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 « Vivez, hommes, vivez, mais si faut-il mourir. »

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MessageSujet: « Vivez, hommes, vivez, mais si faut-il mourir. »   01.09.12 19:44

    Croyez-vous au destin ? Au hasard ? À toutes ces choses qui font que nous vivons parfois des aventures extraordinaires ? Diogo lui, n’y croyait pas. Il pensait seulement que s’il se passait quelque chose de passionnant dans notre vie c’est que nous étions les acteurs… Ou bien que Dieu en avait voulu ainsi. Qu’est-ce qu’être un « bon » chrétien ? Il n’en savait rien, de toute façon, qu’en on parlait de Dieu, Diogo ne savait jamais rien. Il était du genre à examiner la société, à voir comment les gens réagissaient. Il savait très bien que lorsque sa mère priait plus que d’habitude, elle avait fait quelque chose d’immoral. Néanmoins, est-ce que prier va résoudre ses problèmes ? Il n’en savait rien… Et les anges ? Est-ce qu’ils priaient eux aussi ? Diogo arrêta un moment sa lecture pour constater qu’il venait de se perdre. Enfin, il n’est pas difficile de s’égarer dans une ville inconnue. Son regard se posa un long moment sur les jolies couleurs qui fusionnaient au beau milieu de la route. C’était un joli spectacle, mais la réalité revint très vite le frapper. Il balaya du regard la route, les passants, il ne voulait pas rentrer… Pas encore. Il continua donc sa route même s’il ne connaissait rien du tout.
    Est-ce le destin qui l’a mené ici ? Dans cette église délabrée ? Il resta un bon moment face à ce lieu qui était dans un piteux état. C’était triste et affligeant à voir. Au début, il n’osa pas y pénétrer. Était-il effrayé par cet endroit ? Sûrement. Néanmoins, il se sentait irrésistiblement attiré par cette église. Comment était-elle à l’intérieur ? Et que s’était-il passé pour qu’elle se retrouver ainsi ? Enfin, il se dit que ce n’était pas en restant sans bouger qu’il trouverait les réponses à ses questions. D’ailleurs, des questions, Diogo en avait toujours. Néanmoins, il ne demandait jamais rien car il savait très bien que la réponse allait être beaucoup moins intéressante que l’interrogation, sauf que cette fois-ci, la curiosité l’avait poussé à aller voir à l’intérieur de l’église. Cet endroit était sans vie, cependant, on pouvait sentir comme une présence… C’était assez paradoxal.

    « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »


    Cette phrase résonnait dans son esprit comme un carillon, cette phrase si connue puisqu’elle fut citée par le Christ en croix. Est-ce que ce lieu avait été abandonné ?

    Il finit par rentrer dans l’église, il devait satisfaire sa curiosité. Ce lieu provoqua chez Diogo d’immenses frissons. Ses bruits de pas résonnaient comme un écho. Cette répétition de son renforçait l’obscurité et le mystère des lieux. Il tapota légèrement son livre sur un banc et finit par le laisser dessus. Il avança, s’arrêta et avança une fois de plus, ses gestes étaient lents comme s’il souhaitait découvrir tous les recoins de cette église abandonnée. Il remarqua qu’une statuette de la Vierge Marie était posée sur le sol, précipitamment il alla la ramasser. Il l’examina et constata qu’il lui manquait sa main droite, enfin, dans un lieu délabrée il ne fallait pas espérer trouver des choses en bon état. Il la déposa, droite au même endroit. Le silence commençait à peser et la situation devenait inquiétante. Il n’était pas vraiment rassuré d’être ici, il sentait comme une présence. Secouant légèrement sa tête, il se dit que son imagination devait lui jouer des tours, il était seul dans cette église… Enfin, d’après ce qu’il pouvait voir. Certains recoins de l’église étaient plongés dans l’obscurité néanmoins, il était décidé à tout examiner.

    Ce lieu réveilla beaucoup de souvenirs enfouis en Diogo, de nombreuses chansons aussi. Effectivement, en Italie, il était enfant de chœur, il connaissait donc énormément de chants religieux. « Jérusalem… Jérusalem, quitte ta robe de tristesse… » Chantonnait-il. Cette chanson, il l’appréciait beaucoup, il la trouvait émouvante… Il s’approchait de plus en plus de l’autel. Une fois arrivé, il regarda l’église et fit une légère grimace : il aimait tellement savoir pourquoi ce lieu était dans cet état. Il passa sa main sur le livre posé sur l’autel, il continua son chant : « Jérusalem… Jérusalem… » Il s’arrêta un moment avant de reprendre. « Chante et danse pour ton Dieu. » Dit-il en souriant tristement.
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MessageSujet: Re: « Vivez, hommes, vivez, mais si faut-il mourir. »   05.09.12 19:10

Etre perdu dans ses pensées... Et quand, enfin, un bruit soudain, un choc ou la pluie vous font brusquement revenir à vous-mêmes, vous remarquez... Que vous êtes perdu, mais vraiment pour de bon. C'était le cas de Trent, qui vagabondait ici et là dans la ville, depuis son arrivée à Naniwa. Il se reposait aux heures les plus noires dans un petit bosquet du parc Tennoji, et la journée errait le long des bâtiments, évitant autant que possible la foule bruyante. C'est que l'homme-arbre ne s'était pas encore accoutumé à ce brouhaha presque continuel, ainsi qu'à l'air affairé de cette humanité mêlée d'autre chose. Trois millénaires moins quelques poussières vous apprenaient une certaine patience, et un certain détachement. C'est ainsi qu'il lui arrivait régulièrement de heurter des patients, ou, soudain, de se retrouver dans une impasse... Pour le coup, ce n'étaient pas des injures virulentes ou bien un choc brutal qui l'avaient ramené à la réalité, mais un détail du paysage qui avait brusquement accroché son regard.
C'était une église. Ou plutôt, ce qu'il en restait. La pierre, au fil des ans, était devenue grisâtre, et un conteur volubile aurait dit des murs qu'ils avaient été rongés par quelque monstrueuse créature. Un des coins du petit clocher s'était effondré, et la cloche gisait piteusement contre un des piliers. Les vitraux semblaient brisés, les sculptures érodées. Ce lieu était suspendu entre deux ères, l'église étant de construction récente, mais en plus mauvais état que bien des bâtiments plus anciens. Un vestige oublié de la foi des hommes...
Trent sourit tristement. Il avait connu bien des lieux de culte abandonnés, et si ceux-ci inquiétaient la plupart des gens, pour l'homme-arbre ces constructions respiraient la nostalgie d'un temps où elles se dressaient droites et fières pour accueillir la foi des dévôts. Désormais, les pierres semblaient mélancoliques, regrettant ce temps où les flammes de centaines de chandelles dansaient sur les murs...
La porte, tenant avec peine sur des gonds rouillés, était entrouverte... Trent en caressa doucement le bois brut et craquelé, et soupira. Il pourrissait de l'intérieur, infesté de bestioles en tout genre. Dans une décennie, ces planches seraient réduites à quelques morceaux de bois épars...
L'homme-arbre se décida enfin à pousser la porte, et ôta son chapeau. Il n'était pas croyant, mais c'était un signe de respect envers la construction abandonnée. Il s'avança presque silencieusement dans l'allée, et se figea soudain. Une autre personne était présente... Et elle chantonnait, doucement. Trent effectua encore quelques pas en claquant un peu ses talons... Peu aimaient être surpris, et l'homme-arbre ne voulait pas effaroucher la silhouette qui se dressait près de l'autel. Il s'arrêta à une dizaine de mètre, et alla s'asseoir dos à un pilier, le visage plongé dans l'ombre. Sa voix était rauque, rouillée tant il avait peu parlé lors des décennies précédentes...

- Je ne voulais pas vous déranger... Vous chantez bien, vraiment.

Il se retint de lever les yeux vers la silhouette... Quel que soit l'inconnu, mieux valait ne pas l'effrayer.
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