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 « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »

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MessageSujet: « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »   03.03.13 13:04

le titre n'a strictement rien à voir mais cépamafaute c'est celle de Bashung

Il fallait voir ceci comme une simple mission d’infiltration : la jeune femme s’était déjà prêtée une ou deux fois à ce genre de comédie, du temps où elle travaillait encore à la police. Ce n’était pas bien difficile – du moins, ce qu’on lui avait demandé de faire alors ne l’avait pas été : du moment qu’elle gardait toujours en tête pourquoi elle était ici et ce qu’elle devait faire, tout devrait bien se passer… elle l’espérait vraiment.
Bien sûr ici il y avait une ombre au tableau qui différenciait cette « mission » de celles qu’elle avait déjà effectué auparavant : elle connaissait Elektra – et vice-versa. Mais est-ce que cela était vraiment important ? Elle n’y verrait que du feu, ne cessait de se répéter Raquel, tâchant au mieux de s’en convaincre. Comment pourrait-ce en être autrement ? Les deux femmes ne s’étaient rencontrées qu’une seule et unique fois quelques années en arrière, lors du mariage de son frère. Elles n’avaient pas dû se parler plus d’une dizaine de minutes en tout et pour tout et encore, le chiffre était généreux. De plus, l’ex-femme de Mateo était tout à fait du genre à ne pas se focaliser sur les personnes qui ne lui importaient pas – Raquel n’avait douté à aucun moment faire partie de ce groupe-là – et l’espagnole avait pas mal changé physiquement parlant ces quelques dernières années. Sans compter le fait que Miller, nom assez répandu, était celui de son père alors que Mateo avait choisi de porter celui de sa mère. Aucune chance que la dame fasse le lien alors, n’est-ce pas ?
A ses yeux, Raquel Miller ne serait rien d’autre qu’une jeune femme inconnue au bataillon venue prendre la place d’assistante personnelle fraîchement laissée vacante.

Plutôt aux antipodes de tout ce à quoi ma carrière avant aujourd’hui me destinait, ne put-elle s’empêcher de songer avec un ricanement amer en son for intérieur. Enfin, c’était pour la bonne cause, tentait-elle de se justifier. Ces deux ans et demi depuis que son frère l’avait quitté était deux ans et demi de trop durant lesquels Elektra avait bénéficié d’une impunité imméritée. La police n’avait rien pu prouver ? C’était qu’on avait mis des incompétents sur l’affaire. Il y avait forcément quelque chose, il devait y avoir une preuve, une faille, n’importe quoi qui était passé outre la vigilance de sa belle-sœur.
« Belle-sœur »… le terme avait un arrière-goût de cendre dans sa bouche qui lui donnait envie de le cracher par terre. Aux pieds d’Elektra.

Du calme, s’imposa-t-elle en se rendant compte que ses mains s’étaient crispées en deux poings aux articulations blanchies par la force du geste. Ce n’était certainement pas le moment de se permettre un tel-laisser aller, à moins de tenir à tout foirer avant même d’avoir eu l’occasion de commencer quoi que ce soit.
Raquel s’imposa un rapide exercice de respiration jusqu’à sentir une tranquillité toute relative affluer de nouveau en elle. Mieux. Elle lissa inutilement les pan impeccables de sa chemise, jeta un dernier coup d’œil à sa tenue : malgré toute sa bonne volonté, elle n’avait pu se résoudre à porter un tailleur pour la première journée et s’était contentée d’un pantalon noir qui lui serrait ses cuisses musclées et s’évasait légèrement vers le bas. Une chemise gris sombre au décolleté léger et une veste de costume cintrée à la taille complétaient sa tenue peu extravagante. Elle avait même fait l’effort de mettre des boucles d’oreilles – de grands anneaux en argent – et une légère touche de maquillage pour adoucir un peu ses traits.
Il faudrait bien que ça aille comme ça, il était trop tard pour faire marche arrière maintenant de toute manière. Elle prit une dernière inspiration profonde et frappa deux coups contre la vitre trouble de la porte dont le nom placardé dessus indiquait le bureau de la patronne des lieux.
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MessageSujet: Re: « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »   05.03.13 5:41

« Qu’importe qu’ils n’en aient plus en stock. Je le veux, et je compte sur vous pour me la trouver. Est-ce clair ? Je ne permettrais aucune déception venant de vous. Pensez-y. » Le combiné du téléphone claqua sèchement contre sa base, alors que la femme qui le tenait encore il y a quelques instants, venait de se lever avec empressement. Ses traits, naturellement sérieux, étaient encore plus durs qu’à l’accoutumé. Sourcils froncés, laissant voir quelques rides naitre sur son front pâle, çà et là. Ses lèvres, maquillées d’un rouge à lèvre rouge sombre, tendant presque vers le violet, étaient pincées en une moue plus que contrariée. Autant dire, d’un seul regard, que la dame était furieuse. Et pour cause ! Ses incompétents d’employés étaient incapables de lui fournir le produit demandé, à savoir, une fourrure de lapin angora blanche. Et tout cela parce que leur fournisseur habituel était soi-disant en rupture de stock. Elle allait lui montrer, tiens ! On ne lui faisait pas ainsi faux bond. Jamais !

Rageant intérieurement, maudissant le monde entier, elle s’était mise à faire les cent pas dans le bureau tout vitré, protégé cependant de la lumière du soleil par les rideaux tous tirés. Les talons de ses escarpins raisonnaient sur le sol de la pièce. Un rythme régulier et tout sauf calme ou ravi. Cela ressemblait plutôt au rythme d’une armée partant à l’assaut de son ennemi. Ou celui d’une femme puissante et impatiente, qui n’aimait pas ne pas obtenir ce qu’elle désirait. Ce qui était tout à fait le cas de la Grecque. Oh, mieux valait ne jamais faire attendre madame Delenikas. C’était s’exposer à sa mauvaise humeur et son caractère acerbe. Non, lorsque l’on se retrouvait parmi ses employés, le mieux était de faire profil bas et d’accomplir tous ses caprices sans ciller. Une vérité que sa précédente assistante n’avait nullement supportée, au point de rendre finalement sa démission, après tout juste un mois et demi. Était-ce donc trop demander que d’avoir du personnel compétent ?! D’ailleurs, parlant de cela, sa remplaçante avait intérêt à se pointer à l’heure. Dans le cas contraire, elle risquait fort de prendre la porte dans l’instant qu’elle la passerait. Aujourd’hui, il ne fallait pas jouer avec ses nerfs, et encore moins sa patience.

Une main rageuse glissa dans sa crinière couleur suie, pour la ramener en arrière, libérant son visage de quelques mèches gênantes. Ses mirettes sombres glissèrent une fois de plus sur sa montre. Le temps passait trop lentement. Et la prochaine idiote qui lui servirait de larbin n’était pas encore là. Oh, elle lui accordait encore dix minutes (ce qui au final revenait à l’heure prévue du rendez-vous). Et il faisait chaud, dans ce bureau un poil trop sombre. D’un autre côté, la patronne n’était pas friande de lumières trop fortes, d’où les rideaux. Tirant légèrement sur le foulard noué autour de son cou, elle finit par se rasseoir, ses mouvements légèrement entravés par la jupe taille haute très ajustée qu’elle portait en ce moment. Le prune sombre de cette dernière s’accordait plutôt bien avec le bustier gris qui retenait sa forte poitrine (qui n’était pas si naturelle que ça. Pour tout dire, elle avait de l’allure, Elektra, sa longue chevelure noire laissée libre, s’étalant sur ses épaules et son dos en une cascade de boucles corbeau. Et quand on s’y penchait un peu plus, que ce soit sur ses lèvres bien dessinées ou ces sourcils parfaitement épilés, on réalisait qu’elle n’était nullement authentique. Un mensonge façonné au scalpel pour répondre à de sombres besoins. Au fond, elle n’était pas vraiment belle. C’était juste une apparence, une impression.

Un bruit caractéristique lui fit relever la tête. On venait de frapper, une silhouette floue apparaissant de l’autre côté de la porte. Se raclant légèrement la gorge, elle lui intima d’entrer. Elle n’allait tout de même pas se lever pour ouvrir la porte à une fourmi ! Quelle blague. Et c’est ainsi qu’elle finit par tomber sur la silhouette de… Sa future assistante ? Surement pas avec une telle tenue ! Pinçant les lèvres, affichant une moue vaguement désappointée, elle se leva. Sans un mot, juste un regard plus qu’inquisiteur, elle se rapprocha de la nouvelle brebis ayant décidé de se pointer chez le grand méchant loup (ou la pauvre mouche sur la toile de la veuve-noire). Sourcils arqués, elle la détailla donc, l’observant sous toutes ses coutures. Pas moche, c’était certain. Joli visage presque familier, sans qu’elle ne sache dire pourquoi. Chevelure d’une teinte inhabituelle qui lui plaisait beaucoup. Et de ce qu’elle pouvait voir, une silhouette plaisante. Mais le reste… « J’espère que vous ne comptez pas travailler ici dans une tenue pareille ? » Ce n’était pas que c’était laid… Mais l’ensemble qu’elle arborait titillait sérieusement son sens de la mode et de l’élégance. Ainsi que son exigence au niveau de la tenue vestimentaire de ses employés.

Soupirant quelque peu, la dame tourna finalement les talons, pour revenir une fois de plus à son large bureau, alliance de verre de métal sombre. Trifouillant quelques papiers, elle laissa échapper d’autres paroles : « Enfin, ce n’est pas tellement la question pour le moment. » Elle posa ses mirettes sur l’inconnue. « Puis-je savoir qui vous êtes et pourquoi vous êtes là ? » Une petite présentation ne tuait personne.

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MessageSujet: Re: « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »   05.03.13 11:58

Une voix sèche et autoritaire lui intima d’entrer ; Raquel se glissa à l’intérieur de l’immense bureau et referma la porte derrière elle sans un bruit, s'avançant ensuite jusqu'au milieu de la pièce. « Bonjour », lâcha-t-elle d’une voix calme et neutre sans se formaliser du fait qu’elle ne reçut aucun retour de politesse. Surtout ne pas montrer son agacement face à ce manque de respect. Il allait bien falloir qu’elle s’y fasse de toute manière, connaissant le morceau auquel elle s’attaquait. Autant commencer à s’y mettre de suite.
La remarque quant à sa tenue fut encaissée avec tout juste un haussement de sourcil de sa part. Prévisible, ça aussi. Mais la jeune femme n’avait pas beaucoup d’affinité avec le monde de la mode et avait de ce fait préféré privilégier des habits sobres dans lesquels elle se sentirait parfaitement à son aise durant l’entretien. Néanmoins, elle ne répondit rien à cette question dont le dédain était à peine masqué : son interlocutrice ne semblait pas attendre de réponse, sans doute parce qu’elle savait qu’il n’y en avait qu’une seule de valable à lui donner et que toutes deux la connaissait aussi bien.

« Je m’appelle Raquel Miller », commença-t-elle tout en bénissant intérieurement ses longues années de vie en Angleterre pour avoir totalement effacé cet accent espagnol si facilement reconnaissable de ses mots. « Comme vous le savez très probablement, je viens prendre la place laissée vacante par votre précédente assistante. » Aucune hésitation dans ses paroles, pas la moindre incertitude : elle ne postulait pas en espérant que sa candidature soit retenue, non, elle annonçait d’office qu’elle escomptait bien récupérer le poste. Le plus elle aurait d’assurance dès le début, le mieux ce serait pour la suite pensait-elle. Elektra disposait à n’en point douter d’un large panel de répliques, gestuelles et attitudes visant à la déstabiliser, aussi Raquel préférait lui laisser le moins de prises possibles pour qu’elle y parvienne.

Attendant une réaction de la part de l’autre femme, son regard partit à la rencontre de la pièce, notant tous les détails d’un œil habitué à ce genre d’exercice : en l’espace de quelques secondes elle avait mémorisé l’essentiel de l’endroit, retenu tout ce qu’il y avait à retenir qui était susceptible de trouver un jour son importance, et noté qu’il y avait là suffisamment d’espace pour y installer une piscine personnelle si l’envie en prenait Elektra. L’espagnole n’avait jamais compris l’intérêt d’avoir un espace personnel aussi vaste ; passé un certain nombre de mètres carrés, tout le reste n’était qu’un gaspillage d’espace pouvant être utilisé à de meilleures fins.
En revanche, elle ne dénigrait pas du tout la classe imprégnant les lieux et concédait bon gré mal gré à sa propriétaire un bon goût incontestable.


Dernière édition par Raquel Miller le 07.03.13 18:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »   07.03.13 5:14

En soi, l’omission de la moindre forme de politesse à son égard n’était pas totalement volontaire. Au départ, c’était surtout parce qu’elle était toujours préoccupé par cette histoire de rupture de stock. Puis elle s’était finalement dit qu’elle pouvait bien s’en passer. Ce n’était pas l’absence d’un bonjour qui allait la tuer. Surtout que non, ce jour n’avait absolument rien d’un « bon jour ». Entourée d’une bande d’incompétents paresseux et agaçants, la patronne n’avait vraiment pas envie d’être polie. Ni avec elle, ni avec personne. C’était ce qui arrivait quand on donnait un peu de pouvoir à quelqu’un. Il finissait par se croire tout permis. Elektra en était l’exemple parfait. Une fois mise à la tête de cette compagnie, elle était devenue un vrai petit tyran, bien plus effrayante encore qu’en temps normal. Inflexible et intransigeante, elle s’avérait être une patronne tout à fait détestable. Seulement, étant donné le salaire à la clef, il y avait des fous qui tenaient bon et gardaient leur poste. Elle les tenait par le porte-monnaie, à défaut d’autre chose de bien plus vulgaire.

A nouveau posée sur son confortable fauteuil en cuir sombre, jambes croisées, regard fixée sur la nouvelle venue, la dame haussa légèrement les sourcils en entendant son nom. Ça lui disait quelque chose. Simplement, c’était si flou qu’elle l’oublia bien vite. Surement une similitude avec une personne rencontrée dans une soirée, quelque chose du genre. Des bagatelles sans importance, donc. La suite, elle, lui tira une toute autre expression. Un mélange de surprise et de satisfaction amusée. « Voilà une jeune femme bien sûre d’elle. » Un léger ricanement la quitta, alors qu’elle passa une fois de plus une main dans sa crinière sombre. « J’aime ça. » C’était toujours plus amusant de les voir se briser ensuite, tout bonnement.

Par la suite, elle laissa le silence s’installer, observant la femme lui faisant face, considérant sa candidature avec sérieux, malgré le sourire presque carnassier qui étirait ses lèvres maquillées. Hm. Il fallait avouer que voir autant d’assurance avait de quoi faire pencher la balance en sa faveur. Mais ça ne suffisait pas. Puis il allait vraiment falloir arranger cette histoire de garde-robe, sachant que si elle voulait vraiment devenir sa secrétaire personnelle, il faudrait que la dénommée Raquel ait autant d’élégance que sa patronne. Bah, avec un peu d’efforts, ça devait être faisable. Et de toute façon, elle ne lui en laissait pas tellement choix. Intraitable à ce sujet, pour sûr.
Oui, la Grecque mettait beaucoup d’importance sur l’apparence. Après tout, c’était ce qui l’avait emmenée jusque-là. Autant de richesse et de succès. Ce n’était dû qu’à son beau minois et le reste de sa silhouette. Dont elle n’était pas peu fière, assumant tout à fait les opérations qu’elle avait subies. Et de toute façon, ce qui était fait était fait, se morfondre à ce propos serait tout à fait futile.

« Beau bureau, hein ? » Elle l’avait vue observer les lieux avec une certaine application. Non pas qu’elle attendait la moindre réponse à sa question, qui au final tenait plus de l’affirmation qu’autre chose. C’était juste histoire de briser le silence, comme ça, d’un coup. La déstabiliser un peu, pourquoi pas. Cela dit, n’attendant pas plus, elle fit glisser sur le bois du bureau un papier, couvert de caractères plus ou moins petits, avec bien en évidence, une place pour y apposer une signature. Un contrat de travail, visiblement. « Prenez le temps de lire, mais ne trainez pas trop non plus. » Elle y ajouta un stylo, pour ensuite se redresser un peu, observant ses ongles, plutôt longs. « On va avoir du pain sur la planche, et j’aimerais régler ça aujourd’hui. » Et elle parlait là de l’allure de sa future secrétaire. Puis de botter le cul d’un ou deux crétins dans le couloir, tiens, bien que la plupart avaient tendance à détaler tels des lapins en l’apercevant.
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MessageSujet: Re: « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »   07.03.13 19:31

Bel étalage de tes richesses, surtout. Elle se mordit la langue et acquiesça en silence à cette question qui n’en était pas vraiment une. Le pire était passé, songea-t-elle tandis que ses muscles s’autorisaient un relâchement imperceptible. Ses yeux avaient été très attentifs à chacune des expressions d’Elektra depuis le moment où elle était entrée dans la pièce jusqu’à celui où elle lui avait révélé son nom : elle était certaine que la femme de l’avait pas reconnue, ou alors elle était bien meilleure comédienne que Raquel ne le pensait.
Prendre un alias eut-il été plus judicieux ? Elle avait tourné et retourné la question dans sa tête, avant de finalement convenir que ce n’était pas le cas. Après tout, elle ne faisait ici rien d’illégal, et la conception de faux papiers qu’aurait immanquablement impliquée une telle décision représentait un gros risque pour son avenir, qu’elle ne tenait pas à prendre. Une fois qu’elle aurait terminé ce qu’elle voulait faire ici – et bien qu’elle ne sache pas encore exactement ce qu’elle voulait justement faire –, la jeune femme comptait bien reprendre sa place dans les F.S.R.
Ou, à défaut, retourner bosser à la Police. Quelque chose comme ça en tout cas. Elle gardait à l’esprit qu’avec ce qui se préparait, avec l’enfant qu’elle attendait, retrouver le service actif ne serait pas chose aisée dans l’immédiat. Peut-être lui faudrait-il patienter quelques années avant de pouvoir revenir dans les Forces Spéciales. Mais si d’aventure elle se faisait pincer pour fabrication et utilisation de faux, elle pouvait définitivement tirer une croix là-dessus. Elektra, malgré toute son obsession haineuse envers elle, ne valait certainement pas un tel sacrifice.

Raquel se saisit des papiers que son interlocutrice lui tendait, parcourut d’un œil rapide les écritures et ne fut pas longue à attraper un stylo glissé dans une poche intérieure de sa veste. Elle était venue pour ça après tout, elle avait fait un long voyages depuis l’Angleterre dans cette optique, elle n’allait certainement pas tourner les talons pour une condition écrite en size 6 au bas d’une page qui ne lui plairait pas !
Se rapprochant du bureau massif qui trônait dans la pièce, elle posa les feuilles dessus pour avoir un appui solide et apposa sa signature là où elle était requise. Ç’avait été plus simple que ce qu’elle l’aurait cru, réalisa-t-elle tout en rendant les documents à leur propriétaire ; le reste des formalités se règleraient plus tard, elle se doutait bien qu’Elektra n’avait pas de temps à perdre pour ce genre de détails. Madame était une femme très occupée, voyez-vous. Et il n’y avait pas de quoi s’étonner là-dedans, au vu du poste qu’elle occupait.
Elle recula d’un pas une fois que sa nouvelle patronne se fut saisie de ce qu’elle lui tendait et se mit dans l’attente pour la suite, les mains sagement jointes dans le dos et une brève lueur interrogative dans le regard qu’elle posait sur l’autre femme. Sa bouche, néanmoins, s’astreignit au silence : aucune question quant au déroulement de la suite ne vint franchir la barrière de ses lèvres closes. Elektra était probablement ce genre de personnes qui préférait poser les questions plutôt que d’y répondre ; elle lui dirait bien assez vite ce qu’il y avait à faire de plus intéressant pour elle que de rester plantée là à contempler sa silhouette refaite.
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MessageSujet: Re: « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »   19.03.13 14:01

Sa nouvelle recrue était tout à coup bien silencieuse. Madame l’aurait tout de même pensée un peu plus bavarde que cela. Ou au moins capable de répondre quelques mots à ce qu’elle lui avait dit. Au lieu de cela, elle avait droit à une carpe bien muette. Mais visiblement très observatrice, sachant qu’elle avait capté quelques regards jetés çà et là. Était-elle intimidée, tout à coup ? Allons bon, elle ne faisait pas si peur… Non ? Peut-être. Encore que, elle n’avait pas été particulièrement agressive ou désagréable avec elle. Pour le moment, cela s’entend. Toujours était-il que son silence était presque agaçant, bien qu’Elektra avait déjà dû faire face à bien pire que cela. Au moins, elle n’hésita pas trop pour ce qui fut de signer les papiers qu’elle avait poussé vers elle. Pour tout dire, elle fut même plutôt surprise de voir l’empressement avec lequel elle sortit un stylo, pour y apposer sa signature. En temps normal, ses futurs victimes employés mettaient un peu plus de soin à la lecture des clauses du contrat. Bah, elle n’allait pas la plaindre ou la prévenir de quoi que ce soit, surtout qu’elle était plutôt honnête, comme employeuse. Le diable personnifié ou presque, certes, mais honnête. Professionnellement parlant, du moins. Oh, peut-être devrait-elle se faire appeler Cruella, tiens. Cela lui correspondait relativement bien, la fourrure de chiots tachetés en moins.

Une fois la paperasse préliminaire et sommaire remplie en bonne et due forme, la noiraude récupéra le tout et jeta un bref regard à la signature, pour ensuite enfouir le tout dans un tiroir de son bureau, sans plus s’en inquiéter. Elle réservait au week-end trop ennuyeux le rangement de ce genre. Car voyez-vous, la Grecque n’aimait pas perdre son temps à paresser chez elle. Elle n’y pouvait rien, elle devait toujours avoir quelque chose à faire, au risque de s’ennuyer et de devenir vraiment irascible. Et maintenant que cela était réglé, la patronne devait s’occuper d’un autre point qui la titillait un peu trop. La tenue de sa nouvelle secrétaire. Comme observé déjà un peu plus tôt, elle était plutôt jolie, un visage agréable et une silhouette visiblement en accord, mais elle ne se mettait pas du tout en valeur. Et ici, l’apparence comptait aussi. Bien loin de se soucier si elle risquait de la vexer ou non, elle comptait bien changer cela. C’est dans cette optique qu’elle finit par prendre son téléphone, pour faire venir celle qui s’occupait de sa garde-robe. Car oui, Elektra possédait tout un assortiment de tenue sur son lieu de travail, histoire de parer à toutes les éventualités. Sait-on jamais. Elle n’aimait pas les imprévus.

Reposant le combiné, un vague sourire aux lèvres, la veuve-noire ne tarda pas à se relever, histoire de vérifier rapidement quelques détails. Arrivés à hauteur de Raquel, elle l’observa à nouveau sous toutes ses coutures, pour ensuite demander, de but en blanc, sans gêne aucune : « Vos mensurations ? » Eh bien oui, elle devait tout de même s’assurer qu’elle avait quelque chose pouvant lui aller, tiens.
Justement, Carrie venait d’arriver, apportant avec elle ce que la patronne avait demandé. Tout un assortiment de tenues élégantes, tout en restant plutôt professionnelles, pour la plupart. Robes, tailleurs, pantalons et talons hauts, pour la plupart, et le plus souvent dans des tons sombres, allant du violet au noir, en passant par le bleu nuit. Elektra, s’éloignant de la jeune femme, alla jeter un coup d’œil parmi les différents cintres suspendus sur la barre de métal, lissant du bout des doigts les tissus bien repassés. Pour finalement faire signe à la rouquine précédemment arrivée de sortir. Cette dernière s’exécuta sans un mot, fermant la porte derrière elle. Cela fait, un léger sourire s’afficha sur les lèvres maquillées de madame, qui glissa à sa secrétaire : « J’espère que vous n’êtes pas trop difficile. Et que mes vêtements vont vous aller… » Disons qu’il valait mieux, ou elle risquait de ne pas être contente. Car tout devait toujours aller comme elle le désirait. Évidemment.

Après quelques instants de plus à trifouiller parmi sa belle collection de tenues impeccables, elle sortit deux tailleurs, un noir et un gris, ainsi qu’il chemisier cintré, un pantalon droit sans le moindre pli et deux paires de talons hauts. Se tournant vers la concernée, elle lui tendit le tout sans un mot, son regard en disant long sur ce qu’elle attendait. Et plus vite que ça.
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MessageSujet: Re: « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »   25.03.13 0:34

L’attente ne fut pas trop longue et la brune plantureuse ne tarda pas à s’exprimer de nouveau. Bien que la question ne manque pas de susciter un soupçon de surprise chez Raquel, celle-ci répondit sans sourciller et lui donna les informations qu’elle lui demandait. Quant à l’utilité qu’Elektra accordait à ces valeurs, elle en prit rapidement conscience lorsqu’une rouquine se ramena dans la pièce avec tout un assortiment de tenues. Probablement la personne qu’elle avait brièvement appelée avant de lui demander ses mensurations, d’ailleurs.

Si Raquel avait trouvé un brin gênant, voire carrément humiliant, de se faire examiner à la manière d’une bête de foire dont on vérifie le bon état avant de confirmer l’achat, elle avait pris sur elle – encore – de ne rien montrer, de rester stoïque et de surtout réprimer ce léger soupir agacé qui menaçait à tout moment de s’échapper. Observant avec une curiosité non feinte l’autre femme passer au peigne fin les différents vêtements qu’on venait de lui apporter, elle manqua de répliquer qu’une tenue qui allait à une n’irait certainement pas à l’autre. De fait, si Raquel était plutôt bien fichue, il y avait tout de même un monde entre elle et Elektra : ses seins étaient bien plus modestes, ses formes bien moins prononcées, elle n’avait pas la même paire de jambes interminables non plus. En revanche, elle avait probablement des épaules plus larges et un corps dans l’ensemble plus musclé. Et pour ce qui était de la taille, sa nouvelle patronne devait bien faire une tête de plus qu’elle.
Puis elle se fustigea pour la stupidité dont elle aurait fait preuve si d’aventure elle avait émis ce commentaire à voix haute : pas besoin d’être PDG dans une entreprise de mode pour remarquer que les deux femmes présentaient une morphologie radicalement différente et ne risquait pas de porter les mêmes affaires. De plus, si madame était aussi difficile que ça sur la tenue de ses employé(e)s, Raquel ne devait pas être la première à se voir imposer un relooking vestimentaire. En conséquence de quoi elle avait probablement toute une gamme d’habits qu’elle réservait pour ce genre d’affaire.

Les ensembles qu’elle lui présenta avaient le mérite d’être sobres, elle fut soulagée de le constater : un instant elle avait craint de devoir se retrouver avec une jupe, une robe, enfin quelque chose dans lequel elle ne se serait pas sentie à son aise. Mais un pantalon, une chemise et un tailleur… au fond, ce n’était pas vraiment différent de ce qu’elle portait actuellement, si ce n’était que ceux-ci devaient être bien plus au goût de leur propriétaire. Sans doute les siens n’étaient-ils pas assez chers, classe, ou portaient-ils la griffe d’une marque trop peu connue. Allez donc savoir.
Raquel, tendant la main afin de se saisir des vêtements, n’avait donc plus qu’à se trouver un coin tranquille pour se changer… pensait-elle. Le regard que posait sur elle Elektra la renseigna rapidement quant aux attentes de cette dernière et la cloua momentanément sur place tandis qu’elle la considérait, incrédule. Quoi, elle n’allait tout de même pas… ici… enfin, merde, elle devait déjà se voir dépouillée de son intimité ? La dame semblait déjà s’impatienter devant l’hésitation marquée de sa nouvelle assistante et celle-ci sut que sa patience ne durerait plus bien longtemps.

Si les circonstances avaient été autres, nul doute qu’elle n’aurait pas hésité à lui dire clairement ce qu’elle pensait de ça : si madame Delenikas avait été de l’autre genre, l’on aurait aussitôt crié au scandale. Pouvait-elle se permettre ce genre d’affront sous prétexte qu’elles étaient toutes les deux femmes ? Car c’était ainsi que la plus jeune voyait les choses : un affront, une réelle atteinte à sa dignité, et oui, elle le prenait particulièrement mal. Elle n’avait pas le choix néanmoins, et alors qu’un rictus indéchiffrable étirait ses lèvres, elle brisa le contact visuel jusqu’alors maintenu avec son interlocutrice pour se rapprocher d’une des chaises du bureau. Sa veste fut la première à être abandonnée sur le dossier puis la chemise suivit, rapidement pliée. Le pantalon ne tarda guère à les rejoindre et Raquel se retrouva en sous-vêtements, boxer et soutien-gorge noirs dont le confort primait largement sur le charme. Ainsi exposée au regard scrutateur de la grande brune, elle se redressa et ses iris bruns vinrent se planter dans ceux, plus clairs, de la voyeuse, exprimant parfaitement ce qu’elle pensait de cette petite comédie hautement désapprouvée.

Sauf que ce nouvel échange lui donna l’impression d’être une proie prise au piège d’une toile d’araignée.

Un frisson courut le long de son épiderme et elle se détourna rapidement pour attraper et passer ses nouveaux vêtements, jetant son dévolu sur le tailleur noir et dédaignant complètement le gris ; fort heureusement, il se trouva qu’ils lui allaient plutôt bien. Le pantalon n’aurait pas craché sur un petit ourlet, mais les talons se chargeraient très bien de corriger ce petit détail dans l’immédiat.
Les talons.
Ah, misère.
Elle fixa les deux paires de chaussures comme si celles-ci n’attendaient qu’un instant d’inattention de sa part pour lui sauter à la gorge. Une réflexion fit son petit cheminement jusqu’à son esprit : elle aurait même préféré une jupe à de tels instruments de torture. Depuis combien de temps n’en avait-elle pas porté ? Elle préférait autant ne pas y penser, ne pas se souvenir qu’elle avait toujours évité de porter des chaussures n’ayant pas une semelle adhérant dans son entièreté au plancher des vaches. Son choix se porta sur celles qui lui semblaient le plus confortable – autant réduire la souffrance à venir au maximum – et Raquel, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, se retrouva perché sur des échasses. Joie. Elle avait nettement gagné en élégance, toutefois, comme elle aurait pu le constater si un miroir lui avait renvoyé son reflet. Pour ce qu’elle s’en souciait… « Madame est satisfaite ? » Un soupçon d’insolence perça dans sa voix, qu’elle ravala comme elle le put et entreprit d’atténuer en destinant un mince sourire à Elektra. Madame… il allait falloir qu’elle s’y fasse, à l’appeler comme ça au lieu de son prénom.
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MessageSujet: Re: « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »   02.04.13 21:36

Pour tout dire, Elektra n’aimait que peu perdre son temps. Que ce soit en affaire ou dans sa vie, en général. Après tout, le temps de s’était de l’argent, et cela n’avait jamais été aussi vrai que depuis qu’elle était à la tête de cette entreprise. Oh, depuis son arrivée ici, elle avait bien vite appris à suivre son emploi du temps à la seconde près. Car se permettre un petit retard par-ci par-là n’amenait que des ennuis par la suite, et cela, elle ne pouvait nullement se le permettre ! De quoi aurait-elle donc l’air, si d’aventure, elle en venait à être en retard un peu partout, même pour des rendez-vous très importants ? De tout sauf de quelqu’un de professionnel, assurément. Ainsi, pas question de trainer pour ce qui était du changement de tenue de sa nouvelle employée. Pas question. Même pas pour la pudeur ou quoi que ce soit d’autre de madame, ça non. C’est pour cela qu’elle afficha une moue fortement contrariée en voyant la june femme hésiter, visiblement. Allait-elle protester ou quelque chose du genre ? Quelle fasse, tiens. La grecque se ferait ensuite un plaisir de la virer, et chercher, à nouveau, une assistante portable. Ce qui serait bête, non ? Après tout, ce n’était pas la mer à boire, pas besoin d’en faire tout un flan ! Ce n’est pas non plus comme si elle comptait la regarder faire ou encore lui faire quoi que ce soit d’autre. De plus, elle n’était aucunement au courant des préférences ou quoi que ce soit du genre. Peut-être que dans d’autres circonstances, elle en aurait profité, mais là…

Plissant les yeux, l’agacement s’accentuant sur son minois, elle fut cependant soulagée de voir qu’elle s’exécutait enfin. Surement avait-elle compris que protester n’amènerait rien de bon. Pour elle en tout cas. Et, la voyant se diriger vers une chaise, elle la suivit du regard, ses mirettes grises restant plantées sur elle sans dévier où que ce soit d’autres. Même lorsqu’elle retira ses vêtements, progressivement. La seule remarque que la noiraude se fit, c’était que cette fille ne devait pas bien faire attention à elle pour porter de pareils sous-vêtements. C’était tout sauf élégant, ou flatteur, même pour elle-même. Il fallait dire que la dame, elle, mettait toujours un point d’honneur à être parfaitement vêtue. Même lorsqu’elle ne sortait pas de chez elle ! Enfin, il fallait croire que tout le monde ne se souciait pas e ce genre de détail, à son grand désarroi.

Elle finit par croiser le regard de la Miller, qui semblait être… Outrée ? Ca y ressemblait. Pour toute réponse, muette, Elektra haussa un sourcil, un vague rictus mesquin soulevant le coin de ses lèvres, imperceptiblement. Et son regard, encore, n’avait pas quitté son visage, si ce n’est brièvement. A l’heure actuelle, elle n’avait que faire de cette fille, bien qu’elle ait pu la trouver jolie. Il en fallait bien plus que cela pour réellement attirer l’attention de la veuve-noire. Cette dernière dut d’ailleurs étouffer un rire presque moqueur quand elle vit sa nouvelle employée détourner le regard, suite à leur petite confrontation. Ce n’était pas la première fois que cela arrivait, et il fallait avouer qu’elle éprouvait à chaque fois un petit plaisir sadique à les voir baisser les yeux, sans conviction aucune.

Au vu de son attitude, la dame finit par supposer que les chaussures imposées par ses soins n’avaient nullement l’air de plaire à son employée. Eh bien qu’elle s’y fasse ! Une fois de plus, elle n’avait pas de temps à perdre avec les pleurnicheries de qui que ce soit ! Et si vraiment elle voulait travailler pour elle, elle devrait s’y faire. A cela et au reste, point barre. Pas de compris avec la grecque, jamais. Et puis, ce n’étaient que des talons, pas bien hauts, d’ailleurs. Pas de quoi râler non plus.
Malgré cela, un sourire satisfait s’étira sur les lèvres maquillées de madame Delenikas lorsque finalement elle fut prête. Elle avait bien plus d’allure ainsi ! Bras toujours croisés sous la poitrine, elle se rapprocha d’elle, lissant le col de la chemise, pour ensuite reculer d’un pas, et afficher un air vaguement satisfait : « Il faut bien. » Disons que pour le moment, elle s’en satisferait. Mais elle avait intérêt à faire des efforts dès demain. De gros efforts. « Dorénavant, j’aimerais vous voir habillée ainsi quand il est question de venir travailler. Est-ce clair ? » Quoi qu’il arrivait, elle gardait son air sérieux et relativement froid, un peu déstabilisant, parfois.

Soufflant quelque peu, remettant derrière son oreille une mèche sombre et bouclée, elle récupéra quelques papiers sur son bureau, pour ensuite se diriger vers la porte du bureau. « Je vais vous faire rapidement visiter les lieux, que vous sachiez quoi faire si nécessaire. » D’un mouvement de tête, elle lui fit signe de la suivre. Oh, et elle pourrait elle-même juger de son allure, vu les grands miroirs qui se trouvaient dans le couloir. Et ainsi, sans trop s’attarder non plus, elle lui présenta les différents secteurs des lieux, surtout ceux qu’elle serait amenée à fréquenter, selon ce qu’elle pourrait lui demander. Et cela pouvait aller de la récupération de papiers ou autres documents, jusqu’au café. Car oui, assistante personnelle était juste une jolie appellation pour le poste de larbin, tout bonnement. Un larbin ô combien vital, cependant !

Marchant d’un pas décidé et un tantinet rapide, quelques-uns de ses employés la saluant au passage, madame leur rendant la politesse rapidement, sans trop y faire attention non plus. Arrivées au dernier étage, et en route pour l’ascenseur, histoire de retourner à son bureau, à moins d’un imprévu, elle se tourna vers celle qui la suivait, lui glissant quelques mots : « Je n’aurais pas le temps de vous refaire la visite une seconde fois, donc j’espère que vous avez retenu l’essentiel. Des questions ? » L’ascenseur venait d’arriver, et elle n’attendit pas trop pour y pénétrer, attendant la réponse de la jeune femme.
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MessageSujet: Re: « Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »   10.04.13 21:41

Raquel s’était contentée d’un simple hochement de la tête lorsqu’Elektra lui avait dit souhaiter la voir habillée dans ce style là tous les jours, s’attendant de toute manière à recevoir ce genre de remarque : après tout, sa nouvelle patronne ne l’avait pas fait se changer dès leur première rencontre pour tolérer ensuite qu’elle vienne comme elle le souhaitait. Enfin elle y survivrait, ce n’était pas la mer à boire non plus. Pour parler crûment, oui, ça la faisait chier – surtout en ce qui concernait la partie des chaussures –, mais elle avait connu plus difficile que ça, en matière d’efforts à faire pour bien s’intégrer à un travail. D’ailleurs, puisque l’on parlait d’efforts à faire, elle sentait que les plus compliqués allaient être ceux mis en place pour masquer à l’antipathie instinctive qu’elle éprouvait à l’égard de madame Delenikas. S’attirer ses foudres juste à cause d’une erreur dans son comportement aurait été vraiment, vraiment quelque chose de stupide.
Enfin, mieux ne valait pas se prendre la tête avec tout ceci dès le début : la seule chose qui comptait, pour le moment, était qu’elle avait réussi à ne pas faire mauvaise impression – du moins l’estimait-elle, car le cas contraire elle aurait sûrement déjà été congédiée et invitée à ne plus revenir, non ? Elektra n’avait pas vraiment l’air d’être ce genre de femme à aimer perdre son temps pour rien.

Une fois que la grande brune se fut estimée satisfaite de sa nouvelle tenue, elle entraîna l’anglaise à sa suite pour une visite rapide des principaux endroits de son futur lieu de travail. Le bâtiment était monstrueusement grand, comme elle le constata très rapidement, et tout un tas de gens y fourmillaient à droite à gauche, produisant un fond sonore incessant qui faisait qu’aucun endroit ne semblait vraiment silencieux. Suivre l’allure d’Elektra sans se tordre une cheville ni donner trop l’impression que ces talons lui causaient milles souffrances lui demandait une bonne partie de sa concentration, et le restant s’accrochait du mieux qu’il le pouvait à tout ce que l’autre femme lui disait afin de n’en pas rater une miette. Tant bien que mal, elle se traça dans la tête un plan grossier de la structure… et se jura de ne pas quitter les lieux avant d’en avoir trouvé un en vrai, qui soit palpable, qu’elle pourrait étudier à sa guise une fois qu’elle serait rentrée chez elle, et qui réduirait au maximum ses chances de se perdre dans ce qui lui semblait un véritable dédale.
Il faudrait aussi, songea-t-elle, qu’elle réussisse le plus rapidement à se trouver de bons contacts au sein de l’entreprise qui seraient à même, entre autre, de lui filer un coup de main dans ses débuts et de l’empêcher de se noyer trop vite. Mais pour l’heure, Raquel n’avait aucune attention à donner à cette myriade de visages inconnus, celle-ci étant déjà bien trop surbookée avec tout le reste.

« Non madame, je pense que ça devrait aller », répondit poliment Raquel lorsqu’elles arrivèrent au pied de l’ascenseur. Pas mécontente que la visite soit enfin terminée, la jeune femme la suivit dans la cabine et les deux retournèrent dans l’immense bureau vitré. Elles virent encore ensemble quelques formalités qu’il était essentiel de savoir, et la grecque renvoya enfin Miller afin qu’elle s’occupe de toute la paperasse administrative avec quelqu’un qui ne courait pas après sa montre. Tout devait absolument être régularisé, son statut officialisé, avant ce soir : on était samedi, et elle commençait dans deux jours.
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[TERMINÉ]
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« Je tuerai la Pianiste, pour ce qu'elle a fait de moi. »

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