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 Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]

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MessageSujet: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   01.08.12 1:02

La sonnerie de son téléphone portable et les vibrations si violentes de l’appareil qu’elles parvenaient à faire trembler sa table de chevet achevèrent de réveiller En-Zakel. La Faucheuse grogna méchamment, pas du tout ravie d’être tirée ainsi de ses rêves qu’elle avait, pour une fois, fort agréables. Elle jeta un rapide coup d’œil au réveil digital sur son bureau, et y vit inscrit en gros et en rouge « 2h53 ». Elle soupira, ses yeux blancs fixés sur le plafond.

Fait chier, pensa-t-elle, de très mauvaise humeur.

Elle finit par décrocher son téléphone et lâcha un sec :

« Quoi ? »

La bouche et l’esprit encore engourdis, elle luttait pour ne pas sombrer dans le sommeil ni être trop désagréable avec son interlocuteur.

« Et ça implique de me réveiller à cette heure-ci de la nuit ? ... Je me fiche de savoir que c’est le sous-directeur d’une branche de je ne sais quelle grosse boîte mondiale ; il ne va pas se sauver d’ici demain matin ... Non, je vous jure, les cadavres n’ont pas l’habitude de se lever la nuit et de sortir par la grande porte, debout sur leurs petites papattes. Alors, maintenant, j’aimerai bien finir ma nuit, je verrai votre macchabé demain ... Vous allez retenir COMBIEN sur mon salaire ? ... Bon, très bien. Je serai là dans vingt minutes. »

Elle raccrocha violemment et balança le téléphone à l’autre bout de son lit en soupirant. Elle ne comprenait pas pourquoi on l’appelait pour autopsier un cadavre à presque trois heures du matin. Elle ne voyait pas non plus pourquoi ni comment le corps pourrait disparaître, à moins que quelqu’un ne vienne l’enlever, et rares sont ceux qui ont pour lubie d’aller kidnapper des morts à cette heure-ci de la nuit. Mais les ordres étaient les ordres, et aussi récalcitrante à l’autorité fut-elle, elle tenait à conserver son travail et le salaire qu’il lui ramenait – c’était la seule couverture valable qu’elle avait pu trouver en arrivant en ville, et le bel appartement qu’elle se payait en plein cœur de Minami n’allait pas s’entretenir tout seul. Et puis, à quoi serait-elle bonne sinon à plonger ses mains dans les entrailles des trépassés ?
En soupirant une nouvelle fois, la Faucheuse finit par se lever. Elle se glissa à contrecœur dans ses vêtements blancs – un pantalon et un débardeur moulants, de grandes bottes à semelles plates et son long manteau – se coiffa rapidement, puis laissa un mot pour son nouveau locataire sur la table du salon ainsi qu’un double des clefs de l’appartement et sortit sans un bruit, refermant derrière elle.


En-Zakel finit de refermer le corps en soupirant. L’odeur âcre du sang mêlée à celle des différents fluides gastriques lui restait dans le nez, malgré le masque en tissu sur son visage et l’aération purifiant l’air en permanence. Elle ôta ses gants dégoulinants de liquides divers et les laissa choir dans le petit incinérateur prévu à cet effet avant d’ôter sa blouse et de se frotter les yeux. La fatigue et la lumière crue des néons accrochés au plafond irritaient ses rétines – ça, et le fait qu’elle doive porter ses lunettes de soleil au cas où quelqu’un rentre dans la pièce. Elle s’était rendu compte, au moment où elle arrivait à l’hôpital, qu’elle avait oublié chez elle les lentilles noires qu’elle arborait en temps normal pour cacher ses yeux sans iris ni pupilles. Se traitant de tous les noms, elle avait finit par poser ses lunettes noires sur le bout de son nez, prétextant qu’il s’agissait de quoi remplacer les « lentilles de contact » qui trônaient dans leur boîte sur un coin de leur lavabo. Elle se trouvait éminemment pathétique, mais n’en laissa rien paraître, à part peut-être une humeur de chien.

Cependant, étudier ce cadavre l’avait fait se calmer un peu. Elle posa un regard sur le tas de chairs et d’os sans vie gisant sur la grande table métallique au centre de la pièce. L’homme devait avoir dans les quarante-cinq ans, les cheveux poivre et sel, un physique un peu flasque et bedonnant. Rien qui sorte de l’ordinaire. Des hématomes étaient répartis sur l’intégralité de son torse, son ventre et son dos, et deux marques violacées entouraient son cou d’un collier morbide. Des plaies toutes fraîches étaient clairement visibles sur ses épaules et ses joues. Ce sont des employés de la municipalité qui l’avaient retrouvé, flottant dans l’eau croupie des égouts, entre deux tas d’immondices. La Faucheuse sourit légèrement : qui que fut cet homme, on ne lui avait pas laissé la chance de se défendre. Et pourtant, la jeune femme sentait qu’il y avait autre chose. Ca ressemblait trait pour trait à une agression qui avait mal tourné, comme cela arrive souvent, mais l’instinct d’En-Zakel lui soufflait qu’elle passait à côté de quelque chose d’essentiel. Elle soupira en secouant la tête. Ce n’était peut-être que son imagination, rien de plus. Elle le saurait d’ici quelques semaines quand les résultats toxicologiques lui parviendraient.
Elle se leva de sa chaise, se dirigea jusqu’à la petite cuisine réservée aux employés de l’hôpital et se servit un grand verre de jus de goyave auquel elle rajouta une dose respectable de sucre. Elle le but presque d’une traite et soupira d’aise, plus calme et détendue que deux heures auparavant. Elle retourna à la salle de dissection et attendit. On l’avait prévenue que quelqu’un viendrait pour l’identification du corps. Elle rit un peu en pensant à ce pauvre type ou cette pauvre femme qu’on aurait aussi tiré violemment hors des bras si accueillants de Morphée.

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   02.08.12 23:39

Pour Lazar, dormir était une notion tout à fait chimérique parfois.

L’homme d’affaire n’avait clairement pas un rythme de vie constant ou habituel. Travaillant de jour comme de nuit, toujours joignable, toujours disponible, essayant de régler les moindres problèmes de la compagnie dès qu’on le contactait pour demander son aide ou ses conseils. Aussi n’était-il pas surprenant de constater qu’à cette heure-ci de la nuit, non seulement il n’était pas couché, mais en plus qu’il ne se trouvait même pas chez lui, mais dans son bureau, à la HealthTech Corp.
Planchant sur des dossiers qui lui semblaient interminables, il ne voyait pas le temps passer. Pas franchement par choix. Mais à force, il s’était habitué à faire des nuits blanches ici, à décortiquer chaque petit détail qui n’allait pas. En règle générale, il se shootait à la caféine, se levait régulièrement pour fumer une cigarette bourrée de goudron et se dégourdir les jambes, avant de finalement somnoler à peine une heure dans le canapé de cuir bordant l’un des murs de la pièce. Si cet emploi du temps avait tendance à horrifier tout un chacun, ce n’était que pur train-train quotidien pour le serpent.

Train-train quotidien qui, pour une fois, fut bouleversé. Tout ça en un appel intempestif sur son portable qui, dans le silence paisible et pesant de l’immeuble, laissa retentir une sonnerie aux notes presque palpables. Avant de décrocher, Lazar jeta un coup d’œil à l’heure. Environ 4 heures du matin et des poussières. Pas spécialement une heure où les gens normaux passaient des appels. 4 heures, c’était l’heure où l’on recevait les mauvaises nouvelles. Lazar décrocha à regret, soupirant d’avance de dépit et d’agacement.

***

Et il avait eu raison. Moins d’une demi-heure plus tard, il arrivait à l’un des hôpitaux les plus importants de la ville, comme on le lui avait demandé. L’insipide voix de l’autre côté du téléphone lui avait poliment intimé, avec toute la diplomatie possible, de ramener ASAP son cul à la morgue. La morgue. Youpee. Un endroit tellement feune à visiter à 4 heure et demi du matin. La journée commençait bien – où se finissait mal ? Allez savoir.

Et franchement, quand l’officier de police – tiens, pas de trace de Falk ? – lui expliqua le pourquoi de sa présence en ces murs glauques et aseptisés, Lazar sentit de suite que c’était une journée de merde qui allait suivre.
Une identification. Il était là pour une identification de corps. Et autant dire que pour que la flicaille le contacte à cette heure impossible de la nuit, ça ne devait pas être le premier petit pequenot du coin venu qui devait se trouver sous le drap mortuaire. D’après les papiers retrouvés sur le corps, il s’agirait d’un des sous-directeurs d’HealthTech. Karma, quand tu nous tiens.

Pour le moment, le serpent préférai ne faire aucune remarque à propos de quoi que ce soit. Après tout, une identification était faite pour confirmer l’identité d’un cadavre. Ce contrôle n’était pas là pour rien : Il y avait une chance pour que l’homme en question soit une erreur et n’ait pas le moindre lien avec l’entreprise.

On l’escorta à travers les couloirs, le menant au médecin légiste en charge de l’affaire. Le bruit de leurs pas se répercutait sur les murs, et sous la lumière glauque, on le fit attendre devant la porte de la salle d’autopsie. Le médecin était absent, interdisant de ce fait l’accès à toute personne ne faisant pas partie du personnel médical d’entrer dans la pièce. Le policier le laissa là le temps d’aller le chercher. Et dans sa curiosité mal placée, Lazar n’eut d’autre choix que d’entrer, après avoir évidement vérifié que personne ne pouvait le voir. Un regard à gauche, un regard à droite. La porte n’avait pas été fermée à clé.

Dans le calme morbide de la pièce aux carreaux blancs, le lycan s’approcha significativement de la table de céramique sur laquelle reposait une forme sous un drap. Sans un bruit, il se glissa à coté, et resta ainsi un moment, contemplatif, n’ayant pas non plus particulièrement envie de voir le visage du cadavre caché là-dessous.

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   03.08.12 1:05

En-Zakel jeta un regard empli d’antipathie et de mépris au policier venu la chercher dans la salle de repos des employés de l’hôpital. La manière dont il la dévisageait et le ton qu’il employait en lui demandant – non, en lui intimant de retourner en salle d’autopsie ne lui plurent pas du tout. Elle lui adressa un fin sourire d’une condescendance rare, et lâcha une réplique fort courtoise mais d’une sécheresse à faire peur. Elle planta là le pauvre homme qui n’avait pas tout compris à ce qui venait de se passer, et se dirigea calmement vers la pièce où attendait le corps. En arrivant devant la porte de métal froid, elle fut surprise de constater que personne n’attendait devant. L’homme venu pour identifier le cadavre se serait-il envolé sans prévenir ? Improbable, surtout s’il était dépêché par une entreprise comme HealthTech. La Faucheuse haussa les épaules, réajusta ses lunettes de soleil sur son nez, dissimulant ses yeux aussi blancs que tout le reste de son être, et poussa les battants la séparant de la salle suivante. Un léger sourire étira ses lèvres fines en voyant l’homme en costume qui lui tournait le dos, debout devant le corps dissimulé sous un drap immaculé. En-Zakel détailla rapidement le nouveau venu et en conclu que quelque chose d’étrange émanait de lui. Elle n’aurait su dire quoi : peut-être était-ce sa posture, ses habits, la manière dont il se tenait, très droit, au-dessus du mort, elle n’en avait aucune idée. Cette observation dura deux secondes, pas plus. La jeune femme se redressa un peu, et son sourire se teinta de cynisme.

« Eh bien, vous étiez si pressé de le voir ? »

Elle contourna la table et se posta face à l’homme. Elle releva la tête vers lui, et ... ne vit que les verres teintés qui dissimulaient totalement ses yeux. Tout comme elle. Elle haussa les sourcils, et laissa échapper sans trop y penser :

« Tiens tiens, voilà qui est surprenant ... »

Elle secoua la tête, puis reporta son attention sur ce qui se trouvait devant eux. Elle attrapa le drap et l’abaissa jusqu’au ventre du cadavre, laissant voir l’énorme incision en « Y » maintenue fermée par de nombreuses agrafes qu’elle avait pratiqué sur le mort. Elle se redressa.

« Il a été retrouvé flottant dans les égouts. Il n’y avait pas d’eau dans ses poumons, il n’est donc pas mort par noyade. On a essayé de se débarrasser de son corps en le jetant dans la première fosse à disposition. Les blessures sur ses épaules ont saigné, et les marques sur son corps montrent qu’elles ont été faites avant sa mort. Il n’y a pas eu d’hémorragie interne, pas d’organe perforé qui aurait pu entraîner son décès, rien. Votre homme a eu le droit à une mise à mort lente et douloureuse par strangulation. »

La Faucheuse releva la tête vers le grand type en costume sombre face à elle, le regardant à travers ses opaques lunettes noires.

« Il est – était bien employé à HealthTech ? Pauvre de lui, il aura fait une bien mauvaise rencontre. »

En réalité, elle se fichait éperdument de cet employé et de son sort. Quelque chose l’intriguait toujours, titillant son instinct, ce qui l’irritait au plus haut point puisqu’elle n’avait absolument aucune idée de pourquoi elle réagissait comme ça. Elle tapota le bout de son index sur ses lèvres, pensive, la tête tournée en direction du corps, réfléchissant à ce qui pouvait bien clocher chez ce cadavre.

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   25.11.12 11:38

« Eh bien, vous étiez si pressé de le voir ? »

La voix inconnue avait résonné contre les carreaux blancs de la pièce, se répercutant en un léger écho dans l'absence totale de bruit de la morgue. Lazar n'eut pas d'autre réaction que celle de suivre du coin de l'œil la nouvelle arrivante à l'instant où elle passa à ses cotés pour contourner la table mortuaire et lui faire face. Il ne fit pas grand cas de lui offrir une réponse, constatant que manifestement, elle n'en attendait pas. D'autant plus que ce genre de petites remarques teintées de cynisme ingénu et amusé, c'était lui qui les faisait d'ordinaire.

En revanche, il démontra le même étonnement faible et calme en découvrant la paire de lunettes noires sur le bout du nez de sa désormais nouvelle interlocutrice. Ce ne fut cependant que passager. Il n'avait même pas prit la peine d'hausser un sourcil.

Aussi la laissa-t-elle s'exprimer sans rien dire. L'homme d'affaire l'écoutait attentivement, bien qu'avec un intérêt limité, mais préféra la jauger de pied en cap derrière ses propres verres fumés plutôt que de porter le regard sur le cadavre boursouflé qui trônait entre eux. Elle semblait l'exacte inverse de l'homme vêtu de noir. Le blanc presque irritant de ses vêtements et de sa chevelure se mêlait au blanc du reste de la pièce. Quelque chose d'étrange émanait d'elle, et Lazar se surprit à penser qu'elle avait parfaitement sa place ici, dans ce lieu puant la mort et suintant le vide. Inhabituel. Pour autant, le lycan ne se laissait que rarement abuser par la première impression donnée par les gens, aussi se contenta-t-il de la voir de la façon la plus neutre possible, comme il en avait l'habitude avec le reste du monde.

Et enfin, elle conclut son macabre examen. Le serpent daigna enfin poser ses yeux sur la dépouille et haussa imperceptiblement les épaules devant la remarque compatissante du médecin légiste.

Certaines personnes n'ont pas de chance. dit-il en laissant enfin échapper sa voix dans l'ambiance glauque des lieux. Une voix au ton désintéressé. Puis, sans attendre, il continua. — Il a été identifié non ? Sinon, on ne m'aurait pas appelé. Pourquoi n'a-t-on pas prévenu sa famille avant tout ?

C'est à elle d'être ici. Termina-t-il mentalement. Il regrettait le confort de son lit. Et cette histoire n'arrivait pas à titiller sa curiosité pourtant connue et reconnue. Certes, l'homme travaillait à HealthTech, mais, d'aussi loin que Lazar s'en souvienne, il n'était qu'une personne de moindre importance au sein du groupe. Sans compter que ceci n'était surement rien de plus qu'une banale histoire de rancœur, classique à en mourir - façon de parler, dans un tel endroit.

Quoique.

...Ça.

Alors qu'il observait sans trop y penser le corps décédé, il lui sembla déceler quelque chose de plus intéressant que le reste. Via son champ de vision periphérique. Lorsqu'il baissait les yeux jusqu'à ne plus voir à travers ses verres.
L'homme se pencha sur le cou du macchabée et, d'un même mouvement, souleva légèrement ses lunettes de soleil. Non loin de la carotide, il avait remarqué un point à peine plus grand qu'une tête d'épingle. Un point sombre, comme une sorte de piqûre. Un point que l'on ne peut pas distinguer d'ordinaire à travers des lunettes aux verres fumés.

Qu'est-ce c'est ?

Après tout, il n'en savait rien. Ce n'était pas lui le médecin.

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   30.12.12 17:30

— Il a été identifié non ? Sinon, on ne m'aurait pas appelé. Pourquoi n'a-t-on pas prévenu sa famille avant tout ?

En-Zakel secoue la tête.

- Je n’en ai absolument aucune idée. Il faudra demander ça à ceux qui l’ont trouvé ainsi qu’à mes supérieurs. Après tout, je ne suis que la légiste : que voulez-vous qu’on me dise ?

En effet, il était rare que la jeune femme parvienne à obtenir la moindre information des hommes et des femmes qui la chargeaient de s’occuper des cadavres acheminés à la morgue où elle officiait, chose qui avait le don de l’irriter au plus haut point. Elle n’aimait pas particulièrement travailler sur des corps morts sans savoir comment ils en étaient arrivés là ; non pas à cause d’un quelconque malaise, mais parce que cela l’énervait assez prodigieusement de ne pas comprendre la détresse de certains esprits qui restaient désespérément accrochés à leurs carcasses. Généralement trop choqués ou furieux pour s’exprimer correctement, la Faucheuse ne pouvait donc se fier qu’aux dossiers souvent peu fournis qu’on voulait bien lui donner. Hormis les patients de l’hôpital, qu’elle visitait régulièrement, elle ne connaissait rien des morts qui lui étaient donnés à autopsier. Alors, comment diable aurait-elle pu répondre à son interlocuteur ? Elle ne connaissait même pas le nom de l’ancien employé d’HealthTech gisant devant elle.
Elle s’apprêta à aller chercher une copie du rapport d’autopsie pour que l’homme en costume et aux lunettes noires puisse le fournir aux dirigeants de sa société, lorsque quelque chose attira son attention.

— ...Ça.

Il se pencha près du cadavre, à quelques centimètres du cou, semblant distinguer quelque chose de nouveau tandis qu’il soulevait très légèrement ses verres fumés pour mieux y voir.

— Qu'est-ce c'est ?

La Faucheuse fronça les sourcils. S’approchant de son interlocuteur, elle leva très légèrement sa propre paire de lunettes de soleil perchée sur son nez, rivant ses yeux blancs sur le macchabée. Elle y voyait beaucoup mieux sans les écrans sombres masquant son regard sans iris ni pupilles. Prenant garde à le dissimuler du mieux que possible à l’homme se tenant près d’elle, elle se pencha en avant et repéra elle aussi le point sombre près de la carotide du mort. Et à y regarder de plus près, il ne pouvait s’agir de rien d’autre que d’une piqûre. Les bords de la toute petite blessure étaient légèrement violacés, et de minuscules veinules d’une couleur trop sombre pour être naturelle s’en échappaient, courant sous la peau devenue blanche et froide depuis quelques heures maintenant. En-Zakel laissa échapper un léger sifflement entre ses dents.

- C’est une bonne question ...

N’eut été l’employé d’HealthTech à côté d’elle à ce moment précis, elle n’aurait pas hésité un instant et serait allée chercher l’esprit du défunt pour lui parler directement. Mais là, hors de question de se servir de ses pouvoirs devant un inconnu. Seules trois personnes étaient au courant de sa véritable nature dans tout Naniwa, elle refusait de se révéler auprès d’une quatrième. Alors, elle réfléchit rapidement à tout ce que pourrait être cette piqûre, faisant le lien avec l’état du cadavre. La jeune femme s’était redressée et agitait un peu ses doigts fins devant elle, comme si elle fouillait dans des dossiers invisibles, allant chercher les informations dont elle avait besoin, marmonnant à voix haute.

- Raideur cadavérique ... passé à tabac après ... noyade, mais peut-être ... hmm ...

En-Zakel pencha légèrement la tête sur le côté. Elle se dit soudain que les résultats du sang qu’elle avait donné à analyser lui réserveraient sans doute bien des surprises. Cependant, il était hors de question d’attendre le délai imposé. Surtout que s’il s’agissait non pas d’un regrettable accident mais d’un assassinat prémédité et en bonne et due forme, le temps allait jouer contre eux.
Pourquoi cette implication soudaine ? Parce qu’elle était incroyablement curieuse, et qu’elle s’ennuyait. S’il s’avérait que les choses s’étaient déroulées différemment de ce qu’elle avait cru tout d’abord, alors il y aurait peut-être pour elle moyen de s’occuper un peu. Sans lâcher le cadavre des yeux, ses verres fumés dissimulant son regard blanc, elle demanda :

- Dites-moi ... est-ce que, par le plus grand des hasards, vous vous y connaîtriez en poisons, monsieur ..?

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   02.02.13 11:51

Manifestement, quelque chose clochait, son instinct ne l'y avait pas trompé. Et quoi que ce soit, c'était suffisant pour troubler un médecin-légiste, pourtant censé être un expert ès petits détails étranges. Lazar s'était reculé d'un pas pour laisser à la demoiselle tout le loisir d'observer cette petite nouveauté de tout son soul, étonné que cette dernière n'ait pas remarqué la marque auparavant. N'était-ce pas son boulot ?
Après tout, elle avait beau avoir une allure des plus insolites, elle semblait professionnelle et capable - au premier abord tout du moins - et le serpent avait du mal à concevoir qu'elle ait pût passer à coté d'une telle chose, qui pouvait apparemment remettre en cause toute l'autopsie en cours.

Lazar redressa le nez vers le médecin en l'entendant marmonner pour elle-même. Et dans son esprit à lui, les mots qu'elle prononçait avait plus d'impact que l'on aurait pu le penser de l'extérieur. Un passage à tabac ? Si ce n'était pas un accident, tout risquait de vite changer dans l'ordre des priorités de l'homme d'affaire.

Et l'entrée en matière de la jeune femme se chargeât de confirmer cet état de fait.

Vaguement. Répondit l'interpellé sans réussir à masquer une ombre de sourire ironique. Demander à un serpent s'il avait des connaissance en poison, c'était comme demander à un historien s'il avait entendu parler de la Seconde Guerre Mondiale. Ceci dit, il n'était pas plus friand que ça de dévoiler sa véritable nature, aussi ne voyait-il pas vraiment la nécessité de montrer l'étendu de ses connaissance en la matière.

Se penchant à nouveau vers la marque, Lazar fit donc mine de l'inspecter d'un peu plus prés. Après tout, si ce n'était pas une mort naturelle, la thèse de l'empoisonnement semblait particulièrement plausible.

Du poison hein ? Quel genre à votre avis ?

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   23.02.13 14:53

La Faucheuse regardait le cadavre d’un œil retors. Elle lui en voulait de ne pas lui avoir tout révélé du premier coup à l’autopsie. Elle détestait passer pour une incompétente, la faute à un orgueil quelque peu démesuré et à l’amour du travail bien fait. Et en l’occurrence, elle n’avait pas bien travaillé puisqu’elle avait failli passer à côté d’un élément plus qu’important. Hors de question désormais d’attendre des résultats de toxicologie qui mettraient bien trop longtemps à arriver. Coulant un regard en coin à l’employé d’HealthTech debout à ses côtés, elle reporta son attention sur le mort et réfléchit, recommençant à vaguement agiter ses doigts dans le vide comme si elle fouillait dans un dossier contenant toutes ses connaissances en poison.

- C’est quelque chose qui l’a paralysé, quelque chose qui ne l’a pas tué sur le coup et qui aurait laissé le temps à son corps de marquer en recevant des coups, et de saigner là où la peau a craqué.

En-Zakel arrêta tout à coup tout mouvement, tandis qu’un flash violent la frappait. Immobile, elle eut le droit à la redécouverte d’un pan de sa mémoire qui allait s’avérer très utile.
Elle se souvint d’une fois où, il y avait longtemps de cela, elle était allée faucher du côté de l’Amazonie et de la grande forêt aujourd’hui réduite à l’état lamentable de quelques centaines d’hectares au carré. Elle se souvenait de l’état des macchabées sur lesquels elle était tombée : rongés par l’humidité et les insectes, salis de boue et de feuilles mortes, et surtout complètement paralysés, de très fines fléchettes plantées dans la carotide. Elle n’avait longtemps vu ce poison que dans cette zone-là du monde, mais elle ne pouvait pas confondre ses effets avec ceux d’un autre venin.
Le nom s’échappa d’entre ses lèvres fines, presque dans un souffle.

- Curare.

Elle se tourna vers l’homme en costume, le dévisageant derrière ses vers fumés de ses yeux totalement blancs.

- Laissez-moi deviner : HealthTech a une relation bien particulière avec l’Amérique du Sud, non .. ?

Elle avait lancé ça comme ça, sans vraiment espérer de résultats, mais c’était ce qui lui apparaissait comme étant le plus probable désormais : cet homme avait été tué pour faire peur, ou pour annoncer un règlement de comptes imminent.

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   20.07.13 14:26

Curare. Pas trop le style de poison de l'homme d'affaires à vrai dire. Son poison à lui est plus agressif. Plus sournois. Plus violent.
Il réfléchit. Qui donc pourrait utiliser une méthode de meurtre aussi archaïque que celle-ci, de nos jours ? Après tout, il y avait tellement d'armes, de drogues, de médicaments et autres joyeusetés plus pratiques et discrètes. User de curare, sous sa forme la plus archaïque, c'était comme revenir à l'âge de pierre et se compliquer la vie pour pas grand chose.

Le serpent porta une main à ses cheveux, se grattant le crâne comme si ce simple geste aurai pu l'aider à trouver des réponses. Qui furent somme toute bien vite apportées par le médecin légiste.

Des relations bien particulières avec l’Amérique du sud ? HealthTech ? Moui, non, pas vraiment. Enfin, pas plus qu'avec d'autres pays ou continents. Des actionnaires. Des clients. Ce genre de choses. Voila ce que l'entreprise pouvait espérer trouver là-bas. Rien d’exceptionnel pour une multinationale dominant son marché en somme.
En revanche, Lazar lui-même avait une relation déjà bien plus particulière avec cette partie du globe. Pensif, il se remémora sa... Mésaventure d'il y avait quelques mois déjà. L'affaire avait fait du bruit dans les journaux et fait couler pas mal d'encre. Le porte-parole et bras droit du PDG d'une des plus grande entreprise du monde avait disparu on ne sait où durant un voyage d'affaire en Colombie.

... Il mit cet incident de coté. Son kidnapping et les rudes épreuves que sa secrétaire et lui avaient endurés pour s'en sortir était une chose, mais le principale sujet de son inquiétude en était une autre.

Cet homme.

Le lycan s'était tut, n'avait rien dit, n'avait fait aucune remarque à personne. Ça le regardait. Mais cet homme était sortit de l'ombre pour lui à ce moment-là. Et dans son esprit, il ne put s’empêche de se demander si ce corps juste sous ses yeux n'était pas une piqûre de rappel, une sorte d'avertissement déguisé. Ou se faisait-il des idées ?
Son instinct avait du mal à le croire.

...Je dois prendre l'air. Si c'est tout ce que vous avez à me dire...

Sans attendre de réponse, il tourna les talons et quitta la pièce, pour mieux rester immobile quelques mètres plus loin dans le couloir vide.
Sourcils froncés, il fixait le sol, pensant à toute vitesse, faisant des efforts incommensurables pour chasser des souvenirs en train de lui revenir en mémoire. Qu'était donc ce mauvais pressentiment qui s'était abattu sur lui dès l'instant ou la légiste avait, sans le savoir, pointer un élément pas si anodin que ça ?

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   23.08.13 16:27

En-Zakel fixait l’homme en costume à travers ses lunettes de soleil. Elle attendait une réponse à sa question, un mot vaguement marmonné, quelque chose. A la place, elle eut droit à un manque quasi-total de réaction. L’homme passa vaguement la main dans ses cheveux, les yeux visiblement rivés sur le cadavre allongé devant eux.
La Faucheuse aurait donné assez cher pour savoir ce qui se tramait dans le crâne de son vis-à-vis en ce moment. Si quelqu’un devait savoir quelque chose au sujet de ce meurtre – parce que la possibilité que ça n’en soit pas un venait de se faire atomiser par une minuscule piqûre sur la carotide du macchabée – ça devait être lui. Il avait cette allure un peu fuyante et ces tics discrets de ces personnes qui aiment à entretenir le secret, et la jeune femme ne doutait pas que des secrets, il devait en avoir beaucoup en réserve.

Ce fut le moment qu’il choisit pour prendre congé. Avant qu’elle n’ait le temps de dire quoi que ce soit, il était déjà parti hors de la salle d’autopsie. La dame blanche haussa vaguement les sourcils.

- ... Bonne journée, à plus tard.

En soupirant, elle recouvrit le cadavre d’un drap propre et alla se poser dans sa chaise. Assise derrière son bureau, elle profita d’être seule pour ôter ses lunettes et frottés ses yeux rendus piquants par la fatigue et le manque de lumière.

Elle ne savait pas trop quoi penser de cette affaire ; s’agissait-il d’un meurtre commandité par des adversaires d’HealthTech ? Des gens qui auraient pu chercher à nuire à l’entreprise ? L’homme abattu avait-il été choisi au hasard ou était-il une cible depuis longtemps condamnée, bien avant que le venin ne lui soit inoculé ? Et puis d’abord, pourquoi le tuer avec du curare, qui n’était ni le plus courant ni le plus accessible des poisons ? Cela impliquait qu’il avait été soigneusement sélectionné. Mais ça ne répondait pas à la question suivante : pourquoi ? Que pouvait bien représenter le curare aux yeux d’HealthTech et de ses hautes instances pour que ce soit celui-ci qu’on injecte à l’un de ses membres.
En soupirant à nouveau, la jeune femme laissa retomber sa tête contre la table en ferraille, ses longs cheveux blancs cascadant autour de son crâne et sur ses épaules.

- Humans ... lâcha-t-elle pour elle-même d’un air particulièrement las.

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   01.11.14 12:25

- deux semaine plus tard -


Trop, c'était trop.

Depuis la découverte de ce cadavre, la vie de Lazar était devenu un enfer. Plus que d'habitude. Dans le très TRÈS mauvais sens du terme.

De par son statut et sa position, sans compter son caractère indépendantiste et, disons-le, bien trop sur de lui, l'homme d'affaire ne s'était pas fait que des amis. Concrètement même, des amis, il n'en avait pas. Dans son monde, on parle d'alliés. Parfois, on parle de "connaissances utiles" , pour un peu qu'elles soient de votre coté. Mais ça, c'est si vous avez de la chance. Ou si vous êtes suffisamment doué pour les mettre dans votre poche.

Cependant, même si Lazar représentait une autorité monopolisante sur le marché, et tout simplement dans la vie de tant de gens, il ne fallait pas oublier l'essentiel  Il n'était qu'un homme d'affaire. Et à plus forte raison, il n'était que le porte-parole de celui qui tirait toutes les ficelles, dans l'ombre. On peut alors être en droit de se dire qu'attenter à la vie de cet homme n'était pas spécialement nécessaire. Il n'était pas un homme politique par exemple. Et même si elle possédait sa part d'ombre bien épaisse, HealthTech venait en aide à pas mal de monde.

Pourtant, on essayait de le tuer.

Ce "on", Lazar se doutait vaguement de qui il pouvait s'agir même si rien n'était certain. Ça avait commencé juste après le meurtre de ce pauvre gars deux semaines plutôt. Un meurtre qui avait servit d'avertissement. "Regarde, tu es le prochain". Les tentatives étaient discrètes. Relativement espacées. Ses gardes du corps avaient réussit à déjouer tout ça à chaque fois. Mais il y aurait forcément un moment où ça ne louperait pas. Lazar devait agir. Et par chance, une occasion venait de lui tomber en plein dessus. Mais il se heurtait à une problème, et il allait avoir besoin d'aide pour le résoudre.

02h du matin venait à peine de sonner quand la voiture du Lycan se gara dans un coin discret, derrière l’hôpital. L'homme d'affaire en sortit prestement, relevant le col de son manteau long et remontant ses lunettes de soleil sur son nez. Il faisait froid et sombre. Et à cette heure-ci, il n'y avait personne d'autre que l'équipe de nuit. D'ailleurs, il ne croisa personne dans les couloirs le menant à la morgue. Tant mieux.

Une fois dans le service, il passa outre l'assistante à moitié endormie de l’accueil, plongée dans ses paperasses, et alla droit vers la porte du bureau de la personne qu'il recherchait.
Il savait que cette personne serait là. Après tout, il fallait bien vérifi& à qui on a affaire avant de demander de l'aide à quelqu'un, il s'était donc... renseigné. Et avait découvert des choses intéressantes au passage.

D'un geste sur, il toqua à la porte et attendit d'entendre la permission d'entrer. Une fois qu'il l'eut, il entra en esquissant un signe de tête et tendit sa main gantée de noir à la propriétaire des lieux.

Bonsoir. Vous vous souvenez de moi ?

Il lui offra un sourire aimable. Après tout, la politesse et le respect sont importants. Voila pourquoi il enchaîna.

Je m'excuse pour l'heure tardive mademoiselle. Mais j'ai besoin de votre aide.

La politesse et le respect sont importants, mais ça ne change rien au fait que tourner autour du pot n'a jamais était son genre. Et il ne pouvait pas non plus se permettre de perdre du temps.

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   11.12.14 16:34

Les deux semaines suivantes s’étaient écoulées à une vitesse ridiculement basse. Les jours s’étaient écoulés dans une monotonie et une régularité d’une banalité affligeante, sans rien de vraiment remarquable pour pimenter un peu la vie d’En-Zakel. Le quotidien de la faucheuse se résumait à son travail et son chez-soi ; pour essayer de tromper l’ennui, elle sortait régulièrement le soir, mais se retrouvait lassée si rapidement qu’elle rentrait bredouille pour finalement s’échouer sur son canapé et s’abrutir devant un film, se fichant assez d’être classe ou pas.
A l’hôpital, les choses n’étaient pas plus animées ; la légiste n’avait réceptionné que quelques cadavres de vieillards et de malades qui s’étaient tranquillement laissés glisser dans le sommeil éternel sans lutter, de sorte à ce que la jeune femme n’ait plus qu’à les cueillir et les laisser repartir dans l’éternel cycle de la vie. Il n’y avait pas eu de fantôme furieux d’avoir trépassé, pas d’autres âmes en peine que celles qui hantaient ordinairement les couloirs du grand bâtiment aseptisé.
Alors, pour tuer le temps lorsqu’elle n’avait pas envie de dormir ou de rester chez elle, elle s’occupait des dossiers de ses patients – ceux qu’elle mettait parfois un petit peu trop longtemps à remplir, mais qu’elle finissait toujours par remettre à l’administration parfaitement annotés. Ce fut donc le nez dans ses papiers qu’elle accueillit avec une légère surprise les coups frappés à la porte de son bureau. Elle jeta un rapide coup d’œil au réveil non loin avant de lancer un :

- Entrez.

Elle haussa légèrement les sourcils en reconnaissant la silhouette et la paire de lunettes noires de l’homme qui venait d’entrer. Elle se leva pour serrer la main qu’il lui tendait et esquissa un sourire. Il avait été la seule curiosité de ces quinze derniers jours, alors oui, elle se souvenait de lui.

- Difficile de vous oublier.


Outre le fait qu’il avait l’air d’être un personnage relativement intéressant, le fait qu’elle n’ait jamais réussi à voir ses yeux accompagné des mystères qui avaient été faits autour du cadavre qui les avait intéressés quelques jours plus tôt avait réussi à piquer son insatiable curiosité. La faucheuse avait la fâcheuse manie de mettre son nez dans des affaires qui ne la regardaient pas, quitte à s’attirer de gros problèmes par la suite. Aussi avait-elle failli tomber dedans tête la première en essayant d’avoir plus d’informations sur HealthTech et ce mort assassiné qui s’était retrouvé sur sa table de dissection. Elle s’était retrouvée nez à nez avec des murs à priori infranchissables, et elle s’était vite rendue compte que si elle ne voulait pas finir avec une lame planter entre les omoplates ou une balle dans le crâne, mieux valait arrêter là.
Or, voilà qu’avait l’air de se présenter l’occasion qui lui permettrait d’avoir des réponses à ses questions. La dame en blanc haussa les sourcils en entendant la requête de l’homme en noir.

- De mon aide ?

Elle se demanda bien où tout cela allait la mener, et se dit qu’elle avait très envie d’en savoir plus. Elle haussa rapidement les épaules.

- Eh bien, si votre demande entre dans mon domaine de compétence, je vous aiderai volontiers.

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   10.03.16 2:16

- Difficile de vous oublier.

Simple, rapide, efficace. Au moins, Lazar pouvait maintenant savoir à quoi s'attendre. La dame avait l'air aussi peu encline à tourner autours du pot que lui. Il avait eu cette impression dés son entrée dans la salle d'autopsie, deux semaines plus tôt. Il esquissa un sourire.

Sourire qui s'élargit face à sa curiosité manifeste. Voila qui allait rendre les choses bien plus faciles. Le serpent suscitait manifestement son intérêt. Tant que ce serait le cas, elle accepterait de l'aider sans trop de problème. L'envie de savoir, de connaitre, pouvait être une motivation plus importante que l'argent, dans beaucoup de cas.

Je suis soulagé que vous soyez aussi disposée à m'aider.

Son sourire s’effaça un instant et il se pencha en avant sur la chaise où il s'était installé en entrant. Son ton se fit plus bas. Plus conspirateur. Ce n'était que le bureau d'un médecin légiste, peu de risque de caméra ou de petit fouineur ici, mais une certaine prudence le poussait à vouloir rester le plus discret possible. Et si la demoiselle lui faisant face pouvait trouver cela louche dans l'immédiat, Lazar ne doutait pas qu'elle changerait surement d'avis après avoir entendu ce qu'il avait à lui dire.

Après tout, je suis aussi là dans votre propre interêt, en un sens.

Le bureau les séparant lui semblait étrange. Il avait à la fois l’impression qu'il leur fournissait une distance respectable au cas où quelqu'un puisse entrer sans prévenir, ne voyant ainsi que deux personnes discuter professionnellement. Mais il trouvait également cette même distance trop grande, comme si ce dont il voulait lui parler ne pouvait se raconter que dans un cadre plus discret qu'un bureau aseptisé.

Il tenta d'y faire fit.

Je vais faire simple. On cherche à avoir ma peau. Le sourire qu'il arbora à cet instant était bien trop neutre pour coller avec cette affirmation. Limite enjoué. Oh, pour être honnête, ce n'est pas spécialement étonnant. Loin d'être une première. Apparemment, je ne plais pas à tout le monde. En revanche... A nouveau, son ton retrouva sa gravité. Ce qui m’inquiète cette fois, c'est que je pense savoir qui me veut sur votre table de travail. Et s'il s'agit bien de la personne à laquelle je pense, les choses risquent de devenir beaucoup plus sérieuses pour moi.

Lazar se tut un instant et se renfonça en arrière dans son siège. En face, il sentait qu'il avait toute l'attention de la légiste. Un léger soupir dépassa ses lèvres. Si elle n'avait pas encore réagit jusqu'ici (par politesse ou autre chose, qu'en savait-il) il ne doutait pas qu'elle risquait de le faire sous peu. Derrière ses lunettes noires, il laissa son regard vagabonder dans la pièce, peut-être à la recherche d’éléments, de petits détails, qui auraient pu lui donner des indices sur la vie privée de son interlocutrice.

Là où l'histoire devient intéressante pour vous, c'est que cette personne est très prudente. Elle n'aime vraiment pas laisser de traces. Et cette pauvre victime que vous avez dû examiner l'autre nuit... Il m'est d'avis qu'il n'était pas censé être retrouvé. Mais voila, au lieu de gentiment disparaître dans la mer, le cadavre de ce malheureux a été repêché. Tout à fait le genre de... Traces indésirables en question.

Cette fois, il se releva, contourna le bureau avec un étrange mélange de nonchalance et de gravité, et tapota du doigt la pile de dossiers qui se trouvait là, tout en continuant.

Une trace indésirable que vous avez du examiner, sous tout les angles. Dont vous avez même du écrire un rapport, j'en suis sur.

Sa voix était grave et lourde d'insinuations. Une pointe d’inquiétude s'y était même habilement déguisée. Inquiétude pour elle, pour lui, et pour toute la réalité de la situation. Car à présent, tout se jouerait sur sa réaction à elle.

Ai-je besoin d'en dire plus sur votre situation ?

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MessageSujet: Re: Bizarre, vous avez dit bizarre ? [PV Lazar]   01.09.16 17:18

En-Zakel était un véritable aimant à problèmes, mais ça, elle le savait depuis longtemps. Elle n’avait pas encore recouvré la mémoire, mais il n’y avait qu’à voir comment se déroulait son existence depuis sa résurrection inopinée pour être d’accord sur ce point : elle avait la poisse. Ou plutôt, elle alternait périodes de malchance monstrueuse et coups de bol à faire pâlir d’envie un joueur professionnel. Lorsqu’elle avait examiné ce cadavre il y a quelques semaines de cela, elle n’aurait pas pu imaginer une seule seconde que faire son travail lui reviendrait aussi violemment dans la figure. Pas plus qu’elle n’aurait imaginé revoir l’homme aux lunettes de soleil revenir dans son bureau.

Pourtant, c’était bien lui qui se tenait de l’autre côté de la table et lui assurait être là pour son intérêt à elle aussi. Tiens donc. Arquant un sourcil, la faucheuse darda ses yeux sur lui, ses lentilles entièrement noires rendant tout le décor plus sombre mais cachant au monde – et à son drôle d’interlocuteur – le vide irréel de ses prunelles.

- Vous m’en direz tant.

Cette réponse, un tantinet sarcastique, n’était pourtant pas dépourvue de curiosité. Bien au contraire, elle était très intéressée de savoir ce qu’il pouvait bien dire par là. Après tout, que pouvait-il bien lui amener de si intéressant qu’il fallait qu’il vienne la voir jusque dans son office pour lui en parler comme un conspirateur ?
Visiblement, cette histoire concernait essentiellement sa sécurité à lui. Ca n’étonnait pas beaucoup la jeune femme quelque part, mais ce qu’elle aurait bien aimé savoir, c’était d’où pouvait lui venir une telle certitude qu’on cherchait à l’envoyer sur sa table de dissection. Silencieuse, elle le laissa raconter son histoire et réfléchit au corps qu’elle avait autopsié lorsqu’il était venu pour l’identifier. Elle n’avait rien trouvé d’anormal si ce n’est le poison redoutable qui l’avait foudroyé sur place.
Laissant l’inconnu reprendre sa petite explication, elle plissa les yeux lorsqu’il lui parla du travail qu’elle avait effectué quelques semaines plus tôt sur ce même cadavre. Elle se tourna sur sa chaise pour le suivre lorsqu’il se leva, puis posa le regard sur la pile de dossiers sur laquelle il mit le doigt. Inspirant longuement, la dame aux cheveux blancs soupira. Bien entendu qu’elle avait fini par disséquer le mauvais cadavre. Il fallait bien que ça arrive un jour, quoi qu’elle aurait pensé qu’il se serait agi du macchabée d’un ange ou d’une expérience militaire plutôt que de celui d’un humain pris par cible par la mauvaise personne au mauvais moment.

- Evidemment, il fallait bien que j’examine le corps de trop.

Relevant le nez vers l’homme au costume, elle tenta de capter son regard derrière les épais verres fumés qui cachaient ses yeux.

- Pourrais-je avoir le plaisir de savoir qui m’a dans son viseur ? Que je puisse me préparer à ce qu’on tente de me suicider d’un coup de pic à glace dans le dos.

La mort ne lui faisait pas peur – après tout, elle était la mieux placée pour savoir où allaient les âmes une fois détachées de leur enveloppe charnelle.

- Et pourquoi venir me prévenir ? Je veux dire, vous auriez très bien pu vouloir régler vos affaires tranquillement sans vous soucier de mon sort. Pourquoi ce sursaut de conscience ?

Penchant légèrement la tête sur le côté, elle le détailla rapidement d’un coup d’œil avant de revenir chercher son regard – du moins le pensait-elle, incapable d’en être sûre avec ces lunettes. Elle comprenait un peu mieux maintenant quand les gens lui disaient qu’ils ne savaient jamais dans quelle direction elle regardait.

- Ou bien suis-je en mesure de vous apporter quelque chose que j’ignore ?

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