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 The beautiful people [PV Shizuo]

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The White Reaper
[Faucheuse]


MessageSujet: The beautiful people [PV Shizuo]   07.10.13 0:42


Il y avait des soirs comme ça, où En-Zakel avait juste envie de faire absolument n’importe quoi. Pas n’importe quoi avec ses pouvoirs, non : ça, elle avait appris à ses dépends que c’était une très mauvaise idée. Elle avait envie de faire n’importe quoi avec son corps, avec son esprit, à se laisser totalement aller à ses instincts et ses désirs, peu importe lesquels ; elle pouvait tout aussi bien vouloir piquer une tête dans la mare la plus proche que de marcher pendant des heures durant jusqu’à ce que le soleil se lève.
Ce soir cependant, c’est une toute autre chose que la dame en blanc avait en tête. Une chose qui l’avait conduite à sortir, habillée, tout en blanc comme toujours, d’une robe simple sans manche et courte, les épaules tout juste couverte d’une veste toute bête. Laissant Belaam à ses occupations, elle s’était dirigée vers les quartiers animés de la ville, passant d’une rue à l’autre jusqu’à jeter son dévolu sur un bar un peu choisi au hasard dans l’avenue où elle avait fini par atterrir. Ni la musique ni l’ambiance ne l’intéressaient vraiment, et la fréquentation du lieu manqua la faire changer d’endroit après une petite heure seulement lorsqu’une occasion se présenta à elle. Une occasion fort sympathique à dire vrai. L’homme était tout à fait charmant, habillé d’un noir contrastant avec son blanc, beau parleur, et la Faucheuse trouvait sa conversation très agréable. Elle lui répondait avec un cynisme qu’il lui renvoyait bien volontiers, ce qui lui fit un bien fou ; et puis, surtout, certains traits de son visage et de son caractère lui rappelaient un peu Rampa, ce qui acheva de la convaincre. Elle n’eut pas à boire plus que de raison ni d’ingurgiter quelque obscure substance pour accepter son invitation à le suivre, accord qui se scella d’un baiser sans amour mais plein de promesses de la part des deux personnages.
Les minutes précédant leur arrivée chez lui se passèrent en flirt léger au départ, puis de plus en plus audacieux de minute en minute, se transformant en un jeu qui les faisait beaucoup rire en même temps qu’il leur donnait envie de passer à la suite.
Et ce fut donc en riant qu’En-Zakel passa la porte de chez lui, porte qui se referma bien vite. Elle se tourna vers lui.

- Vous êtes un charmeur, monsieur Flanagan.

S’approchant de lui, elle attrapa sa cravate et l’attira plus près, l’embrassant avidement avant de s’écarter en mordillant sa lèvre.

- And I could use a charming man right now ...

Elle l’embrassa de nouveau, glissant les doigts dans ses cheveux et sur sa hanche. Elle sentait brûler en elle un feu qu’elle n’avait pas eu l’occasion de satisfaire depuis quelques années maintenant, et elle ne comptait pas attendre un jour de plus pour le faire. Les besoins de la jeune femme étaient bien là, alors pourquoi les étouffer constamment ? Elle n’avait qu’une hâte, que l’homme contre lequel elle était collée la déshabille, qu’il découvre la lingerie fine sous la robe courte, et surtout qu’il la lui enlève. Qu’il parcourt chaque pouce de peau qu’elle aurait à offrir, qu’il la satisfasse comme elle saurait le satisfaire, et qu’il recommence encore et encore jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus.
Elle laissa échapper un léger soupir lorsqu’elle sentit une main courir le long de son dos pour se poser sur ses fesses, regrettant qu’elle ne s’aventure pas plus bas encore. Elle allait devoir être un peu plus patiente, mais lorsqu’elle remarqua qu’il la faisait reculer vers une autre pièce qu’elle devina, sans trop de peine, être la chambre, elle se fit la réflexion qu’elle n’aurait peut-être pas à attendre si longtemps que ça. Et tandis qu’elle défaisait sa cravate et les premiers boutons de sa chemise, elle souhaita seulement qu’il soit à la hauteur de ce qu’elle espérait.


En-Zakel rouvrit vaguement les yeux quelques heures plus tard. Tout était silencieux désormais, ce qui contrastait violemment avec les bruits qui avaient empli la pièce quelques temps plus tôt. La jeune femme repéra du coin de son œil blanc un réveil quelque part sur une table qui indiquait « 3 : 57 ». Elle soupira doucement, se sentant apaisée. Non, pas apaisée ; « rassasiée » était le mot qui convenait le mieux.
Flanagan avait été à la hauteur de ses espérances et plus encore, et elle en avait redemandé avec plaisir. Elle sentait encore les liens à ses poignets, et un léger sourire satisfait se peignit sur son visage lorsqu’elle se dit que l’homme avait sûrement les mêmes qu’elle.
Tournant légèrement la tête, elle détailla le torse dénudé à ses côtés, suivant du regard les longues estafilades rouges qu’elle lui avait laissé, écho de celles qu’il avait maintenant dans le dos et la grande trace de morsure sur son épaule.
Oui, il avait vraiment été bon.
La Faucheuse laissa ses yeux remonter le long du bras au creux duquel était appuyée sa tête, jusqu’à ce qu’ils arrivent à la main posée sur son sein. Elle sourit davantage.

Comme c’est mignon, pensa-t-elle.

Elle hésita un instant à presser cette main jusqu’à ce que Flanagan se réveille et que tout recommence encore, puis se dit qu’elle en avait eu assez pour la nuit.
Déplaçant la main – attachée à un poignet qui était, comme elle le pensait, cerné d’une fine marque écarlate – elle se redressa et se glissa hors du lit, ne faisant pas un bruit, ses pas étouffés par les tapis sur son chemin. Attrapant un drap dans l’armoire, elle l’enroula autour de son corps et s’en alla à la recherche de quelque chose dont elle avait réellement besoin ici et maintenant.
La salle de bain.

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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   07.10.13 22:57


Le noir ressemblait au vide. Le noir était inconfortable, insécurisant et pénétrant. Le carrelage froid, dans son dos, l'inconfortait tout autant. Il grelottait depuis des heures : le froid d'abord, la drogue ensuite. Plus ses muscles se tétanisaient plus il la douleur lancinante de ses poignets irradiait tout son être jusqu'à insinuer son esprit. Recroquevillé contre le mur qui le congelait, trempé de sueur, Shizuo claquait des dents. Ca faisait des heures que les derniers lambeaux de sa personnalité haute en couleur s'étaient arrachés pour dévoiler l'écorché derrière. L'autre Shizuo, le  naïf qui prenait des coups et qui en redemandait pour atteindre son but.

Shizuo ne connaissait pas  toutes les lois que l'Homme avaient construits pour comprendre l'univers, il en connaissait une, cependant : « si quelque chose peut se passer mal, alors il n'en sera pas autrement ». Certains l'appelait la loi de Murphy, d'autres encore l'appelait corrélation illusoire, Shizuo, lui, avait appelé ça : sa vie. Alors quand son téléphone portable avait sonné à 14h l'après-midi, il n'avait pas eu besoin de voir le nom de son propriétaire s'inscrire pour savoir que ça se passerait mal. On était Mardi. C'était LE jour de Flanagan. Le jour où Shizuo ne devait rien faire à part attendre un éventuel appel de la part du démon. Des fois le coup de fil redouté arrivait, d'autre fois non. Shizuo perdait souvent ses journées à attendre, regardant la télé et toutes les sitcoms stupides qui y passaient encore. Flanagan n'avait pas besoin de lui toute les semaines, des fois il trouvait des compagnes de jeu, aussi malades que lui. Des fois, il trouvait des compagnes de jeu qui voulaient quand même Shizuo. Alors, le téléphone sonnait. Shizuo se préparait, un grand manteau pour cacher la disgrace et allait docilement jusqu'à chez son maître, tête baissée, sourire aimable. Sourire distant aussi, drogué et shooté à ce qu'il avait de plus efficace dans sa caverne à l'oubli. Aujourd'hui, le téléphone avait sonné, impitoyable. Trois sonneries, Shizuo avait alors décroché. La voix sirupeuse de Flanagan était venu encoller ses oreilles.

« - Je sors ce soir mais tu viens maintenant, gueule d'ange. »

Il n'avait pas attendu que Shizuo dise oui ou n'argue quoique ce soit. Il savait que ça n'était pas la peine, Shizuo était trop lâche, trop habitué. Il s'était habillé, préparé. Il connaissait la moindre de ses manies, ses petites lubies et ses petits penchants. Il avait refermé son grand manteau à plume et était sortie, longeant les rues sous les sifflets de certains badauds. Il avait frappé à la porte et avait entendu le premier ordre de la longue série qui l'avait mené à cette saloperie de salle de bain.

« - Vire ton manteau, que je vois si t'es convenable. »

Il espérait que personne ne soit dans les rues et retira son manteau, tournant sur lui-même. Tout s'était alors enchaîné à une vitesse hallucinante. Une main à la gorge, la sensation de tomber, la douleur et un rire. Mauvais. Très mauvais. Shizuo était sur le sol et essayait de reprendre ses esprits. Flanagan l'avait attrapé par les cheveux, Shizuo avait attrapé le bras de Flanagan pour rendre ça moins douloureux. Il l'avait trainé sur les 4 m qui les séparait de la salle de bain, puis l'avait plaqué contre le mur glacé, s'était penché et avait forcé la barrière de ses lèvres, insinuant sa langue dans sa bouche. Shizuo s'était presque défendu cette fois... Presque. Il avait voulu détourné la tête. La sentence fut immédiate et brutale. Il n'arrivait plus à respirer, regardait Flanagan d'un air désolé essayant de le dire sans parvenir à produire autre chose qu'un gargouillis ridicule.

« -Tu es à moi. Combien de fois va-t-il falloir que nous en passions par-là, toi et moi ? Hmm ? J'ai envie de t'embrasser, je t'embrasse et tu fermes ta gueule et tu dis merci. C'est clair. »

Shizuo avait hoche la tête frénétiquement, ravalant les larmes et regardant les étincelles dû à l'asphyxie qui apparaissaient devant ses yeux. Il avait dû perdre conscience quelques secondes ou minutes, il ne savait pas. Il avait mal aux mains en se réveillant et finalement avait entendu le bruissement métallique qu'il connaissait par cœur. Des menottes. Flanagan joue avec son bas ventre, toujours aussi amusé de le voir si bandant alors qu'il était mort de peur. Il avait sourit en bon petit objet et avait dit « merci ». Flanagan avait passé la main dans ses cheveux, probablement pour essuyer la semence laiteuse qui tachait le pantalon du jeune homme. Il regardait Shizuo avec un sourire satisfait. Shizuo ravalait l'énième humiliation, elle fait toujours aussi mal. Tant mieux... Il ne s'habitue pas et c'est tout ce qui compte : ne pas s'habituer à toute cette merde. Flanagan reprit la parole.

« -Tu restes,là. Bien sage, comme le bon piaf que t'es. Si t'as de la chance, j'rentrerais seul ce soir et t'auras le droit à ta part. »

Shizuo sourit, le cœur n'y est pas alors avant que les coups pleuvent...

« -J'attendrais, je suis impatient que tu rentres... »

Il n'en croit pas un mot, Flanagan non plus mais l'enjeu n'est pas là. L'enjeu n'est plus là depuis des lustres. Alors la lumière s'était éteinte et un autre genre de cauchemar avait commencé. Au début, la peur qu'il revienne puis il s'était habitué au noir. Avec un peu de chance, Flanagan rentrerait avec quelqu'un. Putain, faites qu'il rentre avec quelqu'un. Alors finalement, la situation n'était pas si mauvaise... Il était menotté au lavabo de la salle de bain mais au moins rien ne se passait. C'était calme...

Le calme avait duré exactement 2378 gouttes d'eau. Le ballon d'eau chaude, peut-être, la douche, le lavabo.... Quelque chose gouttait. Au moins ça lui permettait de mesurer le temps, si tant est qu'il soit necessaire de le mesurer. Les tremblements avaient commencés à se faire incontrolables, le froid n'avait pas aidé mais le manque de drogue provoquait des ravages dans le corps de Shizuo. Ses mains, toutes aussi tremblantes que le reste provoquait des lacérations dû aux menottes qui attisait comme de l'huile, la panique qui naissait dans la tête du japonais. La sueur avait suivi, poisseuse et maladive puis les voix... les insultes et les menaces, elles paraissaient tellement réelles, tellement présente. Shizuo tirait sur ses menottes comme il pouvait, le lavabo ne céderait pas. Le lavabo avait vu bien pire. Puis les hurlements de plaisir s'étaient fait entendre, terminant de terrifier Shizuo qui s'était décidé à se rouler en boule, se mordant la lèvre pour ne pas pleurer. Il ne lui ferait pas se plaisir là... Jamais. Pas alors qu'il ne subissait aucun supplice. La torture avait durée plus de 3h... Trois heures durant lesquelles il avait angoissé de voir cette porte s'ouvrir. Trois heures durant lesquelles il avait craint de rencontrer cette femme qui hurlait de plaisir.

Le silence avait suivi. Un silence religieux qui avait laissé Shizuo vide, totalement éveillé. En manque, tremblant et terrifié, il n'avait pas pensé une seconde à dormir, il en était incapable. Il avait entendu du mouvement, s'était tendu puis lorsque la porte avait commencé à s'ouvrir. Il avait serré les dents, baissé la tête et n'avait pas arrêté de trembler. Il n'avait pas regarder la jeune femme, mais il voyait les fines marques de cordes autour de ses chevilles. Il ne dit rien, se faisait aussi petit qu'un souris ou une bouteille de Shampooing. Il voulait qu'on l'oublie. Ce n'était pas Flanagan... Alors qu'on l'oublie. Il voulait dormir. Il voulait juste dormir... Il n'avait pas grand espoir pourtant...
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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   12.10.13 19:10


En-Zakel entendit le jeune homme avant de le voir. Elle n’avait pas eu longtemps à chercher avant de trouver la salle de bain, et ce fut au moment où elle avait glissé sa main le long du mur pour chercher l’interrupteur que les cliquetis et la respiration rapide parvinrent à ses oreilles. Fronçant les sourcils, la jeune femme s’était instinctivement tendue et préparée à quelque chose de dangereux.
Aussi, ce fut avec une certaine surprise qu’elle remarqua que ce qui faisait ce bruit, c’était un garçon aux cheveux blonds comme les blés qui grelottait contre le mur froid, menotté au tuyau du lavabo. Elle pencha légèrement la tête sur le côté.

- Mais qu’est-ce que tu fais là .. ?

Ce furent les seuls mots qui lui virent à l’esprit. Elle n’avait aucune idée de qui pouvait être cet asiatique tremblotant, ainsi tenu captif dans cette pièce couverte de carrelage glacé. Une jolie et grande pièce, soit dit en passant, mais cela ne changeait rien à l’inconfort et à l’étrangeté de la situation face à laquelle elle était confrontée désormais.
Que pouvait-elle bien faire maintenant ? Le laisser là et aller voir plus loin si, d’aventure, une autre salle de bain était disponible, sans prisonnier cette fois ? Et d’ailleurs, il faisait un bien étrange prisonnier : si elle avait été dans son cas, elle aurait tout fait pour faire glisser sa main hors du bracelet métallique, utilisant tout ce qui aurait pu passer à sa portée pour s’en sortir. Là, il donnait juste l’impression d’attendre en étant parcouru de soubresauts plus ou moins violents, la tête rentrée dans les épaules.
La Faucheuse se demanda qui il était ; elle se demanda également pourquoi son coup d’un soir avait un fort charmant blondin accroché aux canalisations de sa salle de bain. Quelque part, elle se dit que ça ne la regardait pas, et qu’elle avait si peu de chances de recroiser Flanagan que cela n’aurait pas grand impact dans sa vie si elle devait le laisser là – peut-être se demanderait-elle de temps en temps ce qu’il devenait, mais ça serait tout.
Une autre partie d’elle, cependant, était tout à fait dérangée par ce qu’elle venait de trouver. Elle n’avait aucune idée de qui il était, ni quel était son nom, ni quoi que ce soit d’autre. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’il était retenu ici, sans aucun doute par l’homme qui s’était occupée d’elle durant les heures passées, et elle n’aimait pas ça.
Confrontée au choix de ce qu’elle avait à faire, ce fut finalement sa part pragmatique qui fit pencher la balance. S’approchant du jeune homme, elle mit un genou à terre face à lui.

- Dans tous les cas, j’ai besoin de cette salle de bain, garçon. Tu me vois dans l’obligation de te mettre dehors.

Elle lui sourit un peu, profitant du fait d’avoir ses lentilles de contact pour pouvoir le regarder sans risquer l’effrayer avec ses yeux complètement blancs. Il avait l’air apeuré, mais pas que. Une drôle d’aura flottait autour de lui, quelque chose de poisseux et de salis, presque palpable tant c’était visible si on prenait la peine de l’observer un peu mieux ; et quelque chose chez lui éveillait les sens de la jeune femme. Quelque chose qu’elle connaissait bien, mais elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus, comme si les informations lui parvenaient brouillées.
Décidant de ne pas s’en occuper pour le moment, elle se focalisa sur la façon dont elle allait sortir le blondin de là. Levant la tête, elle aperçu, posées en équilibre sur le rebord du lavabo, les clés qui ouvraient vraisemblablement les menottes qui le maintenaient en place.
En-Zakel fronça les sourcils. La liberté du garçon avait été là tout ce temps et il ne l’avait même pas effleurée du doigt.

- Pourquoi ...

Elle finit par soupirer en secouant la tête.

- Tu sais quoi, ça n’a pas d’importance.

Attrapant les clés, elle défit les liens du jeune homme et l’aida à se remettre debout. Le voyant frigorifié, elle attrapa une serviette de bain et lui en enveloppa les épaules. Elle lui tapota gentiment le bras.

- Allez, dehors maintenant. Cette douche crie mon nom, et tu n’es pas invité à la suite.

Elle lui adressa un clin d’œil malicieux et le fit sortir de la pièce, fermant la porte derrière elle. Tout en se débarrassant du drap qui lui tenait lieu de vêtement et en ôtant ses lentilles noires, elle se fit la réflexion que cet étrange malaise qui l’avait saisie à proximité du blondin ne s’était pas estompé. Et puisqu’elle n’avait plus que ça  à faire, elle se mit à réfléchir. Pendant qu’elle réglait la température de l’eau – sur quelque chose qui n’était pas loin d’être bouillant – elle dressa mentalement la liste de tout ce à quoi l’empreinte du jeune homme lui faisait penser. Se savonnant sans manquer le moindre centimètre carré de sa peau, elle laissait son cerveau tourner en espérant que la solution lui vienne ; la phrase « J’ai déjà vu ça quelque part » tournait en boucle dans sa tête, la frustrant d’instant en instant. Oui, elle avait déjà vu ça quelque part. Mais où ? Et pourquoi ce drôle de tiraillement au creux de son ventre la faisait-elle se sentir si tendue ?
La réponse la frappa alors qu’elle était en train de se rincer, tête levée vers le pommeau de douche, l’eau chaude dégoulinant sur son visage et son corps, entraînant avec elle les derniers restes de savon et de shampooing. Ses poings se serrèrent et sa respiration, quoique toujours calme, se fit plus profonde, témoin de l’ire grondante qui enflait dans son cœur.
Tranquillement, En-Zakel coupa l’eau, se sécha, s’enveloppa rapidement dans une serviette propre qu’elle noua autour de son corps, essora proprement ses cheveux, puis sortit de la salle de bain. Elle n’avait pas pris la peine de remettre ses lentilles, trop en colère, trop désireuse de se laisser aller à ses pulsions de mort, elle qui était née pour la répandre et en récolter les fruits. Ses yeux blancs, brillants de ressentiments, étaient fixés droit devant elle, au bout du chemin qu’elle arpentait dans ce grand appartement pour l’instant silencieux.
Elle suivait la trace du jeune blond, les épaules droites et la tête légèrement baissée.

Alors comme ça, on est un ange ? Eh bien, plus pour très longtemps, mon petit. Plus pour très longtemps.

La jeune femme finit enfin par le retrouver. Toute trace d’un semblant de compassion ou de sympathie s’était envolée pour faire place à une rage sourde, implacable et terrible. Elle attrapa le garçon par le col et le fixa de ses yeux blancs.

- Alors petit, comme ça on est un emplumé ?

Elle le balança au sol sans ménagement, puis s’approcha de lui et le toisa de toute sa hauteur et avec tout le mépris du monde.

- Je ne sais pas si ça t’a fait mal quand tu es tombé de là-haut, mais je peux t’assurer que tu vas avoir mal maintenant.

S’asseyant sur lui pour l’empêcher de bouger, elle lui immobilisa les bras d’une main, tendant l’autre vers sa gorge offerte. L’univers autour d’elle n’existait plus. Elle ne voyait plus rien, n’entendait plus rien. Seule comptait la vengeance qu’elle comptait perpétrer en tuant l’un de ces êtres qu’elle haïssait tant.

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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   14.10.13 12:20


- Mais qu’est-ce que tu fais là .. ?

Shizuo ne redressa pas la tête, ne bougea pas plus. Il tremblait toujours, le manque de plus en plus présent. Comme une moissonneuse lui labourant la tête et le ventre, le manque se faisait un chemin dans les moindres fibres de son anatomie. Il nota une chose cependant : Flanagan n’avait pas parlé de lui… Flanagan n’avait pas parlé de son jouet fétiche et c’était plutôt bon signe non ? Shizuo ne se demanda pas une seule seconde qui était cette femme. Il en avait vu passé un nombre incalculable dans le lit de Flanagan, toujours les mêmes petits jeux malsains, toujours les mêmes cris de plaisir qui lui glaçait le sang. La jeune femme n’était qu’une parmi tant d’autre… Shizuo l’enviait. Quand elle l’aurait décidé, elle sortirait de cet appartement et aurait le choix de revoir Flanagan ou pas. Il trouvait la situation particulièrement injuste mais n’en dit rien, comme d’habitude. Il se contenta de grelotter, la terreur et le manque le rendant paranoïaque. Si elle est là , elle lui fera mal, c’était une pure question de temps. Le temps qu’elle comprenne ce qu’il foutait accroché à ce putain de lavabo. Le temps qu’elle comprenne qu’il était moins qu’un homme. Un défouloir. Shizuo ferma les yeux avec force secouant la tête pour chasser les images, retenant comme il pouvait un gémissement. Il se recroquevilla d’autant plus sur lui lorsqu’elle s’approcha et se mit à sa hauteur. La proximité de la jeune femme l’inquiétait, il s’était plaqué contre le mur, tentant de prendre encore moins de place qu’il n’en prenait déjà.

- Dans tous les cas, j’ai besoin de cette salle de bain, garçon. Tu me vois dans l’obligation de te mettre dehors.

Il écarquilla les yeux et releva la tête vers elle, la détaillant, réalisant le physique étrange de son interlocutrice. Elle allait le détacher… C’était un soulagement tout autant qu’une angoisse. Il était soulagé de voir son calvaire s’arrêter, ravi de pouvoir se mettre debout et marcher un peu. De pouvoir evoluer dans sa cage…. Malgré tout… Ca n’était pas Flanagan qui avait décidé de le laisser sortir de la salle de bain et ça l’inquiétait profondément. Si jamais son maître se levait et décidait que c’était de sa faute si la jeune femme l’avait libéré… Un gémissement lui échappa à cette pensée. Il secoua la tête pour dire que ce n’était pas la peine quand il entendit la jeune femme se remettre à parler.

- Pourquoi ...

Pourquoi quoi ? Shizuo leva les yeux et vit pendouiller les clés. Un tremblement ressemblant plus à un sanglot contenu qu’autre chose le parcouru l’espace d’un instant. Il secoua la tête. Elles avaient été là. Tout ce temps, juste au dessus de sa tête. Il n’avait qu’à tendre la main. Juste ça. Il était lucide pourtant, il ne l’aurait pas fait. Il savait ce qu’impliquait la désobéissance et Flanagan n’avait pas oublié son mouvement de refus de l’après midi. Il ne laisserait pas passer ça… Non. Il ne l’aurait pas laissé passé.

- Tu sais quoi, ça n’a pas d’importance.

Ca avait toute son importance, au contraire. Ca montrait le vice dont était capable Flanagan. Shizuo n’avait pas d’autre choix que de rester ici, dans le noir. Ils le savaient tout les deux. Laisser ses clés ici c’était rappeler à Shizuo que la simple évocation d’un potentiel écart pouvait lui couter cher et par voie de conséquence que Flanagan était donc le maître et lui devait se contenter de se taire et de subir en souriant. Il sentit l’emprise des mâchoires d’acier disparaitre et soupira de soulagement, ramena ses bras contre lui et pressa ses poignets comme si ça allait atténuer la douleur. Les mains de la jeune femme, plus forte qu’il ne se l’était imaginé, le mirent debout et l’enrouler dans une serviette. Le contact chaud et duveteux de la serviette apaisa un peu ses mouvements incontrôlables.

- Allez, dehors maintenant. Cette douche crie mon nom, et tu n’es pas invité à la suite.

Shizuo se retrouva donc à la porte, dans le noir une nouvelle fois. Il entendait la respiration de Flanagan, lente et paisible, dans la chambre d’à coté. Il déglutit, se disant qu’un oreiller sur la tête était si vite arrivé et effaça cette idée de son esprit. Il était hors de question qu’il devienne un meurtrier, qu’importe qu’il s’agisse de Flanagan ou de n’importe qui d’autre. Shizuo était beaucoup de chose et avait son lot de défaut mais ça n’était pas un tueur. Il était incapable de faire une telle chose. Il s’éloigna donc, le simple fait d’entre la respiration de Flanagan lui donnait des bouffées d’angoisses et il sentait son cœur s’affoler encore plus. Il se dirigea silencieusement jusqu’à la cuisine et se laissa glisser le long d’un meuble, tête entre les mains. Il resta là à essayer de se calmer, sortant une cigarette et l’allumant, soufflant sa fumée par la bouche d’aération qui se trouvait juste au dessus de lui. Oui, il connaissait parfaitement cette place… Il y venait quand Flanagan lui laissait un peu de liberté et qu’il dormait. Ca lui permettait de reprendre le contrôle sur son esprit. De calmer ses angoisses. Il ne comprit pas tout de suite ce qu’il  se passa. Il se sentit soulever par le col sans vraiment comprendre, étouffant un hoquet de surprise. Il ne fallait pas reveiller Flanagan. Il ne fallait absolument pas le reveiller. Il craignait plus son maître que la femme, désormais terrifiante qui se tenait devant lui.

- Alors petit, comme ça on est un emplumé ?

Shizuo écarquilla les yeux. Comment ça un emplumé, comment diable savait-elle qu’il avait des ailes ? Il s’écrasa au sol en gémissant très légèrement. Il ne comprenait pas vraiment mais savait qu’il avait été créé pour ça : pour subir. Elle l’avait peut-être confondue, comme tout les gens qui achetaient les services du jeune homme, avec un ange. Il se détendit subitement. Il comprenait maintenant, c’était une cliente, plus ou moins.

- Je ne sais pas si ça t’a fait mal quand tu es tombé de là-haut, mais je peux t’assurer que tu vas avoir mal maintenant.

Shizuo posa son regard sur elle, un regard différent. Presque paisible. Il n’avait plus peur. Plus vraiment. C’était autre chose. Il connaissait la situation, il l’avait vécu des centaines de fois. Quelque part, avec un peu de chance, celle-ci serait définitive. Il  articula tranquillement.

-Pas le visage. S’il vous plait. Il ne va pas être content…

Il sourit gentiment quasiment. Il avait fait ça quasiment toute sa vie, c’était un role qu’il connaissait par cœur.

-Je ne sais pas ce que les anges vous ont fait. Mais j’espère pouvoir vous soulager un peu.

Comme il le faisait habituellement, il laissa sortir ses ailes, il grimaça un peu. Dans la position où il était, ses ailes lui faisaient mal. Très mal même. Il aurait pu profiter de l’impulsion de ses ailes pour écarter la jeune femme mais il ne bougea pas d’un centimètre. L’angoisse sourde était là. Il serra les dents et attendit…
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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   14.10.13 22:58


Le caractère d’En-Zakel avait cela de particulier qu’il était incroyablement humain. La plupart des Faucheuses étaient fidèles au cliché que l’on pouvait s’en faire : silencieuses, taciturnes, sérieuses et froides comme les pierres des tombeaux où elles allaient faire leur récolte d’âmes. La jeune femme toute de blanc faite, elle, n’était pas comme ses sœurs et ses rares frères. Elle ressentait tout, vivait tout avec passion et éprouvait tout le spectre des émotions, qu’elles soient pures ou qu’elles se mélangent. L’amertume, l’amour, la joie, la tristesse, la rancune : elle était capable de passer de l’un à l’autre de ces états d’esprit et de faire les frais de la violence incroyable de son esprit, qui lui faisait sentir tous ces sentiments dans leur forme la plus pure, la plus implacable.
Aussi, rien d’étonnant dans ce cas à constater que la haine et la rage qui grondaient en son sein prennent de l’ampleur de seconde en seconde, attisées par la présence du jeune homme qu’elle maintenait plaqué au sol, pesant sur son ventre pour l’empêcher de se lever. Il était la cible de tout ce que la Faucheuse éprouvait vis-à-vis des anges : une animosité sans pareille et un désir de mort d’une rare puissance. Elle considérait toute la race des cieux comme étant des êtres à abattre, tolérant tout juste ceux qui avaient souillé leurs ailes, seulement parce qu’ils auraient pu être des démons si l’Enfer n’avait pas été scellé par leurs frères si purs.
Le simple fait de se rappeler que les mondes inférieurs étaient inaccessibles, gardant captifs leurs habitants parmi lesquels se trouvaient l’homme qu’elle cherchait à retrouver, fit battre son cœur à la cadence des tambours de guerre qui avaient rythmé les effroyables batailles entre les enfants de Dieu et les légions de Lucifer, il y avait bien longtemps. Une cadence rapide, implacable, et gorgée de promesses plus sanglantes les unes que les autres.
La jeune femme avait envie de le tuer sur-le-champ. Là, maintenant, dans cette grande cuisine silencieuse, dans cet appartement où l’on n’entendait aucun son ; elle voulait lui enfoncer une main dans le torse et lui arracher le cœur, et le regarder mourir.
La façon dont il la regardait l’énervait davantage encore. Ce regard calme, presque paisible, lui apparu comme un affront incroyable. Tout comme le ton qu’il employa pour s’adresser à elle.

-Pas le visage. S’il vous plait. Il ne va pas être content…

La jeune femme montra les dents en un rictus de haine pure. Comment osait-il seulement s’adresser à elle ? Comment osait-il lui parler avec autant de flegme ? Et surtout, comment pouvait-il penser qu’elle se préoccupait un seul instant de ce que pouvait penser Flanagan quant à ce qu’elle s’apprêtait à faire.
Elle siffla entre ses dents serrées.

- Je m’en contrefous de ce qu’il pense.

Elle avait déjà enroulé ses doigts autour de sa gorge, et s’exhortait au calme pour ne pas lui lacérer la carotide.

Patience, se dit-elle, patience. Il ne faudrait pas qu’il meure trop vite, ce serait dommage.

Elle tiqua en voyant son sourire, ce sourire presque gentil, aimable même.

-Je ne sais pas ce que les anges vous ont fait. Mais j’espère pouvoir vous soulager un peu.

Ce fut alors qu’il déploya ses ailes, étendue de part et d’autre autour de lui qu’elle maintenait au sol. Ces plumes blanches, aussi blanches que ses cheveux ou ses yeux, éveillèrent chez la Faucheuse de vieux souvenirs qu’elle avait cru perdus. Elle voyait d’autres plumes, tout aussi blanches, chuter lentement du ciel, tourbillonnant gracieusement avant de se poser dans la boue et le sang, autour des cadavres, autour des victimes des anges, et autour d’elle. Elle l’avait vu trop de fois, ce ciel d’où tombaient des plumes comme de sinistres flocons de neiges, tout aussi légers, tout aussi immaculés, mais annonciateurs d’une descente mortelle de ces créatures du Seigneur. L’image de ses sœurs éventrées s’imposa à elle.

- Ce que les anges m’ont fait ... lâcha-t-elle dans un quasi murmure, en contraste absolu avec son état d’esprit.

Inconsciemment, ses doigts se resserrèrent autour de la gorge du jeune homme. Elle regretta de n’en avoir pas d’autre, car la seule qu’il lui restait était occupée à lui maintenir les poignets en place. Elle aurait donné beaucoup pour pouvoir enfoncer ses ongles entre les délicats ligaments avant de les trancher, de briser les os creux un à un et de le déplumer lentement. Elle aurait volontiers fait durer son calvaire toute la nuit et plus longtemps encore.
Elle le redressa sans ménagement, le tenant par la gorge, ramenant ses poignets devant lui.

- Oh petit, si seulement tu savais.

Depuis le temps qu’elle n’avait pas fauché, En-Zakel se sentait presque rouillée. Oh bien sûr, elle avait rempli son office en collectant quelques âmes errantes de temps à autres, mais elle n’avait plus sciemment tué depuis quelques mois maintenant.
Et dieu que ça la démangeait.
Tout dans le blondin devant elle l’horripilait au plus haut point, et elle ne pouvait attendre de lui arracher ses jolis yeux bleus, ses cordes vocales, ses ailes, sa lumière, sa ...
La dame en blanc s’arrêta tout à coup, sans pour autant relâcher son étreinte.

Quelque chose cloche ... pensa-t-elle, permettant à ses penser de se frayer un chemin entre les bouffées de colère occultant sa raison.

Ses yeux blancs détaillèrent sa proie avec attention, fixant des choses qu’elle seule pouvait voir, et ce qu’elle découvrit la laissa perplexe et d’autant plus énervée.

- Quelque chose cloche ... dit-elle à voix haute.

Elle approcha son visage tout près du garçon, comme si cela allait l’aider à comprendre ce qui n’allait pas.
Et finalement, elle su.

- Il te manque ta Grâce. Pourquoi est-ce qu’il te manque ta Grâce ?

Un ange sans Grâce n’était plus un ange : c’était une pauvre créature condamnée à errer jusqu’à ce que la mort daigne enfin le cueillir, et l’envoyer dans les abîmes noires du Néant. Un ange sans Grâce n’était plus un ange, pas même un fantôme aux yeux de ses pairs. Et surtout, un ange sans Grâce n’avait pas des ailes aussi blanches que celles-ci. Alors, pourquoi ce drôle de blondinet puait-il l’ange à plein nez ? Pourquoi avait-il les mêmes ailes qu’eux ? Et où était sa lumière divine puisqu’il leur ressemblait tant ?

- ... Tu n’es pas comme eux ... pas complètement ...

Tout doucement, surpassant la colère petit à petit, l’incrédulité et l’incompréhension s’installèrent dans son cœur, tenant éloignés vaille que vaille les fantômes du passé qui ne voulaient qu’une chose : le voir étendu au sol, égorgé et baignant dans son sang.
Au lieu de cela, la Faucheuse pencha très légèrement la tête sur le côté, plissant les yeux, relâchant à peine la pression qu’elle exerçait sur la gorge du jeune homme.

- Qu’est-ce que tu es ... ?



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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   19.10.13 13:38



-Ce que les anges m'ont fait...

Shizuo commençait à avoir les idées de moins en moins claires, l'air s'était raréfié dans son système et son cerveau commençait déjà à en patir. Il eut un hoquet lorsque la prise se resserra de nouveau. Ses jambes s'agitaient sans qu'il en ai réellement conscience. Il se retrouva plus ou moins debout, maintenu dans cette position par la pression qu'elle exerçait sur ses poignets. De petite taches blanches commençaient à pailleter la vue de Shizuo, son visage le picotait agréablement. L'asphyxie était toute proche, il le savait. Il économisait ses gestes, essayant d'aspirer lentement le peu d'air qui parvenait à pénétrer ses poumons.

-Oh petit, si seulement tu savais. 

Ah, ça... Non, il ne savait pas. La réponse avait amusé Shizuo quelque part. Le manque d'oxygénation aidant, il trouvait cette conclusion absolument grotesque. Non, il ne savait pas. On ne lui avait jamais appris,on ne lui avait jamais permis d'apprendre et le peu qu'il savait consistait principalement à faire hurler de plaisir de gros porcs et autres femmes de pouvoir richissimes. Le reste... Il l'avait appris grâce à la télé et il se demandait si tout ce que disait cette machine était vrai ou non. La seule chose qu'il savait réellement, au final, c'était son piano. Il ne dit rien, malgré tout, bien incapable de parler. Il se contenta de regarder la jeune femme aux yeux vides.

-Quelque chose cloche...

La pression ne diminua pas pour autant. Shizuo se demandait de quoi elle pouvait bien parler. Elle devait bien savoir, qu'il n'était pas vraiment un ange... Flanagan disait qu'il en était proche mais qu'il était tout juste bon à être utiliser. Alors la jeune femme, face à lui devait savoir... Non ?

- Il te manque ta Grâce. Pourquoi est-ce qu’il te manque ta Grâce ?

Visiblement non. Flanagan n'avait pas parlé de lui à la jeune femme, ce qui reléguait sa rencontre fortuite à ce qu'elle était : un manque de chance évident. Shizuo n'articula pas un mot, il n'écoutait plus vraiment. Autre chose captait son attention. Il n'avait l'ouïe surdéveloppée. Il n'avait pas non plus de super pouvoirs mais dans le silence de la nuit, un silence pesant, chaque mouvements faisait un bruit de tout les diables. Alors, il avait entendu le léger raclement de gorge de la chambre de Flanagan. Il avait perçu, de manière diffuse, le bruit des draps puis celui de vêtements qu'on enfile. Shizuo n'écoutait plus la jeune femme. Il avait bien trop peur de ce qui arrivait par cette porte. Ses yeux se posèrent sur ceux de la demoiselle, suppliants, paniqués.

-Remettez moi dans la salle de bain. S'il vous plaît....

Son ton, pressant, laissait percevoir une panique sans nom qui n'était pas dû à une vue de l'esprit. On constatait deux genre de peur : les peurs basées sur l'imagination et la possibilité que quelque chose arrive et les peur basées sur des faits. Ces dernières étaient absolument viscérales, elles marquaient les âmes au plus profond. Shizuo, à cette instant, était absolument paniqué, il ne se débattait pas, ses ailes s'étaient repliées dans son dos et il regardait la jeune femme droit dans les yeux. Il n'avait plus peur d'elle ou, pour être exact, il avait moins peur d'elle que de lui. Shizuo craignait Flanagan plus que la mort elle-même. Il vit l'homme émerger dans l'encadrement de la porte. Sourire au lèvre, vêtu uniquement de son pantalon.

-Et bien, et bien... Je vois qu'on s'amuse sans moi.

Shizuo ne quittait plus Flanagan du regard. L'homme posa ses yeux sur Shizuo, toujours souriant.

-Je te trouve particulièrement désobéissant, aujourd'hui. Ta place, tout de suite.

Shizuo se dégagea de l'emprise de la jeune femme avec une aisance qui le surprit. Il ne lui adressa pas un regard mais devinait déjà sa surprise, raison pour laquelle il avait pu s'échapper de ses mains avec tant de facilité. Il alla jusqu'à Flanagan, ne le regardant pas non plus dans les yeux et s'assit par terre, passant sa main autour de sa jambe, tête baissé. Son maître le giffla avec force, tant et si bien qu'il lui ouvrit la lèvre. Pas un son ne sortit de la bouche de l'asiatique, sentant le sang coulé sur son menton. Flanagan posa finalement la main sur sa tête, la pressant contre sa jambe. Shizuo savait ce qu'il attendait de lui, le jeune homme caressa l'intérieur de sa cuisse des doigts sans que Flanagan ne cille un seul instant. Son maître regardait à présent la jeune femme.

-Je vois que tu as rencontré Shizuo. Un petite chose curieuse, n'est-ce pas ?

Tirant sur les cheveux de Shizuo pour exposer son visage aux yeux de la jeune femme, il le détailla avec une certaine gourmandise. Shizuo gémit très légèrement, son regard fixé sur celui de la jeune femme sans qu'il ne l'ai vraiment voulu. On pouvait y lire bien des choses et parmi la peur, parmi toute ses émotions, on pouvait lire à quel point il laissait son humanité de coté dans ses instants, à quel point il se transformait en machine pour être performant, pour que le temps passe et pour qu'il passe aussi bien que possible. Ce n'était pas la seule chose qu'on y trouvait, cependant, à ceux et celles qui savaient regarder apparaissait un volcan, une profonde lumière qui brulait avec acharnement et qui se débattait sans s'arrêter. Shizuo ne connaissait personne qui avait jamais compris cela. Shizuo s'en fichait, lui. Il savait.

-Oh et, il n'a pas de grace, c'est vrai. Explique pourquoi à la dame.

Shizuo hocha la tête une fois que Flanagan lacha ses cheveux.

-Oui. Je... Je ne suis pas un ange. On m'a croisé... Avec un oiseau de Paradis.

Flanagan sourit très content du tour qu'il avait joué à l'asiatique en lui disant ça et lui tapota la tête.

-Brave petit.

Shizuo posa sa tête contre la jambe de son maître, comme un chien. Il savait  ce qu'il se passerait si il n'était pas reconnaissant. Il avait des envies de meurtres, une nausée affreuse et se demandait décidément, pourquoi elle ne l'avait pas tué plus vite. Il se baffa intérieurement : il refusait de mourir soumis, il refusait d'être cette personne de sa vie à sa mort. Il voulait un jour pouvoir regarder cette période et dire qu'elle n'avait été qu'une très mauvaise période de sa vie, rien de plus que des fantômes, la nuit. Il sentit Flanagan jouer avec les innombrables boucles qu'il avait aux oreilles.

-Il n'est pas gratuit. Oh bien entendu, si tu veux jouer avec lui, il te fera un prix vu la nuit que nous venons de passer. Tu lui as épargné un dure labeur. Il sait être reconnaissant... Parfois.

Shizuo ne dit rien, il avait très peur. Il sentait  la main de Flanagan sur ses boucles et se demandait s'il allait lui en arracher une... Alors, il sourit et regarda la jeune femme s'inclinant doucement, flattant Flanagan pendant ce temps. Étonnamment, il y avait quelque chose de digne en lui.

-Je serais ravi de vous servir.

Flanagan rit un peu et n'ajouta rien. Shizuo posa sa tête contre la jambe de Flanagan, la peur recommençait à affluer, tant et si bien qu'il tremblait légèrement, sa main libre était crispée contre sa propre jambe au point que ses jointures étaient blanches.
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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   20.10.13 22:14

En-Zakel ne comprit pas la soudaine panique du jeune homme qu’elle tenait toujours par la gorge, quoique sa poigne se soit assez relâcher pour lui permettre de respirer. Toute à sa colère, elle n’avait pas entendu les bruits venant de la chambre. Il fallut attendre la présence dans son dos pour qu’elle se rende compte qu’ils n’étaient plus seuls.

- Et bien, et bien... Je vois qu'on s'amuse sans moi.

La jeune femme fronça légèrement les sourcils. Elle se demanda depuis combien de temps Flanagan était là, et ce qu’il avait bien pu entendre de la petite conversation qu’elle avait eu avec le blondin. Blondin à qui s’adressa l’homme dans l’encadrement de la porte.

- Je te trouve particulièrement désobéissant, aujourd'hui. Ta place, tout de suite.

Elle haussa les sourcils, surprise. Si surprise, à dire vrai, que lorsque l’asiatique se dégagea de sa prise, elle ne cilla même pas. Elle se remit debout pour faire face à Flanagan, et observa son petit manège avec le garçon. Le bruit de la gifle assénée retentit dans l’appartement silencieux, ce qui lui fit légèrement plisser les yeux. Elle n’avait pas la moindre idée de la relation tordue et malsaine qui liait ces deux-là, mais elle pouvait déjà comprendre quelques unes des mécaniques qui l’animaient. Ses yeux blancs, sans iris ni pupilles, lui permettaient d’observer tour à tour le maître et ce qui, pour la Faucheuse, tenait de l’esclave.

- Je vois que tu as rencontré Shizuo. Une petite chose curieuse, n'est-ce pas ?

La dame en blanc pencha légèrement la tête sur le côté, son regard croisant celui du jeune homme dont la tête venait d’être brutalement tirée en arrière. Elle trouvait quelque chose d’étrange à la lueur qui brillait dans ses yeux bleus. Il y avait la peur, certes, et elle semblait prendre le pas sur tout le reste ; mais il y avait également autre chose, une chose latente et puissante qu’elle voyait vaguement, mais qu’elle ne pouvait pas nommer.

- Shizuo, hmm ? Nous n’avons pas vraiment eu le temps de faire les présentations.

Redressant la tête, elle reporta son attention sur Flanagan, Shizuo toujours dans le coin de son champ de vision.

-Oh et, il n'a pas de grâce, c'est vrai. Explique pourquoi à la dame.

La Faucheuse haussa un sourcil. Cette information l’intéressait beaucoup, et elle tenait vraiment à obtenir une réponse à ses questions. Elle ne s’était pas trompée – elle ne pouvait pas se tromper sur sa nature : il s’agissait bien d’un ange, mais il n’en avait que les ailes et un semblant d’aura. Il ne possédait pas la lumière éclatante de ces créatures célestes qui la révulsaient tant.

-Oui. Je... Je ne suis pas un ange. On m'a croisé... Avec un oiseau de Paradis.

En-Zakel cligna des yeux et retint une violente envie de se frapper le front du plat de la main.

Oh non, il n’a pas fait ça quand même ... pensa-t-elle, soupirant intérieurement.

Le sourire incroyablement satisfait de Flanagan lui confirma malheureusement que si, il avait poussé le vice jusqu’à utiliser cette très mauvaise blague. Elle se demanda un instant s’il s’agissait d’une torture comme une autre, ou d’un mensonge cachant un autre but. Cependant, l’un comme l’autre, l’humour restait incroyablement douteux.

-Il n'est pas gratuit. Oh bien entendu, si tu veux jouer avec lui, il te fera un prix vu la nuit que nous venons de passer. Tu lui as épargné un dur labeur. Il sait être reconnaissant... Parfois.

En-Zakel pencha de nouveau la tête sur le côté. Elle n’avait aucun intérêt à vouloir jouer avec le jeune homme – et surtout, elle n’avait aucune envie de payer pour s’offrir ses services. Elle se doutait bien qu’il devait travailler pour l’homme dont il caressait la jambe, et que ses clients habituels étaient tout sauf des tendres et des enfants de chœur. Et elle ne voulait pas du tout se retrouver face à ce qu’ils lui faisaient subir.
Elle regarda Shizuo lorsqu’il lui sourit et s’inclina.

-Je serais ravi de vous servir.

La jeune femme le regarda un instant, se demandant bien quoi faire. Finalement, elle s’approcha d’eux, toujours vêtue de sa serviette de bain, et s’accroupit face à Shizuo. Doucement, mais avec une certaine fermeté, elle attrapa son menton et le fit relever la tête vers elle, la tournant un peu de droite et de gauche. Elle en profita pour essuyer du bout du pouce le sang qui perlait de sa lèvre, et fit mine de l’observer un moment, comme si elle réfléchissait à la proposition. Finalement, elle retroussa un peu le nez et eut une petite moue peu convaincue. Elle secoua la tête.

- Non, jouer avec lui ne m’intéresse pas.

Elle se redressa en léchant distraitement le sang sur son doigt.

- Je préfère les hommes avec un peu plus de répondant, et je pense que tu l’as bien compris. Enfin, tout dépend du moment ...

La jeune femme posa le bout des doigts sous la morsure que Flanagan avait récolté, caressant doucement la peau.

- Comment va ton épaule, au fait ?

Elle lui adressa un fin sourire carnassier et satisfait. Elle avait planté les dents dans son épaule durant l’un de leurs petits jeux, l’un où c’était elle qui décidait et où il avait fait du bruit là où elle lui avait demandé de se taire. Elle lui avait fait mal pour qu’il reste silencieux, et avait resserré sa prise au fur et à mesure que le plaisir montait, jusqu’à ce que le goût métallique du sang se répande sur sa langue. Alors seulement, elle l’avait lâché.
En s’étirant, la Faucheuse s’écarta, et s’éloigna dans la cuisine, leur faisant dos.

- Donc, comme les charmes de ce jeune homme ne m’intéressent pas, tu peux le renvoyer chez lui si tu veux bien.

Elle se retourna et s’appuya contre le plan de travail, jambes croisées et coudes appuyés contre le rebord.

- Sauf si tu préfères sa compagnie à la mienne, ce qui me vexerait assez, répondit-elle en haussant un peu un sourcil, un léger sourire aux lèvres.

En-Zakel ne savait pas vraiment ce qu’elle voulait. Repartir pour un tour dans le lit de Flanagan, s’occuper durant les quelques heures qui la séparaient de l’aube et du retour pas forcément attendu à son appartement, ou bien détourner l’attention de l’homme du drôle de blondin toujours accroché à sa jambe.
Sa colère était redescendue, et elle pensait plus clairement désormais. Et si Shizuo ressemblait à un ange, il était clair maintenant qu’il n’en était pas un vrai – elle ne savait pas encore comment c’était possible, mais elle ne pouvait pas rester aussi viscéralement furieuse contre lui alors que visiblement, il ne venait pas du Paradis et n’avait rien à voir avec les vrais emplumés qui y vivaient.

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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   26.10.13 14:16

Shizuo la regarda approchée, une appréhension à peine masquée sur le visage. La jeune femme l'avait étranglée quelques secondes plutôt et si elle décidait de s'octroyer ses services... Elle pourrait lui faire subir absolument tout ce qu'elle voulait et il n'en avait pas du tout envie. Cela étant dit, la perspective de rester seul avec Flanagan l'inquiétait tout autant... Il la vit s'accroupir et prend son menton entre ses doigts. Il se laissa faire et haussa légèrement les sourcils en la sentant essuyer le sang qui coulait sur son menton. Les gens s'en fichaient en général... Il la détailla et réalisa qu'elle avait déjà pris sa décision : c'était non. Pour une raison que Shizuo ignorait, elle ne voulait pas et ça l'arrangeait bien.

 Non, jouer avec lui ne m’intéresse pas.

Shizuo se détendit légèrement tandis que sa main continuait machinalement son petit bonhomme de chemin sans qu'il en ai réellement conscience. Il avait fait ça des millions de fois. Il préférait penser à autre chose. Laisser son esprit réfléchir à ce refus. Refus qui, aux yeux de Shizuo, était le bienvenu. Il avait entendu les hurlements, les râles et il n'avait pas la moindre envie de subir le quart de ce qu'il s'était passé cette chambre et encore moins avec une femme. Il n'avait fait aucun doute à Shizuo, plusieurs années auparavant, que, bien qu'il deteste tout les aspects de son métier, il lui était plus facile de subir ce qu'il avait à subir quand il ne s'agissait pas d'une femme. Il en était venu à la conclusion très simple qu'il aimait les hommes. Rien n'était venu contredire cette affirmation et sans rire ce Hugh Jackman... Il avait beau être mort depuis longtemps, Shizuo bavait toujours autant en le regardant... La question n'était pour autant pas là. Elle ne voulait pas de lui et c'était tant mieux. On le laisserait peut etre rentrer maintenant que Flanagan était sur d'avoir de quoi jouer pour la nuit, journée... Qu'est-ce que Shizuo pouvait bien en savoir ?

- Je préfère les hommes avec un peu plus de répondant, et je pense que tu l’as bien compris. Enfin, tout dépend du moment ...

Flanagan eut un léger rire et haussa les épaules. Shizuo, lui, venait de retenir un haut le cœur. Heureusement, Flanagan n'avait rien vu.

-Oui, j'ai cru remarqué ça.

Flanagan la laissa passer la main sur son épaule et appuyer sur la plaie, un sourire d'autant plus carnassier se dessina sur son visage tandis que Shizuo voyait apparaître une bosse dans le pantalon de son maitre. Shizuo détourna les yeux. Il déglutit, sa mâchoire se serrant automatiquement.

- Comment va ton épaule, au fait ?

Flanagan eut un sourire carnassier.

-She misses your bite, sweetheart.

Shizuo vira légèrement au blanc. Dieu qu'il n'aimait pas ça. Il ne comprenait pas. Il n'avait jamais compris. Qu'y avait-il de jouissif dans la douleur ? Qu'y avait-il d'intéressant là-dedans ? Il aspirait à tellement plus simple. Il aspirait à un acte beaucoup plus simple, beaucoup plus sain. Il cherchait l'affection, il ne cherchait pas cette débauche de sensations toutes plus fortes les unes que les autres. Il n'avait jamais compris, il ne comprendrait jamais et il jugeait les gens qui agissaient comme ça.  Il ne dit rien, il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas partir non plus. Contraint d'écouter cette discussion.

- Donc, comme les charmes de ce jeune homme ne m’intéressent pas, tu peux le renvoyer chez lui si tu veux bien.


Shizuo fut soudainement très reconnaissant à la jeune femme aux yeux vides de proposer une telle idée. Il ferma les yeux, attendant la réponse. Priant de toute ses forces pour qu'elle soit positive.

- Sauf si tu préfères sa compagnie à la mienne, ce qui me vexerait assez .

Il y avait quelque chose qui troublait Shizuo au plus haut point. Elle était si confiante... Elle n'avait pas peur, elle était en contrôle. Shizuo l'enviait. Il aurait aimé pouvoir ressembler à la jeune femme. Flanagan rit un peu et passa la main dans les cheveux de son jouet favoris.

-hmmm. Entre toi et lui. Je pense que le choix est vite fait. Cependant, le faire rentrer si tard.... Et bien...

Il s'accroupit et fit face à Shizuo en caressant son visage. Shizuo le regardait sans rien dire.

-Ca serait dangereux, à ces heures-là. On rencontre des gens peu fréquentables, n'est-ce pas....

intérieurement, Shizuo était d'un coup très blasé. Des gens peu fréquentables.... pensa-t-il, vous vous êtes vus ? Il sourit malgré tout et pressa sa joue contre la main de son maitre, comme si il était reconnaissant. Flanagan rit un peu et le laissa faire.

-Alors, il va retourner dans sa salle de bain et cette fois, il va être bien sage et il ne sortira plus... N'est-ce pas... ?

Shizuo sourit et hocha lentement la tête.

- Oui, maître.

A l'oreille attentive, le « maitre » de Shizuo sonnait presque comme une insulte. Flanagan ne s'en rendit pas compte le moins du monde. Shizuo attendit que Flanagan se lève pour se lever à son tour et aller dans la salle de bain et fermer la porte derrière lui. Arriver là, il vomit. Un très long moment, un si long moment à vrai dire, que cette soudaine nausée le laissa tremblant sur le sol. Il attendit d'entendre de nouveaux les gémissements et les hurlements pour laver tout ça, profitant de l'occasion pour prendre une douche, Flanagan ne le remarquerait pas... Pas cette fois. Il frotta tout ce qui pouvait l'être, avec force comme pour enlever des taches indélébiles. Il finit par sortir de la douche et resta assis, nu, par terre à attendre. Attendre quoi ? Il ne savait pas trop. Qu'il sèche.... Peut etre... Il ne savait pas. Il resta ainsi un long moment à regarder ses cheveux gouttés sur le sol, encore et encore. Finalement, il se rhabilla en frissonnant un peu, il s'entoura de ses bras, les mains posées sur ses omoplates à l'endroit où sortait ses ailes.  Les mots de la faucheuse l'avait profondément marqué, il ne comprenait pas pourquoi, ni comment. Il était épuisé et finalement le sommeil commençait à le gagner, les cauchemars aussi.
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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   27.10.13 11:09

En-Zakel souriait toujours tranquillement, accoudée au plan de travail de la cuisine. Elle observait de ses yeux blancs les deux hommes si diamétralement opposés debout dans l’encadrement de la porte, et les détaillait en attendant la suite. Elle n’avait pas manqué de relever les remarques et les réactions physiques de Flanagan, et cela lui plaisait assez. Finalement, elle ne dirait pas non à un deuxième round.
Quant à Shizuo, il avait l’air relativement soulagé qu’elle ait refusé la proposition de son maître, et elle le comprenait assez ; après tout, quelques instants auparavant, elle était prête à lui arracher la tête au nom de sa haine virulente contre les anges. Et ce qu’il avait dû entendre depuis la salle de bain ne devait pas spécialement lui donner envie d’y passer à son tour. Elle espérait simplement que son petit tour lui permette de rentrer chez lui, ou au moins de s’éloigner suffisamment longtemps pour ne pas avoir à subir les foudres de l’homme qui lui passa la main dans les cheveux en riant.

-Hmmm. Entre toi et lui. Je pense que le choix est vite fait. Cependant, le faire rentrer si tard.... Et bien...

Elle pencha légèrement la tête sur le côté et le regarda poser un genou à terre face au jeune homme.

-Ca serait dangereux, à ces heures-là. On rencontre des gens peu fréquentables, n'est-ce pas....

La Faucheuse le regarda et une fois encore dû s’empêcher de se frapper le front du plat de la main, se contentant de passer la main sur son visage en retenant un soupir. Elle n’était pas certaine d’adhérer à l’humour plus que particulier de cet homme, même s’il lui fallait bien reconnaître qu’il parvenait à être subtil dans le mauvais goût. Dans un autre contexte, elle en aurait peut-être ri. Mais sa soudaine crise de colère avait quelque peu inhibé sa capacité à se moquer du blondin aux yeux clairs, et elle comptait bien revenir lui parler plus tard.

-Alors, il va retourner dans sa salle de bain et cette fois, il va être bien sage et il ne sortira plus... N'est-ce pas... ?
- Oui, maître.

La jeune femme sourit un peu, satisfaite. Ce n’était pas exactement ce qu’elle avait espéré, mais au moins, elle saurait où le trouver plus tard.
Elle le regarda s’éloigner du coin de l’œil, puis reporta son attention sur Flanagan lorsqu’il s’approcha d’elle.
Les choses s’enchaînèrent rapidement : débarrassés du peu de vêtements qu’ils portaient, ils avaient tourné l’un autour de l’autre, comme des prédateurs jaugeant une proie. Puis elle avait sentit la surface dure du mur dans son dos, les mains sur son corps et les siennes qui se promenaient allègrement sur tout ce qu’elles trouvaient, et puis la chambre de nouveau, les sensations décuplées, le plaisir, la douleur, les sons qui s’échappaient de sa gorge bien malgré elle, ceux qui parvenaient à ses oreilles, les frissons, l’extase, et ce lit qui avait vu tant de vices et de jeux tous plus étranges, plus tordus les uns que les autres.
Cependant, cette fois, les petits jeux d’En-Zakel avaient également un autre intérêt : épuiser Flanagan le plus possible pour qu’il dorme longtemps et, surtout, profondément. Assez profondément pour que des voix étouffées par l’épaisseur des murs ne le réveillent pas.


Une heure et demi plus tard, la Faucheuse se redressa doucement. Cela faisait dix minutes que l’homme à côté d’elle s’était endormi, et dix minutes qu’elle l’écoutait respirer pour être sûre qu’il ne se lèverait pas. Finalement, sûre d’elle, elle se glissa hors du lit, ne s’occupant pas de la substance blanchâtre qui poissait l’intérieur de ses cuisses, et retourna à la cuisine s’envelopper de la serviette qu’elle avait abandonnée là. Couverte du haut du torse quasiment jusqu’à ses genoux, elle alla en silence se glisser dans la salle de bain. Elle referma derrière elle et alluma la lumière au-dessus du lavabo, plus tamisée et moins agressive que celle dégagée par les ampoules incrustées dans le plafond. La jeune femme pencha légèrement la tête sur le côté en voyant Shizuo, roulé en boule en plein milieu de la pièce, agité de tremblements. Il lui fallut un moment pour réaliser qu’il s’était assoupi et qu’il était en train de cauchemarder. Fronçant un peu les sourcils, elle s’assit en tailleur près de lui et lui passa délicatement la main dans les cheveux. Elle chuchota :

- Shh, shh ... calme-toi, c’est un mauvais rêve, juste un mauvais rêve.

Elle n’avait aucune idée de ce qui pouvait le tourmenter ainsi ; mais elle s’était réveillée en hurlant suffisamment de fois, tremblante et couverte de sueur, pour savoir que c’était exactement le genre de rêve dont elle aurait aimé qu’on la sorte. Elle se demandait quelle serait la réaction du jeune homme lorsqu’il se réveillerait et qu’il la verrait là ; pas forcément une très bonne réaction, et ça n’avait rien de très étonnant. Elle avait manqué le tuer et l’avait sûrement entendue pendant qu’elle s’amusait avec son maître dans la chambre voisine. On ne pouvait pas vraiment dire qu’elle lui avait fait une bonne première impression.
Pourtant, maintenant qu’elle pensait plus clairement, elle voulait essayer de se rattraper un peu pour son comportement. Elle était sanguine, prompte à réagir, donnait souvent dans les extrêmes et, visiblement, le garçon dans les cheveux duquel elle passait toujours la main n’avait absolument rien fait pour avoir le droit de subir son ressentiment et son désir de vengeance. Il y avait de l’ange en lui, c’était indéniable. Mais d’ange, il n’avait que l’allure, avec ses cheveux blonds, ses yeux bleus et ses ailes blanches. Il n’avait pas cette lumière divine qui brillait en eux. Il ne puait pas le Paradis et les bons sentiments comme les autres. Alors, peut-être y avait-il quelque chose en lui qu’elle n’avait pas bien vu et qui méritait qu’elle s’y intéressât davantage.

- Ca va aller, continuait-elle à murmurer pour le calmer un peu, ça va aller, c’est juste un cauchemar.

Elle le rassura comme elle put jusqu’à ce qu’il se réveille enfin. Elle lui sourit un peu.

- Salut.

Elle recula légèrement, toujours assise, rejetant une longue mèche blanche derrière son épaule.

- Ne t’inquiète pas, je ne suis pas venue ici pour te faire du mal. Oui, étonnant comparé à tout à l’heure. Disons que j’ai ... un peu exagéré. Tu l’as vu, j’ai un gros problème avec les anges, et tu sens un peu comme eux, donc ...

Elle haussa un peu les épaules, l’air vaguement désolée de l’avoir étranglé et presque décapité.

- Enfin bref ... désolée de t’avoir agressé comme ça.

Elle lui sourit un peu, gentiment. Elle était tout à fait sincère : elle ne lui voulait plus de mal. Elle était juste un peu curieuse, et espérait bien qu’il puisse lui donner quelques réponses.

- Au fait, je m’appelle En-Zakel. Je préfère que tu puisses m’insulter intérieurement en utilisant mon nom plutôt que quelque chose du genre « la deux millième nana que s’est tapé mon boss ».

La jeune femme rit un peu, puis ajouta :

- En parlant de lui d’ailleurs, ne comptes pas le revoir pendant les prochaines heures : je me suis assurée qu’il dorme suffisamment profondément pour ne pas se faire réveiller par quoi que ce soit à part une bonne claque.


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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   27.10.13 16:46

Les cauchemars de Shizuo avaient ceci de particuliers qu'ils reflétaient parfaitement la réalité. Lorsqu'il se réveillait, il réalisait bien souvent qu'il était de nouveau de son cauchemar mais que le cauchemar, c'était sa vie. S'il avait pris la peine d'y réfléchir quelques secondes, il aurait réalisé que ses cauchemars avaient un avantage certain : ils ne faisaient pas réellement mal. Il y avait malgré tout une distinction à faire, dans la plupart de ses rêves horribles, il n'y avait aucune échappatoire. Il n'y avait aucun espoir. C'était bien là le seul et unique avantage de la réalité : il y avait un espoir, infime, certes, mais c'est tout ce qu'il avait. Alors, lorsqu'il s'était assoupi dans cette salle de bain, il avait vu ce qui aurait pu se passer si la jeune femme aux yeux blancs n'avait pas été là, ce qu'il se serait passé si elle avait accepté l'offre de Flanagan... Il vivait la scène, comme il en avait vécu tellement d'autre, l'emprise de ce monde qu'il haïssait tant ne lui laissait aucun répits. Il ne lui laissait même pas le loisir de dormir tranquillement. L'enfer dans lequel il était plongé depuis sa plus tendre enfance était omniprésent et lorsque Shizuo s'en croyait quelque peu éloigné, quelque chose le rappelait soudainement à l'ordre. De fait, avec le temps, Shizuo était devenu extrêmement vigilant et pour le moins paranoïaque. Il voyait le mal partout, s'écartait des gens aussi vite que possible, aussi bien pour lui que pour eux. On ne savait jamais. Mieux valait ne pas tenter le diable.
Lorsqu'il était chez Flanagan, et plus particulièrement que celui-ci décidait qu'il dormirait avec l'asiatique dans son lit, il ne dormait pas. Il évitait, du moins. Il évitait autant que possible de dormir lorsqu'il était avec lui. L'inconscience était préférable au sommeil. Il ne voulait pas que son maitre ai un nouveau moyen de pression sur lui. Ses cauchemars étaient une porte ouverte sur laquelle Shizuo n'avait aucun contrôle. Il évitait de montrer cette part de lui au plus gros monstre de ses cauchemars. S'endormir dans sa salle de bain était une très mauvaise idée, autant que Shizuo aurait pu en juger. Il n'y était pour rien, malgré tout, il était épuisé, avait été terrifié et, au final, la pièce carrelée qu'il occupait était encore celle où il s'était passé les événement les moins traumatisants de la journée. Ce qui relevait de l'exploit tant la barre était montée haut en si peu de temps. Flanagan et son accueil d'abord, la descente ensuite, la jeune femme enfin. Il sentit les mains dans ses cheveux de manière extremement confuses et contradictoires. Elles lui faisaient autant peur qu'elles le rassuraient. Il s'était crispé tout en se sentant finalement plus calme.
Le malaise général régnant dans son esprit lui fit finalement ouvrir les yeux. La lumière était allumée... Depuis quand ? Il n'avait pas allumé la lumière. La main dans ses cheveux caressait toujours ses mêches blondes. Ca n'était pas Flanagan. Flanagan n'était pas doux avec lui, même lors de caresse comme celle-ci, il était brusque et se foutait pas mal que ça soit agréable pour son jouet. Yaslin, elle était plus douce, lorsque d'aventure, Flanagan lui mettait un énième rateau et qu'elle venait pleurer sur Shizuo sa triste vie en lui disant : « tu vois comme je suis capable de bien aimer ». Non, là, il n'y avait pas de bruit, pas de pleure, ni traces de morsure, il avait mal à la gorge mais ça resultait de la jeune femme qui l'avait étranglé un peu plus tôt.... Il palit d'un coup, s'écartant violemment en dégageant la main de ses cheveux, se faisant, il dérapa sur le carrelage trempé et prit la porte de la douche dans l'oreille. Il se recroquevilla contre la paroi, serrant les dents en attendant que la douleur passe.

-Salut.

Salut ? Shizuo ouvrit un œil et la détailla, sourcil froncés sous la douleur. Comment ça salut ? Combien de temps avait-il dormi ? Il n'entendait pas Flanagan. Il ne devait pas être loin si la jeune femme était dans la salle de bain.

-Ne t’inquiète pas, je ne suis pas venue ici pour te faire du mal. Oui, étonnant comparé à tout à l’heure. Disons que j’ai ... un peu exagéré. Tu l’as vu, j’ai un gros problème avec les anges, et tu sens un peu comme eux, donc ...

Le japonais mit de la distance entre elle et la jeune femme. C'était un des jeux malsains de Flanagan, il en était sur. Pourquoi l'aurait-il fait rester sinon ? Il le gardait rarement enfermé quelque part pour le simple plaisir de le laisser moisir là. Si la jeune femme changeait de discours, c'est qu'il était là... Juste derrière la porte. Il scruta la porte un instant.

- Enfin bref ... désolée de t’avoir agressé comme ça. 

S'il n'avait pas été persuadé que Flanagan était derrière la porte, il serait sorti. A l'instant, la peur qu'il avait réussi à calmer remontait à une vitesse folle. Il ne croyait pas un mot de ce qu'elle disait. Personne n'était gentil avec lui pour la beauté du geste. C'était un jeu, Flanagan était derrière tout ça. Si il disait quoique ce soit de mal... Cette porte s'ouvrirait et ça irait très mal. Vraiment très mal.

-Au fait, je m’appelle En-Zakel. Je préfère que tu puisses m’insulter intérieurement en utilisant mon nom plutôt que quelque chose du genre « la deux millième nana que s’est tapé mon boss ».

Premier piège. Il ne tomberait pas dedans. Il lança un coup d'oeil à la porte, regarda En-zakel et se mordit la lèvre, afficha un sourire aussi éclatant que possible.

-Je ne me permettrais pas de penser ça de mon maître, ni de ses conquêtes. Je n'existe que pour le servir.

Il s'inclina légèrement, humble. Jetant cependant un nouveau coup d'oeil à la porte. Il espérait qu'elle ne s'ouvrirait pas. Il ne voulait pas du tout qu'elle s'ouvre.

-En parlant de lui d’ailleurs, ne comptes pas le revoir pendant les prochaines heures : je me suis assurée qu’il dorme suffisamment profondément pour ne pas se faire réveiller par quoi que ce soit à part une bonne claque.

Shizuo prit l'air outré. Toujours sur la défensive, il était hors de question que cette nuit vire au cauchemar à cause d'une bourde de sa part. Il se demandait si la jeune femme réalisait les enjeux pour lui. Si elle pensait qu'il était consentant à tout ça. Comme si ces 8 dernières années n'avait pas été un viol constant.

-Je n'oserais pas frapper mon maître. Je lui dois beaucoup, vous savez.

Comme à chaque fois, cette phrase sortait avec un arrière goût de meurtre. Un jour, il lui dirait cette phrase, au creux l'oreille pendant qu'il planterait une lame aiguisé au fin fond de son cœur. Il ne le ferait jamais. Il en était conscient mais l'imaginer... C'était agréable quelque part. Son petit défouloir personnel. Il pencha la tête sur le coté, s'approchant de la jeune femme, un tout petit peu.

-Que puis-je faire pour vous ? Mon maitre semble vous avoir satisfaite.

Il avait vu le liquide et il allait sans dire que cette réplique était un brin sarcastique à qui savait l'écouter. Pas assez violente pour que Flanagan la relève, il était persuadé que Shizuo n'était pas capble de ce genre de chose. Il était trop bien dressé pour ça. Il en oubliait souvent la force de caractère de Shizuo et sa capacité à discerner ce que Flanagan attendait de ce que Shizuo était vraiment. Il lança un énième regard à la porte avant de sourire à la jeune femme comme si il avait envie de l'aider. La peur se lisait toujours dans les yeux du jeune homme. Elle était omniprésente.
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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   28.10.13 11:20

Il y avait quelque chose qui n’allait pas du tout, et En-Zakel le sentait. Certes, ils ne s’étaient pas rencontrés de la meilleure des façons et elle avait été loin d’être subtile ou délicate, mais le comportement de Shizuo avait quelque chose d’étrange. Il était tendu, nerveux, et surtout, ses expressions ne correspondaient pas du tout avec l’attitude fuyante qu’il avait. Ce ne fut que lorsqu’il commença à jeter des coups d’œil à la porte et à lui répondre qu’elle comprit ce dont il avait peur.

- Je ne me permettrais pas de penser ça de mon maître, ni de ses conquêtes. Je n'existe que pour le servir.

La jeune femme hocha lentement la tête, léger sourire aux lèvres, tandis qu’il regardait à nouveau l’entrée close de la salle de bain.

Alors c’est ça, pensa-t-elle.

Il n’était pas vraiment difficile de voir ce qui l’effrayait : la perspective que Flanagan soit debout derrière la porte à les écouter. Même lorsqu’elle lui affirma qu’il n’était pas vraiment en état de faire quoi que ce soit à part dormir, il prit l’air offensé, comme si elle venait de dire la chose la plus blessante et la plus absurde au monde.

- Je n'oserais pas frapper mon maître. Je lui dois beaucoup, vous savez.

La Faucheuse ne répondit pas, se contentant de l’écouter et de l’observer. Il avait l’air d’un animal blessé, habitué à être battu, et qui n’attendait qu’une chose : que son propriétaire fasse à nouveau pleuvoir les coups. Elle se demandait quel genre de traitement il avait l’habitude de subir pour agir comme ça, à se dire que son maître devait être là, quelque part, près à saisir la moindre occasion, le moindre faux pas pour le lui faire payer.
Elle ne bougea pas lorsqu’elle le vit s’approcher très légèrement.

- Que puis-je faire pour vous ? Mon maitre semble vous avoir satisfaite.

En-Zakel ricana. Ce n’était pas un ricanement blessant, mais plutôt un rire qui répondait au sarcasme de la remarque. Il n’avait pas pu ne pas entendre les bruits qu’elle avait fait, et il lui fallait admettre qu’elle avait apprécié ce qu’il s’était passé dans cette chambre. Elle prenait la réplique de Shizuo comme une critique vaguement déguisée et étonnamment bien placée. Elle haussa les épaules.

- Ca va, il s’en est sorti à peu près correctement.

Elle regarda le japonais aux yeux bleus regarder la porte une nouvelle fois, puis se leva et se mit à fouiller un peu les étagères et les placards.

- Ce que tu peux faire pour moi ... Hmm ... dit-elle.

Elle finit par trouver ce qu’elle cherchait : un petit miroir portatif. La jeune femme se dirigea ensuite vers la porte et, sans un bruit, l’ouvrit toute grande, révélant le couloir et ses décorations, et surtout l’absence de Flanagan. Elle alla ensuite se placer à l’extérieur et orienta le miroir de sorte à ce que, depuis la salle de bain, Shizuo puisse voir dans la glace le reflet de son maître endormi. On ne pouvait confondre la masse sombre dans le lit avec un tas de vêtements ou des draps mal pliés, puisque la respiration de l’homme faisait monter et descendre l’ombre qui se découpait en noir dans la semi obscurité de la pièce.
En-Zakel se tourna vers Shizuo et lui sourit un peu, puis retourna dans la salle de bain et referma la porte en silence avant de ranger le miroir et se rasseoir.

- Tu peux me croire maintenant quand je te dis qu’il ne se réveillera pas avant un moment. Il n’est pas derrière la porte, il ne va pas se relever pour nous écouter.

Assise en tailleur, les jambes croisées devant elle, elle replaça une nouvelle mèche tombée sur ses épaules.

- Je ne te demande pas de me faire confiance – pas avec ce que j’ai failli faire tout à l’heure. Je veux juste que tu comprennes que, aussi étonnant que ça puisse paraître, je ne suis pas ton ennemie. Et je n’ai pas non plus l’intention de te faire de mal ou je ne sais quoi encore. J’ai été un peu trop impulsive tout à l’heure, et encore une fois, désolée pour ça.

Elle lui sourit gentiment.

- Tu veux savoir ce que tu peux faire pour moi ? Me dire où sont les pansements et la bouteille de désinfectant : tu t’es ouvert l’oreille en te cognant, ça serait dommage que tu mettes du sang partout et je peux bien te soigner après t’avoir à moitié étranglé tout à l’heure.

La Faucheuse était calme, et tout à fait sincère : elle ne lui voulait vraiment pas de mal. Et puis, si elle voulait pouvoir parler un peu et grappiller quelques réponses à ses questions, utiliser la manière forte ne servirait à rien. Il avait l’habitude des coups et de la torture : ça se voyait et ça se sentait. Lui faire du mal, en plus d’être bête et méchant, n’aurait absolument servi à rien.

- Au fait, si tu veux me poser des questions, tu peux. Je n’irai rien rapporter à notre grand ami qui roupille dans la pièce d’à côté, promis.

Elle sourit et haussa les épaules.

- Je ne sais pas si je peux vraiment te dire quoi que ce soit de passionnant, mais il paraît que c’est un bon moyen de commencer une conversation.


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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   11.11.13 15:39

-Ca va, il s’en est sorti à peu près correctement. 

A la réflexion, il n'avait pas réellement envie d'une réponse à cette question... Il s'en serait totalement passé. Il savait de quoi Flanagan était capable, il savait à quel point il était « doué » pour ceux qui appréciait ce genre de traitement. Il ne put empêcher un léger reniflement dégoûté qu'il dissimula bien vite. Il la vit se mettre à fouiller dans toute la salle de bain. Il n'aimait pas ça, il savait ou se rangeait les objets qui lui était destiné. Il ne faisait aucun doute, pour l'asiatique, que la jeune femme était de mèche avec Flanagan. Il regardait obstinément ailleurs. Il verrait bien assez tot ce qu'elle allait trouver. Il n'avait pas hâte de le découvrir.

- Ce que tu peux faire pour moi ... Hmm ... 

Il la vit passé à coté de lui avec quelque chose de brillant. Il fronça les sourcils. Il ne savait pas trop ce que c'était, il n'y avait rien qui avait cet éclat, dans le tiroir... Rien qu'il ne connaisse du moins. Il soupira en fermant les yeux. Qu'est-ce que ce démon avait encore trouvé pour se divertir... ? Il rouvrit les yeux pour la voir ouvrir la porte avec horreur. La respiration courte, Shizuo vit la porte s'ouvrir, centimètre par centimètre. Inexorablement, elle allait s'ouvrir sur le pire monstre de la création. Il n'était pas persuadé que le diable lui-même ai été plus mauvais que lui. La porte finit de s'ouvrir sur... Les décorations. Shizuo fronça les sourcils. Comment ça, il n'était pas derrière la porte... ? C'était quoi ce délire... ? Il regarda la jeune femme, sans comprendre. Elle tenait un miroir et son regard se posa dans ce qu'il reflétait. Flanagan dormait de tout son soul dans son lit. L'incompréhension de Shizuo était presque palpable tant elle était marqué sur son visage. Elle ne lui avait pas mentit. Pourquoi elle ne lui avait pas menti... ? On passait le plus clair du temps à mentir à Shizuo. Il y était habitué. L'honnêteté en revanche... C'était autre chose. Pour lui, l'honnêteté était plus suspecte que le mensonge lui-même. Il la regarda fermer la porte et s'asseoir avec toute la suspicion du monde marquer sur le visage. Il avait les yeux légèrement plissés, les sourcils froncés et un air interdit tout à fait remarquable. On pouvait dire que la jeune femme avait traversé la carapace du jeune homme par la surprise. Elle avait devant elle, le Shizuo qu'il cachait la majorité du temps. Il ne s'en était pas spécialement rendu compte, à dire vrai.

- Tu peux me croire maintenant quand je te dis qu’il ne se réveillera pas avant un moment. Il n’est pas derrière la porte, il ne va pas se relever pour nous écouter.

Shizuo haussa un sourcil qui aurait bien été avec la phrase : « oui ben j'avais remarqué... » Mais il n'était pas non plus fou. Il détailla une nouvelle fois la jeune femme sans vraiment comprendre pourquoi elle tenait absolument à se trouver là. C'était presque dérangeant. C'était comme si quelqu'un pouvait « l'apprécier ». Et c'était une chose totalement inédite autant que ridicule pour l'asiatique. Il avait traversé 25 ans d'existence sans être apprécier par quiconque sur toute cette maudite planète. Oh, on le convoitait pour bien des raisons et aucune d'elles n'étaient louable. Mais là... C'était carrément improbable et il s'en rendait plus que compte.

- Je ne te demande pas de me faire confiance – pas avec ce que j’ai failli faire tout à l’heure. Je veux juste que tu comprennes que, aussi étonnant que ça puisse paraître, je ne suis pas ton ennemie. Et je n’ai pas non plus l’intention de te faire de mal ou je ne sais quoi encore. J’ai été un peu trop impulsive tout à l’heure, et encore une fois, désolée pour ça.

Il renifla, légèrement dédaigneux, et pour la première fois la détailla de haut en bas, jugeant complètement. Il secoua lentement la tête et la regarda droit dans ses yeux vides. Shizuo eut un léger frisson.

-C'est rien, j'ai survécu à bien pire....

On pouvait clairement entendre exactement l'inverse dans la voix du jeune homme. Elle n'était plus si terrifié que ça, plutôt acérée même. Il n'était pas forcément très compliqué de discerner l'énorme « connasse » en capitale et écrite sur un panneau lumineux que même le soleil n'aurait pas réussi à rendre moins brillant. Elle eut un sourire gentil. Il n'y répondit pas. Il trouvait ça bizarre, ça sentait le coup fourré à plein nez, ce truc. Il en était parfaitement conscient...

- Tu veux savoir ce que tu peux faire pour moi ? Me dire où sont les pansements et la bouteille de désinfectant : tu t’es ouvert l’oreille en te cognant, ça serait dommage que tu mettes du sang partout et je peux bien te soigner après t’avoir à moitié étranglé tout à l’heure.

Shizuo pencha la tête sur le coté, portant la main à son oreille et grogna un peu en sentant le liquide poisseux qui coulait dans ses cheveux. C'était bien sa veine, ça n'était pas comme si il avait pris une douche... Il se leva, récupérant rapidement coton, desinfectant et pansement. Il se rassit, amorça le mouvement pour imbiber le coton et vit demain récupérer le tout. Il plissa les yeux et leva la tête vers En-Zakel.

- Je suis assez grand pour faire ça tout seul, chaton.

Il y avait quelque chose de condescendant dans sa voix, quelque chose de très pétasse. De toute les choses que Shizuo n'était pas, hétéro était sans aucun doute au sommet de la liste. Qui plus est, il était plus qu'acceptable de voir en lui une caricature du gay légèrement folle qui appelle tout et n'importe quoi « chaton ».
L'asiatique réalisa que la jeune femme en face de lui s'approchait déjà pour le désinfecter. Il soupira et renonça à l'empêcher de faire. Après tout... Si elle voulait le soigner, où était le mal... ? Il resta immobile tout le long du processus et hocha la tête, toujours aussi suspicieux.

-Merci....

La jeune femme reprit de plus belle. Dieu qu'elle parlait beaucoup. Shizuo en vint à la conclusion qu'elle devait souvent être seule.

-Au fait, si tu veux me poser des questions, tu peux. Je n’irai rien rapporter à notre grand ami qui roupille dans la pièce d’à côté, promis. Je ne sais pas si je peux vraiment te dire quoi que ce soit de passionnant, mais il paraît que c’est un bon moyen de commencer une conversation.

Shizuo resta interdit un moment puis ouvrit la bouche et demanda.

-Qu'est-ce que vous êtes ? J'ai jamais rien vu avec des yeux vides comme ça...

Pour le coup, ca n'était pas forcément dit méchamment, il était juste très... brute de décoffrage. Il avait souvent bien du mal à comprendre les subtilités de langages et la différence entre « qu'est-ce que » et « qui » lui semblait extrêmement flou. Il se redressa et s'adossa contre le carrelage.

- Pourquoi vous vous interessez à moi ? Y a pas deux minutes vous vouliez me tuer.

On sentait l'incompréhension dans sa voix. Elle ne voulait pas de ses « faveurs », elle ne voulait plus le tuer. Alors qu'est-ce qu'elle voulait au final ?

- Vous savez, vous ne gagnerez pas de points auprès de lui en étant sympathique et avenante avec moi. C'est même plutôt l'inverse. Alors ne perdez pas votre temps avec moi. » ajouta-t-il comme s'il s'agissait d'un véritable conseil.
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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   11.11.13 23:36

En-Zakel se laissa scruter sans ciller, souriant toujours. Elle avait montré à Shizuo qu’il n’y avait pas de monstre tapit à les épier derrière la porte, et le changement d’attitude chez le jeune homme avait été relativement violent. Envolée, la déférence toute feinte, l’amabilité factice présente seulement pour plaire ; à la place s’étaient installés le scepticisme et surtout, un sarcasme qu’elle ne manqua pas de noter.

-C'est rien, j'ai survécu à bien pire....

Le ton qu’il avait employé laissa clairement entendre le contraire, et la Faucheuse sourit un peu plus en notant l’insulte qu’il ne prononça pas. Comme disait l’expression, il l’avait pensé suffisamment fort pour que ça s’entende, et la jeune femme aux yeux blancs avait toujours une oreille dressée, à l’affut de ce genre de choses.
Le blondinet assis face à elle avait l’air encore plus méfiant qu’avant, et lorsqu’elle lui fit remarquer que son oreille saignait, il se leva et récupéra lui-même tout ce qu’il fallait pour se soigner. La dame en blanc leva les yeux en ciel en secouant doucement la tête et, lorsqu’il fut de nouveau posé sur le sol, lui prit des mains coton et désinfectant. La réaction ne se fit pas attendre.

- Je suis assez grand pour faire ça tout seul, chaton.

Elle haussa un sourcil et sourit davantage, amusée. Elle commençait à voir d’autres facettes de Shizuo, d’autres choses que celles que l’esclave bien élevé et obéissant voulait ou pouvait bien montrer, et elle aimait assez ce qu’elle découvrait.

- Oh, je me doute bien que tu sais te débrouiller comme un grand, choupi.

Le petit nom était venu de lui-même, en réponse presque automatique au « chaton » dont il l’avait affublée. La jeune femme se demanda combien de personne avaient eu droit à ce sobriquet somme toute mignon mais relativement cliché. Plus elle l’écoutait et le voyait, plus elle trouvait à Shizuo des airs de grande folle – ce n’était pas incroyablement flagrant quand on n’y regardait pas de plus près, mais certains signes ne trompaient pas même lorsqu’on n’y prêtait pas spécialement attention.
Sans s’en occuper plus que ça, elle entreprit de nettoyer son oreille et de s’assurer qu’elle ne ressaigne pas en posant un pansement dessus, rendant le tout aussi discret et le moins insupportable possible. Elle s’écarta un peu une fois fait, ne voulant pas le mettre encore plus mal à l’aise qu’il ne l’était déjà.

-Merci....

En-Zakel secoua la tête.

- De rien.

Et de recommencer à parler. Ou plutôt, de lui proposer de poser des questions s’il en avait envie. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle lui proposait ça ; elle ne savait pas comment établir un semblant de dialogue, surtout après ce qu’elle avait failli lui faire tout à l’heure, et ce système bête et méchant de questions/réponses lui semblait le plus pratique pour démarrer une conversation.
Shizuo resta silencieux un moment, puis demanda :

-Qu'est-ce que vous êtes ? J'ai jamais rien vu avec des yeux vides comme ça...

La jeune femme sourit et rit doucement. Elle était tout à fait consciente qu’elle possédait un physique tout sauf discret, et ses yeux entièrement blancs, sans aucune trace d’iris ou de pupille, en étaient sans doute l’élément le plus marquant.

- Ca m’étonnerait que tu voies beaucoup de choses qui ont des yeux comme ça. Même pour les miens, je suis un cas à part.

Inconsciemment, elle redressa légèrement les épaules. Elle était fière de sa condition, fière de sa singularité et, aussi, fière d’être ce qu’elle était. Elle et les autres glaneuses d’âmes n’avaient pas du tout une tâche facile à accomplir, mais pour rien au monde elle n’aurait échangé sa place avec qui que ce soit d’autre.

- Je suis une Faucheuse. On est loin du cliché de la grande figure maigre habillée en noir, hein ? Enfin, si, les autres sont comme ça.

Les autres Faucheuses lui lançaient régulièrement des regards furibonds lorsqu’elles la voyaient arriver, toute de blanc vêtue, accordant ses habits à son physique si étrange. De ça, elle s’en souvenait avec une étonnante précision, et ce souvenir lui plaisait beaucoup et la faisait beaucoup sourire lorsqu’elle forçait sa mémoire à se remplir de ce passé qu’elle avait oublié.

- Pourquoi vous vous intéressez à moi ? Y a pas deux minutes vous vouliez me tuer.

En-Zakel le regarda et haussa doucement les épaules, la tête légèrement penchée sur le côté.

- Justement, parce que j’ai essayé de te tuer et qu’il y a eu erreur sur la personne. Et que je me voyais mal te laisser tout seul planté là alors que c’est un peu de ma faute si tu es passé à deux doigts de te faire massacrer par notre ami Flany.

Il y avait aussi une autre raison pour laquelle la Faucheuse avait préféré sa compagnie à celle de l’homme endormi dans la chambre attenante – une raison pour laquelle elle avait préféré la salle de bain encore humide et tiède des douches prises plus tôt au confort du lit dans lequel elle venait de passer quelques heures. Cependant, cette raison ne regardait pas Shizuo ; aussi la garda-t-elle pour elle.

- Vous savez, vous ne gagnerez pas de points auprès de lui en étant sympathique et avenante avec moi. C'est même plutôt l'inverse. Alors ne perdez pas votre temps avec moi.

La jeune femme sourit et rit doucement en secouant la tête.

- Je ne cherche pas du tout à gagner de points avec lui. Je serai restée tranquillement là-bas à essayer de dormir sinon. Alors non, je ne cherche pas à lui faire plaisir ou quoi que ce soit du même genre.

Elle haussa légèrement les épaules.

- Et j’ai eu à faire à plus dangereux que lui, donc sa mauvaise humeur ne me fait pas peur. Ca m’embêterait juste qu’il passe ses nerfs sur toi alors que tu n’y es pour rien du tout.

Elle s’adossa contre le mur, frissonnant très légèrement en sentant le carrelage froid contre sa peau, et étendit ses jambes avant de les croiser, adoptant une position plus confortable que celle qu’elle avait jusqu’alors.

- En parlant de lui d’ailleurs ... tu le crois vraiment quand il te dit que tu es croisé avec un oiseau de Paradis ?

Elle posait sincèrement la question, se demandant s’il était au courant qu’il s’agissait d’une vaste blague ou s’il avait cru ce que Flanagan avait bien voulu lui dire. Elle ne savait pas ce qui se passait dans la vie de Shizuo ni ce que son maître pouvait lui faire subir de vicieux et de tordu, mais lui dire qu’il était une chose alors qu’il en était une autre, c’était un étrange coup qu’il lui avait joué.

- C’est pour ça que je t’ai attaqué tout à l’heure, parce que tu ne « sens » pas comme un lycan. Tu sens comme un ange, mais il te manque une chose très importante pour en être un. Et puisque tes ailes sont blanches, tu n’es pas un déchu. Je n’y ai pas spécialement réfléchi tout à l’heure, et maintenant que je prends du recul par rapport à ça, je me rends compte que j’ai été débile. Encore désolée pour l’attaque.

Elle remit ses cheveux en place d’un rapide mouvement de tête, attendant les réponses du jeune homme et les autres questions qu’il pourrait bien lui poser. Elle était curieuse de voir jusqu’où pourrait les mener cette conversation.

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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   09.02.14 2:27

-Oh, je me doute bien que tu sais te débrouiller comme un grand, choupi.


Shizuo haussa les sourcils. Elle l'avait appelé choupi ? Il la laissa faire, perplexe. C'était bien la première fois qu'on lui répondait dans ce genre de cas. Il eut un léger sourire qu'il refoula. Son orgueil avait décidé de ne pas aimer la jeune femme. Pourquoi ? Elle avait essayer de le tuer, pour commencer, parce qu'elle faisait parti de ses gens qui aimaient la souffrance et qu'il n'arrivait pas à comprendre. Et... Et parce que détester, c'était beaucoup plus facile de haïr les gens que de les apprécier. Malgré tout, il fallait bien qu'il accorde à la jeune femme un coté flamboyant qu'il appréciait déjà un peu. Il lâcha un merci assez sec et avait commencer à poser des questions. Après tout, elle avait l'air de vouloir discuter mais... Elle n'avait pas l'air de savoir comment. Pendant qu'elle réfléchissait un peu avant de répondre. Il se rendit compte qu'elle était probablement seule. Il se refusa à tout parallèle et maudit son crâne de l'avoir déjà fait. Cependant, la réponse de la jeune femme lui permit d'oublier ce qu'il venait de penser.

-Ca m’étonnerait que tu voies beaucoup de choses qui ont des yeux comme ça. Même pour les miens, je suis un cas à part. Je suis une Faucheuse. On est loin du cliché de la grande figure maigre habillée en noir, hein ? Enfin, si, les autres sont comme ça.

Shizuo hocha la tête d'un air concerné. Une faucheuse... Ca lui disait quelque chose. Il avait déjà entendu ça.   Pour être tout à fait honnête, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'était une faucheuse, ni pourquoi elle aurait été clichée habillée en noir. Maigre, bon, il imaginait pourquoi ça n'aurait pas été  très seyant. Une faucheuse... C'était puissant ? Elle avait l'air fière de son statut, fière de sa différence aussi. Il se mit à éprouver de l'admiration pour la jeune femme. Il espérait un jour, pouvoir s'affirmer, affirmer sa différence et pouvoir la défendre. Shizuo était réaliste. Il n'avait pas les armes pour se défendre des autres. Il était conscient que, même avec toute la volonté du monde, il n'avait pas ce qu'il fallait pour se défendre. Il avait éminemment conscience d'être de ces personnes qui avait besoin d'un soutien... De se sentir protéger. Ça lui crevait le cœur de l'admettre. Il avait désespérément besoin de protection pour s'affirmer.
Il finit par regarder la jeune femme et soupira, passant la main dans ses propres cheveux, s'accrochant dans les nœuds sans s'y attarder plus que ça sur le problème. Il était gêné. Gêné par son ignorance et il était assoiffé de savoir, il voulait tout connaître et n'en avait pas forcément les opportunités. Pas pour l'instant. Alors, pour ne pas rester ignare, il demanda.

-C'est quoi, au juste, une faucheuse ? Parce que... Ca me parle pas... Autant les vampires... Les trucs bizarres, les lycans, et tout oui... Mais là... non.

Il resta silencieux un moment et ne put s'empêcher d'ajouter.

-Désolé...

Il fallait qu'il s'assure une nouvelle fois qu'elle n'était pas là à cause de Flanagan. Alors lorsqu'il lui suggéra de ne pas perdre son temps avec le japonais, la réponse qu'il obtint le surpris énormément.

-Je ne cherche pas du tout à gagner de points avec lui. Je serai restée tranquillement là-bas à essayer de dormir sinon. Alors non, je ne cherche pas à lui faire plaisir ou quoi que ce soit du même genre. 
Et j’ai eu à faire à plus dangereux que lui, donc sa mauvaise humeur ne me fait pas peur. Ca m’embêterait juste qu’il passe ses nerfs sur toi alors que tu n’y es pour rien du tout.


Il cligna des yeux un long moment, se demandant si ce qu'il venait d'entendre était réel. Il ne dit rien, renifla même et hocha la tête.

-Je... D'accord.

Il lui paraissait incroyable qu'elle n'ai pas peur de lui. Il ne voyait pas Flanagan autrement que comme la plus grosse menace de l'univers. Son univers était régi par Flanagan et il haïssait ça du plus profond de son être. Il concevait qu'il y avait pire que cet homme. Il n'était pas naïf au point de croire que la nature dans toute sa complexité n'avait pas créer quelque chose d'encore plus horrible. Il évitait d'y penser, sans quoi il risquait de sombrer définitivement et ça faisait bien trop longtemps qu'il luttait pour ne pas sombrer. Il notait pourtant la prévenance de la jeune femme envers lui. Elle ne voulait pas qu'il s’énerve contre lui... Il secoua la tête, la notion était étrange.
Elle voulait quoi ? Qu'ils deviennent amis ? Il ne fallait pas être ridicule. Il eut un moment de trouble intense, visible. En fait... Il avait envie d'être un peu ridicule... Juste un peu. Pourquoi pas ? Pourquoi il s'en priverait encore. Il fallait être réaliste, plus le temps passait plus il avait besoin de quelqu'un. Un lien avec  cette manière de vivre et non de survivre dont il rêvait tellement.

-En parlant de lui d’ailleurs ... tu le crois vraiment quand il te dit que tu es croisé avec un oiseau de Paradis ?

Le jeune japonais cligna des yeux. Il trouvait la question étrange. Pourquoi remettrait-il ça en cause ? Pourquoi Flanagan aurait menti ? Là dessus ? C'était étrange de croire ça, non ?

-.... Pourquoi il aurait menti ? C'est pas comme si ça changeait quoique ce soit au reste, si ? Alors... Oui. Je le crois.

Il commençait à se demander si il ne lui avait pas menti, tout à coup. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui aurait bien pu faire qu'il lui mente ? Comme si avoir subi cette intervention n'avait pas été de toute façon le pire coup qu'on aurait pu lui porter. Ce que dit la jeune femme ensuite le troubla d'autant plus.

-C’est pour ça que je t’ai attaqué tout à l’heure, parce que tu ne « sens » pas comme un lycan. Tu sens comme un ange, mais il te manque une chose très importante pour en être un. Et puisque tes ailes sont blanches, tu n’es pas un déchu. Je n’y ai pas spécialement réfléchi tout à l’heure, et maintenant que je prends du recul par rapport à ça, je me rends compte que j’ai été débile. Encore désolée pour l’attaque.

Shizuo fronça les sourcils.

-Comment ça, je sens comme un ange. Et comment ça je sens autre chose que le parfum bon marché ?

Il était troublé et il l'était tellement qu'il se leva, presque dans un état second. Il dévisageait la jeune femme avec une expression sévère. Il ne lui en voulait pas, il réfléchissait et il réfléchissait à toute allure, à dire vrai. Il secoua la tête.

-C'est pas possible. Hmm, hmm...

Il croisa les bras, refusant tout net la possibilité qu'elle puisse avoir raison. Si elle disait vrai, il était encore plus précieux que ce qu'il avait estimé. Il n'avait jamais entendu parlé de lycans ange. Aucun ange ne l'aurait laissé vivre assez longtemps pour ça. Personne, en fait. Absolument personne. Une nouvelle terreur se lisait dans ses prunelles.

-J'veux dire... Faudrait être taré pour faire ça. Non ? J'veux dire, un truc pareil, ça se saurait ! Il m'a montré l'oiseau avant.... Avant qu'ils m'endorment. Il me l'a montré. Un putain d'oiseau blanc.

Il secoua la tête.

-J'suis pas un ange ou tout ce que tu veux avec de l'ange dedans, c'est pas possible.

Il était fébrile et tremblait légèrement. Il voyait sa dette augmenter soudainement si la faucheuse avait raison. Son poing s'écrasa contre le carrelage, juste assez fort pour lui faire mal, pas assez pour faire du bruit. Il ne la croyait pas. Pas un seul instant...

Et si elle avait raison ?
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MessageSujet: Re: The beautiful people [PV Shizuo]   01.08.14 17:48

A force de ne fréquenter que le même milieu, on finit par avoir des habitudes et des réflexes qui paraitraient assez vains, prétentieux même, à ceux qui observeraient de l’extérieur un tel comportement. En-Zakel ne faisait pas exception à la règle : à ne se lier qu’avec des personnes ayant une certaine connaissance des espèces surnaturelles en jeu, elle en oubliait que la plupart des gens ne s’amusaient pas à élargir leur bestiaire de créatures.
Il lui fallut quelques secondes pour se rappeler de tout ça et mettre de son côté son orgueil blessé pour sourire à Shizuo et secouer la tête.

- Ne t’excuse pas, c’est vrai que j’aurais dû penser à expliquer. Les faucheuses ramassent les âmes des morts et veillent à ce qu’elles puissent se réincarner plus tard, ou qu’elles partent en Enfer et au Paradis pour celles qui sortent du lot.

Les faucheuses avaient d’autres subtilités, mais la dame en blanc ne tenait pas vraiment à se lancer dans une telle discussion – tout d’abord, parce que ce n’était ni l’endroit ni le moment pour le faire, et ensuite parce qu’elle n’avait pas forcément envie d’être rappelée à une existence dont elle était loin d’avoir retrouvé tous les souvenirs.
Pour une fois, elle allait faire un effort et ne pas se laisser aller à divaguer alors qu’elle avait bien plus intéressant et intriguant sous la main. Et puis, le jeune homme lui était sympathique ; elle lui devait au moins des excuses, et peut-être quelques réponses aussi. Il avait l’air terrorisé par son maître, ce que la demoiselle pouvait comprendre : elle n’en avait pas vu beaucoup, mais ce qu’elle avait entraperçu de leur relation la laissait imaginer à quel point elle pouvait être cruelle, douloureuse et injuste pour le blondin. Il fallut donc qu’elle le rassure une nouvelle fois quant à ses intentions : non, elle n’était pas là à cause de Flanagan. Elle ne faisait pas ça pour lui plaire, il n’était pas au courant qu’elle était revenue dans cette salle de bain et il ne le saurait probablement jamais.
La question étant réglée, elle repassa rapidement à ce qui l’intéressait et lui posa enfin la question qui la taraudait : était-il vraiment sûr d’être croisé avec un oiseau ?
Elle n’avait pas pu se tromper, elle était sûre d’elle : l’aura des anges était bien particulière, même recréée artificiellement. La Grâce, c’était encore autre chose, quelque chose de fondamentalement inimitable, mais la marque des anges, leur « odeur », leurs ailes … avec un peu de pratique et quelques petites modifications, ce n’était pas impossible à refaire. Les scientifiques du monde entier avaient déjà prouvé leur capacité à manipuler le génome presque comme ils le souhaitaient en créant les lycans. Alors, pourquoi pas un humain croisé avec un ange ? Pas un hybride, mais quelque chose croisé entre deux eaux, qui n’était ni tout à fait l’un, ni exactement l’autre.
A la mention de cette idée, la faucheuse vit Shizuo se troubler, et elle se douta que les choses n’allaient pas aller en s’arrangeant.

- Comment ça, je sens comme un ange ? Et comment ça je sens autre chose que le parfum bon marché ?

En-Zakel sourit un peu et haussa les épaules. C’était quelque chose qu’elle aurait bien du mal à lui expliquer, quelque chose qui était tout à fait instinctif chez elle. C’était une reconnaissance quasiment animale des autres espèces, un attribut propre à une bonne partie des êtres magiques qui erraient sur Terre ou dans leurs lointaines demeures dans des plans d’existence inaccessibles.

- C’est un peu différent. Je t’expliquerai à l’occasion.

Elle se contenta de le regarder se lever et croiser les bras, l’air complètement désarçonné par la possibilité qu’on lui ait mentit sur la chose avec laquelle on avait mélangé son ADN. Elle était assez désolée de le voir dans un tel état, mais elle se disait qu’il valait mieux qu’il sache. Ca pourrait lui épargner bien des choses par la suite, comme par exemple de tomber sur quelqu’un qui l’agresserait comme elle l’avait fait plus tôt.

- J'veux dire... Faudrait être taré pour faire ça. Non ? J'veux dire, un truc pareil, ça se saurait ! Il m'a montré l'oiseau avant.... Avant qu'ils m'endorment. Il me l'a montré. Un putain d'oiseau blanc.

La jeune femme pencha doucement la tête sur le côté.

- Choupi … un oiseau de paradis, c’est tout sauf blanc. C’est pour ça que c’est connu, d’ailleurs, parce que ça a des couleurs incroyables.

Elle ne connaissait rien du garçon face à elle. Elle ne connaissait rien de sa vie, elle ne savait pas par quoi il avait bien pu passer. Elle ne savait pas quelle quantité de mensonges on lui avait fait avaler, quelles aberrations on lui avait fait croire en les faisant passer pour la vérité vraie. Mais s’il y avait bien une chose dont elle était sûre, c’était que cette opération qu’on lui avait fait subir, cette modification qu’on lui avait imposé en le persuadant qu’il serait en partie oiseau à son réveil, c’était sans aucun doute une des pires choses sur lesquelles on lui avait menti.

- J'suis pas un ange ou tout ce que tu veux avec de l'ange dedans, c'est pas possible.

La faucheuse soupira doucement. Dépliant ses jambes, elle se leva calmement et s’approcha de lui, et prit doucement dans ses mains le poing qu’il venait d’écraser contre le mur.

- Crois ce que tu veux. Je ne sais pas ce qu’on t’a dit, ni si tu sais faire autre chose que sortir tes ailes. Je te dis juste ce que moi je pense, et tu es libre d’en faire ce que tu veux.

Elle haussa un peu les épaules et lui sourit gentiment.

- Et puis, je suis loin d’avoir la science infuse, alors, si ça se trouve, je me suis trompée.

Elle lui pressa amicalement la main, puis la lâcha.

- Si tu préfères penser qu’il a dit vrai et que tu es vraiment croisé avec un oiseau de paradis, alors crois ça. Je peux comprendre que certaines choses soient plus faciles à vivre ou à avaler que d’autres.


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