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 Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]

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MessageSujet: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   10.09.13 14:30

On t'a demandé un ordinateur. Plus spécifiquement, un ordinateur pour l'armurière d'Alpha. Une vague histoire de service rendu et de retour d'ascenseur, tu ne sais plus bien, tu n'as pas vraiment écouté, ça ne t'intéressait pas de toute façon. La demande en revanche était claire et précise, pour une fois. Tu sais ce que doit faire la machine, donc tu sais quoi lui mettre dans le ventre.

On t'a dit qu'il n'y avait pas d'urgence et que ça n'avait rien de pressé, donc tu t'es permis commander des pièces pour faire une meilleure machine que ce tu as sous la main, et de prendre le temps de regarder les logiciels existants correspondants à ce qu'on t'a demandé, en l'occurrence de la Conception Assistée par Ordinateur.

Le temps que les pièces arrivent, tu avais trouvé le meilleur logiciel sur le marché, relevé puis corrigé plusieurs de ses failles, et tu le jugeais prêt à installer. Le montage de l'ordinateur en lui-même a été rapide, l'installation nettement moins mais il faut bien ça. Et puis, enfin, tu l'estime prêt. Ce n'est pas un monstre, et loin d'être le plus puissant ordi que tu aies fait, mais c'est une bonne bête et il fera bien son boulot.

Le problème bien sûr, c'est que maintenant il faut aller le livrer. Cette partie-là, tu n'aimes pas trop. Parce que ça implique de sortir de ton antre, et d'aller parler à des gens. Mais il faut bien. Tu ne vas quand même pas laisser quelqu'un d'autre installer ton bébé. Ils feraient n'importe quoi, à tous les coups. Alors tu y vas. Tu prends la tour sous un bras, l'écran sous l'autre, ton courage à deux mains et les câbles à l'avenant, et tu sors. Pour rendre l'épreuve moins difficile, tu égrènes les nombres premiers dans ta tête, comme un chapelet.

Au moins tu sais que tu ne risques pas de te perdre. C'est l'avantage, avec une mémoire comme la tienne : même si tu n'as parcouru qu'une petite partie des couloirs de ce bâtiment (le moins possible, en fait), tu connais les plans par cœur. Tu arrives assez rapidement dans la partie réservée aux Alphas. Là, il faut descendre. Tu prends les escaliers, évidemment. Moyennement pratique, encombrée comme tu l'es, mais tant pis.

Tu en est à 8807 quand tu arrives à destination. La porte est fermée, tu frappes avec le pied, à défaut de pouvoir utiliser tes mains. Personne ne répond, et tu commences à fatiguer. Tu appuies sur la poignée avec ton coude, la porte s'ouvre. Tu entres. Tout ce que tu vois, c'est du bordel partout. Des armes, des outils, des ateliers, des masques à gaz et compagnie. La seule question que tu te poses, c'est où est-ce que tu vas bien pouvoir installer le petit.

Tu repères un éclair rose un peu plus loin, qui s'avère être une chevelure, accrochée à ce que tu devines être ta "cliente". Tu t'approches et tu tentes de l’interpeller.

Xiǎojiě. Mademoiselle. Miss.

Tu butes trois fois sur le même mot, avant d'arriver à passer en japonais et de t'essayer à prononcer son nom.

Mademoiselle Marsh ? Service informatique.


Dernière édition par Alex Zhu le 13.09.13 19:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   10.09.13 15:20

Indéniablement rose. Et pourtant, c'était une journée qui avait mal commencé. Déjà, il ne faisait pas assez froid. Je détestais l'hiver à Naniwa. Et je le déteste toujours. Il n'y a pas trois mètres de neige, il ne fait pas -40°C. Ce n'est pas un vrai hiver. Mais j'ai choisi de venir ici. Et il y a des armes. Des bombes. Et des gens à faire sauter. Enfin des Autres. Et des Civils à protéger. Mais ça, il y en a partout. Bref, rien de bien grave, en somme.

Donc, journée rose. La température m'a autorisée à mettre un pantalon (hyper-moulant, genre legging), noire, des guêtres roses, mes bottes, éternelles, et un t-shirt sans manche, rose aussi. Le manteau est noir, mais il est perdu, quelque part vers l'entrée. Ce matin, le Capitaine m'a prise à partie. Je n'ai pas bien compris pourquoi, parce que la dernière mission a révélé qu'une arme avait un sérieux défaut de fabrication, et que nos gilets pare-balles n'étaient pas si efficaces que ça. Je venais de recevoir une grosse caisse de kevlar nouvelle génération que je devais enjamber pour rentrer dans mon antre. Que du bonheur.

Enfin, il m'avait appelée pour autre chose. "Préparer un endroit sécurisé pour installer...". Je sais pas, j'ai pas compris le reste. A ce moment-là, j'ai presque compris ce que ressentait le reste du monde quand je parlais. Et puis ça m'est sorti de l'esprit. Qui ça intéresse, le reste du monde? Quand moi je ne comprends pas, ça me gonfle. Donc je suis partie en hochant la tête. Et parce que je n'aime pas me faire engueuler par le Capitaine, j'ai "aménagé" un endroit. Un coin d'atelier. J'ai passé la matinée à installer une vitre pare-balle, anti-choc, et résistante aux explosions. Et à installer un ventilateur pour éviter que la poudre n'aille par-là. Après tout, c'est que ça doit être un truc fragile.

J'ai pris dix minutes de pause pour avaler un sandwich et une bouteille de v... d'eau. Et je me suis remise au boulot. D'abord démonter tous les fusils nouveaux modèles que je venais de créer, et les analyser. Ça allait me prendre un temps fou. C'était bien et mal. Bien parce que j'aime ça. Évidemment. Mal parce que les autres allaient en avoir besoin. Genre bientôt. Je jetais un œil blasé sur l'armoire où s'entassaient tous mes plans. Il allait falloir les ressortir, et emmener du travail à la maison. Ma table d'architecte n'avait pas son pareil.

Changeant d'atelier, je m'attelle donc au décorticage d'un gilet (autant commencer par du facile et urgent) quand j'entends taper à la porte. Sûrement une erreur. Et puis je suis occupée. Sérieusement, cassez-vous. Le couvercle de la caisse de kevlar bloque la porte quelques instants quand elle s'ouvre, et j'ai bon espoir que l'importun, assuré d'être tombé dans une sorte de débarras (malgré l'écriteau "Gare à ton cul, Leane Méchante" sur la porte. Enfin non, c'est pas exactement écrit ça, c'est un truc genre "Biohazard") et partirait en vitesse.

Que nenni, comme disent nos amis du dernier millénaire. L'intrus persiste et signe, pousse la porte jusqu'au bout, même. Je grimace en entendant des tubes s'entrechoquer. Un jour je changerais la porte de place, pour qu'elle arrête de taper dans les agents explosifs. Je fais mine de me concentrer sur mon travail, alors que cette présence dans mon "chez-moi" présage de mauvaises nouvelles. Un mort? Je récupère toujours les équipements après, pour les réhabiliter pour le prochain. Tâche ingrate, mais il faut le faire.

Je ne tourne quand même pas la tête (à quoi ça me servirait?), mais je pose mes outils et je me frotte le visage, étalant généreusement la teinture noire qui me sert à renforcer les jointures et à les imperméabiliser sur le côté droit de mon visage. Les seuls miroirs que j'ai me servent à faire des lignes de poudre... (Pas ce que vous pensez, cela dit). Je me réinstalle plus confortablement sur mon tabouret, les chevilles croisées, et j'attends l'information. Mais c'est une petite voix qui me parvient. Nullement attristée. Étrange.

Tellement que j'effectue un demi-tour, sans décoller du siège (je les ai tous customisés) Une gamine, les bras chargés. Elle a dit un truc, non? Elle connaît mon nom, aussi. Je relève mes lunettes de soudure et je la fixe, cherchant à quoi elle me fait penser. Merde. A rien. Ils ont laissé une gosse qui n'a l'air d'aucune arme existante entrer là? Elle doit bien faire autre chose, non? Comme le type à lunettes, là... Ouais, lui. Nan, j'sais plus si c'était ici ou pas. Enfin bref.

Plongée dans ma réflexion, j'ai pas écouté ce qu'elle me racontait, mais je réponds, par réflexe, un pinceau dans la bouche:

"Leane. S'pour quoi?"

Et qu'elle reste pas plantée là, elle a presque mis le pied dans la caisse. Raah, les jeunes, de nos jours. Même les vieux en fait. Respectent pas le travail artisanal. Sale engeance!
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   10.09.13 16:01

La fille aux cheveux roses se retourne, confirme que c'est bien celle que tu cherches. Tu manques trébucher sur une caisse qui traîne au milieu du chemin. Un peu plus et tu t'étalais par terre. Ça, c'est pas très grave. Mais au passage ça aurait envoyé voler l'ordinateur. Et ça, ce serait grave. D'ailleurs, tu sens que tes bras commencent à fatiguer, tu aimerais bien poser tout ça. Mais tu ne sais toujours pas où. Alors, sans bouger, tu réponds à la question, en espérant que ça fasse avancer la situation.

Service informatique. On m'a demandé de venir vous installer un ordinateur, préparé spécifiquement pour de la CAO. Où voulez-vous que je vous le mette ?

On n'entend pas la lassitude dans ta voix. D'ailleurs on entend aucune espèce d'émotion. Même ta question sonne à peine interrogative. On croirait presque entendre un robot. Ou peut-être quelqu'un qui récite un texte appris par cœur. Ce qui est le cas, au demeurant, comme presque toujours quand tu t'adresses à quelqu'un. Répliques soigneusement préparées et retenues, strict minimum.

Pendant que tu parles, tu regardes autour de toi. Tu regardes les ateliers, les armes, les outils, le sol, le plafond même, n'importe quoi sauf ton interlocutrice. Et au passage, tu notes des décalages, des incohérences. Tu n'es pas une experte en armes, c'est vrai, mais tu as quand même certaines connaissances. Cinq ans au F.S.R. couplés à ta mémoire particulière t'ont donné plus des bases plus que solides dans le domaine. Et ce que tu vois ne colle pas avec ta petite base de données personnelles. Parfois pas complètement, parfois pas du tout.

Bien sûr, si tu discutais un tant soit peu avec tes collègues, tu connaîtrais déjà la réputation de l'armurière, et tu saurais qu'effectivement, elle modifie et fabrique ses armes. Mais ce n'est pas le cas, alors c'est seulement maintenant que tu l'apprends, le déduisant de toi-même. Sans aller jusqu'à dire que ça t'impressionne (mais est-ce que quelque chose t'as déjà impressionné ?), du moins ça ne te laisse pas de marbre.

Alors tu daignes la regarder. Du moins ce qui passe pour tel pour toi. Tu regardes son menton. Tu regardes son épaule. Tu regardes les lunettes relevées sur son crâne, et le tatouage sur sa joue. Ses yeux, jamais, bien entendu.

C'est un peu lourd, vous savez.

Ce n'est pas une plainte. Pas un reproche. À peine un constat. Mais, pour une fois, tu n'as pas l'air de réciter ce que tu dis. Elle ne le sait sans doute pas, mais rares sont ceux qui ont l'honneur d'une réplique de ce genre de ta part.
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   10.09.13 16:36

Euh... Hmmh, elle parle chinois la petite. Littéralement, au début, de ce que j'ai intercepté. Après... Bon, service informatique, ça je connais. C'est toute la population qui ne m'intéresse pas, qui n'a rien à faire avec moi et que j'ai reléguée comme inexistante, ou à l'importance toute relative. Et elle est là, devant moi. Enfin, presque, je ne la vois même pas. Je vois l'appareil, dans ses mains, qui appartient à un monde totalement inconnu. Et qui me servirait à... quoi au juste? Elle a parlé de "séhaho"? Non, je rigole, je sais ce que c'est ! Hmmh... Intéressant, peut-être. Sauf que j'ai jamais utilisé ce truc, moi. Et que si c'est moins efficace que faire mes échelles à la main, ça n'a aucun intérêt. Encore un truc qui va prendre de la place et la poussière. Non, pas la poussière. La poussière c'est mal. La poussière, c'est des gens qui ont explosé. Ceux dont il ne reste plus que des particules. Comme Lui.

Je secoue la tête, m'étale encore une bonne couche de noir sur la joue, et je l'observe. De façon globale, pas dans le détail. Son détail, je m'en contrefous. Elle a l'air vraiment jeune, quand même. Bah, peu importe. Tant qu'elle fait son boulot, le reste, je m'en moque. J'avais la moitié de son âge que je manipulais de la nitroglycérine, donc bon... La lionne lâche ses petits dans l'arène pour les voir grandir. Ou un truc comme ça. Ou alors c'était une histoire de bébé et d'eau de bain? J'sais plus. Raah, expressions pourries.

Bon, quand je vois qu'elle sait pas trop où aller, je me décide à me lever. Non, mais sérieusement. Je me sens polie, d'un coup. Le Capitaine serait fier de moi. Ou alors il trouverait ça normal. Mais en fait, je me lève pas pour l'aider (vous y avez cru, pourtant). Je lui indique de la main la vitre blindée et j'articule (après avoir posé mon pinceau, n'abusons pas):

"Derrière le blindage. Y a un bout d'atelier... vide. Et une prise pas loin. J'crois."

Pas méchant, mais un ton clairement blasé. Genre fais ton truc, m'emmerde pas, déjà que tu empiètes sur mon territoire... En espérant qu'elle ne se prenne les pieds dans rien. Ah, si elle fait tomber une étagère, c'est l'explosion assurée. Le Capitaine va me tuer... Mais bon, pas grave, ce serait pas la première fois. En attendant, je vais sortir mes plans. Parce que si j'ai compris la dernière fois qu'on a essayé de m'expliquer, la CAO, ça marche avec des plans. Et Miss KO, elle va les faire rentrer dedans pour que je joue avec. Un rire un peu machiavélique m'échappe. Je ne vais jamais rentrer chez moi, si ça marche comme je crois...

Je me demande... Ils font des installations à domicile?
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   10.09.13 17:33

Effectivement, après ton explication elle t'indique "un coin d'atelier vide", vers lequel tu te diriges sans hésitation. Si tu connaissais un tout petit peu le comportement humain, tu aurais remarqué le ton blasé, l'air d'ennui, pas si loin au fond de ce que tu affiches toi-même la plupart du temps. Mais tu ne vois pas ces choses, toi, et elles ne t'intéressent de toute façon pas.

L'installation te rassure quant à l'avenir de "ton" matériel, pour lequel tu t'inquiétais quand même un peu en voyant l'atelier. Mais non, il aura son coin à part, protégé, tout va bien. Tu as même un hochement de tête en voyant le ventilateur, approbation silencieuse de l'initiative.

Tu déposes ton fardeau, trouve la prise, installe le tout en moins d'une minute. Après tout, ce ne sont que trois ou quatre câbles à brancher, rien de bien sorcier. Tu appuies sur le bouton de démarrage de l'ordinateur, qui s'allume à une vitesse record. Forcément, c'est toi qui l'as installé, proprement et avec le strict minimum au démarrage, rien pour polluer et ralentir le système.

Et puis tu attends. Les doigts de ta main gauche viennent tambouriner ton pouce successivement, à un rythme régulier. Parce que la suite, c'est la partie que tu n'aimes pas. Celle où tu dois parler. Celle où tu expliques, ou l'autre ne comprend pas ce qui est pourtant élémentaire et où malgré tout tu ne dois, en aucun cas, laisser voir à quel point ces gens sont idiots.

Tu entends Leane revenir et, sans te retourner, tu fais un geste pour indiquer l'écran, et tu recommences à réciter.

Comme vous pouvez le voir, je ne vous ai mis que le strict minimum. Si quelque chose vous manque, n'hésitez pas à me le faire savoir par le biais du capitaine et je viendrai l'installer à un moment où ça ne vous dérangera pas. Évitez s'il-vous-plaît de le faire vous-même.

Joli couplet répété tant et tant. À chaque fois tu le dis, mais ça ne rate jamais, à chaque fois ils décident qu'ils sont assez grands pour se débrouiller tout seuls, et à chaque fois c'est à toi de venir réparer les dégâts. Enfin. Tu te tournes vaguement vers elle, et constate qu'elle te tend quelque chose. Des plans. Tu les fixes un instant, le temps que tes doigts finissent leur cycle sur ton pouce, puis tu les prends. Sans plus de cérémonie, tu te tournes à nouveau vers l'écran. Et la récitation reprend.

Je vais vous montrer comment ça fonctionne. Pour démarrer le programme, vous cliquez ici. De là vous pouvez soit ouvrir un projet terminé, soit reprendre un projet en cours, soit en commencer un nouveau. Bien entendu, pour le moment il n'existe aucun projet enregistré, aussi faut-il en créer un, comme ceci. Le plus simple est encore de faire directement vos plans ici. Mais il évidemment tout à fait possible de reprendre un plan que vous avez fait sur papier. C'est un peu long, mais très simple, voyez.

En effet, tu prends quelques minutes à recopier le plan, vérifiant, inutilement, plus fois que tu as bien entré les bonnes valeurs. Puis, tu reviens à ta récitation.

Bien. Maintenant que le plan est entré, vous l'enregistrez comme ceci. Pensez bien à le faire à chaque fois, sans quoi vous risquez de le perdre et de devoir tout recommencer. Après cela, nous pouvons lancer une modélisation de cette façon. Elle n'est qu'en deux dimensions pour le moment, bien entendu, mais nous la passerons en trois dimensions dans un instant.

Et pendant toute ton explication, les doigts de ta main gauche sont inlassablement venus rencontrer ton pouce, pendant que pas une seule fois ton regard ne s'est décroché de l'écran.
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   11.09.13 6:25

La première partie de son explication est miraculeusement passée à la trappe. Sérieusement, qu'est-ce que j'en ai à faire? Installer des machins en plus. Ils me serviraient à quoi? Si le logiciel de CAO fonctionne, tout va bien, le reste, aucune importance. Ça vous surprendra peut-être si je vous dis que je connais tous mes plans par cœur. Ou pas, d'ailleurs. A force... Je n'ai donc pas besoin de vérifier sur le plan qu'elle rentre si elle a les bonnes cotes. Et là, je commence à tiquer. Un truc cloche. Vraiment.

Elle le modélise en 2D, en continuant à baragouiner. Je ne l'écoute même pas, et en plus, j'ai l'impression d'entendre un cyborg parler. Quoiqu'ils sont programmés pour avoir un minimum d'inflexion dans la voix. J'hésite à appuyer dessus pour voir si c'est vraiment humain, mais en même temps... Tant que ça fait son boulot, peu importe.

Les yeux fixés sur l'écran, je fronce les sourcils. Y a un problème sur le canon. Il faudrait que je vois les balles. Je peux les modéliser directement? Ou ça fait que les gros trucs? Bah, peu importe. En à peine une douzaine de pas aller-retour, j'en un exemplaire dans la main. Des petites merveilles, striées pour une meilleure pénétration au cœur du vampire. Enfin, cœur, façon de parler. Les scientifiques m'apprennent jamais grand-chose sur eux. Mais ils m'aiment pas je crois. La dernière fois j'ai quand même essayé de tirer sur les cadavres pour tester la pénétration d'un nouvel équipement... Aucune conscience professionnelle, ces gens.

Je tourne et retourne le projectile entre mes doigts. Hmmh, là, y a un truc à faire, je vois très bien mais... Y a autre chose. Je sais pas si elle parlait encore ou pas, mais je me glisse sur le côté pour la chasser du tabouret et m'asseoir à sa place. J'ai compris les bases du truc. Non, je vous jure. J'ai rien écouté, mais j'ai vu comment ça fonctionnait. Et histoire qu'elle me saoule pas, je lance quand même, les yeux rivés sur le fusil qui tourne, encore et encore, sous l'impulsion de ma main:

"T'es mignonne, Miss KO. Tu me parles comme si j'étais débile, mais t'as raison. T'inquiète, j'y connais rien dans ces trucs, donc j'y toucherai jamais, je l'éteindrai jamais, je l'entretiendrai jamais. Et j'ai pas de téléphone dans l'atelier."

Parce que franchement, je déteste quand les gens font semblant de savoir entretenir les armes que JE crée. Et ce truc, c'est un peu comme une arme. Je continue à regarder, intensément. Ah! Je crois que je vois. Ah, merde, c'est trop petit. Je reprends, grommelant pour moi-même:

"Franchement, comment t'espère que je vois un truc sur un écran aussi petit? Il faut qu'il fasse au moins la taille du plan, quoi... ou alors..."

Haha, une fonction zoom. Trop bien! Je peux rentrer dans le détail, le monter, le démonter. J'adore. Je suis sûre que c'est le Capitaine qui a demandé ça. Pour pouvoir me faire faire des heures supp' sans me payer, en disant "c'est toi qui est restée là pour faire joujou avec ta machine". Et, bordel, il aurait raison. Je cherche un peu les commandes, je bidouilles, je traficote, je change les cotes, je jure en russe, la balle entre les dents et, enfin, je trouve ce qui ne va pas. Avec un "Hah!" retentissant, je me lève.

J'ai oublié la gamine dans mon dos, qu'elle me suive ou non, peu importe. Mais elle est déjà partie, en fait, non? Je passe dans la salle d'à côté, je mets en route la fonderie, je prends le moule des balles spéciales, je sors le bon alliage, je referme la porte derrière moi en revenant dans la pièce principale. La chaleur, c'est dangereux, sérieusement. Je sors un petit marteau de ma ceinture d'outils et je commence à modifier le moule, pour le rendre plus aérodynamique. Et après, il faudra simplement augmenter l'adhérence. Ça va limiter un peu la pénétration, mais ça évitera les foirages comme sur les premiers canons.

Je navigue à l'aveugle dans l'atelier, concentrée, esquivant les caisses et les gilets entassés par terre. Quand je vous dis que c'est organisé. J'aboutis enfin sur l'établi que je cherchais, celui avec la grosse loupe lumineuse que j'ai piqué dans la salle d'autopsie. Mais ils osent pas revenir la chercher. Un petit rire m'échappe. Tant pis pour eux. Bon, c'est pas le tout, mais j'ai du boulot, moi...
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   11.09.13 14:29

Pas le temps de passer à la modélisation 3D, cheveux roses semble avoir repéré quelque chose qui l'intéresse et, sans plus t'écouter, elle te vire pour prendre ta place. C'est à peine si tu as le temps de t'esquiver, évitant de justesse qu'elle ne te touche, horreur suprême s'il en est. À cette idée, tes doigts recommencent à marteler nerveusement ton pouce. 1, 2, 3, 4. 1, 2, 3, 4. 4 est la racine carrée de 16. 16 est... Elle te parle. Enfin, sûrement ? Le concept de surnom t'es un peu étranger, et celui qu'elle t'attribue ne fait guère te sens à tes yeux. Mais après tout il n'y a personne d'autre ici.

Tu tiques (littéralement : ta tête penche brusquement, mais à peine assez pour être visible, vers la gauche avant de reprendre sa position initiale) quand elle dit qu'elle n'éteindra ni n'entretiendra jamais son ordinateur. L'entretien, tu t'y attendais, de toute manière même ceux qui prétendent le faire en sont généralement incapables. Mais il y a des limites. Peu importe à qui ou quoi elle s'adressait, tu te sens obligée de répliquer.

Il est mauvais pour un ordinateur de tourner sans arrêt, vous devriez l'éteindre quand vous ne vous en servez pas. Ou au moins quand vous rentrez chez vous.

Premier signe d'émotion que tu montres depuis que tu es entrée dans la pièce : agacement. Dommage qu'elle ne t'écoute pas. La psy serait si fière de toi. Tu n'as pas non plus le temps de répondre quand elle se plaint de l'écran – qui est pourtant d'une taille conséquente – elle trouve la fonction zoom toute seule. Bon, au moins elle n'est pas complètement inepte, c'est déjà ça.

Pendant quelques instants, tu ne sais plus très bien ce que tu dois faire. Attendre ? Partir ? Est-ce qu'elle a encore besoin de toi ? Tu n'as pas l'impression, mais tu t'es déjà faite avoir comme ça. Tu installes un engin, la personne commence à faire mumuse avec, tu te dis qu'on n'a plus besoin de toi et t'éclipses discrètement. Et un peu plus tard, quelqu'un vient envahir ton antre pour t'engueuler d'avoir laissé tomber ce quelqu'un sans terminer tes explications. L'engueulade, à la rigueur, tu t'en fiches tellement ça te passe au-dessus, mais tu détestes qu'on envahisse ton espace.

Alors pour éviter ça, tu as fini par décider de rester jusqu'à ce qu'on te donne congé. Ce qui prend parfois du temps, vu qu'il arrive régulièrement que tes "clients" t'oublient après avoir commencé à faire joujou avec leur nouvelle machine, mais peu importe. Attendre, ça ne te gêne pas.

Tu sursautes quand elle laisse échapper un cri victorieux. Cette fois, il effectivement bien probable qu'elle t'ait oubliée. Mais tu ne t'en rends pas compte, tu ne t'en soucies pas, d'ailleurs tu n'y penses même plus. Parce que tu as remarqué quelque chose. Peut-être la seule chose qui sache éveiller ton intérêt pour d'autres êtres humains. Tu ne saurais pas le définir, mais c'est là, et tu veux y assister.

Cette lueur, tu ne le sais pas, mais c'est la même que tu as, toi aussi, quand tu travailles sur quelque chose. Quand tu travailles vraiment, s'entend, pas comme quand tu as monté cet ordinateur, presque machinalement, non. La création. La compréhension. La passion. Tu ne sais pas ce qu'il va se passer, tu ne sais pas ce qu'elle va faire, mais tu sais que ça va être intéressant. Que peut-être tu apprendras quelque chose.

Alors tu la suis. Aussi simplement que ça. Invisible ou presque, tu te fonds dans le décor, marche dans ses pas, observe ses faits et gestes. Être discrète n'est pas un problème pour toi, il y a des années que tu as appris à le faire. Éviter de te faire gêner quelqu'un qui ne te voit pas, ne sait pas que tu es là, c'est peut-être l'interaction humaine que tu maîtrises le mieux. Il a bien fallu, quand à sept ans tu voulais observer le travail des adultes qui jugeaient que ce n'était pas de ton âge. Alors tu te retrouve là, curieuse pour une fois, ayant oublié tout le reste, à suivre cette allumée aux cheveux roses, naviguant dans son sillage.
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   12.09.13 6:59

Effilée. Aérodynamique. Sublime. Et ces stries. Si je n'avais pas été en plein travail, j'en aurais défailli. Un petit rire m'échappe. Je suis un génie. Non, plus sérieusement, je me suis juste surpassée, là. Plus qu'à rajouter quelques incrustations... Deux cents coups de poinçon plus tard, c'est terminé. Et sur la douille, au lieu du calibre, un Alpha. Oui, ça complique quand on veut utiliser les armes à l'extérieur, on se fait griller si jamais on fait une bévue, mais ça évite que les autres chacals nous piquent des chargeurs. Ils croient que je ne les ai jamais vus faire, à rôder autour de MON labo...

Ah non, là c'est la paranoïa qui parle. Tout va bien, le processus créatif est en cours. Armé de mon moule nouvelle crée, je retourne dans la fonderie. La porte hermétique s'ouvre dans un "Plop" des plus satisfaisant, et une bouffée d'air à presque 45°C s'échappe, juste le temps pour moi de pénétrer dans le four. Je lance l'alliage, que j'ai modifié moi-même, j'installe le moule sur l'appareil, et hop. La magie créatrice. Parfois, je me demande si c'est ce que ressentent les parents à l'accouchement. Ou Dieu quand il a crée les Anges. A condition qu'il ressente quelque chose. Ou qu'il existe encore. Après tout, si Dieu est mort, c'est peut-être juste un Ange hyper badass qui dirige là-haut...

Délicat, délicat trempage. Ce n'est pas un problème dû à l'alliage. C'est juste que j'ai voulu tester de zapper le trempage chimique. Du coup, je suis obligée de faire une trempe thermique. Comme pour le verre. Ca feuillette la balle, qui s'écrase beaucoup moins en pénétrant les corps. Elle est plus... flexible, je dirais. Tout aussi mortelle, cela dit. Mais c'est diablement long. D'autant que le four horizontal est presque vide. Je veux tester avant de refaire quoique ce soit.

Vu que ça va prendre des heures, je ressors, couverte de sueur, les lunettes sur le bout du nez. Un truc traîne encore dans mon atelier. Quelque chose qui bouge et respire. Je le sais, inconsciemment. Mais franchement, consciemment, je m'en moque, j'ai encore du travail. Je jette un regard vers le fameux ordinateur, où les nouveaux plans des fusils continuent à tourner gentiment. Elle a dit qu'il fallait l'éteindre, non? Quand je ne m'en sers pas... C'est-à-dire, jamais. D'un autre côté, ce n'est pas plus mal que je n'en ai pas un à la maison. Je ne dormirais plus sinon. Et puis, je garde la main. Les technologies c'est mignon, mais quand ça vous lâche... Eh ben vous êtes dans la merde.

Je m'étire, crache l'ancienne balle, ratée, dans une caisse appelée "à refondre", et retourne travailler sur le fusil. Le modèle de base. Dans la théorie, ce n'est pas moi qui les fait. J'ai pas l'équipement pour faire de la production de masse. Du coup, je prends des armes déjà existantes, que je bidouille. En plus, ça coûte moins cher. Je sors donc un Fass 90 de l'armoire. Un modèle récent, je dois admettre. J'effleure des doigts le Benelli M4 à côté. J'y travaille, bébé, j'y travaille, tu seras le prochain sur la liste. Je retourne sur mon établi spécial armes à feu, m'installe, le démonte, et commence à travailler. Déjà, modifier la cadence. Le tir contrôlé est suffisant. Voire nécessaire. Des rafales plus grosses et ce serait... Catastrophique. D'autant que les balles faites maison ça court pas les rues.

Enfin bref, donc un petit truc à faire par-là, un peu de lissage sur l'intérieur du canon (sinon les stries des balles frottent trop et ça ralentit le tir, genre trajectoire descendante molle à un mètre du bout du canon). Encore un peu... Voilà. Changer l'amortissement de la crosse, la détente, la sécurité, le viseur, remplacer l'alliage à certains endroits... A peine quelques heures de travail, mon grand, et ensuite... Un rire m'échappe. Oh oui, ça va être super!
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   12.09.13 16:49

Tu l'observes pendant un long moment. Jusqu'à ce que, comme ça finit toujours par arriver, tu te lasses de la regarder. Toi, c'est la théorie qui t'intéresses, une fois que tu as compris ce qu'elle cherche à faire, ça ne t'intéresse plus de voir comment elle s'y prend pour le réaliser. C'est chaque fois comme ça. Au moins, dans son cas, ce que tu as vu a suffi à la sortir du reste de la "masse grouillante".

Puisqu'on ne t'a toujours pas donné congé, et que Leane s'est gagnée une place dans la catégorie des êtres à part entière, tu te décides à te faire quelque chose de constructif. Tu entres un modèle de cible avec les propriétés d'un corps humain – tu ne sais pas à quoi ces munitions sont destinées, et l'humain est toujours une bonne base – puis tu lances une simulation de tir avec toutes les données.

C'est pas mal, elle a de bonnes idées, cette fille. Pour peu qu'on s'intéresse à la balistique, bien sûr. Mais ça ce n'est pas un problème, tu es capable de t'intéresser à quasiment tout. Tu oublies un peu pourquoi tu es là, et tu décides de creuser la question. Tu sors une sucette de ta poche, et tu t'amuses à créer divers modèles de cibles pour voir comment ils réagissent. Clover, vampire, lycan... Tu n'as même pas besoin de chercher les données physiologiques, elles sont en mémoire dans ta petite base de données personnelle à l'intérieur de ta tête.

Quand tu arrives à court d'idée de cibles à essayer, tu te rappelles que tu es dans un atelier, pas dans ton antre, et que tu es là pour travailler pour quelqu'un en particulier. La sucette au bec, tu reviens de l'autre côté pour voir où en est la fille aux cheveux roses. Elle en toujours absorbée par son fusil.
Tu te souviens de la balle qu'elle a fait un peu plus tôt. Les simulations seraient évidemment nettement plus pertinentes si tu pouvais entrer les données correspondantes. Mais tu ne les as pas, il faudrait les lui demander.

Tu hésites. Tu n'as jamais su interrompre les gens. En tout cas pas volontairement. Mais il faudrait lui montrer tes simulations. Tout en réfléchissant, tu commences à replacer machinalement les outils placés sur l'atelier devant – juste à côté de celui où elle travaille – pour les aligner de façon parfaitement parallèle.
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   12.09.13 17:24

Un petit coup de tournevis, un petit coup de poinçon par-là pour marquer qu'il est à moi... Je sifflote une petite comptine russe. Pas une marche martiale, elles ne me servent qu'à me donner du courage quand je dois faire quelque chose qui m'énerve. Et le reste de l'unité en a marre de les entendre à chaque fois qu'on part en mission. J'ai presque fini l'assemblage donc... Ensuite, il faudra aller voir si la balle a eu le temps de finir de tremper. Et après, il faudra faire un essai. Un jour, je demanderai au Capitaine de me laisser installer un champ de tir à côté de mon Antre, histoire que je ne doive pas me déplacer chaque fois jusqu'au terrain d'entraînement. D'autant que Médor me déteste. Le chien de garde du coin. Il est persuadé de tout connaître... Quel crétin. Un des ces quatre, c'est sur lui que je m'entraînerait, pour qu'il arrête de me tourner autour d'un air critique. Genre "tu fais de la merde avec tes trucs artisanaux, l'industriel y a que ça de vrai". Raaah. Et voilà, je m'énerve. J'inspire profondément l'odeur d'huile et de poudre, et je commence à me détendre.

Enfin j'aurais dû. Dans la théorie. Tout était réuni pour. Sisi, j'vous jure. Sauf que là, y a un truc qui cloche. Qu'il y ait quelqu'un dans mon atelier, ça arrive. Y a même des gens qui restent pendant que je travaille. Je tolère. A peu près. Certains touchent aux armoires. A leurs risques et périls. Au pire, ils explosent, et voilà. Mais CA. IN-AC-CE-PTA-BLE!!! Déjà, on ne touche pas à MES outils avec ses doigts tous propres. De une. De deux, on ne touche pas aux outils des gens, point. Et de trois, on n'instaure pas le vide sur un de mes établis. Le vide, c'est le mal. C'est un espace sidéral où il n'y a rien. Et où la poussière peut s'accumuler. Et en plus, systématiquement, quand quelqu'un fourre son nez dans mes affaires, je ne retrouve plus rien. Même si ça n'a bougé que de quelques centimètres. Il suffit que ce soit droit, ordonné. Et c'est le bordel.

En réalité, je vous explique tout ça de façon extrêmement censée, et vous vous dites que je vais simplement l'engueuler avec ma tête des mauvais jours et probablement en russe. Comme quand je perds vraiment pied. Oui, sauf que là, je vous présente la vision a posteriori. Celle où je suis posée, où j'ai réfléchi à ce qui s'est passé. En réalité, je l'ai entendue s'approcher d'un établi. Jusque-là, tout va bien. Et j'ai intercepté un mouvement du coin de l’œil. Là, il s'est passé une chose indéterminée qui a abouti au résultat suivant : elle, plus ou moins tombée sur le tabouret de cet établi, moi debout, devant elle, assez près, le poinçon sur sa jugulaire. Je vous avais prévenus...

Un truc assez rauque sort de ma gorge, qui ressemble probablement à une phrase approximative du genre:

"Pas touche..."

Terriblement évolué. Oui, ça m'arrive, j'avoue. Mais bon, elle l'a cherché un peu, non?
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   12.09.13 20:50

Tu n'as pas le temps de comprendre ce qu'il t'arrive que tu te retrouves assise sur le tabouret à côté duquel tu te tenais, un objet pointu appuyé contre ta gorge. Tu ne sais pas exactement de quoi il s'agit, mais tu as déjà calculé la pression exacte que devrait exercer la femme qui le tient pour transpercer ton artère. Tu sais donc qu'elle n'aurait aucun mal à le faire, si elle le décidait.

Tu devrais avoir peur, mais c'est une émotion qui t'es inconnue. Si ton rythme cardiaque a notablement accéléré, ce n'est pas à cause de l'arme qui te menace, mais du fait que celle qui l'a en main t'a touchée pour te faire asseoir là. Paradoxalement, le contact du métal contre ta peau, pourtant mortellement dangereux, te dérange infiniment moins que celui de la main qui s'est posée sur toi, avec brusquerie, certes, mais pourtant sans te blesser.

Tu ne bouges pas. Tu respires peut-être un peu trop rapidement, mais à peine. Tu regardes fixement devant toi. C'est-à-dire en l'occurrence la poitrine de Leane, mais ce n'est qu'un hasard, dont tu ne te rends même pas compte. Tu te repasses l'enchaînement des événements pour les comprendre. Tu as touché à ses outils, donc elle t'a touchée et te menace maintenant avec une arme. Bon. Réaction excessive, sans doute, mais toute réaction liée aux émotions te semble excessive, de toute façon. Dans l'absolu, tu comprends néanmoins le principe que quelqu'un n'aime pas que l'on touche à ses affaires. Toi-même, ça te dérange.

Déjolée.

Tu ne l'es pas. Tu ne saisis même pas réellement ce concept. Mais tu sais que c'est ce que tu es censée dire. Réplique attendu d'un être humain lorsqu'il a commis un acte déplaisant à un autre être humain. Tu ne comprends pas, mais tu l'as appris, alors tu mets en application. Tu sais aussi que les réactions négatives tendent à s'apaiser quand tu donnes une explication à tes actes. Ça non plus, tu ne comprends pas, mais peu importe.

Tu écartes légèrement ta gorge de la pointe, juste assez pour rompre le contact, puis ta main monte vers ton visage, lentement, avec précaution, comme si tu faisais face à un animal sauvage qu'il ne faudrait pas effrayer, pour venir y récupérer la sucette que tu as encore à la bouche. Puis tu récites à nouveau, cette diatribe si souvent répétée.

Je ne voulais pas toucher à vos affaires. Je souffre de Troubles Obsessionnels Compulsifs, qui me poussent parfois à changer des choses de place de façon inconsciente, même si elles ne m'appartiennent pas. Ce n'est pas un acte volontaire. Toutefois, je veillerai à me contrôler à l'avenir.

Tu relèves enfin la tête, sans pour autant que ton regard ne remonte jusqu'aux yeux de la jeune femme. Tu fais un vague mouvement comme pour te relever, sans pour autant le terminer, comme si tu attentais qu'on t'en donne l'autorisation.

Si vous me permettez, j'ai entré dans l'ordinateur une simulation de tir pour votre arme sur divers cibles. J'aurais voulu les informations concernant les munitions que vous fabriquez, afin de la rendre plus précise.

Cette fois, tu parles presque normalement. L'informatique a souvent cet effet sur toi, même quand il s'agit de tâches aussi basiques. Et surtout, tu es vraiment curieuse de voir les résultats. Bien sûr, ça ne suffit pas à donner l'air excitée ou impatiente comme le serait n'importe qui – si quelque chose a ce pouvoir, personne n'a encore trouvé quoi – mais ça a au moins le mérite de te donner presque l'air humaine.
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   13.09.13 8:51

La plupart du temps, quand il m'arrive un truc comme ça (ça ne m'est pas arrivé depuis longtemps... euh... ah oui, depuis FFP3), je m'éloigne rapidement, et je m'explique. Je m'excuse pas. Jamais. D'abord, il faudrait que je le ressente pour avoir envie de l'exprimer, et la plupart du temps, ce ne sont que des mots vides, à mon sens. Mais je m'explique parce que... Parce que les gens me comprennent autant que je les comprends. C'est-à-dire pas du tout. Ils n'arrivent pas à imaginer que si je ne les voyais jamais je m'en porterais d'autant mieux. Ou que s'ils me laissaient enfermée ici, ce serait juste le paradis (le petit).

Une sorte de convention collective donc, j'imagine. Celles que nos parents sont censés nous inculquer. Sauf que mes parents sont des échecs, de ce point de vue. A part le sens de la justice, ma mère ne m'a pas appris grand-chose, même pas à être une femme accomplie. Et mon père, s'il m'a appris beaucoup de choses, était un véritable ermite. C'était moi qui devait gérer les visites des fournisseurs et des clients. Autant vous dire que quand il a commencé à croire que j'étais un cyborg, les autres ont marché. Ils ne concevaient pas qu'il laisse sa fille faire un boulot pareil. Pourtant ils me voyaient grandir. Ce que les gens peuvent être cons quand ils ne comprennent pas quelque chose.

Tout ça n'a aucun rapport avec la choucroute, je vous l'accorde. Mais ça explique en partie que, malgré ma nullité totale en psychologie, les excuses de la petite dame me font froncer les sourcils. Elle est au moins aussi expressive que... Ouais, voilà, je suis un peu comme eux, quand je ne comprends pas. Et de mon point de vue, elle est complètement glaciale, la minette. Comment est-ce qu'elle a bien réussi à passer les tests psychologiques? Cela dit, je relâche quand même la pression du poinçon. Je sais pas d'où elle vient, mais on n'a pas le droit de tuer un autre agent des F.S.R. N'importe où d'autre, j'aurais peut-être appuyé un peu, pour faire valoir mon point de vue. Mais pas ici. Pas le droit.

Je me redresse donc et m'étire un peu, avant de jeter l'arme improvisée sur l'établi où le fusil presque entièrement monté m'attend. J'ai plusieurs outils en multiples exemplaires, mais chacun a son établi. D'ailleurs en parlant de ça, j'évalue les dégâts. Je remonte mes lunettes sur ma tête, me passe la main sur le visage (la sueur a fait couler la teinture, c'est déjà ça), inspire profondément. Du calme. Inspire, expire. Je commence à les désorganiser très méticuleusement en écoutant ses explications du bout des oreilles. Vraiment, je n'arrive pas à m'en empêcher. J'ai essayé, j'ai lutté. Mais un grand éclat de rire m'échappe:

"Incorrigible Miss KO. Pas la peine de me débiter ton petit discours. Si c'est un TOC, tu pourras pas t'en empêcher. Tu ranges des trucs... Sérieusement. J'ai rien contre, mais les aligner, ça crée du vide."

Je n'en rajoute pas plus. Le vide appelle la poussière. Et la poussière, c'est des gens. Encore une de mes théories fumeuses. Comme celle qui fait que je ne supporte pas les fleurs. Ou les animaux. Ah non, ça c'est juste une allergie. C'est pour ça que je reste dans la salle des opérations pour les chasses aux Lycans. Vous imaginez? On tente d'être discret et j'éternue d'un coup. Naaan, ça l'f'rai pas. Enfin bref.

J'ai fini de combler le vide sur mon établi quand elle dit qu'elle a lancé une simulation sur le logiciel. Donc on peut bel et bien faire des trucs comme ça. Bien bien, ça m'évitera de devoir faire des aller-retours incessants chez Médor. Juste une fois, quand j'aurais fini. Pour pouvoir leur dire très exactement quel genre de recul ils auront. Et comment se passe le rechargement. Sur certaines armes les munitions le modifie grandement. Là, normalement, c'est bibi qui va s'emmerder à tout mettre dans des beaux chargeurs adaptés et customisés.

Je lui fais un vague geste de la main pour qu'elle aille se remettre devant l'ordinateur pendant que je vais voir où en est le trempage. Terminé. Parfait. Je coince la balle dans la cartouchière sur la bande de mes lunettes, et je retourne la voir pour lui donner les mesures. Et je pose une question con, parce que tant qu'à faire, elle est là pour ça...

"Bon, et si tu m'expliquais comment je rentre les caractéristiques d'un alliage maison? Et d'un trempage thermique, tant qu'à faire"

N'est-ce pas, que j'ai l'air raisonnable et... Oui, non, absolument pas, juste intéressée par ce qu'elle peut me dire... Pour être honnête, j'ai complètement oublié l'incident d'avant.
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   13.09.13 12:24

Tu te relèves quand elle se détourne de toi. La sucette de nouveau dans la bouche, tu l'observes remettre ses outils à leur place. En la regardant faire, tu comprends qu'il y a une logique dans ses mouvements, même si tu n'arrives pas à la saisir. Elle ne les remet pas simplement en vrac, au hasard, elle recherche quelque chose de précis. Chaos organisé. Elle te donne la solution avant que tu ne la trouves, et tu hoches la tête comme si c'était évident. Bien sûr. Pas de vide. Tu aurais dû le remarquer plus tôt.

Ça te va. Les gens croient souvent que ton besoin compulsif va de pair avec ta manie d'aligner les choses. Ceux-là n'ont manifestement jamais mis les pieds dans ton antre. L'alignement, c'est simplement le système par défaut. L'arrangement le plus simple quand les choses n'ont pas de place définie, que choisit inconsciemment ton esprit quand il n'a pas d'autre consigne.

Mais en vérité, tu es capable d'admettre bien d'autres formes de rangement, pour peu que tu en saisisses la logique. "Pas de vide", tu peux comprendre. Alors, si pas mégarde tu recommences à déplacer des objets ici, tu ne les aligneras plus. Tu combleras le vide. Même inconsciemment, ton cerveau a enregistré la consigne, associée avec l'endroit. Différents endroits, différentes méthodes de rangement. C'est pourtant simple à comprendre, pourquoi tant de gens semblent-ils incapables de saisir ce concept ?

Elle fait un vague mouvement, que tu comprends comme une invitation à retourner auprès de l'ordinateur. Tu ne te le fais pas dire deux fois. Elle revient quelques instants plus tard pour te donner les mesures de la balle, en te demandant au passage comment entrer d'autres caractéristiques. Hah. C'est une fonction que le logiciel ne permet pas, de base. Une des raisons pour lesquelles tu l'as jugé incomplet, et que tu as corrigée. Tu aimes avoir raison.

Ch'est pas plus compliqué que le rechte, en fait.


Tu récupères une nouvelle fois ta sucette, histoire de pouvoir commenter de façon à peu près compréhensible en même temps que tu fais la manip'. Tu prends le temps de bien montrer ce que tu fais, mais tu vas plus vite que tout à l'heure. Tu l'as vue faire, tu sais maintenant qu'elle est capable de comprendre ce que tu lui dis sans que tu lui parles comme à une gamine de sept ans.

Munitions. Là, il y a toutes les plus classiques déjà enregistrées. Elles sont modifiables, il suffit d'ouvrir celle qui vous intéresse. Sinon on peut en créer complètement, ici. Là, c'est comme pour l'arme tout à l'heure, on entre les caractéristiques de base, taille etc. Bien sûr on peut modéliser aussi. Et pour les caractéristiques moins usuelles, c'est là.

Un nouveau menu s'ouvre, légèrement différent des autres. Un peu moins joli, avec moins de finitions. Normal, c'est tout qui l'a fait, l'esthétique c'est pas ton fort. Et puis tu t'es surtout concentrée sur la partie technique, celle qui fait que les résultats que donnera le logiciel seront corrects.

Ici, comme pour l'écran des munition, vous pouvez sélectionner le matériau, le modifier, ou en créer un complètement. Toutes les caractéristiques sont personnalisables.

Depuis le début de tes explications, tu alternes entre le japonais et l'anglais, avec parfois un peu de français, sans même t'en rendre compte. Mais surtout, tu n'as pas récité une seule fois. Et c'est encore plus notable sur cette dernière réplique. Parce que cette partie là, c'est toi qui l'as faite, et que tu aimes parler de ton boulot. Et aussi parce que tu es toujours curieuse de voir ce que va donner la simulation. Tu es toujours calme, évidemment, mais tu ne donnes plus l'impression de mortellement t'ennuyer. Ce qui équivaut pour toi à un discours passionné de n'importe qui d'autre.
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   13.09.13 15:05

Je regarde l'ordinateur. Pas la fille, non, même si ce qu'elle explique est intéressant. Quoiqu'elle parle en un mélange bizarre de japonais, d'anglais et de... français j'ai l'impression. Je maîtrise moyen mais je comprends quand même. Et ce qu'elle me montre... Ah, j'ai l'impression d'un Nirvana d'un genre tout particulier. Genre... Un onsen plein de bimbos à poil pour un pervers. Je me sens un peu pareil (que le pervers, pas que la bimbo). Aaah. La magie de la simulation. Sérieusement, les gens ne se rendent pas compte. Même les alliages... Ça va singulièrement améliorer les performances de l'unité ça. Je sens un sourire étirer mes lèvres. Ils se congratulent toujours quand ils ont fait un carton, sans jamais penser que c'est grâce à moi. Par contre, quand ça merde, j'y ai toujours droit. Mais peu importe. Je ne le fais pas pour la reconnaissance.

J'enchaîne rapidement. J'ai envie de voir ce que ça va donner:

"L'alliage d'abord. Alors, les caractéristiques..."

S'ensuit une liste plutôt longue. Autant être exhaustif. Après, sur la balle. Les caractéristiques, au centième de millimètre, de chaque nervure, et des creux. Puis du trempage, qui l'a feuilletée. Et ensuite le fusil. J'ai fini par lisser le canon plus que prévu au départ. Le prochain modèle, je le tente en full choke, avec des billes. Une nouvelle idée germe, mais je veux mener celle-là au bout. Je souris encore avant de lancer:

"Cible privilégiée, le vampire. En avant, et explose joliment, mon cœur, j'veux en voir partout sur l'écran..."
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   13.09.13 16:07

Tu rentres les données qu'elle te donne, tapant aussi vite qu'elle dicte. Pour la plupart des gens, ce serait du charabia, mais toi tu visualises très bien ce que ça peut donner. Original. Elle sacrifie de la résistance pour gagner en flexibilité et légèreté. Friction à l'air réduite, qui augmentera sa vitesse normale. Tu essayes de visualiser le résultat au fur et à mesure que tu entres les données, mais pour ça même ton cerveau génial n'a pas la puissance. C'est aussi pour ça que tu aimes tant les ordinateurs : ils sont meilleurs que toi.

Tu modifies le fusil d'après les changements qu'elle a apporté, sélectionne la cible. Distance estimée 250 mètres. Plus qu'à appuyer sur entrée et admirer le résultat. Ils ont mis de jolis effets dans ce logiciel. Vue tournante du fusil, puis mise en position, et enfin le tir, avec suivi de la trajectoire du projectile. Et impact. Avec option ralenti, s'il vous plaît.

La balle pénètre dans la cage thoracique comme dans du beurre, atteint le cœur où le feuilletage, suivant les stries de la balle, éclate en plusieurs morceaux qui déchiquettent l'organe par le milieu. Efficace. Sale, diraient certains, mais tu n'as pas ce genre de considérations. D'ailleurs, de l'extérieur rien ne laisse deviner la pulpe sanglante qu'est devenu l'intérieur. Heureusement que le programme permet aussi de visualiser les dommages internes.

Joli.

Esthétiquement pas tellement, mais d'un point de vue balistique c'était effectivement intéressant. Des calculs défilent dans ta tête, vélocité, force d'impact et divers autres problèmes de physique qui t'amusent. Si tant est qu'on puisse dire que quoi que ce soit t'amuse. En tout cas, la question qui avait éveillé ton intérêt est résolu. Et autant que tu le saches, tu travail ici est terminé. Tu vas pouvoir retourner dans ton antre tranquille et solitaire. Pour peu qu'on te laisse partir. Tu fais l'effort de regarder vaguement dans sa direction, mais pas de retirer la sucette de ta bouche pour parler.

Je crois que je vous ai montré tout che qu'il y avait à voir. À moins que vous n'ayez d'autres quechtions ?
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   13.09.13 16:18

Je regarde le résultat avec un sourire. Oh oui. C'est exactement ce que je voulais. Il n'y a plus qu'à lancer la production de masse de balles, ce qui va me prendre le week-end, et de finir les fusils en attendant. Ils vont adorer ça. Ils ne le diront jamais, cela dit. Et j'ai encore du boulot avec les gilets pare-balles. Quand elle demande s'il y a autre chose, je me rends compte que je l'ai écoutée. Étrange. Peut-être qu'on s'est compris, à cet instant, pendant qu'on regardait à l'écran ce vampire imploser. Allez savoir. Je secoue la tête pour dire que je n'ai plus de questions, et je lui laisse la place de se faufiler pour reprendre le chemin de la sortie. Au dernier moment, je lui lance:

"Repasse quand tu veux pour les maintenances et les upgrades... Enfin ce qu'il y a à faire, quoi... Tu sais où c'est d'façon."

Enfin normalement. J'espère. On verra bien. Je n'en reviens pas encore que je lui ai fait cette proposition. C'est ce faux hiver qui me perturbe, je crois... Et c'est pas le tout, mais j'ai des trucs à faire. Avec un dernier regard pour la simulation de tir, je retourne à la fonderie en sifflotant une marche martiale terriblement entraînante.
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MessageSujet: Re: Euh... Je vous mets ça où ? [Terminé]   13.09.13 19:23

Elle répond à ta question d'un hochement de tête négatif. Ça veut dire que tu as officiellement l'autorisation de t'éclipser. Tu n'en attendais pas plus, et tu te faufiles immédiatement vers la sortie, en évitant soigneusement le moindre contact physique entre vous deux. Tu daignes quand même t'arrêter juste avant de disparaître pour de bon quand elle te lance une dernière remarque.

Tu ne te retournes pas, mais tu tournes vaguement la tête, juste assez pour qu'elle voit ton profil, et tu acquiesces sans un mot. Ça, tu sauras t'en souvenir. Et tu n'y manqueras pas. Après tout, elle a bien dit elle-même qu'elle ne l'entretiendrait pas, il faut bien que quelqu'un s'en charge. De toute façon, elle n'est pas la seule dans ce cas. Tu feras comme pour les autres, tu te débrouilleras pour passer quand elle ne sera pas là, pour éviter de la déranger.

Une fois dans le couloir, tu glisses la main dans ta poche pour allumer ton baladeur. Juste un moyen de plus pour toi de t'isoler un peu plus du monde, quand tu n'es pas absolument forcée de communiquer avec quelqu'un. Tes doigts recommences à marteler ton pouce, et tu reprends ton compte là où tu t'étais arrêtée en entrant dans l'atelier. 8807. 8819. 8821. 8831. Ça ne n'a pas été si terrible, finalement. Elle est plutôt supportable, pour un être humain, cette fille à cheveux roses.



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