l’instant, ou bien essayait-elle seulement de le faire tourner en bourrique en se jouant de lui ainsi ? Il la considéra un instant, l’air interrogatif, avant de se décider à accepter qu’elle ne plaisantait pas le moins du monde. Les coins de sa bouche se relevèrent en ce qui s’apparentait le plus à un sourire chez lui ; on trouvait décidément de sacré énergumènes par ici. Ceci étant dit, il n’avait pas la moindre réticence à converser avec elle, se trouvant dans d’excellentes dispositions après l’impression favorable que lui avait laissé le commencement de la pièce.

« Je pense que Naniwa a déjà suffisamment à faire avec tous les problèmes qu’elle abrite en son sein pour s’embarrasser d’un cas aussi… original, que celui-ci », lui répondit-il tout de même sur un ton semblable à celui qu’elle avait utilisé en l’abordant, quoique très légèrement nuancé par une infime note d’amusement qui pointait dans sa voix.

Loin de lui l’idée de se moquer d’elle, cependant. Premièrement, parce qu’il n’était absolument pas du genre à réagir de la sorte et ensuite, parce quand on voyait les choses pour le moins surprenantes qui pouvaient arriver que ce soit ici ou dans le reste du monde, la possibilité de l’existence véritable d’une rhinocérite n’était pas si aberrante que ça au final.
Mais espérons tout de même que certaines personnes ne songeraient jamais à s’inspirer de pièces telles que celle-ci pour abreuver leur cerveau détraqué et en mal de création. Le cas échéant, il y aurait vraiment de quoi craindre ce qui pourrait bien en résulter. Mihael ne tenait pas franchement à assister à ça.

Il but son café sans cesser de l’observer, attentif à la manière dont elle réagirait suite à la réponse qu’il venait de lui donner. Ses sens surdéveloppés de clover lui indiquait qu’elle n’était pas humaine aussi clairement que si cela avait été écrit en grosses lettres clignotantes au dessus de sa tête, mais il ne sentait aucun danger émanant d’elle dans l’immédiat, en conséquence de quoi il n’avait pas jugé utile de modifier son comportement. S’il devait se retrancher derrière une barricade de méfiance à chaque fois qu’il se trouvait en face de quelqu’un sortant de l’ordinaire, mieux valait qu’il n’essaie même plus de franchir la porte de sa librairie et qu’il se fasse définitivement ermite.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   20.12.11 20:48

Ashkore considérait l’homme en face d’elle d’un air un peu étonné, ses fins sourcils noirs légèrement haussés, la mine sérieuse. Il avait sursauté lorsqu’elle l’avait abordé avant de la regarder avec surprise, puis d’esquisser finalement un sourire. Elle, n’avait pas bougé d’un cil, en proie à une intense cogitation.
Se trouvant bien loin d’être une spécialiste du comportement humain, la dragonne ne savait trop comment interpréter tout cela. Etait-il en train de se moquer d’elle, de s’amuser de la situation, ou bien simplement de partager son avis avec plaisir ? Après légère réflexion, la créature décida de lui accorder le bénéfice du doute, et écouta donc les propos de l’homme avec intérêt et grande attention.

Elle qui espérait se voir un peu rassurée par ceux-ci, ne le fut pas vraiment. Elle resta interdite dans un premier temps, scrutant le regard gris acier de l’homme de ses grands yeux d’or. Ses lèvres habillées de carmin s’étaient entrouvertes sur les paroles de son interlocuteur, comme prêtes à répondre à l’instant même où le mot de la fin serait tombé, mais il n’en fut rien. La multi-centenaire préféra laisser parler le silence quelques secondes, le temps de choisir comment formuler sa propre réponse.
Elle avait lu un certain proverbe qui indiquait de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler, croyez bien qu’elle en tenait rudement compte - elle qui était anciennement connue pour rapidement mettre le feu aux poudres chez les siens, ce n’était pas un mal - .

Quoiqu’il en soit, langue tournée sept fois ou pas, Ashkore ne semblait pas disposée à formuler immédiatement ses dires, nombre de question se bousculant dans sa tête.
Cette maladie était-elle si rare qu’elle ne méritait donc pas que l’on se préoccupe d’elle ? Quels genres de « soucis », dont parlait son interlocuteur, pouvaient bien être plus importants à régler qu’une affliction qui changeait ses victimes en rhinocéros. La jeune femme était un peu choquée d’entendre cela et s’interrogeait vraiment sur le fait qu’aucun laboratoire ne se soit réellement pencher sur ce mal si épineux.
Après de instant qui parut sans doute une éternité à son vis-à-vis, elle finit néanmoins à ouvrir la bouche et daigner parler.

« Qu’entendez-vous par là ? Que nous ne risquons rien ou bien que Naniwa n’a cure de ce mal ? La rhinocérite est-elle si rare qu’elle ne mérite pas que l’on se soucis d’elle ? Aussi inhabituel que soit ce trouble, des recherches devraient tout de même être entreprises… »

Le visage à présent légèrement renfrogné, la belle créature détourna son attention sur la buvette, observant toujours en coin la réaction de l’homme avec qui elle conversait. Attendant sa future réplique avec une légère impatience, elle commanda un thé. Une fois la somme réglée, elle renifla doucement la boisson, un peu sceptique quant au goût de la boisson, et but ensuite celle-ci d’une traite, sans s’inquiéter le moins du monde de l’eau encore fumante.
Mouai, buvable. De l’eau parfumée quoi…
Puis reposant le gobelet vide sur la table, Ashkore se retourna de nouveau vers son interlocuteur pour lui faire pleinement face, un fin jet de fumée sortant par son nez alors qu’elle expirait après avoir engloutit le breuvage.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   29.02.12 14:40

« Des recherches ? Il y en a beaucoup qui mériteraient d’être entreprises et sérieusement menées, et au moins deux fois plus qui n’auraient même jamais dû voir le jour. »

Le vieil homme laissa échapper un petit éclat de rire un peu amer, avant de se souvenir que le sujet de base n’était pas censé être une discussion sérieuse… du moins en ce qui le concernait. Il se reprit, chassa les pensées sombres qui avaient eu l’audace de prendre d’assaut sa bonne humeur l’espace d’une poignée de secondes, et les noya dans une nouvelle gorgée de café.
L’inconnue, quant à elle, avait profité de ce qu’ils étaient restés non loin de la buvette pour à son tour commander quelque chose à boire, l’air un peu perplexe devant le contenu de son verre. Cela ne l’en empêcha cependant pas de le boire en quelques gorgées rapides, alors même que la vapeur s’élevant du contenant indiquait que le liquide devait être particulièrement chaud… une chose dont elle ne sembla même pas s’apercevoir, contrairement à son interlocuteur qui, ayant voulu la prévenir qu’elle risquait de se brûler, n’avait même pas eu le temps d’ouvrir la bouche que le thé avait déjà été ingéré. Son regard trahissait un certain étonnement tandis qu’il la considérait, lequel s’accentua alors d’autant plus qu’elle se mit à souffler de la fumée… par le nez. Cette jeune femme semblait définitivement pleine de surprises.
Il décida toutefois de ne pas se focaliser là-dessus et de ne pas la considérer comme un danger potentiel seulement parce qu’elle possédait l’incroyablement étonnante capacité – oui, ceci est bel et bien de l’ironie – de boire une boisson brûlante sans sourciller, partant de toute façon du principe que sa réponse viendrait en temps et en heure.

Puis il sembla se rappeler que la grande brune était sincère et réellement inquiète à propos d’un potentiel risque de rhinocérite, et reprit la parole d’une voix un peu plus légère que précédemment.

« Mais il n’y a nulle inquiétude à avoir à ce sujet car vous ne risquez strictement rien, pas plus que quiconque ici. Profitez donc plutôt de cette représentation, au lieu de vous ronger les sangs. »

Mihael termina son café sur ces entrefaites, avant de vérifier l’heure qu’il était sur la montre qu’il arborait au poignet : visiblement, il leur restait encore une bonne dizaine de minutes avant que la séance ne reprenne, et il se demandait si ce laps de temps suffirait à ce qu’elle comprenne où il voulait en venir… tout en espérant que ça ne serait pas le cas : ainsi, elle « vivait » la représentation d’une toute autre manière que les autres spectateurs, et rien ne l’empêcherait d’en savourer le comique une autre fois, ou tout simplement en lisant l’œuvre originelle.
D’ailleurs, il était plutôt amusant de constater à quel point l’absurdité totale de la pièce jouée semblait ne pas l’interpeller plus que ça : c'était à croire que de son point de vue il n’y avait rien de dérangeant là-dedans, hormis cette curieuse maladie. Elle ne devait pas être très familière avec le comportement habituel des humains et, réalisant ceci, Mihael ne pouvait empêcher une petite pointe de curiosité de le tarauder. Il se demandait malgré tout quel genre de créature elle pouvait être, puisqu’il ne trouvait en elle rien de ce qu’il connaissait et que mine de rien, il connaissait tout de même pas mal de choses, avec tous les voyages qu'il avait fait au cours de sa vie.

Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   23.03.12 18:01

Ashkore ne se rendit compte de sa « bêtise » qu’en apercevant le regard étonné de son interlocuteur posé sur elle. Enfin…elle comprit qu’elle avait fait quelque chose de travers mais quant à savoir quoi exactement, il s’agissait là d’une autre histoire. Peut-être la boisson qu’elle avait commandée ne se buvait-elle pas de cette façon. Ou bien était-ce la fumée qu’elle avait rejeté ? Pourtant, il lui semblait avoir déjà vu quelques humains expirer ainsi par le nez, notamment quand ils avaient ce qu’ils nommaient « cigarette » à la bouche, alors elle ne vit pas trop en quoi cet acte aurait pu choquer qui que ce soit.

Décidemment, cela faisait bien trop peu de temps que la dragonne déambulait sous son apparence anthropomorphique, mêlée aux hommes, et ces quelques mois ne lui avaient pas permis de se mettre pleinement à jour sur le contexte actuel. Bien des choses restaient alors un mystère à ses yeux d’ambre.
La situation actuelle regroupait d’ailleurs bon nombre de ces énigmes et les questions continuaient à se bousculer dans l’esprit de la dragonne, s’éclipsant dans un coin quand celles-ci avait trouvé un semblant de réponse, disparaissant quand la dite réponse était confirmée, et enfin, jaillissant et naissant de toute part dès que son interlocuteur réagissait d’une certaine façon ou laissait échapper des phrases que devaient être pour lui somme toute banales mais qui faisaient beaucoup s’interroger la jeune femme.
La brève allusion à des recherches peu réjouissantes et inhumaines semblait-il, n’était d’ailleurs pas passée inaperçue à la belle brune. Elle avait aussi remarqué que le vieillard avait vite balayé sa propre remarque pour revenir au sujet de base, Rhinocéros. Ashkore préféra donc garder de côté le thème des curieuses expériences pour plus tard, ne doutant pas de trouver une autre occasion pour remettre ça sur le tapis.

Les quelques mots de son vis-à-vis, prononcés sur une note plus légère, réussirent tout de même à détendre un peu l’ancestrale lézarde. Bien que découvrant tout juste la fameuse expression « se ronger les sangs » - devant laquelle elle ne peut s’empêcher d’écarquiller les yeux et de battre curieusement des paupières, le tout avec la tête légèrement inclinée -, la belle créature comprit néanmoins la signification globale de la phrase, et se décida à suivre le petit conseil. De plus, l’homme paraissait tellement sûr de lui et du fait qu’il n’arriverait rien à personne, que la dragonne ne vit aucune raison de ne pas se fier à l’assurance dont il faisait preuve – son instinct à elle ne lui dictant pas plus que ça de se tenir sur ses gardes qui plus est.

« Oui…oui vous avez raison, je vais essayer de ne pas trop m’en faire et espérer une conclusion heureuse à ce documentaire, dit-elle avec un léger sourire. Puis après un court silence, elle reprit, en désignant brièvement d’un signe de tête la foule de personnes commençant à s’activer : nous ferions mieux d’y retourner d’ailleurs. La pause semble arriver à sa fin. »

Un peu plus sereine qu’avant – en apparence du moins – Ashkore s’engagea avec son voisin dans la file qui s’était de nouveau formée. Quelques minutes suffirent pour qu’ils rejoignent tous deux leurs sièges respectifs sur le devant de la salle. Les lumières finirent par s’éteindre une nouvelle fois et la salle retomba dans le plus grand silence tandis que le rideau rouge s’ouvrait.

~~~~~


Le troisième et dernier acte fut sans doute celui qui choqua le plus la brune. Et alors que les applaudissements et compliments fusaient de part et d’autres de la salle, Ashkore, elle, frappait distraitement dans ses mains, les yeux perdus dans le vague.
Elle ne se leva pas non plus immédiatement, préférant éviter la foule qui se bousculait pour sortir et rester là à cogiter un peu. Et à son interlocuteur, elle ne posa qu’une question avant qu’il ne décide de partir à son tour :

« Croyez-vous en l'humain ? »
Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   09.06.12 20:40

Saluant la performance de la troupe qui venait de les régaler pour la soirée, le public applaudissait en même temps que les lumières se rallumaient, et que plusieurs conversations débutaient de toutes parts, créant une espèce de bourdonnement en continu assez désagréable pour qui n’y prenait pas part.

Et puis la question tomba, inattendue et le prenant totalement au dépourvu. Pendant un instant, il avait oublié la charmante brunette qui lui tenait lieu de voisine. Mais c’est vrai que leur conversation avait été interrompue avant de réellement pouvoir commencer, tout à l’heure. Quoi de plus normal, alors, qu’elle la relance maintenant que la pièce était terminée et qu’ils disposaient de tout le temps qu’il leur fallait pour discuter ?
Il se tourna vers elle, la découvrant encore assise, tout comme lui, et attendant probablement la même chose : que le gros du monde finisse d’évacuer la pièce afin que ça ne bouchonne plus autour des sorties. Sage décision après tout, pourquoi patienter debout quand on pouvait le faire assis ?
Silencieux pour l’instant, le clover se contentait d’observer la curieuse jeune femme, tout en méditant sur la réponse qu’il s’apprêter à lui donner. Et celle-ci n’était pas des plus évidentes, pourvu que l’on prenne le temps de se pencher réellement sur sa signification.

« En toute sincérité, je devrais vous répondre non », finit-il cependant par lui avouer posément. « Néanmoins, reprit-il après quelques instants, si même les humains n’accordent aucun crédit à ceux de leur propre race, alors qui se chargera de le faire pour eux ? »

Et qui restait-il, d’ailleurs, pour cette tâche ? On ne pouvait plus compter sur les Anges pour s'en acquitter, pas après ce conflit qui les avait opposé et qui était encore si frais dans les mémoires de tous.

« Vous, peut-être ? »

Par cette dernière question, il avait simplement cherché à lui signifier que sa couverture n’était pas aussi parfaite qu’elle y paraissait. On ne jouait pas à l’humain avec un clover, pas si facilement du moins.
Pour autant, il ne s’était absolument pas montré agressif dans son intonation. Il ne la dénonçait pas, il ne lui demandait rien. Il se contentait simplement d’établir un fait, de clarifier un point entre eux deux. Libre à elle d’ensuite approfondir le sujet si tant est qu’elle le souhaitait.

Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   01.08.12 18:28

Tout comme le lourd rideau de velours rouge était tombé à la fin de la représentation, l’innocence d’Ashkore semblait en avoir fait de-même, au même instant. Si elle côtoyait les humains depuis six mois déjà, rien ne l’avait empêchée de se faire son propre opinion sur cette race, nouvelle et incongrue, rien ne l’avait amenée à ouvrir les yeux, ne l’avait forcée à voir ce que ces êtres avaient été par le passé, étaient à présent et seraient toujours dans le futur : sots. Tout autant que l’avaient été les siens. Sots au point de ne pas apercevoir la misère de sa propre espèce et de ne faire qu’attiser le feu qui la consumait.

Et là, la vérité semblait l’assaillir d’un coup, la prendre à la gorge et la secouer en sifflant : « Regarde-moi ! ».

Peut-être que si la dragonne n’avait pas compris tout de suite, c’était tout simplement parce qu’elle ne l’avait pas voulu. La guerre, les cris, la perte d’êtres chers…son lot de douleur, elle l’avait eu elle aussi, deux mille ans auparavant. Alors ce n’était pas pour revenir à la civilisation et découvrir une nouvelle fois un monde blessé, meurtri, plaies encore béantes et sanguinolentes, criant à qui voulait l’entendre son désarroi, son malheur…non, il suffisait. Stop.
Pourtant les mots de l’homme à ses côtés appuyaient cela, transperçaient le cœur. L’être humain était-il si stupide ? Si mauvais que même lui ne croyait plus en ses propres congénères et aux bons sentiments qu’il était sans doute capable d’offrir ? Et dans ce cas, cela valait-il, en effet, qu’elle y croit pour eux, comme le faisait remarquer son voisin ?

Les yeux d’ambres parcouraient les plis de l’immense draperie pourpre, un peu absents, un peu perdus. Puis la jeune femme finit par noter l’allusion, subtile mais bel et bien là, quant à sa nature.
Reprenant présence d’esprit et vivacité, elle finit par tourner la tête, le regard interrogatif, curieux. Qui était ce vieil homme pour la percer ainsi à jour ? Puis après quelques secondes, et constatant que son vis-à-vis ne nourrissait pas de mauvaise intention malgré ce léger sous-entendu, un sourire étira ses lèvres carmines.

« Suis-je vraiment si facile à démasquer que ça ? » lâcha-t-elle, loin de cacher l’amusement et le rire dans le ton de sa voix.

Le brouhaha des gens pressés s’était évaporé au fil des secondes, les laissant tous deux à présent dans un semi silence, dans cette pièce vide. Face à cette scène imposante.

« Je ne connais rien à votre Histoire, au vécu de votre espèce. Je pars sur une base immaculée, un peu comme si j’effaçais vos dettes, comme si on faisait table rase de votre passé, aussi radieux ou aussi noir qu’il ait pu l’être… Alors oui, j’aimerai…je pense pouvoir y croire pour vous, reprit-elle ensuite, plus calmement. Puis, après s’être levée, elle se tourna vers le vieillard et lui tendit la main. Ashkore. S’il vous plait, dites moi que vous avez encore quelques instants à gaspiller en ma compagnie. Je suis curieuse et vous m’apparaissez sympathique et sage. Une fraction de seconde et… Je vous rassure cependant : je ne suis pas de ces dragons qui enlèvent les princes et princesses pour les enfermer dans un sombre donjon. Ainsi, si le devoir vous appelle ailleurs… »

Nouveau sourire.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   03.08.12 16:34

Il était agréable de voir le calme reprendre ses aises ici, au fur et à mesure que les spectateurs terminaient de partir. Mihael n’avait jamais été très à l’aise quand un trop grand nombre de personnes s’agitaient autour de lui. Mais ils ne profiteraient pas de la salle vide encore bien longtemps : d’ici peu, le personnel d’entretien viendrait en faire le tour et ne manquerait pas de leur indiquer la sortie. Il leur faudrait aller ailleurs, s’ils souhaitaient continuer cette conversation.

Si elle était facile à démasquer ? Oui et non. On pouvait deviner sans trop de problème qu’elle n’était pas humaine, songeait-il, pour peut que l’ont soit un minimum observateur. Il y avait beaucoup de petits détails dans son comportement qui, additionnés les uns aux autres, la trahissait efficacement. Pas besoin d’être clover pour le deviner, même si l’être lui avait probablement permis de s’en rendre compte beaucoup plus rapidement.
Mais avoir connaissance de ceci ne suffisait pas. Il fallait aussi savoir ce qu’elle était et là, la tâche se compliquait déjà beaucoup plus. Et pour ça, c’était un non.

Mais lui répondre tout ceci étant largement au dessus des capacités de Mihael – s’il avait la tchatche, ça se saurait –, il se contenta simplement d’acquiescer d’un hochement de tête, restant silencieux. De toute manière, le ton rieur sur lequel elle l’avait questionné lui laissait à penser que la réponse ne lui importait pas tant que ça, en réalité.
D’ailleurs, elle reprit très rapidement la parole pour lui tenir un discours dans lequel transparaissait assez clairement son égo. Elle se détachait clairement de la race humaine maintenant, semblant même se placer bien au dessus. Honnêtement, Mihael ne savait pas trop que penser de tout ça. Complexe de supériorité un peu trop marqué ou créature suffisamment puissante pour se permettre de parler ainsi ? Trop tôt pour le dire.
Et dans les propos sur lesquels elle termina sa tirade, fallait-il y voir une allusion, ou n’avaient-ils été rien d’autres qu’une simple boutade pour finir sur une bonne note ?

« Mais je suis loin d’être prince et les dragons n’existent plus ailleurs que dans les vieux contes. Pourquoi aurais-je besoin d'être rassuré ? »

La réaction qu’elle offrirait face à sa réplique lui donnerait peut-être un indice là-dessus, elle lui paraissait être quelqu’un d’assez spontané après tout.
Mihael se saisit de la main qu’elle lui tendait et la serra brièvement, lui retournant la politesse en se présentant à son tour.
Puis :

« Le théâtre va fermer, nous ferions mieux de partir. »

Et il se leva sur ces mots, attendant qu’elle fasse de même pour se diriger vers la sortie.

Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   04.09.12 8:25

Les traits de la jeune femme s’étirèrent un peu plus encore dans une expression mêlant bienveillance et amusement. L’homme parlait bien. Il savait choisir ses mots, construire des réponses judicieuses. Et, tout en douceur, au fur et à mesure que le dialogue se créait, Ashkore se sentait l’envie et la capacité de partager et de se confier un peu à cet inconnu dont le nom venait à peine d’être dévoilé. Sentiment un peu déroutant pour qui n’avait eu personne avec qui converser durant les derniers mois. Le besoin de parler…n’était-ce pas là une bête considération humaine ?

Elle n’afficha que son sourire pour simple réponse cependant, et tandis que son interlocuteur se levait à son tour, elle fit volteface et se dirigea vers la sortie enfin dégagée de la masse grouillante de gens.
La nuit avait étendu son voile sur Naniwa pendant qu’ils étaient à l’intérieur et la fraîcheur du soir les enveloppa à la sortie. Quelques personnes discutaient encore devant le théâtre mais cela n’avait plus rien à voir avec la foule de tout à l’heure. La dragonne ne s’en écarta à peine, faisant claquer ses talons vertigineux sur quelques mètres seulement avant de reporter toute son attention sur le vieil homme qu’elle précédait.

« Vous avez dit que les dragons n’existaient plus ailleurs que dans les vieux contes… Considérez-vous ainsi qu’ils aient eu une existence propre autre part que dans les légendes et l’imaginaire, Mihael ? »

Ashkore avait posé la question d’un air tout à fait innocent, sur le ton banal de la conversation. Comme s’il s’était agi de badinage, de pluie et de beau temps. Et pourtant, elle était empreinte d'une curiosité piquante et d'impatience, se demandant bien quelle belle réplique son vis-à-vis allait bien pouvoir lui offrir cette fois.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   15.09.12 1:05

Une seule réplique de sa part avait suffi à Mihael pour détourner complètement l’inconnue de leur sujet de conversation initial, il s’en rendait compte maintenant : elle semblait avoir attaché à ses propos plus d’importance qu’il ne l’aurait pensé au premier abord, et la question qu’elle lui posa en retour n’était plutôt insolite une fois qu’on la replaçait dans son contexte. A moins que ce ne soit le sérieux avec lequel elle l’avait prononcée qui lui donnait cette impression ?

« Je ne croyais pas en Dieu avant qu’il n’envoie ses armées ici bas. »

Il ne croyait pas non plus aux vampires, encore moins aux lycanthropes. Avant. Et que dire de toutes ces autres créatures farfelues qu’on pouvait parfois croiser et dont on ne pouvait déterminer si elles sortaient directement d’un cerveau dérangé ou si elles avaient toujours existé comme ça ?

Si leur rencontre s’était faite quelques décennies plus tôt, ou si la dernière guerre n’avait jamais existé et que tout les chamboulements survenus après elle n’étaient pas arrivés, le vieil homme lui aurait très certainement fait part d’une réponse décidée et négative, n’ayant jamais été d’un naturel particulièrement crédule étant plus jeune. Mais maintenant…

« Je pense surtout qu’il ne vaut mieux pas entretenir des certitudes absolues sur ce qui a existé, existe encore aujourd’hui ou n’a jamais vu le jour ailleurs que dans l’imaginaire. »

Il était plus raisonnable d’être capable d’accepter les choses telles qu’elles étaient quand elles venaient se présenter à vous. Sans s’enfermer dans des principes du genre « je ne crois que ce que je vois », Mihael aimait bien avoir des preuves concrètes avant d’accepter que ceci ou cela pouvait, ou non, exister.
Et s’il avait du mal à concevoir que les dragons aient pu, un jour, faire partie de cette première catégorie, il était tout de même très bien placé pour savoir qu’il valait mieux pouvoir s’attendre à l’invraisemblable dans un monde comme celui-ci.


Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   05.11.12 15:36

C’est un peu prise au dépourvue qu’Ashkore accueillit cette fois la réponse de son compagnon. Battant légèrement des paupières, elle fixa son regard dans le sien, questionnant les yeux gris sur ce qu’avait bien pu vouloir dire leur propriétaire.
Dieu ? Armées ? Voilà des mots et un concept qui n’étaient que charabia incompréhensible et brouillard pour la dragonne. Sur l’île d’où elle venait, son espèce n’avait jamais rien cru en autre chose qu’en elle-même. Car après tout, pour des êtres comme eux, où était le besoin de louer des puissances divines ? Où était la nécessité de croire en des entités qui les surpassaient, eux, créatures dont l’orgueil n’avait sans doute d’égal que leur puissance ?

La brune resta donc interdite, essayant de comprendre les paroles du vieillard tandis que ses longs ongles noirs pianotaient doucement sur son bras. Puis, elle finit par lâcher ce qu’elle avait sur le cœur, se sentant incapable de reconnaître pareille ineptie.

« J’avoue ne pas comprendre à quoi vous faites référence. Dieu ? Sans doute avez-vous un esprit plus ouvert que le mien, mais à votre place, je serais plus susceptible d’admettre l’existence des dragons plutôt que celle d’une quelconque entité supérieure. »

Ses prunelles dorées se posèrent sur les rares spectateurs encore présents devant le théâtre. Pensaient-ils tous comme l’homme en sa compagnie ? Etait-ce elle qui avait tort de refuser en bloc la présence d’un Créateur universel ? Ashkore soupira, hochant légèrement de la tête. Non. Définitivement non.

« Croire en des déités est bien là une drôle de préoccupation humaine… Il y a bien assez de personnes sur cette planète pour décider de ce qui sera ou ne sera pas. Inutile d’y voir partout les actes et les caprices d’une médiocre divinité, n’êtes-vous pas d’accord ? »
Revenir en haut Aller en bas

Invité

avatar



Invité


MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   13.11.12 20:40

« Vous devriez songez à vous renseigner sur les évènements qui ont animé ces quelques dernières décennies », lui suggéra-t-il sur un ton qui ne se voulait pas le moins du monde moqueur. Simplement qu’il valait mieux pour elle qu’elle sache où elle avait posé les pieds si elle souhaitait être capable de se fondre dans la masse. Il paraissait tout de même assez inconcevable d’ignorer certaines choses, quand bien même presque un demi-siècle était passé dessus depuis.
Ce qui pourtant semblait clairement être le cas de son interlocutrice : il était difficile de ne pas avoir saisi à quoi son allusion avait fait référence.

« Parfois, les évènements ne nous laissent pas d’autre choix que de croire à la criante vérité qu’ils nous exposent. »

Vérité qu’on apprenait malheureusement un peu trop souvent à ses dépends d’ailleurs, dans ce genre d’histoires là.

« Mais si vous voulez continuer cette conversation, ne restons pas ici. » Il commençait à faire franchement froid à trop rester immobile dehors dans la nuit. En tout cas en ce qui le concernait. Aussi n’avait-il pas dans l’intention de rester planté ici encore trop longtemps juste pour le plaisir d’échanger quelques mots avec une parfaite inconnue, aussi charmante puisse-t-elle être.
Tandis qu’il resserrait les pans de son manteau contre lui, le vieux clover désigna d’un mouvement de tête une ruelle qui s’ouvrait sur leur gauche :

« Je connais un café sympathique non loin d’ici. Venez. »

Et sur ces derniers mots, l’homme s’engagea dans ladite ruelle précédemment citée, gageant que la femme lui emboîterait le pas.

Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé






MessageSujet: Re: La vérité est dans l'imaginaire {Ash   

Revenir en haut Aller en bas
 

La vérité est dans l'imaginaire {Ash

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Naniwa - Tennoji :: old naniwa :: Le théâtre-