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 Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]

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MessageSujet: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   29.09.13 19:05

Une nuit de folie. Une gueule de bois monumentale. Argh. Le meilleur moyen de bien commencer la journée. Elle se tourne, observe la pièce, s'aperçoit que les murs sont colorés. Pas à la maison, alors. Roule encore une fois. Quelque chose s'enfonce dans son flanc. Une main. Rattachée à un bras, fort heureusement. Elle n'a pas trop le droit de mélanger plaisir et boulot, normalement. Une question d'éthique, paraît-il. Elle voit des cheveux. Bien, c'est déjà ça. Elle n'aime pas les chauves. Ils lui rappellent quelque chose, ces cheveux. Ah oui. C'est vrai. La soirée, la danse, les pyjamas sans pyjama, la glace, les films. La nuit.

Elle s'étire, sent ses vertèbres craquer. Elle se lève, lentement, doucement, prudemment. Mal à la tête. La bouche pâteuse. Regarde l'heure. Huh. Mierda. Elle fonce sous la douche. Ce n'est pas la sienne, mais tout comme. Après tout, ce qui est à mon sex-friend est à moi, non? Elle ressort, les cheveux ruisselants, pique des sous-vêtements dans le placard. Après tout, ça devrait tenir. Regarde l'heure à nouveau. Hijo de.... Elle se mord la langue. Esquisse un un signe de croix. Sa mère jure beaucoup. Elle a du mal à s'en défaire. Pas le temps de faire un café. Elle attrape ses clefs. Espère que ce sont bien les siennes.

Elle franchit la porte. Aweonao. Retourne dans l'appartement. Trois fois. Pour les clefs. Le sac. Les chaussures. Elle se précipite dans la voiture et démarre en trombe. En retard, en retard, elle est en retard. On lui coupe la route. Flaite! Elle klaxonne. Arrive juste à l'heure. S'extirpe du véhicule ne essayant de ne pas montrer à quel point sa robe est courte. La voiture n'est pas bleue. Huh. Pas la sienne. C'est pas la sienne. Elle hausse les épaule, court, en équilibre instable sur ses talons hauts. Dégaine son téléphone.

Momo-chan a écrit:
Chou, c'est moi. J'ai pris ta voiture ce matin. Je sais pas où sont mes clefs. Bonne journée. Je t'embrasse, mi querida.
"CRIS! T'ES A LA BOURRE, PUTAIN!"

Demi-tour incertain sur ses talons glissants. Martin. Enflure. Elle déteste ce type. Un mauvais médecin. Un pervers qui ne la regarde jamais dans les yeux. Sa vieille amie la colère la réchauffe et la réveille. Mieux qu'un café. Plus dangereux. Quand il jure, elle n'est jamais certaine qu'il ne l'insulte pas. Elle a souvent rêvé de lui enfoncer son petit poing dodu dans le nez. Mais il faudrait qu'elle le soigne après. L'éthique, tout ça.

Elle plisse les yeux. Difficile d'avoir l'air crédible, du haut de son mètre soixante-trois, son air juvénile, ses longs cheveux blonds encore humides, ses grands yeux gris innocents... Enfin, innocents... Elle le dépasse, claque la porte du vestiaire. Se déshabille rapidement, enfile le pyjama bleu infâme des urgences en grignotant une lanière de bœuf séché. Enfile ses lunettes sur son front. Passe le stéthoscope autour de son cou. S'attache les cheveux. Ça tire. Referme la porte. Dépasse le comptoir derrière lequel s'active une infirmière.

"Il y a du café dans la salle de repos, Docteur Cristobal. Et vos lunettes sont sur votre tête."

Morgan sourit. C'est une habituée. L'odeur du café noir la suit. Plus qu'à attendre. Enfin, normalement non, il y a la tournée à faire. Mais elle a du mal à se concentrer. Migraine, tout ça. Elle frotte son omoplate droit, trop saillant, disgracieux. Café salé. Ah oui, le bœuf. Elle finit sa tasse, encore brûlante. La remplit à nouveau.

"Docteur! Un patient en état critique vient d'arriver! Il pisse le sang, de partout!"

Elle ajuste ses lunettes, s'élance. Espérons qu'ils l'ont déjà installé dans une cabine à part...
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   30.09.13 9:33



Vous avez oublié votre bras dans le couloir


Matinée, quartier Kita, l'hôpital. On peut dire que c'est là que Kagari commence sa journée. Il a aussi passé les dernières heures ici. Mais pas devant l'hôpital, plutôt l'un des grands bâtiments du secteur. Ce n'est pas une zone de la ville qu'il connait bien. Évidemment. À dormir dans une chambre d'hôtel parfois ou à l'improvisation le plus souvent, il traine rarement dans ce coin. Sauf qu'il n'a pas tout à fait dormi. Il est planté là, devant cet hôpital. Son bras gauche semble inerte, tenu par le droit. Pour faire encore meilleur figure, la jambe gauche de son pantalon est mélangé entre du sang sec et du sang frais, le recouvrant de la cuisse jusqu'au pied. Sans compter les grosses douleurs que le jeune homme ressent sur le torse. Les gens qui passent le regardent, il n'a pas besoin de les voir pour le savoir. Il jette un regard noir à ceux qui croisent son yeux.

Pourtant quelques heures avant, c'était une nuit tranquille. Sa batterie est faible. La musique ne sera pas pour cette nuit. Il n'a pas payé cette nuit d'hôtel en plus, tant pis. Le lendemain matin il partira plus tôt. L'argent ? Plus aucun sous en poche. Chaque billet part deux fois plus rapidement qu'il ne les gagne. Cette fois il n'a pas eu de contrat depuis quelques jours. Les nuits à l'hôtel ainsi que les cochonneries de barres de céréales coûtent cher. Bien que le pire soit simplement ses paiements. Trop souvent on ne lui donne qu'un pourcentage de la somme de base convenue. Résultat incomplet, dommage collatéral, expérience, peu importe la raison. Bien que son apparence ne lui donne en aucun cas son âge. Il arrive parfois qu'il utilise son pouvoir sur ses employeurs et prend ce qui lui est dû, avec un peu d'intérêt.

D'ailleurs, l'idiot, c'est à cause d'une histoire comme ça qu'il est en piteux état. Un appel très tardif qui le réveil en sursaut. Du travail. <<Quoi ... la maintenant ? Vous vous foutez d'moi j'crois.>>. Mal réveillé, râlant, il part quand même. L'argent est un besoin malheureusement trop précieux. Voilà donc qu'il arrive enfin à Kita. Immense. Le building où il a rendez-vous est très vaste. L'atmosphère pèse un peu, c'est pas bon. Chercher la fameuse porte n'est vraiment pas facile ! Bon, au final, objectif accompli mais il est maintenant en retard. La porte s'ouvre, Kagari s'avance et passe le pas. Le fou, il n'aurait pas du.

Quelque chose le frappe durement. Il ne voit pas, trop rapide, trop sombre, il encaisse. Le coup le projette au milieu de la pièce. Son regard se relève en même temps que lui. Deux personnes visibles quand la lumière s'allume. Il connait l'une d'elles, un de ses anciens "patron" ayant subi ses visions. À côté ... un truc sinistre. Ses yeux et son sang le reconnait. Un ange. Sûrement un ange noir engagé. <<Vous vous êtes vraiment foutu d'moi ! Bon sang qu'c'est chiant ->>. Pas le temps de finir, on le saisit dans son dos. Son regard se tourne, saloperie ! Encore un ange. L'inconscient croise son regard, il ne se gêne donc pas pour lui montrer le fond de sa pensée. Au moins il se libère de son emprise. Pas le choix, il s'élance et brise la vitre pour sauter du bâtiment. Une douleur le lance. Un projectile traverse sa jambe gauche, sûrement d'une arme de gros calibre. Mais pas le temps de s'inquiéter, le sol est bien plus proche qu'il ne le croit. Dommage. Ses ailes se déploient au dernier moment, presque pour rien.

La voiture sur laquelle il atterrit n'a pas de chance. Lui non plus. Il ne sent plus son bras gauche et a l'impression qu'un camion lui est roulé sur le torse. Les ailes rentrées, il est sûrement pris pour mort et essai de bouger. L'heure d'après, il est debout devant un hôpital. Marcher a été très difficile. Quand on le voit entrer, on s'affole. Il est encore tout barbouillé alors ne se rend pas compte tout de suite et pique du nez. Reprenant pleinement conscience, on le bouge. Il est allongé sur un brancard. Avec énormément de mal, il se redresse et s'agite, faisant tomber un des hommes qui le poussaient. Puis fidèle à lui, s'agace, s'énerve. <<Non mais ça va pas qu'est-ce que vous faites ! J'suis juste venu pour m'faire ausculter moi !>>.





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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   30.09.13 16:38

Joder de mierda. Quand elle arrive, c'est l'enfer revenu sur terre. Le patient est assis sur un brancard, un ambulancier est à terre, apparemment amoché, il y a du sang partout. Pas possible, pas possible. Seigneur, qu'a-t-elle fait pour mériter les pires gardes? C'est toujours sur elle que ça tombe, les tarado, les junkies, les pas humains qui essaient de la bouffer. Et elle ne parle même pas des nuits de pleine lune. Pendant quelques secondes, elle sent le tourbillon rouge tenter de prendre le dessus. Elle a envie de frapper un mur, violemment. Ou mieux, quelqu'un. Elle se demande si Martin est encore dans les parages.

Puis l'infirmière la voit. Allez, Morgan, c'est le moment où jamais de prouver que tu es médecin, que tu n'as pas choisi cette branche pour rien. Que tu n'as pas été rejetée de la Meute pour rien. Enfin, ce n'était pas comme si elle en avait déjà vraiment fait partie. Plus le temps de se poser la question. Elle attrape les gants qu'on lui tend. Non talqués. Tant mieux. Il n'y a plus qu'à espérer qu'il ne la mordra pas. Elle esquisse un nouveau signe de croix, avec une pensée pour la croix qu'elle ne retrouve plus. Quelque part chez elle. Ou chez Kohane, peut-être. Elle soupire. Puis plonge dans le travail.

Ses sabots sont silencieux sur le revêtement souple du couloir, mais elle s'efforce de faire un peu de bruit, pour ne pas le prendre par surprise. Et parle. Parce que c'est ce qu'ils aiment, souvent, quand ils perdent pied. Elle se demande à quoi il tourne, pour être dans cet état. Une analyse toxicologique, alors. Et si elle a de la chance, il connaît son groupe sanguin. Elle le regarde qui se vide sur le sol. Non, aucune chance. Pas sa nuit, décidément. Elle lui touche rapidement le front du dos de la main. De la fièvre. Tout s'annonce pour mieux. Courage, Morgan!

"Monsieur, s'il-vous-plaît, je vais devoir vous demander de vous calmer, ou nous devrons vous sédater, vous endormir. Est-ce que vous comprenez ce que je dis?"

Elle espérait que oui, elle espérait vraiment que oui. Elle savait qu'elle roulait encore un peu ses [r], mais c'était la faute de ce japonais mal foutu. Pas optimisé pour les hispaniques. Elle poursuivit néanmoins, ne perdant pas espoir. Parce que tant qu'il y avait de la vie, il y avait de l'espoir. Déçu, parfois, souvent, même, mais malgré tout.

"Monsieur, est-ce que vous vous souvenez de votre nom? Avez-vous conscience d'être à l'hôpital?"

Apparemment oui, puisqu'il avait dit vouloir être ausculté. Entre-temps, elle avait enfilé les gants, et effleuré son bras. Elle esquissa une grimace. Cassé, sans aucun doute. Pour sa cuisse...

"Monsieur, nous allons vous déplacer dans une cabine individuelle, parce que nous allons devoir vous déshabiller pour soigner vos blessures. Ne bougez pas, s'il-vous-plaît, les brancardiers vont vous transporter. Et ensuite, je devrai couper votre pantalon. J'approcherai des ciseaux, mais si vous ne bougez pas, ils ne vous effleureront même pas. Ensuite, nous allons devoir vous prélever du sang. Connaissez-vous votre groupe sanguin?"

C'était toujours le problème, quand ils étaient en pleine crise. Difficile de dire ce qui passait ou non. Quoiqu'il avait l'air... Censé? Autant qu'un homme couvert de sang des pieds à la tête pouvait l'être, très probablement... Ah oui, elle avait failli oublier...

"Je suis le Docteur Morgan Cristobal, c'est moi qui m'occuperai de vous si vous le voulez bien, d'accord?"

Il n'aurait plus manqué qu'il s'offusque qu'une femme s'occupe de lui... M'enfin, elle en avait déjà vu...
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   30.09.13 20:28



Vous avez oublié votre bras dans le couloir


Le mal de crâne est grand. Le jeune homme a l'impression de s'endormir. On lui parle. Il entend un accent, bien que tout de même compréhensible. En même temps il sent qu'on le touche. Bien qu'en temps normal il se serait agité, ignorer ses blessures était devenu clairement impossible maintenant. Kagari est à moitié dans les vapes pendant quelques instants. Il entend et voit, mais ne réagit pas. À vrai dire, il l'a quand même eu bien profond. Penser se faire entuber aussi facilement... quelle déchéance. Le voilà maintenant comme un assisté. Alors là, pas question !

<<Monsieur, nous allons vous déplacer dans une cabine individuelle, parce que nous allons devoir vous déshabiller pour soigner vos blessures. Ne bougez pas, s'il-vous-plaît, les brancardiers vont vous transporter. Et ensuite, je devrai couper votre pantalon. J'approcherai des ciseaux, mais si vous ne bougez pas, ils ne vous effleureront même pas. Ensuite, nous allons devoir vous prélever du sang. Connaissez-vous votre groupe sanguin?>>. Cette fois il reprend un peu plus ses esprits. Mais est-ce une bonne chose ? Certes, s'il est venu c'est parce qu'il pensait que ce serait trop compliqué cette fois de se soigner seul. Un pansement, un bandage, ou même une éventuelle pommade, voilà à quoi il s'attendait. Mais non, on lui dit qu'on va couper son pantalon ! Sa tête se redresse, son regard se pose sur la personne qui lui parle. C'est une femme. <<Je suis le Docteur Morgan Cristobal, c'est moi qui m'occuperai de vous si vous le voulez bien, d'accord?>>

Oui, c'est bien une femme. Longue chevelure blonde, le corps fin, avec tout ce qu'il faut où il faut. Il la scrute de bas en haut et s'arrête sur son visage. D'apparence, on dirait qu'elle a le même âge que lui. Bien que lui ne fasse pas le sien. Les yeux de la jeune femme l'observent, il semble qu'elle attend une réponse. Bon sang, que lui a-t-elle dit déjà ? Ah oui, on voulait le déshabiller, donc par cette femme sûrement. Dans d'autres circonstances, il aurait déjà hésité, alors ici, la blague ! D'ailleurs, son groupe sanguin ? Pourquoi connaître une chose qui ne lui a jamais servi. Kagari s'approche un peu d'elle et prend son air hautain, sans s'en rendre compte. <<Hein quoi ?! C'est pas nécessaire de faire ça ! Si vous voulez du sang y'en a plein par terre.>>

On comprend bien qu'il n'est pas tout à fait d'accord avec l'idée de la jeune femme. Mais c'est aussi un idiot. Il se cherche des excuses pour refuser. Est-ce que cette femme essaie une nouvelle méthode de drague ? Peu probable, trop de monde aux alentours. Donc elle est sérieuse, tant pis. Refuser "poliment" n'est pas vraiment son fort. Néanmoins elle a l'air sérieuse. Elle doit planquer une seringue quelque part, prête à lui injecter le produit à tout moment. Il peut aussi utiliser son pouvoir, la situation est parfaite. Mais bon, d'un autre côté il ne veut personne d'autre non plus. Kagari n'est pas un homme entreprenant, du moins pas sur certaines choses. Elle se rend compte qu'il sait à peine à quoi ressemble une femme ? La simple idée de perdre son pantalon devant elle est folle ! Sa fierté en prendrai un coup et puis ... et puis ... Non ! Pas question, il manquerait plus que ça.

Le jeune homme se laisse aller un peu en arrière pour s'appuyer sur sa main droite. Oups, la douleur le relance fortement. Il fait semblant d'être indifférent, mais il est à deux doigts de faire une grimace pas possible. Puis il ferme brièvement les yeux en soupirant. <<Vous pouvez juste pas m'faire un bandage ou un truc du genre ? Ça doit quand même pas être bien grave sérieux.>>

Par pitié, qu'elle se contente d'accepter. Sinon elle va sûrement vouloir le piquer. Et les piqûres, il déteste ... De plus il n'est pas sûr de résister même à une femme dans son état, la poisse ...





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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   30.09.13 22:33

Quand il la regarde, l'air hautain, en lui faisant bien comprendre que si elle voulait du sang, elle n'avait qu'à le prendre par terre, elle serre les dents. Très fort. Elle les sent grincer. Il a de la chance d'être un patient. Il n'imagine pas à quel point. Elle en a soupé du macho de base. Elle en a eu à tous les repas depuis ses premiers pas. En a bouffé encore ici. Avec des weònes comme Martin. Comme certains patients. Comme lui. Serre les dents et avale. Elle a l'impression d'entendre sa mère. Mais elle n'en laisse rien paraître. Ne lui explique même pas que celui-là est éventé et lui servirait autant que s'il crachait dans un violon. Pissait dans un violon? Peu importe. Ça ne servirait à rien.

Au moins, il est dans la cabine. Il refuse les soins. Ne lui facilite pas la situation. Dieu a quelque chose contre elle. A coup sûr. Il s'appuie sur son bras. Elle grimace pour lui. Bien. Il l'aura cherché. Certaines personnes ne savent juste pas ce qui est le mieux pour elles. Et elle DÉTESTE qu'on remette en doute son avis médical. Tant pis pour lui. Elle se tourne vers l'infirmière.

"Infirmière, allez me chercher Tomo... Le chef de service Kura. Ah! TOMO!"

D'un geste impatient de la main, elle chassa l'infirmière de la cabine. S'entretint avec le fameux Chef de service, dans l'entrebâillement de la porte.

"Il refuse le traitement. Non, la prise de sang aussi. Sûrement shooté jusqu'aux yeux. Il n'a pas l'air... Mais il pisse le sang! Il a un bras complètement... NON! Bon bon... D'accord. Laisse-moi... Allez... Vingt minutes? Aucun examen? Mais s'il a des... On ne soigne que ceux qui t'arrangent, ou quoi? Histoire de bien prouver au monde qu'on respecte notre serment d'hypocrites! Et qu'on ne sert à rien! TOMO! Que te jodan!"

Il s'était barré. Culeado. Bang. Elle a à peine un regard pour le mur, où un petit bout s'est décroché sous la pression de son poing. Elle s'étire les doigts. Ferme la porte. Retourne vers le patient. Déterminée. Implacable. D'ailleurs, en parlant de ça. D'une pression énervée sur sa cage thoracique, elle le plaque sur le fauteuil. Hausse un sourcil. Et enchaîne:

"Ça faisait mal, non? Ça, c'est parce que vous avez des côtes au moins fêlées. Et grâce à votre coopération, aucun moyen de savoir si vous avez des organes de touchés. Ni de vous faire la moindre prise de sang. Alors maintenant, vous allez m'écouter, chorra. Il va falloir serrer les dents. Et avaler. Et surtout, surtout, la fermer. Parce que j'ai que vingt minutes pour vous remettre sur pied, et que ce ne sera pas facile."

Les petits chiots abandonnés de Cris. Elle faisait ce genre de crise régulièrement. Pour elles qu'elle bossait aux urgences et pas ailleurs. Parce que normalement, ils étaient renvoyés, quand ils refusaient les soins. Il fallait commencer par la cuisse, rapidement, avant qu'il finisse de se vider de son sang. Puis le bras. Le remettre droit. Mettre une attelle, puisqu'elle ne pouvait pas mettre de plâtre en bonne et due forme. Et les côtes... Il faudrait faire avec un simple bandage bien serré. Elle avait l'impression d'avoir oublié quelque chose. Haussa les épaules. Attrapa de quoi désinfecter la plaie. Et de quoi recoudre ça proprement...
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   03.10.13 13:39



Vous avez oublié votre bras dans le couloir


Malgré tout, voilà qu'il se trouve quand même dans l'une des cabines. Il sait qu'il n'aide pas, tant pis. Tout aussi naïf qu'idiot, il pensait vraiment que quelques pansements suffiraient. La raison pour laquelle il ne les a donc pas fait lui-même est beaucoup plus simple. Plus d'argent. Donc pas de pansements. Kagari fait perdre du temps à la femme qui s'occupe de lui. Elle en a sûrement marre puisqu'elle sort vivement. Par contre, en tout culotté qu'il est, il aimerait bien qu'on arrête son saignement, ça commence probablement à faire beaucoup depuis sa chute.

On dirait qu'elle a fini de parler. Ça n'a pas l'air bien concluant vu son humeur assez visible. Enfin, il y est pour quelque chose. Il a cru reconnaître un bruit sourd, de la matière qui s'effrite. Mais une humaine ne peut pas faire un truc comme ça n'est-ce pas ? Bon sang, le jeune homme espère ne pas être tombé sur un mauvais plan, enfin, sur de nouveaux soucis quoi. Elle revient d'un pas fort vers lui. S'il n'était pas un patient et elle un docteur, il aurait presque eu un mauvais pressentiment. En fait il l'a quand même... Mauvais pressentiment justifié ! Un mouvement rapide et une pression anormalement "forte" pour une femme humaine, enfin, pour un médecin surtout. Bam ! Son dos se plaque sur le dossier du fauteuil. Du coup son flanc gauche fait résonner son corps.

Elle a l'air d'avoir de l'assurance. Peut-être en aurait-elle moins s'il lui montrait une ou deux images directement dans le cerveau. Mauvaise idée, pas la peine de s'attirer encore plus d'ennuis. Il n'est pas étonné quand elle lui explique qu'elle n'a pas le droit de lui faire grand-chose. Sauvé ! Il a au moins réussi à garder son pantalon. Vingt minutes pour le rafistoler ? Bon sang, sans aucun examen pourquoi ça va prendre tout ce temps ? Merde, il se peut qu'elle lui coupe quand même le pantalon... Pas le choix, il va l'aider alors. Sait-on jamais, peut-être qu'il va réussir à y échapper. <<Bon on va pas s'énerver hein. J'vous aide, vous m'faites un joli pansement et après j'suis libre, c'est correct non ?>>

Quel fourbe. J'espère que sa ruse va marcher. Bien que le marchandage, ce n'est clairement pas son truc ça se voit. Il ne va pas aimer mais va effectivement serrer les dents. Oui car un mec qui se fait la moitié du quartier dans son état mais qui déteste les seringues, ça fait peine à voir... Kagari jette un œil aux alentours. Bingo ! Une seringue vide sur la petite table à côté. Il essaie de faire tout ça rapidement, mais il n'a aussi aucune idée de comment faire. Il la prend et l'enfonce dans ce qu'il présume être la veine de son bras gauche bien amoché. En fait il l'a juste vu à la télé, alors qui sait s'il a bien visé. Avec son pouce et son index, il tire le bout de l'ustensile du démon et un peu de sang commence à se remplir. Fini ? Peu importe, il retire vite l'outil et le tend devant lui. <<Voilà ça va suffire j'suppose. C'est tout bon maint-->>

L'imbécile. Les effets commencent à se faire bien trop ressentir. C'est le contrecoup de les avoir ignorés jusqu'à maintenant. Son regard se flou légèrement, ses doigts deviennent un peu tremblants. Perte de conscience ? Sa force le délaisse progressivement, il devient beaucoup plus docile. En tout cas à cause de ça il a lâché la seringue à présent brisée sur le sol pour se serrer le côté droit de la tête. Merde il va passer pourquoi maintenant ! Elle va sûrement le piquer ou l'attacher. Peut-être même qu'elle pourrait l'assommer ! Kagari la regarde un œil fermé, l'autre pris entre la douleur et la honte. Jamais il ne s'était senti autant humilié de la sorte. À tel point qu'il en oublie quelques instants qu'il est un clover. Il a seulement l'air d'être un gamin capricieux à qui on va mettre une correction. Il ronchonne, pense à voix haute en murmurant entre ses dents. <<Qu'c'est chiant j'te jure. J'suis foutu maintenant...>>

Est-ce qu'il y a une fenêtre dans la pièce pour s'échapper ? Si oui et qu'il en avait suffisamment la force, il sauterait sûrement. Mais cette femme devant lui ne le laisserait sûrement pas aussi facilement. Enfin bon, à présent il n'allait pas gesticuler avant un moment.

(Post fait pendant les cours, désolé du contenu qui peut être pas trop intéressant)





Dernière édition par Kagari Saigõ le 09.02.14 18:31, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   03.10.13 16:48

A peine le temps de se retourner, d'entendre, enfin, la proposition tant attendue. L'aider. Mais qu'elle est bonne, l'idée! Tch. Qui a dit un jour qu'il n'y avait pas de mauvais patient, juste des mauvais docteurs? Ou alors c'était une histoire de chien et de maître? Elle ne sait plus, mais n'est plus vraiment à ça près. Faire pression, désinfecter, recoudre, et après... Crash! Joder de mierda! Mais qu'est-ce qu'il fait avec cette seringue? Il se l'est...?

Rapidement, elle attrape un drap, qu'elle jette dessus sans le déplier, pour éviter de se planter l'aiguille dans le pied. Plus le moment de se poser des questions. Son sang bouillonne. Elle tremble. Ses omoplates grattent, brûlent, tirent. Pas maintenant, pour l'amour de Dieu, pas maintenant... Mais est-ce qu'elle a demandé à avoir un... A nouveau, elle grince des dents, serre les poings trop fort sur la bouteille de désinfectant. Elle a envie d'éclater le mur, de tout jeter, de prendre la porte, de bouffer quelqu'un. Elle se rappelle que c'est déjà arrivé à un de ses amis, là-bas, au pays. C'était moche à voir. Elle n'est pas passée loin, parfois, de succomber sous les crocs de ceux qui, la moitié du temps, la considéraient comme leur gentille et fragile mascotte. Elle n'est pas très loin, sûrement, de lui lancer quelque chose à la tête pour l'assommer pour de bon et travailler tranquillement.

Et là, quelque chose se passe. La perte de sang? L'effet des drogues qui se dissipe? Difficile à dire. Mais le sale petit weòn devient... Un pauvre petit chien battu. Sa colère retombe comme un soufflé. Elle approche la tablette, fait pression sur la plaie d'une main, et de l'autre, lui pose doucement la main sur la joue, essayant de le rassurer de sa voix chaude:

"Sssshh... Ça va aller, ça va aller. Je ne sais pas ce que vous avez pris, ni si vous réagiriez bien, je ne vais pas pouvoir vous anesthésier. Ça risque de faire un peu mal, mais j'aimerais autant ne pas avoir à vous attacher sur le fauteuil, surtout avec votre bras dans cet état, d'accord? Restez avec moi, jeune homme. Parlez si vous voulez. Chantez même si ça vous aide, peu importe. Mais ne lâchez pas. Je peux compter sur vous?"

Elle lui offrit un petit sourire. Celui qui lui plissait les yeux. Puis elle se mit au travail. Il allait avoir mal. Mais bon, il fallait ce qu'il fallait. Elle s'était rattrapé à temps. Si la colère l'avait poussée à... Elle ne voulait même pas y penser. Pas maintenant. Rien qu'imaginer qu'elle aurait pu laisser un patient mourir à cause de... Elle inspira, expira profondément, et commença son œuvre. La plaie n'était pas si profonde, fort heureusement... Et tout en abaissant et relevant l'aiguille, les yeux rivés sur le flot sanglant qu'elle tentait d'endiguer, elle fredonna, d'une voix apaisante:

Mama, Mamita, da me sueños,
Sueños azules y sueños rosas,
Palma, Palmita, da me sueños...

C'était une comptine, et une berceuse tout à la fois. Qui n'avait que peu de sens, et encore moins d'intérêt. Mais un effet lénifiant certain, cependant. Elle ne voyait pas le temps passer, ne voyait que la chair ouverte, offerte, le carmin qui tâchait la peau, les vêtements, l'éclat brillant de l'aiguille qui, inlassable, entrait, sortait, tirant derrière elle le fil invisible. Elle releva la tête, chantonnant toujours. Jeta un regard peu amène à la pendule qui égrainait les minutes. Elle ne voulait pas se dépêcher. Elle n'allait pas vraiment avoir le choix.

Elle avait réussi à ne pas découper ce qui restait de son pantalon, et fit donc le bandage par-dessus. Ce n'était pas vraiment stérile, hygiénique, ou quoi que ce soit. Il faudrait que quelqu'un le change. Elle changea de gants avant de s'attaquer à son bras, poursuivant sa douce litanie. Elle ne s'en rendait plus tout à fait compte. Elle lutta un peu pour le remettre en place, en espérant que la cassure était nette et qu'il n'y avait pas d'esquilles qui se promèneraient. Elle dut le coincer, tirer, déplacer, puis finalement l'immobiliser dans l'attelle. Heureusement que les nouveaux modèles étaient plus faciles à manipuler. Fracture réduite.

Il était étrangement calme. Autant en profiter pour terminer. Fredonnant toujours, elle remonta son t-shirt d'un geste doux. Autant ne pas le brusquer, si elle le pouvait. Elle appuya délicatement sur son flanc. C'était fêlé, seulement. Pas d'hémorragie interne. Elle eut un soupir de soulagement. Mit en place le bandage, serré. Retira enfin les gants. Elle vint ensuite s'asseoir à côté de lui, serrant sa main valide dans la sienne, achevant enfin sa berceuse. Le silence ne s'étira pas longtemps, les bruits habituels des urgences reprirent leurs droits. Cris, interjections, interpellations, bruits de course, crissement des roues de brancard, bruits de machines.

Elle regarda l'horloge, à nouveau. Dans les temps. Tout juste. Elle releva ses lunettes, fixant ses prunelles grises sur lui, toujours un peu inquiète. Les animaux abandonnés... La meute... Oui, elle n'y pouvait rien. Mais bon, mieux valait s'inquiéter trop pour les autres que les laisser crever dans le caniveau, non?

"Il va falloir changer vos pansements régulièrement, désinfecter, revenir pour retirer les fils. Est-ce que vous avez... Quelqu'un qui peut le faire pour vous? Un logement où vous reposer?"

Est-ce que tu es seul et dans la rue, gamin? Il avait l'air tellement perdu... Elle était censée donner ses recommandations, maintenant. Elle était médecin par les cojones de Lucifer! C'était le moment ou jamais de s'en souvenir...

"Je vais vous prescrire des médicaments, à prendre régulièrement, pendant les repas. Et il faudra garder votre bras immobilisé, si possible avec l'écharpe, pendant cinq à sept semaines. Je vous conseille de ne pas tirer dessus et de ne rien porter avec. Et de changer votre pansement à la cuisse tous les deux jours au maximum..."

Ne restait plus qu'à rédiger l'ordonnance et espérer qu'il y avait vraiment quelqu'un, quelque part, qui s'occupait de lui, qu'il avait un toit, et qu'il mangeait régulièrement. Sinon, tout ce qu'elle faisait ne servirait pas à grand-chose, et la prochaine fois, c'était à la morgue qu'il irait directement, sans passer par la case "Urgences". C'était un sale gosse, mais ce n'était vraiment qu'un enfant...
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   05.10.13 12:42



Vous avez oublié votre bras dans le couloir


Oups. On dirait qu'il la remise en rogne. Enfin, il ne peut pas bien s'en rendre compte. Le sale gosse est plutôt occupé à se morfondre sur l'image qu'il donne ces dernières minutes. Elle se rapproche de lui. Est-ce que le moment de la piqûre est arrivée ? Non semble-t-il. Elle lui parle même calmement. Cette femme, sa faculté à garder le contrôle est plus grande que la sienne. Kagari l'envie un peu. Ça l'aurait aidé dans bien des situations. Malgré toute l'attitude qu'il prenait depuis sa pseudo-liberté dans le monde extérieur, en réalité il n'a jamais voulu tuer qui que ce soit. Juste s'amuser et passer l'ennui. Mais les humains sont stupides et ils ne lui laissent parfois pas le choix, ou presque... Sans parler de ces anges qui impactent directement sur son mental.

Le jeune homme entend à nouveau l'accent non adapté mais bien maîtrisé pour sa langue. Au même moment, sa doctoresse attitrée commence à le rafistoler. Pour l'heure il n'a même plus envie de la faire chier. Son accent l'amuse un peu. D'un autre côté, il l'aide aussi à ne pas s'énerver davantage en repensant à la cause de sa venue ici. Anges. Selon son habitude il deviendrait un peu dingue à penser à cette humiliation. Défaite. Kagari en a déjà connu, mais c'est toujours difficile à avaler. Tout comme sa fierté en se sentant en quelque sorte "soumis" à cette femme pour cet instant. Penser à ces deux anges engagés pour le réduire en bouilli n'est pas une bonne chose. La main de son bras encore valide se serre. Il ne laissera pas ça passer. <<J'me vengerais bande d'enfoirés !>> Merde, il s'est laissé un peu emporter. Il fait mine de se détendre, mais j'espère qu'il n'a pas pensé à voix haute. C'est l'une de ses plus mauvaises manies.

Il reste quand même calme si on peut dire. Est-ce que c'est cet accent, ce qu'elle fredonne ou bien autre chose ? Aucune idée. Tout ce qu'il ressent, c'est l'impression que la présence de ce médecin le calme plus que le reste. Finalement, il pourra au moins lui accorder ce mérite. L'espace de quelques minutes, il est assez calme et las pour fermer les yeux. Mais dormir reste impossible comme cela. Au bout du compte il a juste fait passer un peu de temps. Son regard se pose sur sa jambe. Un léger sourire se dessine sur son visage. Au final elle l'a écouté et a laissé son pantalon. Il aura peut-être une chance de le récupérer. Faut dire qu'il n'a pas des masses de vêtements de rechange. Un peu dans le sac qui traine dans sa chambre d'hôtel mais c'est tout. Chambre d'où il est censé partir comme un voleur ce matin.

Voilà qu'elle s'occupe de son bras. Fidèle à lui-même, Kagari ne bronche pas. Quand bien même lorsqu'elle le remet en place. Il a l'impression qu'on vient de lui recoller un membre qui avait été amputé. La douleur, bien sûr qu'il la ressent. Néanmoins, à côté des opérations faites sur les clovers... En particulier la transplantation de ses immondes "ailes". D'ailleurs, le simple fait de les ressortir est une douleur déjà suffisamment grande. Bien plus qu'un bras ou quelques côtes en moins. Alors n'évoquons même pas les expériences cérébrales. Il n'était aussi pas tout à fait compatible, mais dans la hâte on l'a quand même choisi parmi les derniers clovers créés. Résultat, son corps n'a pas bien aimé. Cela a également eu un impact certain sur son espérance de vie. Ses rejets de sang quelque peu régulier en sont la preuve.

Comme Kagari l'avait décidé, il se laissa faire quand elle s'occupa de son torse. Par contre elle allait probablement voir ses quelques cicatrices... Tous les bandages semblaient avoir été appliqué maintenant. Tiens, l'accent se fait de nouveau entendre. A-t-elle parlée de logement ? Et de quelqu'un présent pour lui ? Hum, si elle savait. Il part un peu dans ses pensées. Son regard est bas et ses sourcils se froncent. La seule personne qui pouvait prétendre être là pour lui est morte vainement en le poussant dans un ascenseur. Le logement n'est pas mieux non plus. Quand il a encore l'argent de ses contrats, il navigue d'hôtel en hôtel. Mais ça s'épuise vite. Les contrats ne sont pas si nombreux pour lui. À vrai dire on ne l'apprécie pas dans le milieu. Raison pour laquelle il comptait élargir son champ d'activité. Les chasses à l'homme pour des mafieux pas très nets, ça vient de lui causer ce séjour dans une cabine d'hôpital.

Le jeune homme est parti un peu trop loin dans sa tête. Bon sang j'espère qu'il n'a pas montré une expression inquiète ou quelque chose du genre ! Ne pas répondre à cette femme plutôt sympathique en fait reviendrait à dire "Merde ! C'est pas tes oignons !". Il faut dire qu'il n'était pas vraiment bon menteur non plus... La poisse, il ne peut s'empêcher de contenir un soupir. Et puis tant pis, elle avait fini son travail non ? Il ne risquait plus rien et n'avait rien à perdre. <<Qu'c'est chiant... Cinq à sept semaines ? J'ai pas vraiment une tête à pouvoir garder une chambre plus d'une semaine avec du boulot, alors tout ce temps ! J'vais devoir bouger quand même et n'pas rester tranquille. Parce qu'autrement vous m'condamnez.>>

Bon, voilà qui est dit. Il ne voulait pas dire tout ça mais au moins il a été le plus clair et honnête possible. S'il ne pouvait même pas continuer à exécuter des contrats, autant rester à se faire attacher ici. Peut-être que s'il faisait quelques troubles il y arriverait. Au moins ça lui ferait un toit. Enfin, il ne va pas le faire. Espérons que cette femme ne le prend pas mal. Elle va sûrement le laisser partir tranquillement maintenant. Elle n'a plus rien à faire avec Kagari après tout. Il pose son regard rougeâtre sur la porte de la pièce et se lève. Doucement bien sûr, marcher n'est quand même pas facile dans cette situation. Il avance lentement jusqu'à celle-ci et saisit la poignée. Toutefois, il n'est pas encore tout à fait remis et sa force ne revient que légèrement. <<Tss j'ai l'air d'un handicapé... Les prochains jours à trainer je n'sais où vont pas êtres amusants.>>





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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   05.10.13 15:39

Elle n'avait pas relevé l'interjection. L'avait entendue, bien sûr. Elle s'était doutée qu'il ne s'était pas fait ça seul. Un combat de jeunes des rues? De dealers? La vengeance... Ça elle pouvait comprendre. La rage, qui prend aux tripes, elle pouvait compatir. Éclater la tête de quelqu'un contre un mur, elle pouvait apprécier, même. Mais ce gamin, dans cet état... La loi du plus fort. Si sa mère l'avait suivie, cette fameuse loi de la Meute, elle ne serait pas là. Peut-être avait-elle eu un Ange gardien, à cet instant. Peut-être Lui... Ou peut-être pas... Ses pensées l'envoyaient sur une pente dangereuse. Mais elle ne pouvait rien faire de plus.

Ses sourcils sont froncés, son regard bas, comme perdu, quand elle lui pose des questions. Est-ce parce qu'il ne veut pas répondre? Parce qu'il réfléchit à ce qu'il peut, ce qu'il veut lui dire? Elle se demande vraiment si c'est un junkie. Est-ce qu'il se prostitue, peut-être? Elle se perd à son tour dans ses pensées, quand sa voix la tire de sa réflexion. Garder une chambre? Il habite à l'hôtel? Le condamner?

Elle se fige en entendant ça, lâche sa main. Ce n'est pas possible. Elle a l'impression que son esprit est complètement gelé, comme quand elle mange de la glace trop vite devant un mauvais film. Oui, quelque chose qui fait mal, qui énerve, un peu, qui amène des larmes au bord des yeux. Impossible. Inconcevable de le laisser partir comme ça. Plus il parle, pire c'est. Non, non, reviens! Mais d'un autre côté, que peut-elle faire? Ce n'était pas comme si elle pouvait le placer en foyer... Il ne tiendrait pas, jamais dans cet état. Sans travail, sans... Non non. On n'abandonne jamais les petits, dans la Meute. Les petits sont à tout le monde. On doit veiller sur eux. Ils sont l'avenir de la Meute.

Elle ne réfléchit pas, ne réfléchit plus. Pas aux conséquences. A rien. S'il franchit cette porte... Elle est déjà levée, a déjà claqué la porte, s'appuie dessus, lui bloque la sortie. Elle est trop proche, elle le sait. Elle respire un peu trop fort.

"Alto ahi, mo crio! Je ne cherche pas... Je n'essaie pas de t'emprisonner ici, mais... Si... Si personne ne peut s'occuper de toi, si tu n'as pas de logement... Je veux dire, c'est comme si ce que j'avais fait ce soir ne servait à rien... Non, non... Attends, c'est pas du tout sorti de la bonne façon... Mierda. Ce que je voulais dire... C'est que si tu n'as nulle part où aller, pendant ces sept semaines, et même après, tu peux venir chez moi."

Parce qu'une Meute se soutient et vit ensemble. Tu n'as plus de meute, Morgan! Je sais... Mais ça se fonde, une meute... n'est-ce pas? Mais euh... C'est sorti étrangement, non? Elle soupire, sourit, l'air un peu contrit. Elle lève les mains, innocente.

"Rien de bizarre, promis. Je ne propose pas de t'acheter, d'accord? Juste de t'héberger, de te remplumer un peu... Enfin..."

L'air contrit devient triste. Une meute, même petite, même à deux, ce n'est plus un loup seul. Elle croise les bras sous sa poitrine, détourne la tête, le regard. S'éloigne, dégage la porte. Elle s'impose, elle le sait. Désespérée. Les chiots de Cris. Oui, peut-être... Ou peut-être pas. Elle est sérieuse, pourtant. N'est pas certaine que ce soit évident. Qu'il la comprenne. Il n'en a peut-être pas envie. Elle se demande si elle peut vraiment, en toute connaissance de cause, le laisser partir, quelle que soit sa décision. C'était encore puni par la loi, le kidnapping? Peut-être pas, si elle s'explique, bien...
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   05.10.13 18:14



Vous avez oublié votre bras dans le couloir


Kagari sait qu'il est mal parti vu sa situation actuelle. Mais avoir de l'aide est un concept qui lui est inconnu. Il ne connaît le monde extérieur que depuis quelques années. La première après sa fuite a été de loin la plus compliquée. Pris entre ceux qui voulaient le vendre ou bien l'exploiter, il n'a pas pris la peine de compter. Néanmoins il se souvient très bien du nombre de fois où on a souhaité l'aider. Zéro. Peu après il se forgea cette attitude désintéressée et oublia les mots prononcés par sa soi-disant mère à son évasion. Être plus gentil avec les gens ? Dire que lui avait été un gentil garçon ? Foutaise, ces choses-là auraient causé sa mort depuis longtemps si c'était le cas.

Enfin bon, se remémorer cela maintenant est trop tard et surtout inutile. Cette femme ne doit pas être différente. Dès le moment où elle découvrirait ce qu'il est, elle s'éloignerait le plus vite possible de lui. En tout cas il ne s'attend pas à de tels propos. Pourtant elle a vraiment l'air sincère. Le jeune homme a du mal à savoir pourquoi il pense cela, mais elle semble sérieuse. Par contre elle est bien trop proche de lui. Sa poitrine joliment formée manque de le pousser. Kagari lâche la porte et fait un pas en arrière, méfiant. Encore une mauvaise ou bien une bonne habitude, qui sait. Elle n'a pas l'air sûre d'elle mais son honnêteté est bien visible. Peu importe, ça l'a fait réagir. Il regarde un instant la jeune femme d'un air étonné et baisse un peu la tête. Elle est sérieuse ? On dirait qu'elle ne se rend pas bien compte de qui il est.

Mais elle n'en reste pas là. Il ne fait pas bien attention à ses gestes mais il entend qu'elle en remet une couche. L'héberger ? Kagari refait inconsciemment un pas en arrière. Son visage, tout comme lui, est également trop honnête. Il est vraiment déconcerté. Il n'a encore jamais réagi comme ça. Est-ce que c'est à cause des années seules passées ? Peu probable. Donc il ne l'explique pas, donc ça l'agace. <<M'acheter ? Beaucoup l'ont voulu, malheureusement pour eux... Mais m'héberger... Je ne crois pas que vous vous rendez compte de vos paroles.>>

Et maintenant ? Aucune idée de ce qu'il peut faire. C'est bien le problème. En temps normal, même dans cet état, il est censé s'en foutre et passer son chemin. Mais là il est encore dans la pièce et ne bouge pas. Son regard se perd alors qu'il relève la tête. Évidemment il ne va pas se contenter de dire oui. Certes sa santé apprécierait l'idée, mais pas lui. Quelqu'un comme lui ne peut tout simplement pas accepter ça. Elle l'a peut-être aidé, mais c'était son travail. À la limite Kagari peut comprendre qu'elle s'inquiète un peu. Quand bien même, ça ne justifie pas une telle proposition. Elle a forcément quelque chose d'autre derrière la tête.

Après tout, ce n'est pas grave. Puisqu'elle lui a laissé son pantalon et laissé la piqûre de côté, il ne partira pas comme un voleur. Enfin, pas exactement. Dans ce cas pourquoi ne pas essayer quelque chose. Cette femme vient de l'intriguer et un certain intérêt à grandi. Observer comment elle va réagir peut être amusant. Le jeune homme prend un air sérieux en la fixant. Il esquisse un grand geste du bras droit en plaçant ses doigts sur son torse. Il semble attendre le contact visuel. <<... Morgan Cristobal c'est ça ? Et si je disais que je peux montrer détail par détail ce qui m'est arrivé. Si je disais que je suis plus qu'un gamin en apparence. Et surtout, si je disais que ce sont deux êtres célestes qui m'ont mis dans cet état et à qui on m'a destiné contre ma volonté à être l'ennemi... Pourrais-tu encore garder ces paroles irréfléchies ?>>

Hum, il y est allé peut-être un peu fort. Il voulait qu'elle comprenne bien la situation. Encore une fois, j'espère qu'elle ne va pas le prendre personnellement non plus. Kagari éprouvait une certaine sympathie pour elle. C'est peut-être pour cette raison qu'il veut voir ce qu'elle va répondre à ça. Bien qu'il n'espère rien de particulier. Se faire des idées n'est pas son genre.





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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   05.10.13 19:22

Il recule. Il a l'air perdu, surpris. Un mélange de tout ça. Comme si jamais, personne, ne lui avait jamais fait une telle proposition. Enfin, probablement pas avec de telles implications. Elle lui offrait une meute. Une famille et plus encore. Mais il ne pouvait pas le savoir. Il ne devait voir qu'une gamine stupide qui voulait l'entraîner chez elle pour une raison complètement inconnue. Par devoir, peut-être même. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait dit ça. Pourquoi elle en avait eu envie. Besoin, presque. Horloge biologique? Elle haussa un sourcil, perplexe. Ce n'était pas la peine d'y penser. Les voies du Seigneur étaient impénétrables. S'il avait décidé de le mettre sur sa route, de lui faire ressentir ces sentiments, c'est qu'il avait quelque chose de prévu pour elle, pour eux. Et il ne mettrait pas sur son chemin des obstacles qu'elle ne saurait surmonter.

Des gens avaient déjà essayé de l'acheter? Rien de surprenant. Les braises de la rage se rallumèrent. Acheter des enfants. On ne le faisait pas pour des milliers de raison. C'était une tristesse. C'était tellement... On protégeait les enfants. Elle sentait le grondement grandir dans sa poitrine. Elle n'était pas censée pouvoir le produire. Trop humanoïde pour ça. Mais les habitudes avaient la vie dure. Elle avait trop travaillé pour ça. Trop voulu leur ressembler. Ses poings sont crispés, ses dents serrées.

Elle aperçoit son mouvement du coin de l’œil, relève la tête. L'observe. Fixe son regard gris dans le sien, étrange, mystérieux. Elle a l'impression qu'il est effrayé. Qu'il ne veut pas lui faire aveuglément confiance. Qu'il se méfie, comme un louveteau qui aurait été rejeté par sa meute et hésiterait avant d'être recueilli. Ou peut-être qu'elle a tellement envie d'y croire qu'elle extrapole. Qu'elle se fait des films, comme ils disent.

La compréhension. Montrer ce qu'il a vécu. L'ennemi des Anges. Clover. Le mot, qu'il n'a pourtant pas prononcé, semble résonner entre les murs blancs de la cabine, comme un écho infini. Ses yeux se sont écarquillés. Pas de peur. Quoique si, peut-être, un peu. Mais surtout, surtout, la colère. Elle la laisse monter. La laisse exploser. La laisse colorer sa vision d'un rouge sanglant qu'elle a envie de faire couler. Le grondement est remonté dans sa gorge. Elle tremble. Le coup part. Trop vite. Trop fort. Elle n'a pas eu le temps de se reprendre, avant que la tablette ne cède sous son poing dans un fracas assourdissant qui semble briser le charme.

Elle se penche, s'appuie sur ses genoux, halète. On ne touche pas aux petits, dans la Meute. On protège les petits. ON NE TOUCHE PAS LES PETITS! Ses omoplates brûlent, tirent. La peau se perce. Cet os qui n'a rien à faire là pousse sur la tenue. Un long spasme la parcourt. Lorsqu'il s'achève, elle revient. Un peu. Elle relève la tête. Elle est déterminée. Sa mâchoire est serrée. Sa voix gutturale:

"Montre-moi."

Il n'y a rien d'autre à dire. Elle verrait. Et elle les tuerait. Parce qu'on ne touchait pas à la Meute. On protégeait la Meute. On se serrait les coudes. Elle aurait peur, peut-être. Elle pleurerait peut-être. Elle tremblerait peut-être. Mais elle serait toujours là. Elle ne s'enfuirait pas. Elle ne le lâcherait pas. Parce qu'elle avait décidé. Parce qu'elle en avait besoin. Parce qu'il en avait besoin aussi. Parce que, ironiquement, Dieu en avait décidé ainsi en permettant à ses Anges de le guider vers elle. Elle survivrait. Elle ne Le décevrait pas. Elle ne le décevrait pas. Rocher au milieu d'une mer déchaînée, elle resterait là. Elle attendrait. Elle apprendrait.
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   05.10.13 21:09



Vous avez oublié votre bras dans le couloir


La surprise était le sentiment prédominant aujourd'hui. Il a pourtant été assez clair. Alors pourquoi elle réagit comme ça ? La colère semble être quelque chose de facile à attiser chez cette jeune femme. Avant même qu'il ne se rend bien compte, voilà qu'elle a recommencé. Mais ce n'est pas le mur cette fois. Pauvre tablette. Elle n'aspirait sûrement pas à une fin comme celle-ci. La réaction a l'air tout de même plus brutale qu'elle ne le laisse paraître. Kagari est d'ailleurs surpris une fois de plus en la voyant... lutter ? Quelle ironie. D'habitude c'est lui qui est à sa place. Luttant contre le monstre enfoui. Aucun doute après avoir regardé son corps. Elle n'est pas tout à fait humaine. Comme lui a vrai dire, bien qu'il n'ait jamais considéré avoir ne serait-ce qu'une petite part d'humanité en lui. En tout cas, ça peut être plus dangereux qu'il ne le pense. Pourtant ça ne change pas grand-chose. Sa réponse est plus surprenante que tout le reste.

Elle a compris, il en est sûr, ce qu'il est. Sa réponse est juste folle. Le jeune homme recule jusqu'à ne plus pouvoir. Son dos heurte l'un des murs. Son regard devient incompris, perplexe. Il ne comprend pas pourquoi elle insiste. Sa bouche est légèrement entrouverte le temps qu'il reprenne ses esprits. À son tour il en vient même à serrer les dents. Il a toujours utilisé son pouvoir contre des personnes qui auraient donné n'importe quoi pour y échapper. Mais elle, elle le lui demande. N'a-t-elle vraiment aucune idée de ce que l'on ressent ? Il peut lui donner n'importe quelle émotion, il peut aussi lui causer du tort, et pas qu'un peu. Pourtant elle demande. Très bien. Il n'est pas responsable pour une fois. Il ne va que lui montrer la réalité ayant eu lieu quelques heures plus tôt. Il la refixe encore une fois, ne voyant plus que ses yeux qui fixent les siens.

Kagari se rappelle son arrivée à l'immeuble, son entrée dans la pièce, sa chute... Mais il ne transmet seulement que quelques images brouillées. Il halète un peu. Il a échoué ? Sa cible elle n'a pas l'air très surprise. Évidemment, il n'a presque rien fait. Une goutte de sang tombe de son nez. C'est donc ça. Lui qui était un clover fragile, utiliser son pouvoir n'a jamais été saint pour son corps. Cela empire au fur et à mesure qu'il l'utilise. C'est d'ailleurs pour cela que ces derniers temps il apprenait à s'en passer bien plus qu'avant. Mais il ne va pas en rester là. Tant pis si son corps ne le supporte pas avec son état actuel. Le jeune homme avance. Il fixe ses yeux une nouvelle fois dans ceux de Morgan à genoux, la regardant de haut. Il se concentre, recommence. C'est difficile. Sa condition combinée à la résistance plus grande que celle d'une humaine n'aide pas. Heureusement qu'elle est consentante et le laisse faire en quelque sorte. Il force encore et encore. Les gouttes de sang tombent de plus en plus. Un instant, il arrête complètement de penser. Et là, les images se lancent. Il ne se rend même pas compte de ce qu'il montre.

En premier lieu, Kagari est sur un lit. Il est petit, attaché. Il semble que l'on voit depuis ses yeux. Des hommes en blouses blanches l'approchent. L'un d'eux le pique, un autre aussi. On met ensuite des sortes d'électrodes sur sa tête. Il y a comme des décharges qui lui sont envoyées. Son corps entier vibre, la douleur se diffuse dans chaque membre. Elle est sans fin. Puis le noir avant que la même scène ne recommence. Et cela à plusieurs reprises, montrant bien que ça s'est produit de très nombreuses fois. Des années...

Maintenant Kagari est dans sa chambre. Sa cellule plutôt. Il n'y a aucune lumière hormis les artificielles. Son dos est visible dans la glace, il n'a pas de vêtement sur le torse. Sa tête se tourne et regarde. Il est entièrement meurtri. La transplantation des ailes... De nouveau, des personnes en blouse blanche l'emmènent. On le force à sortir ses ailes le plus vite possible. La peau qui se déchire est insupportable. Le garçon est envahi par le même sentiment que depuis bien des mois. Haine. Un jour, la situation changera. Et ce jour-là, il se vengera.

Pourtant il y a cette femme. Oui, cette femme qui apparaît parfois parmi les images que Kagari montre inconsciemment à la femme médecin. Chacune de ses apparitions l'apaise. Elle a de longs cheveux noirs, un visage radieux. Il en oublie à chaque fois sa colère. Et puis... son évasion. Il est là, immobile. Alors qu'il vient de briser l'esprit d'un homme armé, il tombe. Sa tête et son dos heurtent le fond d'un ascenseur. Il a tout juste le temps de regarder cette femme qui l'a poussé et appuyé sur le bouton. Ainsi que ses mots, que Kagari avait laissé volontairement de côté "Si tu as une autre chance, sois plus gentils avec les gens. Tu étais un gentil garçon, Kagari". Le jeune homme tout comme Morgan voit dans sa vision quelque chose dont il n'avait vraiment aucun souvenir. Il avait sûrement réussi à l'oublier complètement. Un sourire. Un simple sourire de cette femme qui disparaît quand les portes de l'ascenseur se ferment puis le retentissement de coup de feu.

À ce moment, tout s'arrête d'un coup. Retour à la réalité. Kagari est encore plus secoué que la jeune femme. Sa main s'était d'elle-même lancer en avant, comme pour rattraper cette femme illusoire. Mais elle revient vite contre sa bouche, de laquelle il crache du sang. Il tombe à genoux devant le médecin et reste figé, plié sur lui. Ça s'arrête ensuite, mais il est pris d'un sentiment de frayeur. Il essaie de se retirer en arrière mais tombe à la renverse sur les fesses. A-t-il montré des images à elle qui réclamait, ou alors l'a-t-il fait pour lui-même ? Peu importe, c'est trop tard. Ses yeux regardent ceux de Morgan. Il est rempli de stupéfaction et d'autre chose. Il réagit exactement comme s'il était effrayé par elle. Bien que ce ne soit pas le cas. Mais cette femme, elle l'a violé ! Elle a vu l'intérieur de sa tête à lui. Elle a vu ses souvenirs. Elle a ressenti sa douleur et sa colère. Elle a fait l'expérience d'être à sa place, de ne pas se sentir humain, de ne se considérer comme rien d'autre qu'une abomination. Kagari n'a jamais connu une telle chose avant. C'est pour ça qu'il a peur. Son regard, son visage, sa main, rien ne cesse de trembler. Pas même les larmes qui s'en viennent toutes seules au bord de ses yeux, qui essaient de les contenir presque vainement.





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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   05.10.13 22:25

Il recule. A-t-elle mal répondu? S'est-elle trompée? Non, elle ne croit pas. Mais il ne s'y attendait pas. Elle non plus. La colère la fait tenir. La rend plus sure d'elle. La pression. Elle ne pensait pas qu'elle serait aussi forte. Qu'elle le sentirait autant passer. Résiste-t-elle? Trop? Elle a l'impression d'avoir l'esprit ouvert aux quatre vents, pourtant. Elle voit le sang, qui coule de son nez. N'arrive pas à réagir. La pression, encore. Elle a l'impression que sa tête va exploser. Que son cerveau est plongé dans un bain trop chaud. Elle sait ce qui l'attend en cas de surchauffe. Ce n'est qu'au changement de perspective qu'elle s'aperçoit qu'elle est tombée à genoux. Elle ne souffre pas, malgré la violence du choc. Elle a l'impression de n'être plus que des yeux, fixés dans ceux du jeune homme. Plus qu'un cerveau, ouvert, fouillé, percé, comme un tiroir trop plein dans lequel on essaie d'enfoncer de nouvelles choses, encore et encore, jusqu'à l'explosion.

Elle ne voit rien, à peine des bribes. Puis il approche. La pression s'accentue. Le poids. Ses yeux se plissent. Souffrance. Puis elle plonge. Sombre. Se perd. Morgan n'est plus. Il n'y a plus qu'un petit garçon, sur une table. Avec des scientifiques. Que l'on opère, sur lequel on expérimente. Qui souffre et se meurt. C'est presque de la torture. Quand elle subit l'exercice, le déploiement, elle n'entend même pas sa tenue qui s'ouvre, se déchire, qui libère l'aile, unique, souillée, d'un blanc sale, tacheté, grisâtre. Ça brûle. C'est horrible. Elle ne sent pas les larmes sur ses joues. Ni ses mains crispées.

Elle voit la femme. Une autre scientifique. Comme une mère, pour lui. Et pourtant... Elle sent l'homme s'effondrer, sent la paroi froide, dure, contre son dos. Entend les mots... Être gentil... Kagari... Voit le sourire. Le dernier souvenir. Puis les portes se referment, et elle chute à nouveau.

Elle s'écroule comme une marionnette dont on aurait coupé les fils. Elle aurait juré avoir déployé son aile. Elle aurait juré en avoir deux. Elle pleure. Elle tremble. Comme prévu. Elle a l'impression que sa tête éclate. Tape. Frappe. Carillonne. Pulse. Trop vite. Trop fort. Elle halète. Elle a encore mal. Ce n'est pas sa douleur. Comme un membre fantôme. Elle sait que ce n'est pas elle. Et pourtant, elle souffre malgré tout.

Elle se relève sur des membres incertains. A genoux. Le regarde. Ses yeux sont troubles. Elle focalise difficilement. Ses lunettes ont glissé de travers sur son nez. Elle les remet. Il est couvert de sang. Que s'est-il passé? Il a l'air tellement... Perdu. Elle a compris ce qu'elle a vu. L'a ressenti dans sa chair. Dans son âme. Elle sait qu'elle ne peut pas comprendre ce qu'il est, ce qu'il vit. Mais ce sentiment... Cette haine contre le monde. Sa rage de vivre et de vaincre. Ce sentiment d'exclusion. Celui d'être différent. Inférieur. Autre. Bizarre. En-dehors de ce monde et de ses plans, de ses moules, de ses stéréotypes.

Elle se traîne jusqu'à lui. Elle n'est pas sure de parvenir à parler encore. Pas de la voix assurée dont il a besoin. Et ce n'est pas la méthode qu'elle connaît. Elle est revenue à des instincts trop primaires pour faire un discours construit, complet, cohérent. Elle s'affale finalement à côté de lui, se sentant faible. Elle est couvert de son sang. Mais elle ne prête attention à rien de tout ça. Juste à ses bras, qui s'enroulent autour de lui, en une étreinte apaisante, rassurante. A genoux, elle est plus grande que lui. Elle pose le menton sur sa tête. Lui caresse les cheveux en un mouvement lent, incessant, reposant.

Peu à peu, son esprit revient. Elle ne prête aucune attention au monde extérieur, aux bruits des urgences, au capharnaüm de la cabine, au sang sur le linoléum, à sa tenue au dos déchiqueté. Son monde se réduit au louveteau tremblotant entre ses bras. Rien d'autre. Son murmure est presque inaudible. Ferme, malgré ses tremblements. Stable. Un rocher dans la tempête, avait-elle pensé. C'était présomptueux. Elle a été secouée. Ses fondations ont tremblé. Elle se doute qu'il n'a pas réussi à lui montré ce qu'il voulait. Mais elle ne partira pas...

"Je n'ai pas changé d'avis, mo crio, Kagari... Tu es toujours le bienvenu dans ma meute..."

Sa maison. Sa vie. C'est ce qu'elle avait voulu dire. Mais sa voix était aussi rauque que si elle avait hurlé tout au long du flash-back. Ses instincts. Morgan n'était pas encore tout à fait revenue. Lubin, la petite mère. Il n'y avait rien à ajouter. Mais elle ne le lâcherait pas...
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   06.10.13 18:48



Vous avez oublié votre bras dans le couloir


Terrible épreuve que celle qu'il vient de se faire subir. Kagari a l'impression d'avoir subi lui-même les illusions d'un autre clover. Jusque-là il ne s'en était jamais rendu compte. À quel point ses victimes ont souffert à cause de son pouvoir. Enfin, à sa façon il souffre aussi. Pour le moment il est trop sonné. Il ne pense pas au sang qui a coulé de sa bouche. Morgan s'est rapprochée. Très près. Il ne fait pas attention, son regard est perdu. On le serre. Elle le serre. Ses bras l'entourent. On dirait une mère, une amie, un câlin.

Ses facultés lui reviennent progressivement. Il arrive enfin à sortir de son état. Un peu. Ses yeux ne voient que de la peau face à lui. Il sent ses cheveux être utilisés. Son regard se baisse. Non. Pas pour voir cette poitrine à quelques centimètres de lui. Il voit la blouse, plus rougeâtre qu'auparavant. C'est le sien, c'est son sang qui s'y trouve. Bien évidemment. Il peut sentir les quelques gouttes restantes tomber de ses lèvres. Il s'essuie la bouche de la main droite tandis qu'il est toujours assis. Néanmoins, il ne peut pas se relever. Il ne peut pas bouger. S'il force elle lui tombe dessus. D'ailleurs, c'est avec cette pensée qu'il reprend pleinement conscience.

Kagari reste muet à ce qui est arrivé. Mais maintenant il devient gêné. La situation est, disons, étonnante. Que lui se retrouve comme cela. Cela a été inconcevable jusque-là. Bon sang... elle continue dans sa folie. Il ne comprend pas tout à fait sa référence. Une meute ? Ressemble-t-il à un chien ? Le jeune homme ne serait même pas surpris. Après tout, Hound, c'est lui. Alors sur le coup, il ne prend même pas note de son réel prénom qu'elle prononce. Ça veut dire qu'elle a bien tout vu. Y compris cette partie-là... Il a du mal à reprendre son air habituel maintenant. Être arrogant et désagréable. C'est sa nature depuis des années. Depuis cette dernière vision. Heureusement qu'on ne le voie pas. Ses yeux sèchent mais sa voix est encore troublée, restant tout de même calme. <<Décidément, je ne peux pas te comprendre. T'étais censé t'éloigner avec ça, pas te rapprocher.>>

Il pense vraiment ce qu'il dit. Quand bien même elle soit capable de le comprendre. L'éviter est la réaction la plus logique dans ce cas. Tant pis. Le temps passe. C'est de plus en plus gênant. Pourtant elle ne semble pas vouloir arrêter. Elle compte rester collé à lui éternellement ? Kagari ne l'admettra jamais mais c'est une sensation qui lui semble agréable. Cela le fait rougir. Ça aussi c'est nouveau. Il rougit encore plus. Saleté ! À présent il a repris toutes ses forces. Il s'écarte, devant forcer un peu pour s'éloigner de seulement une dizaine de centimètres. Morgan le regarde. Elle ne semblait pas contre le fait de continuer encore. Bah ! Il ne va pas se laisser atteindre par ce regard attendrissant. Enfin, à condition de détourner son propre regard.

Lui aussi se retrouve taché de sang. Quel ennui. C'est tellement difficile à faire partir sur les vêtements. Et le goût dans la bouche n'est pas des plus fameux. Prenant appui sur sa main droite, il arrive à se relever sans se brusquer. Mais quand il veut faire un pas, il titube et finit par se laisser volontairement tomber sur le dos. Il est allongé de tout son long. Le jeune homme a l'impression de se détendre. Ses yeux se baissent pendant qu'il soupir, encore. Ils passent du plafond au visage de la jeune femme. On dirait qu'il réfléchit dans le calme. Enfin, le calme, ce n'est pas le terme exact quand on écoute tous les bruitages dans le bâtiment. C'est un hôpital après tout !

<<Tu sais... j'ai vraiment du mal à comprendre tes raisons. À vrai dire j'ai abandonné, je passe mon tour pour cette fois. Alors félicitations, j'aurais pas pu imaginer que ça se finisse comme ça. Tss, "Kagari" hein. Je... j'ac... j'accepterai ta proposition, mais tout ce que tu as vu restera secret. Ah au fait, qu'on soit d'accord, ce n'est que temporaire ok ?>>

Kagari relève aussitôt le regard. Il n'y a rien de vraiment intéressant à voir au plafond. Par la même occasion, ses pensées ressortent encore par sa bouche... Heureusement, dans un murmure pour lui-même peu perceptible. <<En échange... je veillerai un peu sur toi, qui sait...>> Ses yeux se ferment, son visage a l'air vraiment paisible. Miracle. Un petit sourire est également présent sur ses lèvres. Le premier depuis combien de temps ? Inutile de compter. Ce qui compte, c'est qu'il soit sincère.





Dernière édition par Kagari Saigõ le 09.02.14 18:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   06.10.13 23:43

Ce n'est pas que lui qu'elle cherche à apaiser. Elle s'en rend compte rapidement. Dès qu'elle parle. Elle ne tremble pas. N'a pas encore complètement assimilé tout ce qu'elle a vu. Elle sait que ça viendra. Plus tard. Quand elle sera seule. Comme d'habitude. Il ne viendra pas. Elle le sent. Déjà, trop vite, il s'éloigne. Elle sent son cœur se serrer. Elle voudrait s'énerver, comme à son habitude. A envie de hurler à la lune. Stupide. Il n'y a pas de lune. Elle n'est même pas un loup. Pauvre monstruosité perdue seule dans la jungle de ce pays trop froid. Toujours la même chose, la même rengaine. L'hôpital, l'appartement, les soirées, où elle va seule, repart avec un inconnu, une inconnue, qu'elle ne revoit jamais. En a-t-elle trop demandé au Seigneur? Elle ne voulait qu'une meute. La sienne. Celle de n'importe qui. Mais même ça, ça n'a pas fonctionné...

Ses yeux s'écarquillent de surprise quand il parle. Pas de véritable réprobation dans sa voix. L'espoir renaît. Trop prompt à s'enflammer, bien sûr. Épuisant manège émotionnel. Mais elle ne sait pas être autrement. Il ne la comprend pas? C'est probablement une bonne chose. Ou il s'enfuirait en courant. Elle n'a aucune intention de le laisser repartir, s'il accepte. Un rire amusé lui échappe. Peut-être était-elle censée s'éloigner. Elle est bien trop têtue pour ça. Elle a décidé qu'elle resterait. Comme elle avait décidé de devenir médecin, sans aide de sa famille. Comme elle avait débarqué au Japon quelques années auparavant pour finir ses études, sans même parler la langue. Comme elle avait toujours taillé son chemin.

Elle le sent forcer pour s'éloigner. Elle relâche un peu son étreinte, se laisse tomber sur le sol froid. Elle a mal aux genoux, elle s'en rend compte désormais. Une vraie douleur. La sienne. Pas celle, résiduelle, de la vision. Des visions. Des illusions. Elle peut concevoir que ce soit un pouvoir fascinant à explorer. Le cerveau humain était tellement inexploité. En tant que scientifique, elle-même trouve cette pensée excitante. Mais l'aurait-elle poussée jusqu'au bout, au prix que cela a coûté? Même en ne sachant pas?

Il semble gêné. Un nouveau sourire l'effleure. Mo crio n'est pas habitué à la proximité. Ou alors, l'odeur du sang l'indispose. Elle n'y prête même plus attention. A tellement l'habitude d'en être recouverte, au travail. C'est dans la description du poste. Alors qu'il se lève, titube et s'affale de tout son long, elle se rend finalement compte de l'état dans lequel elle est. Ses cheveux à moitié défaits, son visage sillonné de larmes séchées, sa tenue déchiquetée. Ce n'est pas passé loin. Elle retire ses lunettes, s'essuie le visage, détache la longue crinière blonde, relève les yeux vers lui. Il la regarde. Elle a l'impression d'être sur un champ de bataille improbable, à un instant éphémère, où le temps est suspendu, entre deux assauts. Elle s'immobilise. Attend.

Et il parle. Son cœur manque un battement quand elle comprend vraiment ce qu'il dit. Elle ne parvient pas à retenir un sourire. Il est d'accord. Il vient. Un pas insignifiant pour l'humanité, pour le monde, pour lui, même, peut-être. Un pas immense, de géant, inexplicable, pour elle. Une première addition à la Meute. A SA meute. La fin de la solitude. C'est au moment où l'espoir de la voir se briser se concrétise qu'elle se rend compte qu'elle lui a pesé au point de l'empêcher de respirer véritablement. Le sourire tremble, disparaît, pendant une seconde. Le temps pour elle de plaquer son index sur sa bouche. De hocher la tête. Elle est sérieuse. Ce n'est pas son histoire.

Mais il revient vite. Temporaire? Oui, oui, bien sûr... S'il veut y croire. Mais il est à elle, maintenant. Sous sa responsabilité. Elle ne partira pas. Jamais. Pas avant la fin. Pas avant que ce soit irrémédiable. Elle rit à nouveau. N'arrive pas à se retenir. Rattache ses cheveux en un chignon serré. Remet ses lunettes. Tente de se relever. Ses jambes sont faibles. Ses genoux tremblent. Elle force, les sourcils froncés. Se redresse. Décroche une blouse blanche du porte-manteau. Elle n'aurait pas dû être là, mais elle l'arrange bien. Elle lutte pour lire, à l'envers les symboles formant le nom. Martin. Elle aurait dû s'en douter. Peu importe. Elle manque choir en ramassant le stéthoscope. Reprend la parole, un peu haletante.

"Peu importe que tu ne comprennes pas. Prends ça pour les délires d'une vieille folle si ça t'amuse. Je n'en suis pas moins sérieuse, mo crio. Tu as de la chance, je n'habite pas bien loin. Un peu moins de dix minutes à pied d'ici. Tu sors, prends à droite, la troisième à gauche, le grand immeuble jaunâtre. Le digicode. 3779. Deuxième étage. A gauche. Et la clef..."

Paranoïaque? Elle? Non. Elle sort de sa tunique une longue chaîne sur laquelle sont passées deux clefs, dont l'une sur un petit porte-clef représentant une petite tête de loup sur un médaillon de cuir. Produit d'artisanat local. Un souvenir, comme le reste. Un nouveau sourire alors qu'elle lui tend le sésame.

"Hmmh... Je t'aurais bien accompagné, mais ma garde a commencé depuis peu. J'en ai encore pour au moins... Une heure ou deux. Repose-toi ici tant que tu veux. Et rentre à la maison ensuite. Prends une douche, par pitié, n'en colle pas partout. L'appartement est déjà en sale état... Il devrait y avoir des vêtements de rechange... Quelque part."

Un nouveau rire lui échappe. L'état de l'appartement le fera peut-être fuir, par contre. Peu importe. Tout doute s'est envolé. L'insouciance a regagné ses droits. Et le café a terminé de faire effet. Elle s'étire lentement, à fond, les bras croisés derrière la tête. Elle se dirige vers la porte, enclenche la poignée, l'entrouvre. Tourne la tête vers lui. Lui sourit.

"A tout à l'heure, mo crio... Kagari."

Un petit signe de la main et l'hôpital l'avale à nouveau. Ses bruits, ses interventions, ses urgences, l'action. Mais cette nuit-là, la rage, la douleur de voir toutes ces personnes souffrir est moins grande. Elle n'est plus seule. Cette pensée trotte, en boucle, dans sa tête. Elle a l'impression d'entendre, dans le lointain, deux loups hurler, en chœur, à la lune...
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MessageSujet: Re: Vous avez oublié votre bras dans le couloir [PV Kagari]   08.10.13 16:09



Vous avez oublié votre bras dans le couloir


Kagari ne fait pas attention lorsque son interlocutrice semble se revêtir, s'arranger. En fait, il est bien là. Le sol est un peu frais mais ce n'est pas grave. Il a toujours eu le corps chaud, peu importe les circonstances. Mais à cet instant, ce sont les quelques secondes de calme qu'il savoure. La nuit avait été longue. Très longue. Il pense encore aux deux vilains anges qu'il ne pardonnera pas. Tranquille. Il aura le temps de s'en occuper plus tard. C'est même mieux. Plus ils seront surpris, plus il se sentira bien le moment venu.

Quand il se redresse, assis, il jette un bref regard à sa future voisine avant de se relever. Enfin, voisine, façon de parler. Peu importe l'endroit. Dès le moment où ses pieds s'y posent, il fait comme chez lui. Et comme chez lui n'est nul part, alors tout est chez lui d'un certain point de vue. Au moins, il ne sera pas désorienté. Juste un peu dépaysé. Passer un peu plus de temps dans ce quartier qu'il fréquente peu. Il ne va pas s'y faire de sitôt. Ah tiens, on lui reparle. Vielle folle ? Non, pas tout à fait. Folle suffit. Mais par pitié, stop ! Donner toutes ces indications comme ça sans crier gare. Il doit déjà passer récupérer ses affaires. Bien qu'il n'y en ait qu'un petit sac, au mieux. Elle recommence à rire. Pourquoi ? Nervosité ? Peut-être qu'elle se rend compte de ce qu'elle a dit maintenant. Après tout, ça ne change rien. Elle l'a dit elle-même. Folle.

La voilà qui part. Encore heureux ! Ses vingt minutes sont sûrement expirées depuis un moment. Le jeune homme ne lui adresse aucun signe particulier. Son regard croise le sien quand elle ferme la porte et laisse échapper un soupir. Par contre... elle connaît son nom. Et surtout ne se gêne pas. Bon sang, qu'elle ne l'ébruite pas. Bien que dans son travail "Kagari" est censé être un inconnu. Si jamais le rapprochement entre Hound et Kagari est fait, aille. L'état de propreté de son appartement serait le dernier de ses soucies. Nul besoin de s'en faire, elle a l'air aussi insouciante qu'il ne l'est. Tant pis. Ça ne changera pas vraiment grand-chose.

Il a fallu qu'il se concentre énormément pour se souvenir de la clé posée dans la pièce. Non, c'est une blague. Il s'en est simplement souvenu par hasard en l'apercevant. Kagari peut marcher à peu près correctement on va dire. Il faut bien qu'il parte. Le voilà à nouveau face à cet hôpital. Il le regarde sérieusement comme s'il l'intriguait plus qu'auparavant. Le pauvre n'a pourtant pas changé d'un pouce.<<J'te jure. J'suis vraiment trop naïf.>>

Arrivé ! Non, pas à son nouvel appartement. Plutôt la chambre d'hôtel. Enfin... l'entrée de l'hôtel pour être le plus exact possible. Son sac l'attendait en bas. Le gérant n'a pas chaumé pour libérer sa chambre impayée. D'habitude Kagari aurait peut-être joué de sa "persuasion" pour rester un ou deux jours de plus. Mais à quoi bon dans ce cas. Il a failli oublier qu'il n'est pas forcé de le faire. Il part donc avec son sac, comme une fleur. Sortant de l'hôtel avec un bref signe de main <<J'oublierai pas. Un jour j'vous rembourserai.>>

Quel vilain menteur. Demain il aura déjà oublié. Mais ce qui est inquiétant, c'est que ça fait deux fois qu'il n'agit pas comme d'habitude. Qu'est-ce qui lui prend d'être aussi "amical" aujourd'hui ? La poisse. C'est la faute de cette femme, c'est sûr. Quoi que, s'inquiéter de cela est un peu inutile pour l'instant. Merde. Elle lui a dit quoi déjà. C'est quasiment certain qu'elle a dit ne pas être loin de son hôpital. Mais, euh, gauche droite droite gauche ? Non c'est pas ça. Zut alors. L'idée de pouvoir se doucher et ensuite essayer de rattraper son pantalon à moitié mort était sympa. Mais ce n'est pas prêt d'arriver on dirait.

Pas question de retourner attendre à l'hôpital. Il a une clé. La clé de chez lui. C'est complètement idiot de ne pas y aller... Et puis Morgan est sûrement du genre à sauter de joie si elle le voit à l'hôpital. Elle va penser qu'il vient la chercher. Tch, naïve. Le klaxon de quelque chose vient le ramener à la réalité. Celui d'un taxi. C'est vrai, il est planté au bord de la route. Mais à quoi bon. Son portable a été brisé dans sa chute après l'embuscade et son argent lui... épuisé. <<Pas besoin, pouvez y aller. J'ai largement l'temps.>> Le chauffeur ne se fait pas prier. Cinq secondes plus tard quelqu'un entre à l'arrière et il part en trombe. Bon, maintenant il faut penser à chercher la serrure adéquate. Par chance sa batterie de mp3 est rechargée. Le jeune homme enfile avec hâte son collier puis ses oreillettes. En revanche, Kita, qu'est-ce que c'est grand... J'espère qu'elle a un double des clés. Sinon, il va falloir poireauter un bon moment.



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