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 [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]

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MessageSujet: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   28.09.13 15:28

Minami. Il aimait y venir, parfois. Même si ça faisait une trotte depuis Tennoji. Sentir les gens, qui se pressaient, se frottaient. Les entendre rire, jurer, tenter de se rapprocher. Les voir, si différents de ce qu'ils étaient dans la journée. Toutes ces couleurs, toute cette chair exposée. Il pouvait presque goûter sur sa langue les vapeurs d'alcool, les phéromones, les parfums. Il sentait les dizaines, les centaines de corps qui se mélangeaient, au milieu des émanations des voitures, des fumées de cigarettes et autres substances moins licites qui s'exposaient au vu et au su de qui savait chercher.

Au milieu de la chaussée, habillé pour la soirée, Lise s'immobilisa. Ferma les yeux. Leva la tête vers le ciel bouché. Savoura. Il manquait une bonne pluie. Mais elles avaient tendance à vider les rues. Cela ne servirait pas son propos. Depuis quelques temps, depuis que Kamy était partie, il s'était plongé à corps perdu, au sens propre, dans ces rencontres anonymes. C'était moins satisfaisant, moins enrichissant, mais au moins, il n'était pas déçu. Il savait ce qu'ils et elles attendaient. Et l'inverse était tout aussi vrai. A tout le moins le pensaient-ils.

Il n'eut même pas besoin de tenter de pénétrer dans l'un des multiples lieux de rassemblement et de danse pour trouver ce qu'il cherchait. Certains diraient une proie. Lui ne pensait qu'à un palliatif. De quoi combler son existence sans cesse affamée. De nourrir son vide intérieur. Ou l'inverse. Il ne savait plus. Ne réfléchissait déjà plus. Recouvrait sa froidure intérieure avec la chaleur d'un autre être humain. Ou pas, d'ailleurs. Il ne s'était jamais posé la question. Avait-il déjà touché autre chose que de l'humain? Probablement. Était-ce important? Pas vraiment. Tout ce qui importait était ce lit, dans cette chambre d'un hôtel plus luxueux que la moyenne. Et cet homme un peu saoul, qui se cherchait. Qui le cherchait. Qui le trouvait.

***

Des rideaux. Il y avait des rideaux dans cette chambre. Et le lit était trop haut. Pas assez confortable. Les draps étaient de bonne qualité, mais différents. Il bâilla, s'étira. Se délecta de la caresse du tissu sur son corps. Roula hors du lit. Trop court. Finit par soulever les paupières, promenant son regard sur les murs impersonnels, les meubles standardisés, les affaires oubliées. Il fronça les sourcils. Certains laissaient de l'argent parfois, bizarrement. Mais là... Il avait oublié une chaussette, glissée dans le pantalon de Lise, et... Il se pencha par-dessus le rebord du matelas pour suivre la chaîne des yeux. Tira dessus. Une montre?

Pensif, il la regarda. Tenta de l'écouter. Elle ne fonctionnait plus. Était-ce une de ces antiquités qu'il fallait remonter? Aucune idée. Qu'était-il censé en faire? Longuement, il hésita. La reposa. La reprit. Il n'avait pas pour habitude de garder des souvenirs. Sinon, son appartement et le salon seraient remplis de bibelots. Mais... Il la reposa sur le lit, alla se doucher. Il avait mal partout. Sourit. Renfila le pantalon moulant, noir et la chemise bleue qui lui donnait l'air un peu moins jeune. Il jeta la chaussette oubliée. Fit un dernier tour de la chambre. Aperçut la montre. Lorsqu'il quitta la chambre, la chaîne dépassait de sa poche.

La route résonnait sous les talons de ses chaussures. L'objet semblait peser de plus en plus lourd. Qu'était-il censé en faire? Un homme pressé lui rentra dedans, fit choir la montre qu'il avait sortie de son pantalon. Il avait entendu un bruit très caractéristique. Et l'autre ne s'était bien entendu pas arrêté. Il soupira. C'était parfois difficile d'interagir avec les gens, même quand ne leur voulait pas de mal. Accroupi, il releva la tête, pensif et battu d'avance. Continua. Aperçut un lapin blanc. Une horloge. Baissa les yeux sur la montre.

Il soupira. Il ne croyait pas au destin. Sinon, quel sens de l'humour tordu aurait-il pu avoir? Mais il pensait que, parfois, certains signes ne trompaient pas. Et que cette coïncidence était un petit peu trop grosse pour ne pas en être un. Il passa un doigt sur le clapet gravé et désormais branlant. Le voir, et le penser, lui arracha un rire. C'est donc de bonne humeur qu'il pénétra dans le Slipped Cogs.

Il inspira profondément. L'huile. Pas véritablement une mauvaise odeur. Mais inhabituelle pour qui vivait avec les senteurs des shampoings et des argiles à longueur de journée. Il regarda longuement chaque vitrine, intrigué. Tout ce qu'il pouvait pour ne pas se rendre compte du point auquel les murs étaient rapprochés. Combien la boutique était encombrée. Il sentit sa respiration s'accélérer. *Ne panique pas, Lise, ce n'est pas le moment, tout va bien...* Vite, que quelqu'un arrive, brise le silence. Déjà, il sentait sa main se serrer convulsivement sur la montre, s'enfonçant un éclat de verre dans la paume. Il se figea. Fixa le sang qui s'accumulait comme dans une cuvette. Il n'était pas fasciné. Juste concentré. Et heureux de la diversion...


Dernière édition par Lise Lamontagne le 02.10.13 10:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   28.09.13 16:19

Bunny est dans son arrière-boutique, qui lui sert d'atelier. Il contemple, sourcils froncés, la petite horloge à pendule qui trône sur son établi. Il est venu plus tôt aujourd'hui, exprès pour elle. Il l'a trouvée hier, dans la rue, même pas dans une poubelle, négligemment jetée à côté. Alors Bunny l'a ramassée, précieusement, et l'a rapportée ici pour la réparer. C'est toujours comme ça qu'il fait. Tous ces articles dans sa boutique, il les a récupérés, remis en état. Il n'a rien acheté. D'ailleurs il n'est pas certain que qui que soit en vende encore, en fait, à part lui. Tout le monde est passé au numérique.

Bunny ne vend pas grand chose d'ailleurs, en vérité. Fait surtout des réparations, pour des gens qui lui apportent telle montre ou telle horloge dont ils ne se servent jamais réellement, mais qui a une valeur sentimentale. Et même ça, ça ne fait pas beaucoup de clients. Mais Bunny s'en fiche. Il n'a jamais eu besoin de beaucoup pour vivre. Et maintenant, il y a Lavi qui s'occupe de lui. Alors la boutique, les réparations, c'est surtout pour lui. Bunny aime ça. Une des rares choses qu'il a su décider par lui-même. Sa passion.

Il y a un peu de folklore, c'est vrai. Une histoire de lapin blanc toujours en retard, toujours avec sa montre. Bunny aussi a besoin de quelqu'un avec qui s'identifier. Mais ce n'est pas seulement ça. Il y a le tic-tac rassurant, régulier, qui chasse le silence. Bunny n'aime pas le silence, ne le supporte. Le silence ramène des souvenirs. Bunny ne veut pas de ces souvenirs. Mais plus que tout, Bunny aime réparer. Il démonte ces objets brisés, abandonnés, dont plus personne ne veut, et il comprend leur mécanisme, comment ils fonctionnent, pourquoi ils ne fonctionne plus. Corrige les erreurs de fabrication. Bunny ne peut pas réparer Bunny, alors Bunny répare ses montres, ses horloges.

Ce n'est pas bon. Pour cette petite pendule. Elle a bien souffert, la pauvre. L'extérieur est brisé, mais ça ne c'est pas très important. Ses rouages sont grippés, beaucoup de pièces sont voilées, voire disparues. Il va falloir la reconstruire presque entièrement. Ce n'est pas grave, Bunny est patient. Et Bunny n'a guère de clients pour venir le déranger. Pourtant, il entend la clochette de la porte de la boutique tinter, relève la tête, étonné. Si tôt ? C'est bien rare.

Il cherche du regard le chapeau qu'il avait mis pour venir un peu plus tôt, dont il s'était débarrassé en arrivant, jeté au hasard. Plus confortable pour travailler, mais nécessaire pour accueillir les clients. Bunny en a tout un assortiment, qu'il change au gré de ses humeurs. Aujourd'hui, c'est borsalino. Noir, comme le reste de sa tenue. Bunny le retrouve enfin, le cale sur sa tête en y rangeant soigneusement ses oreilles, puis sautille jusqu'à la porte de la boutique, curieux de voir qui a pu venir lui rendre visite.

- Bonjour ?

C'est un jeune homme, à peu près de son âge. Bunny est surpris, il a plutôt l'habitude de recevoir des clients plus âgés. Mais content, aussi. Peut-être qu'ils pourront discuter un peu ? Il a l'air gentil. Bunny aime la compagnie. Quand il est entré, le garçon était en de train de fixer quelque chose dans sa main. Curieux, Bunny s'approche pour voir de quoi il s'agit. Voit le sang avant de voir la montre.

- Oh...

Il plonge la main dans la poche de son pantalon à la recherche de son paquet de mouchoirs, en sort un neuf qu'il tend à l'inconnu avant de baisser à nouveau les yeux pour estimer les dégâts.

- Ça va aller ?
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   28.09.13 17:13

La couleur. Rouge. La douleur. Aiguë. La caresse. Veloutée. La pression. Froide. Tic. Celle de la montre, entre ses doigts. Le silence. Oppressant. Tant qu'il ne parvient plus à se concentrer sur autre chose que cette absence de bruit. Réalise que ce n'est pas vrai. Que le silence n'existe pas, dans cette boutique. Tac. D'un coup, tout revient. Le bruit des horloges, omniprésent. Les couleurs, sobres. Le soleil, discret.

Puis une présence, une caresse, un glissement. Le papier sur sa main. Une chaleur. Une personne. Il est tellement surpris que la peur lui noue l'estomac, et qu'il sursaute. La montre, rendue glissante par le sang, glisse inexorablement. Un cri lui échappe. Trop tard. Une nouvelle fois, elle s'écrase par terre. Le verre, déjà brisé, se répand sur le parquet. Le clapet se décroche, les vis s'éparpillent. Il a l'impression de voir, clairement, comme au ralenti, une aiguille se tordre. La scène semble se poursuivre jusqu'à ce que la chaîne ne finisse sa chute en un cercle presque parfait, en effleurant le corps de l'objet dans un bruit de métaux s'entrechoquant.

Un frisson remonte sa colonne vertébrale. Pièce trop petite. Plus d'air. Le sang. Le métal sur le métal. Le métal sur son dos. Le métal dans sa chair. Il respire trop vite. Trop fort. Ferme la main sur la première chose qu'il trouve. Toucher. Sentir. Vite. Avant qu'ils n'arrivent. Une peau. Douce. Ferme. Une main fine. Qui tient. Elle est accrochée à quelqu'un. Une bonne chose. Son pouce entame un lent mouvement circulaire, étalant le sang sans s'en rendre compte.

Il relève les yeux. Aperçoit un menton, un nez, fins, une peau blanche. Le bord d'un chapeau, noir. Contraste important. Contraste rassurant. Une odeur. Encaustique. Shampoing. Mauvais shampoing. Qui lui fait plisser le nez. Qui le ramène, enfin, à la réalité. Il prend une inspiration, longue tremblante. Desserre un peu le poing. Sourit, l'air d'un parfait et mignon idiot. Une de ses spécialités:

"Désolé. J'étais perdu dans mes pensées... Vous m'avez surpris. Je... Je vais ramasser."

Il laise son regard descendre sur la montre. Lâche, à contrecœur, la main qui l'ancre. S'agenouille sur le parquet. A oublié l'état de sa main. Il n'a pas vraiment mal. Ou plutôt, ne veut pas mettre le mal de côté. Il l'accueille. Le goûte. S'en sert pour rester ici, en ce temps, en ce lieu, et pas ailleurs. Le bruit des horloges revient en force. Alors, pour le combler, il recommence à parler:

"J'étais venue voir ce que vous pouviez faire avec, mais... De toute façon, elle n'était pas à moi..."

La dernière phrase est soufflée. C'était une erreur de l'avoir prise. Il aurait dû la laisser à l'accueil de l'hôtel. Non, dans ce genre de lieu, on ne donnait pas son adresse. Et il ne connaissait pas son nom... Quel dilemme...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   28.09.13 18:36

Bunny suit du regard la chute de la montre qui vient s'écraser au sol. Cassée, jetée, bazardée. Un petit frisson le saisit, qui s'évanouit rapidement quand une main saisit la sienne. Son attention revient sur le garçon. Il ne va pas bien. Il respire trop vite, trop fort. Son regard est perdu dans le vide. Bunny le regarde sans trop savoir quoi faire. Ça lui rappelle quelque chose. Souvenirs flous. Une fille, un chat. Du sang, gouttes rouges sur le carrelage blanc. Et elle qui paniquait à chaque fois, exactement comme ça.

Le garçon bouge, le regarde. Le souvenir s'évapore. Bunny sourit à son sourire, répond avec un temps de retard à ses excuses.

- Non ne vous excusez pas, je...

Trop tard, l'autre est déjà agenouillé, en train de ramasser. Bunny se mord la lèvre, se sent idiot. Ce devrait être à lui de faire ça, non ? Après tout c'est son magasin, et sa faute sans aucun doute. Quand il se relève, Bunny regarde ses mains, l'écoute à peine. Grimace un peu en constatant qu'il a ramassé les morceaux avec sa mains blessée. Et si un des petits éclats allaient se loger dans la plaie ? Ça ne peut pas être une bonne chose.

- Venez

Bunny prend le garçon par le bras, sans vraiment s'en rendre compte et le conduit jusqu'au comptoir. Bunny se sent un peu déstabilisé, entre ce qu'il vient de se passer et ses souvenirs qui ont essayé de revenir. Mais tout va bien. Bunny retire la montre de la main gauche, la pose sur le comptoir. Puis il prend la main droite et en retire doucement les divers débris et éclats de verre. Il sort un nouveau mouchoir et commence à essuyer le sang de la blessure, avant de se rendre compte de la façon dont il est en train de se comporter avec un parfait étranger.

- Désolé...

Les oreilles de Bunny s'agitent, très légèrement, sous son chapeau. Gêné. Bunny ne fréquente pas beaucoup de gens, alors parfois Bunny oublie. Il aime bien ça, lui, le contact, la compagnie, toucher, sentir. Il lui arrive de ne pas se souvenir que la plupart des gens n'apprécient ce genre de choses que de certaines personnes, pas du premier inconnu venu. Bunny ne saisit pas très bien le concept, il sait juste qu'il s'est déjà fait disputer à cause de ça.

Pour se redonner une contenance, il passe de l'autre côté du comptoir et commence à examiner la montre. Il aurait sans doute dû dire autre chose, mais il ne sait pas quoi, alors tant pis. Bunny sourit. Une montre à gousset. Ses préférées. Il ne sait pas trop pourquoi. Peut-être parce que c'est celle du Lapin. Ou bien à cause de leur côté vieux, démodé. Plus personne n'en veut...

Celle-ci est plutôt en bon état. Ou du moins elle l'était jusqu'à son récent accident. Bunny attrape une pince longue et fine qui traînait là et commence à tripatouiller dans la montre, essaye de faire jouer des engrenages, vois ce qui marche ou pas. Penché sur son comptoir, il jette un rapide regard par en-dessous au garçon, souriant, l'air d'avoir déjà oublié sa gêne de quelques instants plus tôt, avant de baisser à nouveau les yeux pour trier les morceaux éparpillés sur le comptoir.

- Je vais pouvoir la réparer, mais ça risque d'être un petit peu long. Il va me falloir des pièces, et je ne suis pas sûr de tout avoir pour le moment...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   28.09.13 19:29

Trop tard, il entend qu'il n'a pas à s'excuser. Le sourire revient. N'était pas parti bien loin. Il entend parler. Il entend les horloges. Il entend le verre qui s'entrechoque. Il sent la chaleur d'un corps à proximité, la fraîcheur du métal. Tout va bien. Non, ce n'est pas tout à fait vrai. Mais tout va mieux. Le froid a reflué. Ce n'est plus qu'une boule dure au creux de son estomac. Tant qu'il ne regarde pas les murs, tout ira bien. Mais les évoquer. Il inspire profondément. Se relève un peu brusquement. Tourne la tête vers celui qui est très probablement le propriétaire. D'autres auraient peut-être été choqués par son apparente fragilité. Par sa jeunesse affichée.

Lise ne voyait que la beauté, que les contrastes, que les expressions. Et il possédait les trois. En grande quantité. Un peu moins de vitalité que d'autres, peut-être. Mais peu en avaient autant que ce dont il avait besoin. Il remarque la grimace. Ne la comprend pas. A-t-il commis une erreur? A-t-il été trop brusque? Est-il dégoûté, lui aussi? Par ce qu'il a fait? Par ce qu'il a l'air d'être? Il sait très bien qu'il pourrait aisément être confondu avec n'importe quel gigolo.

Un instant, il est déçu. Puis il se reprend. Il y a toujours d'autres gens, après tout. Qui voudront le toucher, qui voudront lui parler, ou autre chose. Mais en att... Toute réflexion s'interrompt lorsqu'il sent qu'on le tire par le bras. Son cœur rate un battement. Il ne s'y était pas attendu, résolu déjà à tourner les talons et à repartir avec les fragments de montre, les fragments d'âme qu'il lui restait encore.

Un nouveau sourire, plus sincère, plus éclatant, qui laisse apparaître une petite fossette sur sa joue, étire ses lèvres et éclaire son visage. Tout n'est pas encore perdu, alors. Il le débarrasse de la montre, nettoie sa main. Il sent les doigts, le mouchoir. S'aperçoit qu'il n'est pas le seul à avoir la peau barbouillée de rouge. Le sang. Le sien. La pression s'accentue. Puis la douleur cesse. Et il s'excuse. Lise relève la tête. Brusquement. Il est intrigué. Et parce que la plupart des gens ne comprennent pas, n'essaient pas, il prend la parole:

"Pourquoi vous excusez-vous? Vous n'avez rien fait de mal. C'est plutôt moi qui vous ai tartiné de sang, en plus d'abîmer votre parquet."

Il ne sait pas si ses mots sont appropriés, mais ce sont des mots. Que les gens entendent. Qui meublent le silence. Qui ont, la plupart du temps, une signification. Mais la question n'est plus là. Serrant le mouchoir dans sa paume, il le laisse faire son office. Observe ses doigts agiles qui montent, démontent. Ses yeux, qu'il ne fait qu'apercevoir, fixés sur les rouages complexes et minuscules. Rouges. Ils sont rouges aussi. Comme le sang. Comme... Hum. Cette peau blanche, ces yeux rouges... Il se demande si... Tend la main pour...

Puis il parle, et Lise interrompt son geste. Il a déjà traversé la moitié du comptoir. L'écoute. Hausse les épaules. Il avait déjà oublié la montre. Ne porte que peu d'intérêt aux objets. S'approche pour observer de plus près. N'y comprend rien. S'en moque. Veut simplement être plus proche. Voudrait toucher. Sans arrière-pensée. Chasser la claustrophobie. Juste être avec une personne. Il secoue la tête. Reprend la parole:

"Prenez tout votre temps, Monsieur...? De toute façon, je vous l'ai dit, cette montre n'est pas à moi. Je l'ai trouvée... Quelqu'un l'a oubliée, plutôt. Je ne savais pas quoi en faire, et je suis presque littéralement tombé sur votre boutique. Je me suis dit que c'était un signe. Alors je suis rentré. Et vous avez vu le fiasco à partir de là, je crois..."

Un nouveau sourire. Il tapote le bois du doigt. Il se demande quoi faire. Il veut partir. Il veut rester. Se demande quoi dire. Se tait finalement. Reprend son geste. Il est trop intrigué. Ne sait pas lutter contre ses envies. Refuse de le faire. En a trop souffert. Alors il se penche, tend la main. Lui effleure les cheveux. Il n'a pas fait exprès. Est bien maladroit, aujourd'hui. Mais sa paume a effleuré son oreille. Il s'est crispé, involontairement. A renversé son borsalino. Non. Il s'était attendu à tout, mais pas à ça...

Il se fige, s'apprête à dire quelque chose, n'importe quoi, quand la clochette retentit.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   28.09.13 20:32

Le garçon dit qu'il n'a pas à s'excuser. C'est vrai qu'il est gentil. Bunny sourit. Ne remarque le sang sur ses propres mains que quand l'autre le mentionne. Les essuie sans manière sur son pantalon. Il s'en fiche. C'est du noir de toute façon, ça ne se verra pas. Il le mettra à laver en rentrant. Le parquet il s'en fiche. Il essaiera quand même de nettoyer, peut-être, plus tard, quand le garçon sera parti. De toute façon il y a si peu de monde qui entre ici, et encore moins qui prend la peine de regarder son plancher.

Pour le moment, Bunny est simplement content. Parce que le garçon est gentil, parce qu'il n'a pas mal pris son geste. Et parce qu'il a un nouveau joujou à découvrir, tripatouiller, réparer. Bunny est concentré sur ce qu'il fait. Il n'oublie pas le garçon, mais ne remarque pas son geste. Fasciné par les petits bouts de mécanique qui s'étalent devant lui. C'est vraiment une montre de très belle qualité. Et une véritable antiquité.

Il est ému, quelque part, de se dire qu'elle a survécu jusqu'à maintenant, jusqu'à arriver jusqu'à lui. Que ses petits doigts vont pouvoir la rafistoler, lui prêter vie pour encore un peu de temps. C'est ce qu'il aime avec l'horlogerie. C'est un travail de précision, ça demande des connaissances et du talent, mais dans l'absolu, il suffit simplement de mettre la bonne pièce au bon endroit pour que tout se remette à fonctionner. Merveilleusement simple.

Quand le garçon lui répond, Bunny se rend compte qu'il ne s'est pas présenté. Pas plus qu'il ne connaît son nom. L'habitude. Les clients ne s'y intéressent pas, en général. La pensée qu'il a eu un peu plus tôt lui revient, peut-être que celui-ci voudra rester pour discuter. Sinon, pourquoi est-ce qu'il voudrait connaître son nom ? Bunny relève à peine le museau, un sourire amusé flotte sur ses lèvres, comme à chaque fois qu'il se présente, toujours exactement de la même manière.

- Ben White, Bunny pour les amis. C'est vraiment une montre superbe, quand elle sera réparée v...

Bunny s'interrompt. En relevant la tête, il avait noté le geste mais n'y a pas prêté attention. Ça ne le dérange pas qu'on le touche, au contraire, il aime bien. Il n'avait pas pensé. Avait oublié. Ce n'est pas seulement ses cheveux que la main a touché, mais aussi une oreille. Les yeux de Bunny s'écarquillent de terreur. Ses mains se précipitent par réflexe pour tenter de retenir son chapeau. Trop tard. Se plaquent sur sa tête, dissimulent ses oreilles. Trop tard.

Non non non non il ne faut pas, non, tout mais pas ça. Il a vu. Il sait. Bunny est un erreur, une aberration, une expérience ratée, une création défectueuse, un cobaye déficient. Bunny n'est pas quelqu'un, Bunny est un échec. Les gens ne doivent pas savoir. Jamais. Bunny le sait, Bunny l'a bien compris. C'est déjà arrivé, Bunny se souvient. Avec Lavi, oui, mais avec Lavi Bunny a eu de la chance. Avant Lavi, avant le japon, avant son nouveau nom, après la fuite, il y en a eu un autre. Bunny se souvient de son regard, se souvient qu'il l'avait frappé, avait voulu le ramener là-bas.

Bunny ne veut pas retourner là-bas. Les images le submergent. Les murs blancs, le plafond blanc, le carrelage blanc, la lumière blanche, les blouses blanches, les masques blancs. L'odeur aseptisée, le silence, les aiguilles, la douleur. Bunny ne veut pas, Bunny panique. Entend à peine la clochette, mais voit la silhouette entrer, s'approcher. Deux, maintenant. Bunny ne sait pas quoi faire, Bunny ne peut rien faire. Ses yeux passent frénétiquement de l'un à l'autre, il tremble. Bunny est incapable de bouger, de parler. Un lapin pris dans les phares.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   28.09.13 21:21

Mauvaise idée. La première pensée qui lui traverse l'esprit quand il remarque la réaction de Ben. Bunny. Un petit sourire lui échappe. Il a un sacré sens de l'humour. Au moins aussi bon que le sien. Ce qui n'est pas peu dire. Mais ça n'empêche. Il a mal réagi. Très. Au départ, il ne comprend pas pourquoi. Il l'a touché, avant. Pourquoi repousse-t-il désormais son... Oh. Oooh. Il se disait bien que ces cheveux étaient un tout petit peu trop doux pour être humains. Après tout, les cheveux, c'est son rayon.

Il a eu le temps de voir. Des oreilles. De lapin. La surprise. La première émotion, qui le fige. Puis la peur. La peur que quelqu'un d'autre le découvre. Parce que la sonnette a retenti. Son ventre semble lesté. Précipitamment, il se retourne. Se place devant Ben. Bunny. Il ne sait pas encore. L'illusion est précipitée. Mauvaise. Il a eu du mal à rentrer. Mais il sait faire avec. Il joue, charme, touche, conduit, éconduit. Prend bonne note du nom, de la commande, avec un sourire très peu professionnel. Ou alors, dont un proxénète serait amplement satisfait.

Il récupère un numéro de téléphone dans la bataille. Un rendez-vous prochain. Il ne rappellera probablement pas. N'a pas vraiment la tête à ça. D'autres souvenirs tourbillonnent dans son esprit. Le client sort. Un soupir lui échappe. L'illusion se dissipe. Il contourne le comptoir. Il a peur. Pas de lui. Pas pour lui, non plus. Mais de ses souvenirs. A moins que leur Dieu ait gagné le sens de l'humour depuis qu'il a crée les Anges, sinon, le petit est un Lycan. Un faux. Un Artificiel. Un de ceux qui comprend, normalement.

Ils ont subi les expériences, eux aussi. Ont connu les laboratoires, eux aussi. Ont connu le blanc, la peur, la douleur, la mort, le changement. Sont autres. Et pourtant... Et pourtant, la dernière fois qu'il a cru pouvoir faire confiance à une personne qui aurait dû pouvoir compatir... La dernière fois s'est soldée par un échec. Ce regard. Ce dégoût. Ces paroles. "Les images". Il n'était pas responsable des images.

Il avait décidé, depuis longtemps, qu'il piétinerait les gens. Qu'il survivrait. Envers et contre tout. Qu'il blesserait les gens s'il le devait, pour exister, encore un peu. En secret. Parce qu'il était censé vivre ainsi. Depuis qu'il s'était enfui, il n'y avait que deux personnes qui savaient. Qui avaient su. Et ça ne s'était jamais bien fini. Il aurait dû s'enfuir. Franchir cette porte. Oublier cet endroit. Il hésite. Planté sur le parquet, à l'endroit précis où il a versé son sang. Pour une montre. Sur une montre. Il tremble. Il est terrifié. Bien plus qu'il n'aurait pu le décrire. Bien plus qu'il n'aurait souhaité le dire. Il soupire. Atteint la porte. Retourne la pancarte. Tourne les talons.

Il contourne le comptoir. Les mots sont inutiles. Il le sait depuis longtemps. Il ne touche pas les gens que pour le plaisir. Même si le plaisir est important. Et là, il ne sait pas comment réagir. N'a jamais été confronté à une telle situation. Si, bien sûr. Mais jamais sur quelqu'un d'autre. Et il ne connaît qu'une façon d'y remédier. La méthode qu'il utilise pour lui-même. Alors il s'approche. Prend dans les siennes les mains du Lycan. Les baisse. Et le prend dans ses bras.

Difficile de faire pire. Difficile de faire mieux. Son cœur bat trop fort, trop vite, au rythme de la peur qui lui tord les entrailles. Et lentement, doucement, avec tendresse, il lui caresse le dos. En fredonnant une petite mélodie de jazz. La musique adoucit les mœurs, paraît-il. Il n'y avait plus qu'à espérer que ce soit vrai...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   28.09.13 22:23

Images en surimpressions. Le don de double-vue à l'envers. Ici, maintenant. Là-bas, avant. Bunny ne sait pas, Bunny ne sait plus. La terreur ravive les souvenirs au point de les rendre réels. Bunny voit, entend, sent, tout en même temps. Le regard de l'autre, au nom oublié, à la place du garçon au nom inconnu. Dégoût, haine, mépris. Ceux en blanc, sans visage, penchés sur lui. Intérêt, concentration, déception.

Le garçon s'en va, s'éloigne, parle à la silhouette. Une forme blanche s'approche de lui pour planter une aiguille dans son bras en lui disant de ne pas s'agiter d'une voix agacée. Un coup au visage, l'autre au nom oublié qui le maintient au sol, le visage de Bunny qui ne s'appelle pas encore Bunny contre la terre froide, humide. Du sang rouge sur le carrelage blanc, une petite chose au sol qui ne bouge plus. Des blouses blanches viennent la chercher en notant des choses sur leurs blocs en bois. Rejet, intéressant, calibrage.

Clochette, carillon, tic-tac. Le souffle rauque de l'autre à son oreille, à la fois avide et dédaigneux. Des sons artificiels, les bips des machines qui l'analysent. Des pas sur le parquet, des pas sur le carrelage. Des sanglots d'enfants. Les siens, d'autres, tous les mêmes. Les voix des blouses blanches, étouffées par leurs masques, mais déçues, mécontentes. Échec, aberrant, inutilisable, s'en débarrasser, tout recommencer. Le rire triomphant de l'autre qui lui vrille les tympans.

La douleur des aiguilles sous sa peau. La douleur des coups de pieds dans ses côtes. La douleur de son corps martyrisé qui change contre son gré, qui refuse, qui rejette. Le cuir qui serre ses poignets pour l'empêcher de s'agiter quand on l'examine, qui rentre dans sa chair quand son corps réagit de lui-même. Le froid du carrelage, le froid de l'air trop climatisé, trop filtré, trop aseptisé. Le froid d'une nuit d'hiver dans la campagne anglaise. Douleur. Violence. Dégoût.

Douceur. Chaleur d'un corps contre le sien. Des bras autour de lui, qui ne cherchent pas à le blesser ou à le contraindre, simplement à l'étreindre, à l'apaiser. Une odeur douce, fruitée. Chaude. Présent. Ici, maintenant. Bunny est Bunny. Bunny reconnaît le garçon. Ne comprend pas, pour l'instant, mais s'accroche à lui malgré tout. Il n'est pas parti, ne cherche à l'emmener nulle part, il est simplement... là. Pourquoi ?

Bunny le demande, dans un souffle, sans même s'en rendre compte. Mais ce n'était qu'à peine un murmure, peut-être que le garçon n'entendra pas. Bunny se souvient avoir posé la question, à Lavi, à l'époque. Sans réponse. Ses jambes tremblent encore un peu, mais il est revenu. Il se détache un peu – pas trop – du garçon dont il ne connaît toujours pas le nom. Bunny est gêné qu'il l'ait vu comme ça, de s'être laissé submerger par ses souvenirs, par sa panique. Mais Bunny n'est qu'un lapin, il fait de son mieux... Sa main triture nerveusement une oreille, ses yeux n'osent pas se relever.

- Désolé. Je... Ça va aller, maintenant. Je... Merci.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   28.09.13 23:22

Il sent le changement. Très clairement. Dans la ligne de ses épaules, moins tendue. Dans les tremblements, qui s'apaisent. Il sait. Sait que ce n'est pas vraiment fini. Que ça n'est jamais véritablement fini. Pas quand on sait. Pas quand on comprend. Pas quand on a souffert, vraiment, sur les tables froides des scientifiques. Pas quand on n'a été qu'un objet entre les mains d'homme qui se prenaient pour des dieux, et qui les ont jetés comme des enfants le font de jouets qui ne les amusent plus. Mais peut-être extrapole-t-il. C'est difficile à dire. Difficile à savoir. La dernière fois a été un tel échec...

La peur a un peu fondu. Parce qu'il ne l'a pas repoussé. Parce qu'il l'a laissé aider. C'est étrange. Surprenant. Il n'a jamais eu envie de le faire avant. Alors il ne répond pas tout de suite à la question. Ne l'a pas oubliée. Mais il réfléchit. Réfléchit vraiment. Ne fait pas semblant comme quand il veut donner une réponse stupide pour qu'on le flatte. Non. Il lui doit une vraie réponse. Une de celles qui sont sincères. Une de celles qui ont un véritable sens, et pas seulement pour celui qui la prononce. Il sait qu'il n'aurait pas dû l'entendre. Mais Lise écoute. Sent. Touche. Et donc, a entendu.

Mais à quoi pense-t-il exactement? A de l'empathie? Il ne sait pas ce que c'est. N'a jamais essayé. N'est même pas sûr de savoir ce que ça veut dire. En un sens, il se sent proche de lui. Mais en même temps, qui est-il pour comparer les souffrance, les fêlures, les brisures? Personne. Comme toujours. Il n'est que Lise. Et encore. Il n'est Lise que parce qu'il en a décidé ainsi. Il est le Sujet 144. Instable. Échec. Et pourtant fonctionnel. Et pourtant lâché dans le monde. Par la faute de qui? Qui avait libéré une telle abomination?

Il revient à la situation en cours. N'a pas encore de réponse. Continue de penser. C'est un processus long. Difficile. Il n'aime pas penser. Penser le fait se souvenir. Et il n'aime pas se souvenir. Et pourtant, il se force. Parce qu'il a l'impression que c'est important. Il peine à former les mots. Il peine à comprendre les sentiments, les idées, derrière ceux-ci.

Puis il se détache, un peu. Il croise le regard, rouge, perdu, contrit, triste, confus. Impossible à dire. Tout à la fois, peut-être. Il s'excuse. Le remercie. Le Clover lève la main, lui caresse doucement la joue, comme si une larme avait coulé dessus. Mais il ne pleurera pas. Probablement. Non, sûrement. Peut-être. Et il secoue la tête, un sourire aux lèvres. Puis parle. Parce qu'il le faut. Parce que les gens comprennent mieux. Même si le corps a toujours eu plus de sens. Plus d'impact. Il est le vecteur de bien plus de sensations. Mais peu sont ceux qui écoutent pleinement leur corps. Quoique les Lycans, souvent... Il se retient de secouer à nouveau la tête. Pour les idées, cette fois. Il refuse de penser à cette autre Lycan. Et donc, parle:

"Lise. Je m'appelle Lise... Je me suis dit que ça aiderait que tu le saches, Ben... Bunny."

Voilà. Le nom. Un bon début. Maintenant, répondre à la question. Ou alors, lui dire qu'il n'a pas besoin de s'excuser? Ou tout en même temps. Peu importe. Les mots sortiront comme bon leur semblera, comme à l'ordinaire. Mais au moins, il était sérieux. Et son sourire sincère.

"Mais ne t'excuse pas. Ce n'est pas nécessaire. Et ne ment pas non plus. Je ne vois pas comment ça pourrait aller."

Oui, ça aide sûrement beaucoup. Terriblement. Autant lui dire qu'il a l'air d'une loque. C'est le moment ou jamais de trouver l'idée du siècle. Mais vraiment. Il ne l'a pas lâché. Continue à tracer de petits cercles du bout des doigts. Il ne sait pas si c'est pour lui. Pour eux. Pour l'un. Pour l'autre. Les deux, sûrement. Comment faire comprendre? Pas besoin des images. Plus d'images. Mais les mots, selon certains, remplacent les images. Alors pour aujourd'hui, les mots suffiront. Il semble désolé de ne pas savoir s'expliquer. C'est dur de parler de choses vraies, et intelligentes. Pas de babiller sans fin sur des inepties. Autant essayer... Il n'a rien à perdre après tout. Un peu plus de douleur. Ça ne changera rien.

"Pourquoi, tu demandes? Je ne t'ai pas aidé. Enfin, je ne crois pas. Je ne sais pas. Mais si je le fais, ce n'est pas par pitié. Ni par charité. Je trouve ça hypocrite. C'est juste parce que... Personne n'aime se rappeler que tout n'a pas forcément de sens dans cette vie. Que les gens peuvent faire de belles horreurs. Et qu'on en ressort jamais en 'allant bien'..."

D'accord... Réflexions intelligentes. Il avait oublié. N'était pas très doué pour ça. Il espérait ne pas avoir besoin d'en venir aux grandes révélations. Il aimait assez cette chemise, après tout... Et puis... La peur revint en force. Oui. Pour ça, aussi...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   29.09.13 0:47

La main du garçon sur sa joue. C'est doux. Bunny aime bien. C'est vrai, qu'il est gentil. Et il n'a pas l'air d'avoir peur. Ni dégoûté. Ni méprisant. Il n'a pas l'air de le voir comme l'erreur que Bunny sait être. Ou peut-être qu'il s'en fiche ? Comme Lavi. Sauf qu'il ne ressemble pas à Lavi. Le garçon s'appelle Lise. Bunny trouve ça joli. Même si on dirait un prénom de fille, il trouve que ça lui va bien. Lise l'appelle Bunny. Bunny sourit. Un peu.

Lise dit que ce n'est pas la peine de s'excuser. Bunny ne sait pas trop, veut bien le croire. Lise dit de ne pas mentir, les oreilles de Bunny se rabattent. Est-ce qu'il a vraiment l'air si pitoyable que ça ? Oui, sans doute, en fin de compte... Bunny n'est que Bunny. Pauvre petit lapin perdu. Mais qu'est-ce qu'il y peut ? Il était sincère, pourtant. Ça va aller. Ça finit toujours par aller. Les souvenirs ne reviennent pas si souvent que ça le hanter, la plupart du temps il arrive à ne pas y penser...

Lise répond à sa question. Bunny relève les yeux, étonné. Ça le surprend. D'abord parce qu'il ne pensait pas qu'il l'avait entendue. Ensuite parce que même alors, il ne s'attendait pas à ce qu'il prenne la peine de répondre. Bunny penche la tête sur le côté, écoute. Une oreille se relève un peu. Attentif. Petit lapin curieux.

Bunny n'est pas sûr de comprendre. Ou est sûr de ne pas comprendre. Il n'arrive pas à mettre un sens derrière ces mots, à comprendre ce qu'il veut dire. Mais il n'y a pas que les mots. Il y a le ton de sa voix. Il y a son regard. Ça, Bunny comprend mieux. Ou peut-être pas, mais il sent quelque chose. Une impression... L'impression que Lise comprend. Peut-être. Ou quelque chose d'approchant. Il ne sait pas trop. Bunny est encore un peu confus, après tout ça. Et il n'a jamais été très doué pour réfléchir. Ni pour grand chose d'autre, d'ailleurs.

- Ce n'est pas...

Bunny s'interrompt tout seul avant de prononcer "si terrible". Lise a dit de ne pas mentir. Et même si Lise n'est pas Lavi, Bunny reste Bunny. Alors Bunny obéit. Et même lui se rend compte que c'aurait été un mensonge. À la place, il hoche la tête en réponse à la dernière phrase de Lise, une qu'il est sûr d'avoir compris.

- Non, tu dois avoir raison. Mais on peut... Faire aller, je suppose. Il faut bien, je pense. Sinon, ce serait comme d'être jamais sorti, alors à quoi bon ? Ce serait juste... un échec de plus.

Son regard s'est baissé à nouveau, sa voix a progressivement faibli pour finir sur un murmure. Ça lui fait bizarre, de parler comme si Lise comprenait de quoi il parle. Peut-être que Bunny a tout compris de travers, s'est juste imaginé des choses. Peut-être que Lise va simplement le prendre pour un fou. Peut-être qu'il n'aurait pas tort.

Bunny aurait préféré avoir gardé sa dernière remarque pour lui. Même s'il a raison, même si Lise comprend, c'est lui l'échec, l'erreur. Ça n'avait rien à faire là. Bunny hausse les épaules, entre défaitisme et acceptation. Ce qui est dit est dit, après tout. Mais Bunny se dit qu'il aimerait bien, tout de même, savoir. Parce que s'il a raison, Lise serait la personne qu'il rencontre à comprendre. Ils pourraient peut-être... Il ne sait pas trop. Bref. Il veut savoir.

- Dis, j'ai l'impression que... Enfin... Tu as l'air de... Savoir de quoi tu parles. Toi aussi. Je crois ?

Ce n'est pas très brillant. Mais c'est le mieux qu'il peut faire. Bunny réalise qu'ils sont toujours accrochés l'un à l'autre, dans les bras l'un de l'autre. Ça ne le gêne pas. Bien au contraire. Bunny aime bien ça et, à cet instant, ça lui fait du bien. Il espère que Lise ne va pas partir. Il pourrait mal le prendre, après tout...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   29.09.13 12:00

Lise le regarde. tente de fixer son attention sur Bunny et sur rien d'autre. Mais c'est difficile. Ils s'invitent, sans son consentement. Les souvenirs. Il le regarde. Il le voit. Et pourtant il ne le voit plus. Il sait. Et pourtant, il ne sait rien. Car chacun le vit différemment. Et qu'une expérience est différente d'une autre. Lise ne sait pas ce que c'est d'avoir un autre à l'intérieur de lui. Il a "juste" été modifié. Il est juste devenu différent. Humain, toujours. Et moins humain, pourtant. Mécanique, mais pas un cyborg. Rien. Une folie. Celle des hommes. Celle de l'Homme.

Mais il l'écoute parler. Comprend ce qu'il s'apprête à dire. Lui sourit quand il se reprend. "Ce n'est pas si terrible". Personne ne lui a jamais demandé. Personne n'a jamais essayé de comprendre. Personne n'a jamais écouté. Mais il sait qu'il aurait pu prononcer cette phrase. Parce qu'il y a sûrement pire. Même s'il n'arrive pas à le concevoir. Mais il continue à parler. N'être jamais sorti. Un échec. Biiiiip. Les machines. Il n'avait jamais aimé les machines. Comme il n'aimait pas le silence. ...préconisons... Comme il n'aimait pas les sols froids, ou les matelas trop durs. Instabilité du Sujet 144. Comme il détestait les aiguilles. Mais il n'était pas le seul... ...inutile...

Il ne fixait plus que le vide. Tentait de se reprendre. Essayait de répondre. "N'être jamais sorti". Il devait répondre. Parce qu'il comprenait vraiment. Ne bouge pas... Mettre les mots sur les souvenirs. Noooooooon! Il inspira, tremblant. Prit la parole. La peur, les souvenirs, la douleur, l'enfermement. Tout se mélangeait. Et pourtant, d'une voix trop vide, il parla:

"On fait aller, oui... Mais on ne sort jamais vraiment. Pas là. Pas de là. Il y a toujours les souvenirs, les sensations... les images."

"Je ne peux pas... Les images". Elles étaient là. Faisaient partie de lui. Il s'était tapoté le crâne, avant de finalement reposer la main sur Bunny. Le serrant un peu trop fort. Il avait besoin de se rendre compte qu'il y avait quelqu'un d'autre. De neutre. De non-hostile. D'apaisant. De doux. Quelqu'un qui, vraiment, comprenait. Parce qu'on n'en sortait jamais vraiment. Pas .

La peur se condensait. La peur s'élançait. Comme un chien de chasse sur ses talons. Et lui fuyait. Biche effrayée dans la lueur des phares. Enfant perdu dans un monde trop grand, trop vaste, qu'il ne comprenait pas. Il secoua la tête. Longtemps. Trop. Sortir. Il était sorti. Il était parti. Il s'était enfui. Il profitait, maintenant. Devait. Savait. Pouvait. Il baissa la tête. Souffla. Vaincu. Comme un cheval après une course trop longue. Attendit. Il ne servait à rien. Plus maintenant. Jamais. Il ferma les yeux. Le destin avait vraiment un humour pourri...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   29.09.13 13:11

Lise ne part après la question de Bunny. Pas physiquement en tout cas. Mais c'est presque pire, en réalité. Parce que Bunny a entendu la voix trop vide. En relevant les yeux, Bunny a vu les yeux qui le regardaient sans le voir. Alors bien sûr, Bunny sait, comprend ce qu'il se passe, pour l'avoir trop vécu, parce que lui-même vient d'en sortir, il y a tout juste quelques instants.

Oui, Lise comprend, très bien, trop bien. Lise aussi a vécu, Lise non plus ne peut pas oublier. Et, il le sait, Bunny vient de le renvoyer là-bas. Ses oreilles se rabattent, petit lapin malheureux. Bunny s'en veut, comme peut-être il ne s'en est jamais voulu. Parce que Bunny sait, connaît les images qui défilent dans l'esprit de Lise à cet instant. Pas exactement les mêmes, sans doute, avec des détails différents, bien sûr, mais les détails ne comptent pas.

Ce qui compte, c'est que les images reviennent à Lise, et que c'est la faute de Bunny. Il n'a pas fait exprès, il ne voulait pas, évidemment, mais c'est quand même de sa faute, et cette idée lui serre le ventre. Parce qu'il ne souhaiterait ça à personne, surtout pas au garçon qui a été si gentil avec lui, surtout à cause de lui. Parce qu'il voudrait l'aider, qu'il sait qu'il doit l'aider, mais qu'il ne se sait pas quoi faire, se sent perdu.

Parce qu'il n'est que Bunny. Bunny ne sait pas réconforter, apaiser, consoler. Bunny est celui qui a besoin qu'on fasse ça pour lui, si souvent, trop souvent. Bunny n'est qu'un pauvre petit lapin raté, inutile, incapable d'aider qui que ce soit. Mais il n'y a que Bunny ici, et Bunny ne peut pas laisser Lise comme ça. Alors Bunny cesse de réfléchir, et se contente d'agir, guidé par son instinct. Même une peluche est capable de consoler, non ?

À nouveau, il se serre contre Lise, encore plus qu'auparavant. Une main trop blanche effleur son visage. Toucher, sentir. S'ancrer dans les sensations du présent pour chasser les images du passé. Bunny connaît. Bunny peut faire. Tic, tac. Les sons. Entendre. Des sons d'ici et de maintenant, pour couvrir ceux de là-bas, avant. Bunny se hisse sur la pointe des pieds pour pouvoir souffler à l'oreille de Lise.

- Lise. Reste avec moi, Lise. S'il te plaît. Reviens. Ici. Maintenant. Ne les laisse pas te ramener Lise. Ils ne peuvent pas gagner. Plus maintenant. On peut s'enfuir, Lise. On l'a déjà fait. On est là, Lise. Toi et moi. Restes-y, Lise. Reste avec moi. Reviens, Lise. On ne peut pas oublier, mais on peut se battre. Bats-toi Lise. Quand on vit, quand on avance, c'est nous gagnons. Ils ne peuvent plus nous toucher ici, Lise. Plus maintenant. Ici c'est la vie, Lise. Chasse-les. Reviens.

Des mots qui viennent sans qu'il y réfléchisse, qui s'expriment d'eux-même, naturellement. Son prénom comme une litanie. Présomption. Parce qu'ils n'avaient pas de noms, là d'où vient Bunny, rien que des numéros, des matricules. Parce qu'il a supposé que c'était pareil pour Lise. Parce que Bunny se raccroche au fait d'être Bunny quand il sent qu'il perd pied.

Il essaie d'aider. Fait de son mieux. Ne sait pas trop. Mais il continue de parler. Ne le lâche pas. Ne le lâchera pas jusqu'à ce qu'il ait réussi à revenir. Parce que c'est tout ce que peut Bunny peut faire.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   29.09.13 14:16

Il était là. Au-dessus de lui. Ils étaient là. En lui. Sur lui. Dans lui. Déchiqueté, ouvert, sur une table. Froide. Blanc. Lumineux. Trop lumineux. Mais il les voit. Les voit. Vagues. Présents. Tangibles. Irréels. Des illusions. Ou pas. Si difficile, quand on vit dans un monde de rêve, de savoir ce qui est la réalité. De discerner, dans son instabilité, ce qui est. Ou non. Longtemps. Trop. Reprendre son souffle. Vite. Revenir. Il faut. Il sait que ce n'est pas vrai. Qu'il est sorti. Vraiment? Est-ce qu'il est vraiment sorti? Ces dernières années n'ont-elles été qu'une illusion? Il n'a pas sombré si bas depuis aussi longtemps. N'est pas remonté depuis aussi longtemps. Il ne sait plus. Un grésillement, dans ses oreilles, une enveloppe, autour de la sienne.

Le sujet 14... Lise n'a aucun int... Reviens est beaucoup trop ins... peuvent pas gagner. Représente un dan... s'enfuir. Recommandons de l'élim... Reste. Toujours d'autre cob... Bats-toi. Laissez-le à Ju... ne peuvent plus nous toucher il a l'air de l'aim... Chasse-les. Reviens.

Reviens. Reviens. Reviens. Revenir. Ça voulait dire vers la réalité. Quitter l'illusion. Et l'illusion, c'était le laboratoire. N'est-ce pas? Oui. La réalité. Là où il y avait un corps chaud sur le sien. Là où quelqu'un lui parlait doucement dans l'oreille. Gentil. Bunny. Il s'appelle Bunny. Peut-être. Autant que lui s'appelle Lise. Parce qu'il a choisi. Après. Après être parti. Après le laboratoire. Après les expériences. Un Lycan. Un autre. Un nouveau. Un meilleur? Non, un différent. Un qui sait? Un qui comprend. Un brisé, aussi. Un cassé. Un raté. Un pot. Un autre. Fêlé. Fuyant.

Alors, pour lui, il revient. Ses mains se crispent sur le frêle corps chaud. Son souffle reprend. Lourd. Rauque. Il revient. Il est revenu. Il est là. Il tremble. Ses omoplates brûlent. Chauffent. Mal. Il a mal. Il a froid. Se serre un peu plus. Repose la tête sur cette épaule inconnue et familière. Bien. Bien. Va bien. Va mieux. Non. Pas bien. "Fait aller". C'est ce qu'il a dit. Oui. Ça paraît juste. Le froid reflue. Un peu. Grâce à lui.

Les sensations reviennent. Le tissu, sous ses doigts. La peau, contre sa joue. Une oreille, douce, étonnante, dans ses cheveux. Étrange sensation qui le fait sourire. Il entend, à nouveau. La respiration. Les horloges. Les battements de cœur. Apaisant. Il sent. Encaustique. Quelqu'un. Le métal. Il ne voit pas. A fermé les yeux. Ne veut pas imaginer les murs, si proches. Hésite à relever la tête. La peur revient. Il la sent, à nouveau. Compagne familière. De tous les jours. De tous les instants. Trigger.

Que verra-t-il, dans son regard? De la peur? De la compréhension? De la pitié? Du dégoût, encore? Il n'a pas projeté. Ne sait pas pourquoi. S'est contrôlé. S'est plongé seul dans l'illusion. Dans les souvenirs. Il soupire. Il faut bien affronter la réalité. Il est revenu pour ça. Il relève la tête. Sourit. Un sourire triste. Sincère. Ne prend pas la peine de s'excuser. Cela ne servirait à rien. Il lui effleure la mâchoire du bout des doigts. Le remercie. Parce qu'il n'y a que ça à faire. Et se demande quoi faire. Comment revenir sur le sujet de base. Sur la montre. Cette montre qui l'a mené ici. Cette montre laissée par un homme trop avide et trop pressé.

Un instant, il hésite. Il s'est présenté sous le nom de Lise? Encore une erreur. Mais il ne serait pas revenu, sinon. Il ne l'aurait pas atteint. La voix encore un peu rauque, il reprend la parole. Léger. Parce que la stupidité et l'humour sont son masque. Celui qu'il a l'habitude d'endosser. Pour tout le monde. Même pour lui, peut-être. Une autre illusion, après tout. Qui l'ancre dans le réel.

"C'est Amérindien, comme nom. Bizarre, non? 'Celui qui va sur l'eau'. Et pourtant, ça sonne juste comme le prénom de n'importe quelle... jeune fille."

Il ne l'avait jamais dit. N'a pas avoué pourquoi. Se demande s'il le sait vraiment. Peut-être. Ou pas. Difficile à dire...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   29.09.13 16:20

Ça prend du temps. Beaucoup, un peu, peut-être. Bunny ne sait pas. Bunny s'en fiche. Bunny ne fait pas attention. Bunny se contente d'être là. Aussi longtemps qu'il faudra. Jusqu'à ce que Lise revienne. Le temps s'efface. Le reste du monde aussi. Il n'y a plus qu'eux deux. Lise dans ses bras. La voix de Bunny qui murmure, sans s'arrêter, inlassablement. Sa main qui continue d'effleurer la joue de Lise. Et, quand même, en fond, loin, le tic-tac perpétuel des horloges, rassurant, pour lui rappeler, à lui aussi, qu'ils sont toujours là.

Et, enfin, Lise revient. Bunny le sent avant d'en prendre conscience. Les mains qui se crispent. Le souffle rauque. Le tremblement. Le cors qui se serre. Lise est revenu. Bunny se tait. Laisse échapper un petit soupir de soulagement. Le serre un peu plus fort dans ses bras. Tout va bien, tout va mieux. Lise est revenu. Pour autant, Bunny ne s'écarte pas. Il reste là, encore, tant qu'il faudra. Laisse le temps à Lise de reprendre pied, à son rythme.

Bunny regarde Lise, répond à son sourire. Rassuré, content que ce soit passé. Triste aussi, un peu. Il n'a pas pitié, il comprend, simplement. Une pensée tout de même, au fond de lui : il a réussi. Bunny aussi peut aider. Parfois. Rarement. Mais c'est possible. Pour une personne, au moins.

Lise dit merci, Bunny secoue la tête. Pas besoin de remerciements. Lui aussi l'a fait, pourtant, juste un peu plus tôt. Avait trouvé ça naturel, mérité. Le pense toujours. Simplement, pas quand c'est lui qui est de l'autre côté. Il n'a pas l'impression d'avoir fait grand chose. Il était juste là, c'est tout. Aucun mérite. C'est fini, c'est tout ce qui compte.

Le sourire de Bunny se fait plus franc quand Lise reprend la parole, d'une voix encore un peu rauque mais bien plus naturelle. Les oreilles de Bunny se redressent, s'agitent légèrement, reprennent vie. Tic, tac. Le temps reprend son cours. La crise est passée. Les crises sont passées. La vie reprend ses droits. À nouveau. Ils ont gagné. Encore. Pour cette fois. Jusqu'à la prochaine.

- C'est joli je trouve. Et doux. Ça te va bien.

Comme toujours, Bunny ne réfléchit pas avant de parler. Il se contente de dire ce qui lui passe par la tête, ce qu'il pense. Sincère petit lapin. C'est vrai qu'il ne connaît pas vraiment Lise. Il ne peut se baser que sur le peu qu'il en a vu. Mais ça lui suffit. Il trouve que Lise est doux, oui. Et joli, même s'il paraît que ça ne se dit pas vraiment pour des garçons. Bunny s'en fiche, il trouve que ça lui correspond.

Une espèce de grondement sourd se fait entendre, l'estomac de Bunny qui se rappelle à son bon souvenir. Il a toujours faim après une crise. Peut-être simplement un moyen de plus de s'ancrer dans la réalité, dans la vie de maintenant. Il réagit plus rapidement que ça d'habitude, d'ailleurs. Mais cette fois, il avait quelque chose de plus urgent, il avait dû s'occuper de Lise. Mais maintenant, c'est fini. Bunny redevient juste Bunny. Les fantômes ont disparu, alors autant ne plus y penser. Jusqu'à la prochaine fois.

Un rire un peu gêné, du rose sur ses joues trop blanches. Bunny sourit, se racle la gorge. S'écarte un peu de Lise pour attraper une barre de céréales, parmi un monceau qui trône sous le comptoir. Bunny a souvent besoin de grignoter. Bunny hésite, en prend finalement deux. Il en déballe une qu'il commence à grignoter, tend l'autre à Lise avec un sourire mi-gêné mi-amusé.

- Désolé... Les émotions ça me donne faim. T'en veux une ?

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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   29.09.13 17:01

Il sourit. Un joli nom? Oui, peut-être. Il l'aimait bien, lui. Ambigu. Comme lui. Incertain. Sur le fil du rasoir. A la fois sincère, et un mensonge. Parce qu'il n'est pas une femme. Vérifie régulièrement. Aimerait bien essayer. Mais ça voudrait dire faire une nouvelle opération. Non, non. Mauvaise idée. Ne pas repartir par là. Il ferme les yeux. Une seconde. Sourit. Les rouvre. Les referme, juste pour le plaisir du contraste entre le noir et la lumière. Entre l'absence, le vide, les abysses. Et le plein, les objets, Bunny.

Il aurait envie de lui dire que c'est entièrement faux. Qu'il n'est que ce vide qu'il voit lorsque ses paupières se ferment. Mais c'est la dernière barrière. Le fin vernis qui retient le vase. S'il expose son égoïsme, sa volonté, sa faim, sa peur, il n'est plus que le vide. Plus que des fragments. Alors il ne dit rien. Sourit. Laisse la peur se tasser, en boule. Ranger les tentacules glacées. Il apprécie. C'est tellement différent. Son cœur rate un battement. Un mot a retenti dans son esprit. "Ami". Il s'avance. Trop. Bien sûr. Et pourtant... Que sont des amis, en réalité. Des gens qui peuvent parler vraiment. Il hausse les épaules. Se demande où sa réflexion le mène. Puis un grondement retentit.

Il baisse les yeux. Éclate de rire. Un son haut, joyeux. Lui non plus n'a rien mangé. A eu une nuit agitée. Pas de petit-déjeuner. Pas de déjeuner, non plus. Il entend son estomac répondre. Surprenante symphonie. Il regarde les barres de céréales. Voit le rouge. Le blanc. Le noir. Les contrastes. Il est revenu. Pour de bon. Et il a faim. Pour de vrai.

Il accepte la barre avec un hochement de tête satisfait. L'ouvre. Mord dedans. Se délecte. Comme tout paraît bon, quand il est affamé. Mais il ralentit. Savoure. Détaille. Dissèque. N’aime pas ce terme, mais le fait quand même. Bon. Il aime. Finit la barre. Son ventre grogne encore. Il a besoin d'un repas plus consistant. Il ne s'est pas rendu compte qu'il avait à nouveau avancé la main. Vers les cheveux, pas les oreilles. Les caresse, les évalue, les froisse entre ses doigts. S'appuie sur le comptoir. Sourit.

"On se fait livrer quelque chose? Tu préfères quoi?"

Il cherche un téléphone des yeux. N'a pas envie de sortir pour aller prendre à emporter. Reprend la parole. Regarde les objets. Pas les murs.

"Tu devrais changer de shampoing. Ils s'abîment au bout. Si tu veux, je suis coiffeur... Je n'ai pas ce qu'il faut, là, mais ça peut s'arranger. Je ne fais pas à domicile, normalement, mais bon... Je peux bien faire une exception!"

Il lance un clin d’œil. Le sémillant Clover est revenu. Caché. Stupide. Amusant. Joyeux. Lui. Sans être lui. Mais en étant lui quand même. Parfois, il se demande quelle part de ce qu'il montre au monde est vraiment lui. Mais à cet instant précis, il se sent bien. Sincère. Un peu envahissant, peut-être? Oui, certes... Mais il ne veut pas partir. Pas maintenant. Pas le rejeter... Pas encore. Une nouvelle fois... Il ne sait pas s'il le supporterait...
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   29.09.13 18:30

Le rire de Bunny répond au rire de Lise. Il n'est pas le seul à avoir faim. Bunny grignote sa barre de céréales, savoure. Content. Il se rend compte qu'il lui faudrait plus que ça pour calmer son estomac. Se souvient qu'il n'a pas pris le temps de manger avant de venir à la boutique. Trop pressé de venir s'occuper de sa pendule, désormais oubliée temporairement.

Bunny se demande si Lise va partir maintenant. Il espère que non. Pas simplement parce qu'il aime avoir de la compagnie. Il l'apprécie vraiment. Et il est curieux. Et il a envie qu'il reste, tout simplement. C'est la première fois que Bunny rencontre quelqu'un qui comprend. Il trouverait dommage que ça se termine comme ça. Il n'a pas envie. Il a envie... Il ne sait pas au juste. Mais pas qu'il parte.

Mais non, il n'a pas l'air d'en avoir l'intention. La main de Lise approche à nouveau, Bunny se laisse faire. Ça ne le gêne pas, il aime bien. Une petite voix lui souffle que Lavi n'aimerait pas voir un étranger le toucher comme ça. Lavi n'aime pas que qui que ce soit touche Bunny, d'une quelconque façon. Mais Lavi n'est pas là. Et Bunny ne fait rien de mal. Et il aime bien Lise. Alors Bunny ne dit rien.

Lise propose de se faire livrer à manger, Bunny hoche vigoureusement la tête, ravi, son sourire s'agrandit. À la deuxième question, il penche la tête sur le côté. Les oreilles se soulèvent puis retombent, l'une, puis l'autre. Hésitation. Interrogation. Préférer ? Bunny n'a pas de préférence. Bunny prend ce qu'on veut bien lui donner, voilà tout. Il hausse les épaules en souriant.

- Comme tu veux.

La main de Bunny plonge à nouveau sous le comptoir. Plus longuement, cette fois. Il tâtonne, cherche. Moins accessible que les barres de céréales. Il faut dire qu'il s'en sert moins souvent. Seulement pour prévenir un client qu'il a fini une réparation. Ou, de temps en temps, quand quelqu'un se trompe de numéro. Bunny finit par localiser le socle, repêche le téléphone qu'il tend à Lise d'un air triomphant.

Le cœur de Bunny bondit, ses oreilles frétilles. Content. Bunny n'a pas saisi le sous-entendu. Innocent petit lapin. Simplement que Lise voudra bien le revoir. C'est vrai qu'il ne prend pas vraiment soin de ses cheveux. Il prend juste le premier shampoing qui passe, en général. Un qui sent bon. Il ne cherche pas plus loin. Lavi aimerait sûrement si Bunny avait les cheveux doux. Lavi aime ce qui est doux. Par contre, il est à peu près certain que Lavi n'aimerait pas d'un inconnu chez lui. Alors bunny secoue la tête, catégorique, mais souriant.

- Pas chez moi. C'est euh... pas chez moi, justement. Mais je passerai te voir, si tu veux bien. J'aimerais bien que tu t'occupes de moi.

Innocent petit lapin.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   29.09.13 19:47

Commander à manger. Nouvelle mission. La peur a reflué. Lise est redevenu Lise. Babillant, plaisantant. Comme il veut? Il ne connaît pas l'annuaire, ni les cartes, par cœur. Alors, il n'y a qu'une chose à faire. C'est ce qu'avait dit cette femme, trois jours plus tôt. Un restaurant végétalien. Il ne savait même pas ce que c'était. Mais il doit encore avoir son numéro... Quelque part. Il fouille, cherche, vide ses poches sur le comptoir. Une cigarette qui ne lui appartient pas, des capotes, quelques piécettes, une carte bancaire, et ah! Les cartes de visite. Trois? Ah oui, celle du type de la veille, celle du client de tout à l'heure, et la sienne.

Il prend le téléphone, avec un sourire. Il va devoir négocier. Mais après tout, elle avait dit de la rappeler. Pas dans quelles circonstances. Un petit rire lui échappe alors que la sonnerie retentit. Il relit le nom sur la carte. Il ne savait même pas qu'elle s'appelait comme ça...

"Yuki-chan? Ah, non... Passez-la moi, s'il-vous-plaît. Moi? Oh... Son coiffeur. Oui, oui, elle a décommandé un rendez-vous, je voulais juste le reprogrammer. Allo? Yuki? Salut ma belle... Je pensais tomber directement sur toi... Tu ne m'as pas donné ton numéro personnel? Je suis vexé... Comment ça, qui c'est? Eli... Argh... Et moi qui pensais qu'on pourrait se revoir... Non, tant pis, laisse tomber. Je ne veux pas m'imposer. Hmmh... Bon... Mais vraiment parce que c'est toi. Chez toi? Quand ça? Hahaha. Oui, bien sûr. Non, tu sais bien que je ne peux pas m'absenter tout un week-end. Je suis mon propre patron, après tout. Oui, j'ai hâte de te voir aussi... Ah, au fait, tu fais des livraisons? Oui, deux menus complets. Végétaliens, n'importe. Quelle adresse? Euh... Minami. Slipped Cogs. Oui, l'horlogerie, c'est ça. Hein? Non, pas pour nous deux... Haha, t'es mignonne! A mercredi, alors. Dans quinze minutes! Je t'embrasse."

Il repose le téléphone, s'étire. Ça a été à la fois plus simple et plus compliqué que prévu. Ils seront livrés dans un quart d'heure. Ça laisse un peu de temps pour discuter. Parler cheveux et shampoing, par exemple... Il regarde Bunny, intrigué. Il n'habite pas chez lui. Il observe le balai de ses oreilles, intrigué, fasciné. Il a hâte de pouvoir le coiffer. Ce sera un défi d'un nouveau genre. Éviter les oreilles. Un petit rire lui échappe. Qui meurt quand il entend la suite de la phrase. Chez lui? Impossible. La dernière personne qui est venue chez lui... Un Lycan. Elle n'a pas aimé. Pas compris. A rejeté les images. A rejeté les photos, les tableaux. Sa vision du monde. Lui. Il secoue la tête.

Il range ses maigres possessions dans ses poches. Pas de clefs. Il ne ferme jamais à clef. Au salon, alors... Non, ça paraît compliqué. Il faudrait faire la même chose qu'avec elle, dissimuler son œuvre à la vue des passants. Il a voulu des baies vitrées pour qu'on l'admire pendant qu'il travaillait, pas pour se cacher. Volontairement, il jette un regard aux murs. Serrés. Très. Trop. Mais il y a les bruit. Les objets. Et Bunny. Faire un sacrifice pour quelqu'un. Il ne sait pas s'il en a envie. Ne l'a jamais fait. Ne l'a jamais compris.... Ne commencera pas. Il tend à nouveau la main pour dégager la mèche de son front. Aucun sous-entendu. Il aime toucher les gens. Il aime les goûter aussi, mais les gens n'aiment pas.

"Les cheveux albinos sont plus fins. Sensibles. Prennent assez mal la lumière. Il faut un shampoing spécifique. Et un soin anti-UV. Si tu viens chez moi... Il y a des fenêtres partout. Mais ici... Ici, c'est possible. Il suffit d'une chaise. Et que tu aies les cheveux mouillés en arrivant. Ça te tente?"

Il sourit. S'occuper de lui, oui. Pour leur bien, à tous les deux. Il s'apprête à enchaîner sur quelque chose de moins... De plus... Quand on frappe à la porte. Ça fait moins d'un quart d'heure. Il ne se savait pas être un aussi bon coup. Tant mieux. Son estomac grogne, encore une fois, alors qu'il ramène les plateaux sur le comptoir. Il n'a même pas eu à payer. Parfait. Le destin, encore, sûrement. Il hausse les épaules, fataliste. Son regard retombe sur une carte, abandonnée sur le bois.

"Tiens, prends celui que tu veux. Ah, au fait, le client de tout à l'heure voulait avoir des nouvelles de l'avancée d'une commande... Un coucou? Quoi que ça puisse bien être, d'ailleurs..."
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   29.09.13 21:22

Bunny regarde, écoute, fasciné par Lise et ça discussion téléphonique. Ça n'a rien à voir avec quand Lavi téléphone, surtout pour passer commande : froid, bref, professionnel, efficace. Mais manifestement Lise connaît la personne à qui il parle, alors c'est sans doute normal. C'est plus qu'une simple commande de repas, d'ailleurs, mais ça, ça ne regarde pas Bunny.

En entendant Lise se présenter comme Eli, Bunny penche la tête, curieux. Lise et Eli, comme Ben et Bunny pour lui, sans doute, ça il le comprend bien. Il se demande simplement lequel des deux correspond à quoi. Sais qu'il n'osera pas poser la question. N'est pas sûr de vouloir connaître la réponse, en fin de compte. C'est idiot, Bunny s'en rend bien compte. Mais il ne peut pas s'en empêcher.

Bunny remarque le changement quand il propose de venir, lui, voir Lise. Regard. Attitude. Lise se referme. C'est non. Bunny se demande s'il a dit quelque chose de mal, une bêtise. Ou si, simplement, Lise ne le veut pas chez lui. Compréhensible. L'idée le triste, pourtant. Un peu. Pas trop. Lise veut bien revoir Bunny. Ça lui suffit.

Les oreilles s'affaissent en entendant "albinos". Bunny n'aime pas le mot. Ça aussi, c'est idiot, il le sait très bien. Pourtant ça ne rate pas, à chaque fois. Parce que ça lui rappelle l'échec. Il n'est pas censé être albinos. Ne devrait pas l'être. Il ne l'était pas, avant, il s'en souvient. Ce n'est pas lui, l'albinos. C'est le lapin. Mais après tout c'est lui le lapin, maintenant. Alors pourquoi est-ce que ça, ça le gêne ? Aucune idée. Mais c'est comme ça.

Lise explique, pas chez lui, des fenêtes partout. Ah, oui. Les gens pourraient voir ses oreilles, de dehors, il ne faudrait pas. Pourtant Bunny sent bien qu'il n'y a pas que ça, qu'il y a autre chose. Mais il ne demandera pas, n'osera pas. Alors tant pis. Bunny chasse la question. Sourit. Hochement de tête frénétique, oreilles qui se redressent. Lise veut bien venir ici. Ça veut dire que Bunny reverra Lise. Souvent peut-être ? Bunny ne sait pas, n'y connaît rien en coiffeurs. Lise décidera. Tant mieux, il préfère.

- Quand tu voudras !

Un peu trop enthousiaste, peut-être ? Bunny ne se pose pas la question. Il est content, c'est tout, alors il le montre, c'est tout. Une oreille se redresse, attentive. Bruit. Quelqu'un frappe à la porte de la boutique. Sûrement pas encore un client, ça ferait beaucoup en si peu de temps. Et puis de toute façon Lise a fermé tout à l'heure, non ? Bunny ne s'en souvient pas très bien, il n'était pas en état de faire attention, mais il a l'impression.

Le repas, déjà, alors ? Ça fait beaucoup moins que les quinze minutes annoncées. Tant mieux cela dit, Bunny meurt de faim. Lise s'en occupe. Pas de discussion, cette fois. Rapporte les plateaux. Le ventre de Bunny se remet à gargouiller quand il aperçoit la nourriture. Il reconnaît le logo sur le plateau. Lavi l'a déjà emmené là-bas, quelques fois, quand il vient le chercher le soir à la boutique, parce que c'est tout près. Ça explique que ce soit arrivé aussi rapidement. Bunny aime bien, c'est plein de légumes et puis c'est bon.

Quand Lise lui propose de choisir, Bunny fixe les plateaux. À nouveau, ses oreilles remuent. L'une, puis l'autre. Se décide finalement pour celui qui est le plus proche, parce qu'il faut bien faire quelque chose. Accoudé au comptoir, Bunny pioche dans son plateau directement avec les doigts, grignote. Il ressemble vraiment à un lapin, parfois. Il jette un regard vaguement intéressé à la carte que Lise a mentionnée, reconnaît le nom.

- Ah, lui... Pas fini.

Oublié, en vérité. Il aurait dû s'en occuper, puis il y avait eu la petite pendule abandonnée. Elle était passée avant. Peu importe. Il y a plus grave : Lise ne sait pas ce qu'est un coucou. Enfin, grave, non. Triste un peu, peut-être. Remédiable, en tous les cas. Avec un sourire, grignotant toujours, Bunny se tourne vers le mur derrière lui, tend la main vers un des nombreux objets tictaquant qui y sont accrochés. Et, très délicatement, il fait avancer la grande aiguille jusqu'à la verticale. Il faudra qu'il le remette à l'heure plus tard, mais ce n'est pas très grave.

Le classique des classiques. Un de ses préférés. Pas à vendre d'ailleurs, simplement là pour décorer. Une petite horloge, façon cabane à oiseaux. Toutes les heures, le petit oiseau en bois sort de sa boîte, au-dessus du cadran, et lâche un "coucou" mélodieux par heure passée. Bunny se souvient qu'il lui avait fallu des semaines pour arriver à le remettre en état. Il se retourne vers Lise, souriant, l'air tout fier de lui. Ou de sa petite boîte mécanique.

- C'est ça, un coucou. Mais le sien est moins joli.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   30.09.13 16:09

Lise observe. Parce qu'il le fait toujours. Parce que les gens e se rendent pas toujours compte du point auquel leur corps les trahit. Il ne dit pas qu'il sait tout interpréter, bien loin de là. Mais il connaît le désir, la joie. Et il connait la souffrance, la tristesse. Et malgré les oreilles, qui perturbent son jugement, ou alors grâce aux oreilles, qui offrent une lecture encore plus aisée, il sent qu'il a dit ce qu'il ne fallait pas. Il s'étonne que ça ait de l'importance. Il a l'habitude de flatter ses clients, mais quand il parle de cheveux, il est l'autorité, et ils ne le contredisent jamais. Ne le prennent que rarement mal. Il ne sait pas faire attention à son discours. N'a jamais eu à s'excuser. A toujours su se faire pardonner autrement. Mais Bunny est spécial. Parce qu'il comprend. Parce qu'il... non, il ne sait pas. Il n'est pas complètement honnête avec lui. Mais c'est une étape difficile à franchir. C'était là où tout avait tourné pour le pire. Il n'était pas encore prêt. Et s'il ne voulait plus le voir ensuite?

Une autre question, plus insidieuse, naquit dans son esprit alors qu'il ébouriffait les cheveux du Lycan d'un air contrit. Pourquoi avait-il envie de le revoir? Après tout, il ne se connaissaient pas. Et pourtant... Pourtant il avait traversé une crise avec lui, l'avait aidé à en sortir. Personne n'avait jamais fait ça. Le mot tabou, une fois encore. "Ami". Il avait cru en avoir. Jusqu'à ce qu'un d'entre eux fasse entrer Jun dans sa chambre. Cellule. Un peu des deux, sûrement. Jusqu'à ce qu'il le tue, en représailles. Oui, la colère avait fait des dégâts. Beaucoup. L'amitié était un engagement. Peut-être. Il ne savait plus. Il n'avait pas envie d'y réfléchir dans l'immédiat.

Venir quand il veut. Invitation enthousiaste, tentante. Qui le fait rire joyeusement. Il aime bien Bunny, sa personnalité. Il admire un peu qu'il s'en soit si bien sorti. Il se demande quel âge il a. Depuis quand il est sorti. Mais il ne demandera pas. Jamais. Les crises sont mauvaises. On replonge plus bas à chaque fois. Il ne veut infliger ça à personne. Surtout quand il sait ce que c'est. Quoique personne, ce n'est pas tout à fait exact.Il l'a déjà fait, sans scrupule. Et le refera, pour sauver sa peau.

Il le regarde hésiter devant les plateaux, prendre le plus proche, finalement. Des difficultés à prendre des décisions? Timide... Il se demande à quel point c'est dû au lapin, à quel point à Bunny. Se demande à quel âge il est devenu autre. Mais là encore, il ne demandera pas. Parce que lui n'a aucun souvenir d'avant. Il était bien trop jeune. N'a appris d'où il venait qu'ensuite.

Quand il lui parle du coucou, il le voit changer, presque sous ses yeux ébahis. Ou sous ses yeux presque ébahis. Un peu des deux. On ne choisit pas un métier qu'on n'aime pas. Surtout quand on choisit. Il le voit attraper une petite boîte en bois qui ne paie pas de mine, tripoter quelque chose derrière... Et le coucou sort, avec une petite trille. Lise sursaute, éclate de rire, regarde, observe, se rapproche. Tend la main. Ne touche pas. Parfois on peut. Parfois on ne peut pas. Il ne veut pas abîmer. Mais il s'exclame, émerveillé comme un enfant:

"Mais c'est superbe! Et il fait ça toutes les heures? Vraiment? C'est toi qui l'a fait? Et le bruit vient d'où? Tu peux le choisir, le changer? Le petit oiseau aussi? C'est étonnant, ça a l'air d'une telle simplicité..."

Une idée commence à germer. Un pied de nez. Mais il ne sait pas si c'est possible. Réalisable. Dangereux. Oh, si, c'est certainement dangereux. Un petit rire lui échappe alors qu'il s'adosse au comptoir et pioche dans une des boîtes de repas. La sienne, peut-être. Ou pas. Le sourire s'attarde. Un peu plus mélancolique. Il a décidé qu'il n'essaierait plus. Et pourtant, les mots qui sortent de sa bouche l'étonnent lui-même:

"Tu aimes beaucoup les mécanismes complexes, n'est-ce pas, Bunny?"

Une première approche. Un essai. Avant d'aller plus loin. Peut-être. Ou de se retirer. Avec élégance, cette fois. Espérons.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   30.09.13 17:05

Bunny est fier de sa petite démonstration. Mais un peu inquiet, aussi. Ou simplement nerveux. Il attend, guette la réaction de Lise. Tout le monde n'aime pas les coucous, et Bunny n'a pas toujours eu un grand succès, les quelques fois où il s'est essayé à montrer. Il y a eu des rires moqueurs de ceux qui trouvaient ça ridicule, l'indifférence affichée ou poliment dissimulée de ceux qui s'en fichaient, et, parfois, rarement, un réel intérêt.

En général, Bunny s'en fiche, les gens aiment ce qu'ils aiment, et s'ils n'aiment pas ses coucous, tant pis pour eux. Mais là c'est différent. Parce que c'est Lise, et que Bunny aime bien Lise. Alors ça le rendrait un peu triste, si Lise n'aimait pas ses coucous.

Mais non. Lise aime. Lise ressemble à Bunny, la première fois qu'il en a vu un. Bunny le voit dans son regard qui brille, dans sa main qui s'approche, sans oser toucher, l'entend dans son rire, dans sa voix aux accents enfantins, dans le flot de questions auxquelles il ne s'était pas attendu. Alors Bunny rit, Bunny sourit, Bunny est content. Ses oreilles s'agitent joyeusement pendant qu'il répond aux questions en essayant de ne pas en oublier.

- Ça te plaît ?! Tu peux le toucher si tu veux. Mais fais attention. Il fait ça toutes les heures, oui. Il y en a qui font les demi-heures aussi. Mais c'est pas moi qui l'ai fait non, je l'ai juste réparé. Ça m'a pris du temps d'ailleurs... Il est très ancien je crois. Il y a un petit carillon à l'intérieur, alors c'est compliqué à changer... Pas impossible je pense. Mais il faut s'y connaître en musique ou quelque chose, je saurais pas vraiment faire, moi. Il y en a des plus modernes, avec des sonneries numériques, donc on peut choisir ce qu'on veut mais c'est pas... pareil, je trouve. Le petit oiseau, c'est juste une pièce de bois donc il est facile à changer oui. Il suffit qu'il tienne dans la boîte.

Bunny est presque essoufflé à la fin de son explication. Il a parlé un peu trop vite, passionné. Ses yeux brillent. Ce n'est pas souvent que Bunny a l'occasion de parler de tout ça à quelqu'un que ça intéresse. En voyant Lise piocher sur un des plateaux, Bunny se rappelle qu'il a toujours faim, lui aussi. Il avait réussi à oublier, tout à son explication. Il revient s'installer près du comptoir, recommence à grignoter. En plus, ça lui donne une excuse pour revenir plus près de Lise. Bunny aime bien le contact.

Le sourire de Lise change, une nouvelle question. Bunny penche la tête sur le côté, ses oreilles se redressent. Intéressé. Curieux. Bunny sent que celle-ci est différente, qu'il y a quelque chose derrière, sans savoir quoi. Quelque chose d'intéressant, sans doute. Bunny hoche la tête en souriant, d'un air convaincu.

- Pourquoi ?
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   30.09.13 18:02

C'est possible alors. Pas forcément de changer la musique. Non, après tout, ce n'est pas capital. La musique, il peut faire sans. Ou plutôt, il peut faire avec celle qu'il y a déjà. Le carillon. Comme une présence. Parce que la notion du temps, c'est difficile à garder, quand on est passionné. Ou quand on est perdu. Perdu profondément. Alors il dit la première chose qui lui passe par la tête. Vraie, sincère. Mais un peu trop personnelle. Il ne sait plus où il en est. Ne sait plus sur quel pied danser, avec Bunny. Parce qu'il aime bien. Parce qu'il a peur. Parce que ça va vite. Parce que c'est une occasion unique. Parce qu'il y a les souvenirs, encore, toujours. Mais il parle quand même. Répond à cet enthousiasme qui réchauffe la boule de peur.

"Parce que je me demandais si tu en aurais un pour moi. Comme ça, si je refais une crise, j'aurais l'impression que tu es là, et ça ira peut-être un peu mieux."

Il ne sait pas comment réagir à ses propres paroles. Ne sait pas comment Bunny y réagira. Il se tourne un peu, pioche à nouveau dans les plateaux. Sans enthousiasme. Il n'a plus vraiment faim. La peur est revenue. Montagnes russes émotionnelles. Il est fatigué. Épuisé. Mentalement, pas physiquement. Son corps se porte très bien. Pilote automatiquement la plupart de ses gestes. Mais ses pensées sont bloquées. Il ne veut pas le faire. Il a trop peur. Il a décidé. Il ne le fera pas. Pas possible. Il ne réagira pas bien, de toute façon. Qui le ferait? Ce qu'il va faire, c'est lui dire qu'il repassera... dans deux jours. Ah ben non, il y aura Yuki dans deux jours. Dans trois jours. Avec ses ciseaux et ses peignes. Voilà. Et tourner les talons, et partir loin, très loin, vite, très vite, sans prêter attention aux yeux tristes et aux oreilles basses. C'est la meilleures solution. Et donc, quand il ouvre la bouche, c'est avec cette ferme intention:

"Ce n'est pas évident quand tout le monde peut savoir, n'est-ce pas? Que tes oreilles soient à l'air libre. Pourtant, ça mène à des situations comme celles-ci. A d'autres moins agréables, j'imagine. Mais ce n'est pas vraiment un choix conscient..."

Parce que faire la démarche et être rejeté... Mais est-ce vraiment pire? Non, simplement différent. Parce qu'il ne peut même pas se dire que c'est de sa faute. C'est juste le hasard et la bêtise des gens. L'un dans l'autre... Mais il a peur. Encore. Il a dit qu'il partirait. Il n'arrive pas à se convaincre que c'est la bonne solution. Il jette un regard vers la porte. Pour évaluer la sortie? Pour vérifier que personne ne regarde et ne veut rentrer? Difficile à dire. Il se passe les mains dans les cheveux, sur le visage. L'y laisse quelques instants. Inspire, expire profondément. Puis, contre toute attente, les siennes comme, probablement, celles de Bunny, il déboutonne sa chemise. Il l'aime bien. Et il ne se voit pas faire le trajet jusque Tennoji torse-nu, ensuite.

Il la sort de son pantalon, la retire, entièrement, la plie sur son bras. Est-ce qu'il aura la place? Les murs sont tellement proches, tellement proches, trop proches. Trop proches. Non, respire. Il se concentre sur le tic-tac incessant des horloges. Il apprend leur rythme. S'en gave, en explose. Il a les yeux fermés. Concentré. La peur est là. Toujours. Forte. Mais pas omniprésente. Pas envahissante. Elle n'est pas le raz-de-marée auquel il est habitué. Il contrôle encore. Malgré ses omoplates qui chauffent, le brûlent. Malgré le bruit qui détraque la mélodie. Clac. Inspirer. Expirer. Doucement. Garder le contrôle. Encore. Clac. Bien bien. Tout va bien. Les cuivres se rajoutent sur les tambours. Puis l'apothéose. Claclaclaclaclaclac. Et la chute.

Il halète un peu. Garder le contrôle encore. Il étire les ailes, les déploie, prudemment. Sublime monstruosité. La folie de l'homme et son plus grand génie. Oiseaux artificiels. Crées pour et par les cages. Par et pour le plaisir et la mégalomanie de l'homme. Son complexe de Dieu. Contre Dieu. Alors, enfin, il relève les paupière. Relève ses yeux bleu glacier, emplis d'attente, de crainte. A un pauvre sourire.

"Pour ça."
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   30.09.13 19:14

- Bien sûr. Celui que tu veux.

Il n'a pas hésité une seule seconde avant de répondre. Bunny sourit. Bunny rougit un peu, aussi. Content que Lise veuille un coucou. Content que ça puisse, peut-être, l'aider. Touché que ce soit pour penser à lui. Alors Bunny lui donnera un coucou, une horloge, une pendule, ce que Lise voudra. Même son préféré, celui qui n'est pas à vendre, Bunny se rend compte que ça ne l'embêterait pas de s'en séparer, si c'est pour ça.

Puis vient la question. Mystérieuse. Intrigante.  Bunny attend. Sent qu'il se passe quelque chose. Une hésitation ? Peut-être. Il ne sait pas trop. Ne se pose pas vraiment la question. Bunny grignote en attendant, patiemment, que Lise reprenne la parole. Quand le moment sera venu. Finalement ce n'est pas une réponse qui arrive, mais une autre question, en quelque sorte. Les oreilles frémissent un peu. Une ombre passe dans le regard de Bunny. Des images reviennent, rapides, disparaissent aussi vite. Bunny ne repart pas. Pas pour ça. Petit hochement de tête, sourire un peu triste.

- Moins agréables, oui...

Vague murmure, plus pour lui-même qu'une réelle réponse. Mais Bunny ne veut pas repenser à ça, pas maintenant. Bunny attend toujours, Bunny est toujours curieux. Encore plus, même. Il sent que Lise est différent. Quelque chose a changé. Mais il sait pas quoi, exactement. Espère que la réponse viendra.

Bunny regarde Lise, le voit retirer sa chemise. Sa tête se penche à nouveau sur le côté. Intrigué. Bunny ne dit rien, attend que l'explication vienne d'elle-même. Lise a les yeux fermés. Il est joli. Bunny attend. Entend. Clac. Bruit dissonant dans le tic-tac continuel auquel il est habitué. Clac. Bunny voit le métal s'élever dans le dos de Lise. Claclaclaclaclaclac. Deux ailes déployées.

Bunny a les yeux écarquillés. Bouche bée. Un mot se fraie un passage dans son esprit. Clover. Il sait vaguement. Juste assez pour assimiler que c'est pour ça que Lise sait, comprend. Guère plus, mais le reste ne l'intéresse pas vraiment, de toute façon. Il les trouve belles, ces ailes. Terribles, aussi, mais seulement à cause de ce que Lise a dû subir. Mécaniques. Splendides. Bunny s'avance, approche de Lise. Le contourne, juste un peu, juste assez pour voir un peu mieux. Sa main se tend, hésite, s'arrête sans oser toucher. Il ne sait pas s'il a le droit.

- Elles sont magnifiques...

Ce n'est peut-être pas la chose à dire. Bunny le sait avant même d'avoir parlé. Parce qu'il sait ce qu'elles représentent, il sait les souvenirs, la douleur. Mais même malgré ça, il le pense. Bunny est sincère. Pense qu'il doit bien ça à Lise. Parce qu'il a choisi de lui montrer, de lui faire confiance. Alors que rien ne l'y obligeait. Alors Bunny répond à l'honnêteté par l'honnêteté, ne pouvant qu'espérer que sa remarque ne va pas blesser.

Il aurait tant de chose à dire, mais les mots meurent dans sa gorge. Alors Bunny regarde Lise, espérant que ses yeux parleront pour lui. Bunny remercie. Pour la confiance, la confidence. La beauté, aussi. Bunny comprend. Ou peut-être pas, en tout cas pas complètement, puisqu'il ne sait pas ce que c'est que d'être un Clover. N'est qu'un pauvre petit lapin. Mais Bunny accepte, en tout cas. Lise est Lise, et Bunny aime bien Lise. Bunny le trouve beau, avec ses grandes ailes de métal qu'il n'ose toujours pas toucher.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   30.09.13 21:39

Il voit les yeux écarquillés. Il voit la surprise. Il sent le froid, la peur, couler dans ses veines, prendre le contrôle. Il le voit s'avancer. Recule. Les ailes sont dangereuses. Il ne sait pas pourquoi elles le sont. Ne sait plus. Le sont-elles? Oui. Oui, elles le sont. Doucement. Doucement. Son souffle est court. Raccourcit encore. L'illusion ne prendra plus, maintenant. Il a vu, déjà. Il n'a pas envie d'abuser son esprit. Il apprécie Bunny. Mais il le faut. Il ne souffrirait plus pour les autres. Il se l'était dit. Se l'était promis. Pourquoi a-t-il été aussi stupide? INUTILE SUJET 144. Partir. Partir.

"Elles sont magnifiques..."

Tout se fige. Même l'air semble s'immobiliser. Il baisse les yeux sur Bunny. Même les horloges retiennent leur souffle. Il a l'impression que l'air s'est transformé en gelée. Il ne comprend plus rien. Il doit avoir l'air complètement halluciné. Il est persuadé que le blanc, autour de sa pupille, est visible tant il est surpris. Il ne réagit pas. Est statufié. Ne sent même pas les larmes qui coulent sur son visage. Il ne peut pas avoir dit ça. Il est une abomination. Un essai raté. Un monstre. Moins qu'humain. Plus qu'humain. Effrayant. Il est un ver mental. Un parasite. Il ne peut pas vraiment vouloir... Ne peut pas vraiment... Pas accepter. Si?

Quelque chose, au fond, tout au fond, remue. Une chose perdue. Une chose que chaque humain a connue. Une chose qu'il a oubliée. Qu'il croyait morte. Est-ce l'espoir? Non... Il n'y en a jamais eu... Et pourtant... Il sent, cette fois, les nouvelles larmes qui remplacent celles qui ont séché. Qui effacent, partiellement, celles qui ont coulé. Il a pleuré de souffrance, de peur, de rage, de désespoir, de douleur, pure et honnête, il a pleuré de tristesse, s'est lamenté sur son innocence et sa vie perdues, gâchées avant d'avoir été vécues. Mais jamais auparavant de joie. De gratitude.

Alors il n'essaie pas de les arrêter. Goûte leur sel quand elles effleurent ses lèvres. Inspire, hoquète. Et fait ce qu'il n'a jamais essayé de faire. Il tend les ailes, doucement, avec précaution, pour rencontrer la main de Bunny. Son cœur bat trop vite. Trop fort. Il renifle, avec toute l'élégance dont un enfant de dix-neuf ans est capable. Et sourit. Petit sourire, certes. Toujours mouillé de larmes. Mais un sourire.

"Tu... peux les toucher si tu veux."

Il ne pensait pas prononcer un jour ces mots. Qui aurait voulu? Qui aurait pu deviner? Le destin... avait vraiment un drôle d'humour.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   30.09.13 23:05

Bunny voit l'air éperdu de Lise, le regard hagard de Lise, les Larmes de Lise. Non, pas ça, non. Bunny se mord la lèvre inférieure, ses oreilles retombes, inertes. Affligé, malheureux. Coupable. Bunny a fait pleurer Lise. Bunny a dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Bunny a fait mal à Lise. Lise va partir, Lise ne reviendra plus. Lise est malheureux. À cause de Bunny.

Bunny ne sait pas quoi faire. Bunny voudrait demander pardon, se racheter, réparer, consoler, supplier, implorer. Mais Bunny est incapable de parler, ou de bouger. Bunny n'arrive même pas à pleurer. Bunny est désolé. Bunny n'a pas fait exprès. Bunny ne veut pas que Lise s'en aille. Bunny fait toujours des bêtises. Ce n'est pas de sa faute. Bunny n'est qu'un pauvre petit lapin raté. Bunny ne veut pas que Lise lui en veuille.

Lise sourit. Bunny ne comprend pas. Bunny est perdu. Mais Lise n'est pas fâché. C'est tout ce qui compte. Le contact du métal sur sa main. Bunny regarde les ailes à nouveau. Brillantes. Incroyables. Merveilleuses. Bunny effleure. Bunny sourit. C'est doux. Moins froid que ce à quoi il s'attendait. Il sent les mécanismes sous ses doigts. Fascinants. Extraordinaires.

Bunny explore, admire, découvre. Fasciné, émerveillé. Il est derrière Lise. Sa main effleure le dos, à l'endroit où le métal rencontre la chair.

- Est-ce que... Ça te fait mal ?

Bunny espère que non. Il est heureux d'avoir eu le droit de voir, d'admirer, flatté de la confiance et du privilège, mais pas si c'est au prix de la souffrance de Lise. Ses doigts continuent leur périple, visitent la deuxième aile. Semblable à la première. Tout aussi magnifique.

Bunny est de nouveau face à Lise. Sourit, un peu timidement. Il ne sait pas trop. Ne comprend toujours pas les larmes, qu'il efface doucement, du bout des doigts, des joues de Lise. Bunny ne sait pas trop s'il devrait le consoler. Sent confusément qu'il n'en a pas besoin. Que quoi qu'il vienne de se passer, c'est quelque chose de bien.

Bunny ne sait pas ce qu'il est censé faire, mais il sait ce dont il a envie. Alors doucement, hésitant, comme s'il n'était pas bien sûr d'avoir le droit, Bunny passe ses bras autour de la taille de Lise, sous les bras, sous les ailes, et il se serre contre lui.

La tête posée sur épaule, les yeux fermés, Bunny sourit. Il sent sa chaleur, son odeur. Lise sent bon. Lise est doux. Bunny se sent bien, comme ça. Alors, Bunny se rend compte qu'il sait ce qu'il doit faire. Qu'il n'y a qu'une seule chose à dire. Une chose toute simple, en fait. Qui tient en un seul mot, glissé dans un souffle qui effleure la peau de Lise en passant.

- Merci...

Merci d'exister. Merci d'être là. Merci d'être toi. Merci de comprendre. Merci de m'avoir montré. Merci de m'avoir fait confiance. Merci d'être resté. Merci de m'accepter. Merci, tout simplement.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Screwing around and back on [PV Bunny]   01.10.13 7:34

Ce n'est que de la mécanique. Une extension surnaturelle. Quelques bouts de métal qui ne rouilleront jamais. Qui ne devraient faire partie d'aucun être vivant. Mais qui sont là. Lui, tant et plus, à part entière. C'est ce qu'il comprend, enfin. Comme la dernière pièce d'un casse-tête qui le torture depuis des années et qui, enfin, se dévoile, dans toute sa rouerie, sa splendeur dorée, son utilité. Les ailes, le tatouage, les pouvoirs. Même ça, même ce nom Sujet 144. Tout ceci. Ce ne sont que les éléments qui, avec son physique et sa personnalité retorse et égoïste forment l'entité "Lise Lamontagne". Quoique cette entité ne soit qu'une création elle-même. L'univers des possibles ne lui a jamais laissé entrevoir ce qu'il aurait été s'il n'avait pas été vendu. Ce qu'il a cherché, imaginé. Ce sur quoi il a fantasmé. Ce qui lui a raclé le cerveau de fond en comble, lors de chaque nuit blanche. Lors de chaque nuit de cauchemar durant laquelle il en a voulu au monde entier d'avoir laissé faire ça.

Mais, enfin, il a compris. Il est. Tout simplement. Il n'aime peut-être pas ce qu'il est. En a peur, très certainement. Se trouve repoussant, terrible. Mais c'est lui. La base qu'il peut essayer d'améliorer, s'il en trouve le courage. Probablement pas, d'ailleurs. Non pas qu'il aime faire souffrir. Mais il sait déjà qu'il n'est pas un héros prêt à se sacrifier pour d'autres. Les héros sont des hypocrites. Les vrais héros, comme dans les histoires, n'existent pas.

Il en revient au début de sa réflexion. Les ailes sont mécaniques. Alors pourquoi a-t-il l'impression de sentir la caresse de Bunny sur les "plumes" de métal? Quand il passe dans son dos, il retient un frisson. Il est troublé. C'est bien et mal. Il a peur d'y prendre goût. Au fait que quelqu'un trouve qu'elles sont... Qu'elles... Qu'il est magnifique. Un rire, vite étouffé par les larmes, lui échappe. Quelle présomption! Mais si les ailes sont une part de lui... Surprenante perspective. Mais dissimuler une part de lui ne sera ni plus difficile ni plus facile que dissimuler les excroissances qu'on lui a implantées. Leur changement de statut n'implique pas de changement de traitement. Et pourtant...

Lorsqu'il effleure la peau, à la base des ailes, les plumes s'entrechoquent. Spasme involontaire. Pas de douleur. Peut-être. Non. Difficile à dire. De surprise, plutôt. Il est devenu très sensible, à cet endroit-là. Mais surtout parce que personne ne s'est jamais soucié de savoir. Personne n'a jamais touché volontairement. Il étouffe l'étincelle dans l’œuf. Ne veut pas y croire. Le souhaite désespérément. Plus que tout. Mais est-il prêt à tout sacrifier pour ça? Il a envie d'y croire, à ça aussi. Mais il ne fait que secouer la tête. Il n'a pas mal. Pas comme il a souffert toutes ces années. Son corps a peut-être mal. Il ne se rend pas compte. Mais son cœur va bien. Et son esprit est apaisé. Alors il est heureux. Plus que jamais. Quelque part, il a l'impression que de petits doigts blancs et agiles ont ramassés un petit morceau de poterie et un pot de colle, et s'affairent sur un cruchon brisé. Le font tenir en place, à nouveau. Le laissent se remplir. Oh, bien sûr, juste un fond. Mais c'est plus que ce qu'il a jamais connu. Et tout n'est qu'amour et gratitude. Non, il n'est pas prêt à tout sacrifier pour son propre bien. Ni pour celui de n'importe qui d'autre. Mais pour celui de Bunny? De la première personne à le considérer, justement, et peut-être même à juste titre, comme une personne?

Il voit l'horloger repasser devant lui. Le sent essuyer les larmes sur ses joues. Il se demande s'il a compris le pourquoi de celles-ci. Surprise, à nouveau, quand il le prend dans ses bras. Il s'était attendu à des mots. Ceux qui ne savaient rien dire. Ceux qui ne véhiculaient rien et dont les hommes étaient friands. Il avait sous-estimé Bunny. Bien entendu. Il est resté figé. Une seconde, deux, dix. Il ne sait pas. Puis il frémit sous le souffle. Frémit sous le mot. Le seul auquel il ne s'attendait pas. Le seul qui aurait pu frapper au cœur. Le seul qu'il aurait voulu pouvoir prononcer. Mais les mots les plus simples sont les plus difficiles à mettre sur la table.

Alors il sert simplement son ami dans ses bras. Fort. A le blesser peut-être. Cela n'importe pas. Est capital, pourtant. Et il referme les ailes sur eux. Cage dorée. Métaphorique. Réelle. Trop. Et sublime pourtant. Pas à ses yeux. Mais à ceux de quelqu'un. Et ça change tout. Sans rien changer. Le nez enfoui dans ses cheveux, gavé de son odeur et de celle de son mauvais shampoing, le bouche tout contre son oreille, Lise parle. Comme il n'a jamais parlé. Parce qu'il dit vrai. Il parle juste. N'en prend habituellement pas la peine. Préfère passer pour un idiot. Est un idiot. Mais il essaie quand même. Fait l'effort:

"Tu n'es pas la première personne à les voir, depuis... là-bas. Peu ont eu ce privilège, bien sûr. Mais c'est arrivé. Volontairement, parfois. Involontairement, de temps à autre. Quand la peur est trop forte. Mais jamais personne ne m'avait dit qu'elles étaient belles. Ni ne les avait touchées avec... douceur? Tu n'as pas à me remercier, Bunny, mon ami. Car tu m'as fait le plus beau cadeau que j'aurais jamais pu espérer..."

S'il n'avait pas cessé d'espérer longtemps auparavant. Mais comment lui faire comprendre? Les mots... Un rire doux s'éleva entre les barreaux de métal. Un rire sans équivoque, sans arrière-pensée. Il était. Bien. Heureux. Et, plus que tout, pour quelques instants, dans cette bulle hors du monde et hors du temps, protégé par la garde vigilante des horloges, enfermé dans cet espace à la fois clos et ouvert formé par les plumes d'acier, en paix. Enfin.
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