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 Dans les églises, personne ne prie, sauf les bougies. [PV Nanash ♥]

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MessageSujet: Dans les églises, personne ne prie, sauf les bougies. [PV Nanash ♥]   19.01.13 13:40

    Aujourd'hui était un jour particulier. Aujourd'hui devait être le seul jour de l'année où Katsu avait autant besoin de s'isoler. Pas longtemps, certes, mais il en avait besoin. Parce qu'aujourd'hui ça allait faire huit ans que la seule grand-mère qu'il n'ait jamais eu avait rejoint les Cieux... Et si depuis les années la douleur s'était estompée, la tristesse restait et Kat' ressentait le besoin de faire une sorte de « pèlerinage ». Et l’Église délabrée était le lieu idéal pour ça. Ça faisait maintenant deux ans qu'il avait décidé d'y aller tout seul à cette date. C'était d'ailleurs la seule fois de l'année où il pouvait y aller sans se sentir mal à l'aise et ça lui faisait plaisir de penser que c'était parce que ce jour-là, l'esprit de sa grand-mère l'accompagnait...

    Katsu se motiva finalement pour sortir de son lit et affronta le froid jusque dans sa minuscule salle de bain. Pendant qu'il se préparait, il ne pu s'empêcher de ressasser tous les souvenirs qu'il avait de sa grand-mère. Une femme discrète, un peu froide aussi... Kat' se souvenait qu'elle avait eu beaucoup de mal à lui parler ou ne serait-ce qu'à le regarder avant ses cinq ans. Bon, à vrai dire, il ne s'en souvenait pas vraiment, mais les photos qu'il avait de cette époque le montrait suffisamment. Puis à un moment, tout avait changé. Katsu se mettait à la voir de plus en plus et si elle était plus sévère avec lui que la plupart des personnes que le garçon avait pu rencontrer dans sa vie, il avait toujours aimé passer du temps avec elle. Étant une femme très pieuse et plongée dans la culture japonaises, elle l'emmenait souvent au musée, au théâtre ou dans cette vieille Église d'un autre âge où elle-même avait l'habitude d'aller avec ses propres parents. Et avec le temps, Katsu avait appris à aimer ce lieu que sa famille fréquentait depuis des générations. Il voyait cette vieille Église autrement. Pour lui, elle n'était pas juste qu'un amas de pierres, totalement dépassée par le temps et qu'il faudrait détruire pour empêcher certains « groupes de personnes mal intentionnées » de s'y réunir comme le pensait la plupart des gens de cette ville.

    Bien emmitouflé sous un pull en laine beige légèrement trop grand pour lui, une écharpe blanche que lui avait tricoté sa mère pour Noël et il hésita un instant à enfiler un bonnet avant de se dire que ça ferait peut-être un peu trop. Il nourrit les deux chats qu'il avait recueilli un peu avant l'hiver et l'hirondelle dont il avait soigné l'aile cassée et qu'il comptait garder jusqu'au retour du printemps, puis il pu enfin sortir de son petit studio en plein centre-ville.

    Il fourra ses mains dans les poches de son jean et observa abasourdit l'effervescence de la ville alors qu'il n'était que sept heure passées. Le brun n'était pas réellement ce que l'on peut appeler un lève-tôt en général -il s'était réveillé tôt aujourd'hui uniquement parce que ça aurait fait plaisir à sa grand-mère- alors voir autant de gens de si bon matin, par un froid pareil et un samedi avait de quoi l'étonner.

    Après une heure de trajet, Katsu descendit du train et se promit de passer son permis dès qu'il aurait ses dix huit ans. Une heure pour un trajet qui ne demande que vingt minutes normalement, c'était tout de même un peu exagéré... Il mit cette pensée de côté et s'avança vers l’Église qui, bien que délabrée, restait hautement impressionnante. En fait, avec juste un peu de rénovation, il était sûr qu'elle pourrait retrouver sa grandeur d’antan... Certes, restaurer le clocher effondré, les murs effrités et les vitraux dans un état lamentables coûteraient cher, mais ça pouvait valoir la peine. En tout cas, sa grand-mère l'avait toujours pensé. Katsu inspira profondément avant de pousser l'une des vieilles portes immenses qui grinça. Mais d'aussi loin qu'il s'en souvienne, cette porte avait toujours grincé... Il fut légèrement déçu de ne pas ressentir l'habituelle sensation d'être pris aux tripes. En général, c'est ce qu'il ressentait quand il pénétrait un lieu saint, mais pas ici. Cette Église avait visiblement vu trop de choses... Katsu ressentit une certaine peine pour le vieux bâtiment et posa la bougie jaune -il avait oublié d'en acheter des blanches...- qu'il avait emmené sur l'autel avant de l'allumer. Il fixa la flamme et esquissa un petit sourire au souvenir de sa grand-mère empêchant un petit lui d'éteindre la bougie qu'ils venaient d'allumer juste pour le plaisir de la rallumer encore et encore.

    L'hybride s'installa directement sur le sol, comme il le faisait étant plus jeune, sans lâcher du regard la flamme qu'il avait allumé et pendant un moment, il jura entendre la voix de sa grand-mère derrière réciter les prières auxquelles il n'avait jamais rien compris. Il décida de ne pas briser cette sensation et ramena ses jambes contre son torse avant d'y reposer sa tête, se laissant submerger par tous les souvenirs qui remontaient à la surface...
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MessageSujet: Re: Dans les églises, personne ne prie, sauf les bougies. [PV Nanash ♥]   20.01.13 13:43

Le matin. Il y avait peu de choses que l’ancien serpent aimait plus que ces quelques minutes fragiles, emplies d’une félicité sans nom. Le matin, quand le soleil pointait avec une timidité extrême le bout de son nez, la chaleur de ses rayons venant lentement caresser le corps froid et écailleux, le réchauffant lentement dans une explosion de sens. Il se souvenait encore, de ces matins d’il y a longtemps, où il se lovait sur une pierre en pleine matinée, sentant la chaleur l’entourer comme une mère aimante, comme Ève aurait pu le faire en son temps. Mais même ça, les humains s’étaient sentis obligés de le salir, de le trainer dans la boue ; désormais, quand le soleil se levait, il perçait difficilement l’épaisse couche de pollution dont la planète était recouverte. Pourtant, ce n’était pas faute d’essayer ; avec son appartement orienté plein est pour profiter des premiers rayons du soleil, dormir les rideaux ouverts pour pouvoir capter le moindre rayon matinal, s’emmitoufler dans une couverture épaisse : rien n’y faisait. Il avait toujours froid, dans cette foutue époque. Peut-être que c’était cela, sa punition…

Enfin. L’ancien serpent se redressa, quittant la pauvre chaleur de sa couette pour aller se glisser sous une rapide douche, s’habillant ensuite le plus chaudement qu’il le pouvait en cette saison sans passer pour un allumé. Il avait décrété qu’aujourd’hui serait une journée fantasque, journée d’amertume et de ressassement ; s’en prendre à son créateur pour quelques matins glaciaux, pour une vie passée à mordre la poussière ; se moquer de lui et de ses pauvres créatures si faibles et si fragiles, si crédules. A défaut d’être payant, au moins, il se déchargerait d’un peu de cette haine qui couvait en lui depuis tant de temps ; depuis Ève et Adam en vérité. Descendant pesamment les escaliers depuis son appartement, les mains glissées dans ses poches et les yeux mi-clos, il tentait de se souvenir d’une église dans le coin. Il lui semblait bien en avoir vu une lors de ses nombreuses pérégrinations diurnes durant ses temps libres, mais il s’en était soigneusement tenu éloigné, sa haine à l’égard du Créateur trop vivace et violente ce jour-là pour qu’il puisse songer y entrer sans tout détruire.

Il avançait le long des rues, tentant toujours d’avancer du côté où le soleil était le plus présent, de nombreux frissons traversant son épiderme tandis qu’il avançait vers là où se situait l’église dans son souvenir. Et il ne se trompait pas, plus il avançait, plus il voyait la silhouette un peu voutée, un peu tordue stockée dans sa mémoire. Le clocher effondré sur lui-même, les murs qui semblaient aussi fragiles qu’un château de sable, les vitraux brisés par, il n’en doutait pas, une colère humaine… Il poussa un soupire, secouant doucement la tête.

« Était-ce donc cela que tu voulais pour tes créatures ? Tant d’irrespect et aucune reconnaissance… La progéniture de ces deux-là s’est vraiment dégénérée. »

Il parlait doucement, un sourire au coin des lèvres ; parce qu’il Lui parlait, et parce que même s’il Le haïssait du fond de ses entrailles, Il restait une constante dans sa vie éternelle. En goûtant le fruit de l’arbre de la connaissance, les deux premiers humains avaient acquis une connaissance du bien et du mal qu’ils n’auraient jamais pu espérer obtenir ; et pour cela, lui aussi avait été châtié, alors qu’il n’avait exécuté que son rôle : celui du tentateur. Celui qu’il endossait depuis tant de temps désormais. Avançant dans le jardin aux herbes folles et sombre, un frisson le parcourut aussi vite qu’il était apparu : il ne ressentait rien en ces lieux censés être sains. A peine une présence diffuse, pâle copie de ce qu’elle aurait dû être auparavant. Comme un fantôme, un souvenir de foi. Mais personne n’était dupe ; quand l’ère actuellement serait révolue, les humains, pauvres créatures incapables de survivre sans croyance, se tourneraient à nouveau vers la religion. C’était un cycle sans fin qui se répèterait à jamais. Lentement, l’ancien serpent poussa la porte en bois vermoulue, qui s’ouvrit en grinçant sinistrement.

La première vision qu’il eut de l’intérieur de l’église fut… Comme irréelle. Cette silhouette menue, recroquevillée devant ce qui restait d’un autel, à peine éclairée par la lueur vacillante d’une bougie. Un reliquat de foi, un reste de croyance tapie au fond de certains hommes, parce qu’ils avaient besoin de se raccrocher à quelque chose qui existait. Était-ce donc cela, sa réponse à sa haine ? Un banal humain, une pauvre chose aussi inutile que les autres ? Les pupilles du tentateur de la Genèse s’étrécirent. A quoi jouait le Seigneur ? Espérait-il le détourner de ses sombres desseins en lui offrant sur un plateau d’argent une innocente chose ? Raté. Il le haïssait trop pour pardonner qu’on se soit ainsi foutu de sa gueule. Alors, défaisant légèrement son écharpe et un sourire avenant aux lèvres, Nahash s’approche lentement de la silhouette, en silence, s’installant à ses côtés et jetant un coup d’œil au mignon petit visage qui lui appartient. Un charmant gosse, un adorable petit innocent… Juste une petite victime de plus, histoire de montrer au Créateur que foutre la merde au sein même d’une de ses demeures, ça ne le gênait absolument pas plus que ça.

« Alors gamin, on sèche les cours ? »

Un ton presque affectueux, comme s’il le connaissait depuis des siècles ; et en un sens, oui, il le connaissait depuis des siècles. Parce que cela faisait si longtemps qu’il côtoyait les humains, qu’il vivait à leurs côtés, d’abord en tant que serpents puis en tant que pâle copie d’eux, qu’il les connaissait tous, les humains. Les calmes, les bons, les mauvais, les fragiles et les forts, les amoureux, les destructeurs, les optimistes et les suicidaires, les enragés. Il les connaissait tous, s’était montré supérieur à eux tous ; et le Créateur, au lieu de voir et de comprendre que sa création était foirée, qu’elle était faible et sans atout, avait préféré envoyé quelqu’un pour les aider. Quelle idée stupide ; au demeurant, le serpent encore une fois ne s’était pas trompé : le quelqu’un en question avait été trahi par un autre humain. Comme quoi, ça calme. Depuis, il ne s’était plus manifesté, le Créateur, préférant probablement laisser ses créations s’entretuer, peut-être dans l’espoir qu’elle s’extermine seule ou mieux, qu’elle se régule seule. Encore une idée stupide : parmi tout ce qu’Il avait pu mettre sur cette planète, l’Homme s’était avéré le pire des fléaux, avec son cerveau tordu et son esprit fondamentalement mauvais depuis la Genèse. Il n’avait jamais aimé Adam, de toute manière.

Le serpent sorti une cigarette de sa poche, l’allumant nonchalamment à la flamme de la bougie, appréciant durant quelques secondes la bienfaisante chaleur de celle-ci sur ses doigts avant de porter le bâtonnet blanc à ses lèvres.

« J’sais pas c’que t’attend ici, mais si c’t’une réponse, t’en aura jamais. Il est pas du genre à parler à ses… Objets. »

Il avait un ton dédaigneux en contemplant l’intérieur de l’église, notant les bancs renversés, les vitraux au sol, les statues brisées et la végétation qui s’était quasiment infiltrée à l’intérieur du bâtiment. De petites touches qui, à certains endroits, donnaient une solennité divine au lieu se trouvait, dans cette église-là, juste révéler ce à quoi on s’attendait. Une foi morte, une église délabrée. Des hommes qui ne croyaient plus assez pour maintenir la croyance entre ses murs, mais qui croyaient assez pour ne pas oser la détruire, préférant attendre que le temps joue son rôle d’oubli. Était-ce donc cela qu’il désirait de sa création si « parfaite » ? Qu’elle l’oubli, qu’elle l’efface ? Mais jamais elle ne pourrait ; les anges étaient ici pour le rappeler. Ces foutus anges, ces emplumés qui prêchaient la foi sans limite. Il les détestait eux aussi… Au moins autant que les humains.
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MessageSujet: Re: Dans les églises, personne ne prie, sauf les bougies. [PV Nanash ♥]   20.01.13 15:06

    Katsu releva la tête en sentant la nouvelle présence. Il ne savait pas trop s'il devait lui être reconnaissant pour mettre un terme à la douce mélancolie qui commençait à s'installer ou s'il devait ressentir un poil d'agacement à cela. Pour une fois qu'il voulait et avait besoin d'être seul... Finalement, Katsu en éternel optimiste décida de choisir la reconnaissance et détailla d'un air curieux le nouveau venu. Il répondit sans hésiter à son sourire même si... Katsu ne pouvait pas se l'expliquer, mais il avait du mal à réellement savoir ce que l'autre ressentait. De l'amertume, de l'amusement et... Non, décidément, il n'arrivait pas à déterminer exactement ce qu'il pouvait ressentir. Les seules fois où ce phénomène se produisait, c'est qu'il n'avait pas affaire à un humain lambda. Une petite lumière s'alluma dans l'esprit du garçon et sa curiosité s'accrue un peu plus. Si le blond n'était pas humain, qu'était-il.. ? Et puisque Katsu ne se sentait pas horriblement mal à l'aise en sa présence, ça ne devait être ni un vampire ou un clover. Tant mieux. Katsu aurait été réellement embêté s'il se retrouvait face à face avec l'un d'entre eux dans cet endroit un peu trop isolé à son goût... Un frisson le traversa à cette pensée et il remercia mentalement Dieu pour ne pas se trouver dans cette situation.

    N'empêche qu'il ne savait toujours pas ce que l'autre était... Katsu n'était pas tellement le genre de personne à classer les gens dans des catégories bien définies, mais dès qu'il s'agissait d'une question « d'espèce », il ne pouvait s'empêcher d'essayer de deviner ce que l'autre était. C'est juste qu'il se sentait parfois un peu seul en tant qu'hybride puisque la plupart de ses semblables avaient tendance à cacher obstinément leur réelle nature. Et Katsu ne parvenait pas à poser directement la question parce qu'il savait qu'il était tout à fait incapable de garder un secret, aussi important soit-il. Il devait sûrement être l'hybride le plus connu en tant que tel de Naniwa tellement il ne savait pas fermer sa grande bouche.

    Une question tira le brun de ses pensées. Les cours... Pendant un instant, Kat' fut empli de la panique habituelle provoquée par un « J'ai loupé mes cours ! » avant de se souvenir qu'ils étaient samedi et que, du coup, il n'avait pas cours.

        On est samedi. Il n'y a pas de cours le samedi...


    Katsu fut étonné que l'autre ne le sache pas. Après tout, il ne devait avoir que la vingtaine donc même s'il avait terminé ses études, ça ne devait pas faire suffisamment longtemps pour qu'il ait pu oublier ce détail. Ou alors c'était juste une boutade. Ça semblait évident. Et comme d'habitude, Katsu avait tout pris au pied de la lettre... Le brun esquissa une petite moue désabusée, blasé par son incompréhension la plus totale de l'ironie et décida d'enchaîner rapidement histoire de ne pas passer plus longtemps pour un parfait abruti.

    Le truc, c'est qu'il fut totalement coupé dans son élan en voyant l'acte le plus impie qu'il n'avait jamais pu voir dans une église être commis juste sous son nez. Le blond venait ni plus ni moins de s'allumer une cigarette. Comme ça. En plein milieu d'une église. Certes, l'église était peut-être vieille, inutilisée depuis pas mal de temps vu son état de dégradation, mais était-ce réellement une raison pour écraser d'un geste aussi négligeant ce qu'elle avait pu être en fumant ? Sa grand-mère en aurait fait une crise cardiaque si elle était toujours vivante. Enfin, d'abord elle aurait botté les fesses du blond avant de mourir, la connaissant...

    Katsu était tellement choqué par cette vision qu'il ne prêta qu'une oreille discrète à la réplique quelque peu méprisante de l'autre. Il voulait bien comprendre que certaines personnes n'aimaient pas Dieu. Après tout, lui n'aimait pas les vampires et les clovers, mais il ne se voyait pas pour autant aller chez l'un d'eux pour dégrader sa maison... Alors, même si l'autre n'appréciait pas vraiment Dieu, ce n'était pas une raison pour venir fumer dans une de ses demeures et donc lui manquer de respect. Pris d'une soudaine pulsion, et plus tard il mettra sûrement ça sur le fait que sa grand-mère l'avait possédé un court instant, il attrapa la cigarette entre ses doigts avec une vivacité et une précision qui l’impressionnèrent. Et tout aussi subitement, il l'écrasa sur le sol, s'en voulant immédiatement après pour avoir profané un peu plus l'endroit. Il lança un regard à moitié accusateur et à moitié gêné au blond.

        Je suis désolé, mais je... La cigarette, ici, je pouvais pas supporter. Désolé. Tu peux aller dehors si tu veux, mais pas ici.


    Il ne savait vraiment pas ce qui s'était passé dans sa tête pour qu'il réagisse comme ça. D'accord, il n'avait jamais été vraiment fan des fumeurs, mais de là à leur arracher leur cigarette de la bouche... C'était juste que c'était une église. On ne pouvait pas avoir idée de faire ça dans une église ! Finalement, il avait peut-être bien agit. Il avait même très bien agit pour le coup.

        Je peux comprendre que tu n'apprécies pas énormément Dieu, en ce moment, c'est assez fréquent... Mais manquer de respect à quelqu'un, ça n'a jamais résolu quoi que ce soit tu sais...


    Il avait beau se persuader qu'il avait agi comme il faut, il se sentait tout de même coupable... Il était à ça de lui proposer de lui racheter un nouveau paquet de cigarettes pour se faire excuser... Parce que ce que l'autre ressentait n'avait rien de positif, ça, il en était convaincu... Il grimaça légèrement et marmonna une réponse à ce que le blond lui avait dit en allumant cette satanée cigarette, même si ça n'était pas vraiment une question.

        Et je ne cherche pas de réponse. J'avais juste besoin de me recueillir un peu.


    Il se dit qu'au moins, le point positif de tout ça, c'est que sa grand-mère avait dû être vraiment fière de lui en voyant ce qu'il venait de faire. Bien plus efficace qu'un banal recueillement à n'en pas douter...

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MessageSujet: Re: Dans les églises, personne ne prie, sauf les bougies. [PV Nanash ♥]   23.01.13 21:19

La prière, le dévouement. Est-ce qu’adopter une attitude pieuse aidait réellement à être entendu depuis le Paradis où le Seigneur se reposait paisiblement sur ses leviers ? Il en doutait. Après tout, les plus démunis étaient ceux qui priaient le plus en ce bas monde, ceux qui gardaient continuellement la foi malgré tout ce qui pouvait arriver. Et c’était ce dévouement aveugle qu’exécrait Nahash. Il ne supportait plus ces humains qui priaient, attendant un signe, un mot depuis le ciel pour enfin prendre leurs vies en main. Une servitude affolante, une croyance infaillible ; ça lui donnait envie de vomir, de voir à quel point Il pouvait se montrer égoïste et narcissique, lui qui refusait que ses créations possèdent ces tares. Il n’était qu’un hypocrite… Mais l’hypocrite le plus vénéré de la terre, à peu de choses près. L’ancien serpent expira, jetant un coup d’œil au fin visage non loin du sien. « On est samedi. Il n'y a pas de cours le samedi... » annonça le gamin, comme si c’était l’évidence même. Qu’en savait-il lui, hein ? L’école, il n’y avait jamais été. Du moins, à celle des humains. Son école, ça avait été la terre et la poussière, le chaud soleil du Proche-Orient. Alors école le samedi ou pas, il s’en tamponnait un peu. Le blond plissa le nez, inspirant un instant l’odeur du gamin. Il puait l’ange et les bons sentiments. L’odeur emplissait ses narines comme le plus écœurant des fumets, à lui en donner la nausée et des crampes d’estomac. Un hybride : encore une créature qui n’aurait jamais vu le jour si le Créateur avait un peu plus veillé sur ses créatures. Mais non : c’était bien plus aisé de tout « surveiller » d’en haut et d’envoyer ses anges quand il était temps de ranimer un peu de foi. Le blond pencha la tête d’un côté puis de l’autre, faisant craquer sa nuque, ses cheveux blonds glissant en une légère rivière dorée le long de son cou. Quel âge avait-il ? Un gamin. Un mioche qui n’avait absolument rien vu de la vie, qui n’avait aucune idée de ce que le temps pouvait avoir l’air long quand on est condamné à le traverser sans jamais ne se laisser affecter. Parlant par moment, l’air désabusé, le blond s’était nonchalamment allumé une cigarette, tout bêtement en approchant son petit bâtonnet de nicotine de la bougie, parfaitement conscient du « sacrilège » qu’il venait de commettre. Mais qui pourrait le lui reprocher, après tout ? L’église était abandonnée et absolument personne n’était en mesure de l’en empêcher… Du moins, le pensait-il. Aussi, avec la surprise la plus absolue, il sentait qu’on lui prenait sa clope pour l’écraser au sol. Le morveux avait osé ! Et pourquoi il l’observait avec cet air accusateur, ce gosse ? Parce que c’était une église ? Désolé gamin, Dieu vous a abandonné depuis belle lurette. Il grogna, ses paupières se fermant à demi alors qu’une brusque colère l’envahissait.

« Ici ou ailleurs, quelle importance ? Parce que c’est une église ? Tsh. Voilà bien des années qu’aucune atmosphère sainte n’a éclairé ce lieu, ce ne sont plus que de vieilles pierres mortes. »

Dents serrés, une ride d’agacement barrant son front, il avait soudainement vieilli de quelques années – toujours un grain de sable de toutes celles qu’il avait vécu. Qu’on porte encore tant de respect et d’affection pour le créateur le dépassait. Pourquoi personne ne voyait ? Pourquoi personne ne comprenait ? Mais ils préféraient toujours blâmer les mêmes, des anges déchus, des humains trop ambitieux ou même lui. Toujours à se plaindre et à maudire absolument tout sauf celui qui le méritait réellement ; et il était persuadé que même dans l’Eden, ils auraient trouvé le moyen de ne pas être satisfait. Car s’ils l’étaient, Ève n’aurait pas croqué la pomme, n’est-ce-pas ? Ils avaient toujours été ainsi, du plus profonds des âges ; toujours à rechercher la connaissance, plus de connaissance, toujours à ne jamais être satisfaits de ce qu’ils pouvaient obtenir, à désirer plus que ce qu’ils avaient. L’homme était ainsi fait, depuis son tout début. Il eut un rire en entendant le gosse. Ne pas l’apprécier énormément ? Il eut un semi-sourire cruel en se penchant vers lui, comme s’il allait lui confier quelque chose.

« Tu veux qu’j’te dise un secret ? Je suis l’être qui le méprise le plus, ton Dieu. Et plus vous l’aimerez aveuglément, plus je le mépriserais. »

Les époques d’entre-guerre étaient toujours les meilleures. Plus de foi, plus de morale : juste l’homme et ses travers, l’homme et ses penchants, l’homme et ses besoins primaires. Tout ce qui faisait de cet être ce qu’il était, sans plus de croyance pour l’entraver dans ses désirs et sa recherche d’assouvissement. Quand l’incroyance était à son paroxysme, le serpent exultait et trouvait le moyen de presque pardonner. Mais bien vite, la foi reprenait le dessus… Et sa haine aussi. Un cycle ; sa vie en était remplie. Il étouffa un nouveau rire, jetant un coup d’œil autour de lui, laissant son regard céruléen se perdre sur les lieux vétustes.

« Te recueillir… Mais tu voulais qu’cette personne t’entende, ou qu’elle soit. Tss… Stupides, stupides créatures. » chuchota-t-il, comme si c’était le plus exquis des termes.

Ils étaient tellement beaux dans leur naïveté, à croire encore à des choses qui n’existaient pas. Détournant le visage, le serpent s’avança d’un vitrail brisé, piétinant sans remords le visage de verre d’un saint pour entrapercevoir un coin de ciel gris. Lentement, il se retourna, ses yeux embrassant l’ensemble du lieu dans le silence. Il avait envie de rire. Considérer ce lieu comme saint… Tout tombait en ruine – comme la planète entière. Donnez-leur une pomme, et ils vous faisaient péter la terre. Il eut un sourire, presque doux, sur le bord des lèvres.

« Juste une pomme... » fredonna-t-il sur un air oublié depuis longtemps, faisant un pas, puis deux en direction du gamin. « Hey ! » rugit-il presque, l’air impérieux. « T’es quoi, au fait ? Hybride ? Lycan ? Ange ? »

Il changeait de sujet avec aisance, ne demandant plus depuis tant de temps, imposant juste sa parole. Pour une fois que ce n’était pas Lui qui le faisait.

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