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 Fist Hacking

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MessageSujet: Fist Hacking   08.11.13 14:27

Musique de la nouvelle vague, ondes sonores élevées et compactes, mains chassant les ultra-sons d’un geste désinvolte, fréquences bleutées perçant le reflux d’un infra-woofer. Reconstitution de chants préchrétiens tribaux tourbillonnant au beau milieu des fêtards, pulse grandissante percutant les estomacs liquoreux pleins à verse. UltraHaptics, se rappelait Jdankov, le dernier SJ à la mode. Sensorial Jockey. C’est plus d’la musique, c’est de la pornophonie, rêvassait-il derrière son expression cuirassée. D’un regard bienveillant et non moins absent, le Capitaine Jdankov, verre vide en main, observait les pitreries de ses gars au beau milieu de la sobre célébration de quart de mission. Des hommes et des femmes qui appartenaient à l’élite, militairement enhanced, des agents qui, aussi spécialisé que soit leur champ de connaissance, aussi aigu leur sens de la stratégie, aussi fin leur sens tactique, n’en restaient pas moins de parfaits soudards. Certes, la chose était rare, mais ces hommes et ces femmes à l’intellect sur-stimulé, au physique sportivement engeneered, cultivaient parfois l’art du relâchement jusqu’à l’inconscience, et revisitaient l’expérience aéronautique du voile noir dans sa version éthylique.

« Vik, » l’interpella une jeune femme, mystérieusement détachée de la bruyante agrégation. Le Capitaine perchait toujours, musique embrumant son esprit autant que ses tympans, la forçant à insister et réitérer un « Vik » plus énergique. Dafuq ? Ça n’était pas comme si la convention voulût qu’on l’appelât sous son p’tit nom au beau milieu de ses fonctions, festivités ou non. Aussi, il dégrisa sur le champ, comprenant qu’il avait affaire à une erreur de jeunesse. Une erreur de jeunesse datée d’un peu moins d’un mois, tandis que dans son champ de vision, le tacticien info de l’unité bêta était en train de s’éclipser. First thing first, Jdankov avait d’autres priorités, et rouvrir une affaire classée, enfermée dans une boite de faraday et enterrée bien au fond de son esprit, ne représentait pas même la dernière entrée de sa to-do list. Regard focalisé et bloqué dans la direction où le rouquin s’en était allé, lui manquait plus qu’un effet doppler bleu néon pour indiquer l’objet de son intérêt.

L’agent Campbell était le genre de cowboy parfait pour l’aider à accéder au niveau d’infoplan gouvernemental que SIRILA lui déniait. Et si le hacking lui semblait trop risqué pour son galon, à savoir, violer les procédures de sécurité et d’autorisation du Service des Renseignements et des Prédictions, pourrait au moins lui coder une blackdoor, le genre de signature eARN capable de s’inoculer à partir de n’importe quel nœud de login, trompant et épousant le cryptage des signatures quantiques en se téléportant littéralement au travers des différents niveaux de sécurité. La jeunesse était capable, nom de Dieu ! De plus le risque serait sien, et non celui du Tacticien. La gueule que l’agent risquait de tirer. Qui se serait douté que le quinqua voulût s’amuser à caresser les IA dans le sens des qbits ? Que le terme blackdoor même, fît partie de son vocabulaire ? Le capitaine Jdankov suivait de près les vertigineuses avancées du cybercrime, comme celles de toute criminalité, mais à la manière dont un sovkhozien prisonnier en terre reculée, suivrait d’un œil à moitié aveuglé, les actualités brûlantes d’astrophysique clusterienne et de colonisation spatiale. Il pourrait se démerder moyennant un bon coup de main. Et puisque le sujet impliquait un hacking à partir des nœuds d’accès dédiés aux FSR, mieux valut qu’il mît cette fois de coté ses quelques indics câblés, brochés ou  implantés mais surtout, déjantés.

Jusqu’ici, Jdankov n’avait jamais senti passer les restrictions d’accès aussi franchement, et il l’avait dans l’os, pour ne pas dire autrement. Son grade de Capitaine des forces spé lui valait une large marge de navigation dans les sphères du SRP, et il découvrait qu’il n’y avait rien de plus frustrant que de se prendre un seuil en plein forage : la preuve qu’il creusait au bon endroit. Il était encore temps de faire marche arrière et d’en rester là où le limitait son paygrade. Dans quatre ans à peine il pourrait se retirer, si seulement il l’eut souhaité. Que savaient son supérieur et le Directeur ? Les arcanes du savoir et de l’information étaient une vieille épée de Damoclès et Vik était prompt à la confondre avec Excalibur. Mais voilà, on n’entame pas une bouteille de vodka sans la vider, disait le proverbe russe. Problème déontologique solved. Sa dialectique interne n’était pas même formulée et tenait de la conviction. Aussi, une seconde n’était pas encore passée lorsqu’il clôtura l’entretien avant qu’il n’ait réellement lieu : « Pas maintenant. » fut tout ce qu’il feula sur un ton distrait, instamment caparaçonné d’une aura blindée de la tête au pied.

Bon Dieu. C’était à moins de 45 min de Maglev ou 10 minutes d’hyperloop qu’il s’était trouvé ce soir-là, loin de Naniwa, mais dans les distances temporelles réglementaires de l’astreinte à laquelle il était soumis 370j/365. Combats et paris clandestins d’Ultimate Blast, foule en délire, odeur du fric et des plaquettes de Crédits embaumant le public de ménades ivres. Et here she was. Par le plus grands des hasards ou la plus grande filature de l’histoire de sa capitainerie, elle s’y était trouvée aussi. Loin de la base, elle avait découvert les galons d’homme sous le grade de Capitaine, et il avait découvert la séductrice en besoin de réassurance sous l’insigne d’agent tactique qui, dans le feu du désir, semblait appartenir à une lointaine unité. Puis il avait bien fallu rentrer. ’devrais faire couler cette fichue arène rien qu’pour ça, rumina-t-il amèrement tout en se mettant en marche, objectif en tête bien verrouillé. Mais il ne le ferait pas, car le gestionnaire était un indic sous contrat, notamment concernant l’affaire de l’hypnos. Il s’arrêta devant la tablée de boissons et condiments et happa deux bouteilles de bière brune au passage. Quittant la salle de repos présentement tournée en ouvre-boite, il arracha une vignette vantant la saveur Strong Bitter & Extra Malt et se cala dans un angle mort le temps d’y griffonner deux mots. Même les chiottes avaient leur caméra de sécurité, invisibles pour se faire oublier. Nan sérieusement, qui arriverait à chier avec l’idée d’être potentiellement observé jusqu’aux grand-portes du trône ?

Il emprunta le dédale de couloirs anisothermes, voyants numériques et indicateurs de bureaux, postes and co défilant sur ses côtés, l’impression d’une transparence et d’un manque de privauté drastique lui tenaillant la nuque avec un imbittable désagrément. Il se trouvait dans l’endroit le plus sûr de la mégapole et avait la sensation de traverser une estrade de vente aux enchères. Pariant sur le retrait du hacker dans ses quartiers d’opération, il plaça une main libre sur les biosenseurs holographiques matérialisés dès qu’il eut le nez à la porte. eADN blazé d’un code prioritaire, l’accès lui fut autorisé tandis qu’un hp annonçait dans l’enceinte de la salle l’identification de son matricule. Bingo. Le rouquin s’y trouvait. Et sans s’excuser de son entrée non attendue, quand bien même annoncée pendant l’ouverture, Jdankov s’avança jusqu’à lui d’un pas leste et assuré, informellement sapé d’une veste d’uniforme galonnée à l’épaule et d’un pantalon militaire brun.  L’expression de son visage était sévère et son regard ferme, le coin des yeux plissés de ridules de concentration bien qu’il ne fit pour l’instant pas vraiment attention à la situation du hacker. Ce dernier aurait pu être en train de visionner un holoporn ou de rédiger un rapport de la dernière importance qu’il n’aurait pas fait la différence : deux minutes à peine s’étaient écoulées depuis qu’ils avaient quitté les réjouissances.

« Hey, Campbell. Pouvais pas vous laisser faire bande à part, alors ’vous ai ramené de quoi participer quand même, » lâcha-t-il tranquillement d’une voix basse et enrouée, et d’une intonation trop modérée pour que son propos fut réellement pris au premier degré. Le tout sans altérer d’une once son masque de gravité. Il tendit au même moment l’une des bouteilles, celle à l’étiquette recollée et sur la très mince pliure de laquelle pouvait se lire en anglais pattes de mouches : « C312 /Safe 2 speak ? ». Si le hacker lui-même n’en savait rien, alors le monde était fichu. Le geste était nonchalant, mais l’insistance avec laquelle il la lui présenta parlait d’elle-même. S’y ajoutait l’improbable commentaire largué avec bonhomie sans que ses traits ne se soient décontractés : « Pour une fois que l’ale est pas dégueu, faudra féliciter le logisticien préposé aux beuveries. » Jdankov ne passait pas pour être spécialement friendly, aussi les explications quant à pareil manège ne pouvaient faire légion. Soit venait-il tout juste de virer sa cutie et était en train de performer le plan drague le plus flippant de toute la décennie ou, plus plausible, avait-il un service officieux et périlleux à demander. Difficile de savoir quel des cas serait le pire.
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Tacticien
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MessageSujet: Re: Fist Hacking   27.11.13 22:28

Plaisirs insoupçonnés d'une royale beuverie.
Who's gonna believe that? Certainement pas lui. Si la mission en elle-même s'était plutôt bien passé, du moins du côté du tacticien, l'After était en train d'atteindre la limite du désagréable. Pas que les autres soient de mauvaises compagnies, même en omettant Claus qui relatait ses hauts-faits en agitant sa bière dans tous les sens. Le rouquin remonta ses lunettes avant d'analyser ses options : James, par sa présence, l'empêchait de filer ni vu ni connu. Et Claus, ce cher et tendre blondinet, lui assenait l'épaule et le dos de coups sans raison apparente si ce n'était ses élans lyriques très inspirés qui frôlaient la limite de l'incohérence alcoolique.

RUN!
Ça, il aimerait bien. Rester sans broncher sans pouvoir espérer raisonner avec le Grand Claus et, inévitablement, devoir le ramasser par terre à la fin de la soirée. Non. Vraiment. Le rouquin se tourna vers James, déjà prêt à utiliser la meilleure tactique de fuite pour que ce dernier le laisse passer : bio. Une raison parfaitement valable de vouloir quitter son siège pour rejoindre le dit Grand-Trône, même avec ses caméras et tout, il y avait toujours un moment où il fallait y aller. Application du plan en vue...

Fuck.
Un mot qui dit tout, on vous épargnera les autres, par grande sagesse. Surtout que Claus s'était soudainement penché vers lui en oubliant visiblement qu'il tenait une bouteille d'alcool à la main. Heureusement pour lui, la bière de monsieur n'était pas pleine. Malheureusement, Shaun empestait maintenant l'alcool. Thank you. Finalement, il pouvait partir. Par principe, il engueula tout de même le blondinet, même si ce dernier n'entendit rien avec la musique trop forte. Toujours trop forte, il allait finir avec un mal de tête.

Direction son bureau!
S'il capta le regard désolé de James, il lui répondit par un regard noir dissuasif. Il était parfaitement apte à se changer tout seul! Inutile de venir lui tenir la main. Endure Claus sans moi. C'est donc ainsi qu'il s'éclipsa après avoir traversé la masse compacte des autres unités. Presque incognito. Enfin, personne ne viendrait lui chercher des noises dans son bureau. Personne. Absolument personne. Il pourrait donc se changer tranquille.

Si seulement...
Rejoindre son bureau fut rapide et, par besoin d'intimité, Shaun lança le programme d'opacité murale. Il se sentirait trop mal qu'une personne passe par là et puisse le voir dans son plus simple appareil. Oui, il aurait pu aller se changer aux toilettes plutôt que dans son bureau. Mais pourquoi retraverser tout le couloir alors que son sac de rechange était ici? Quoiqu'il en soit, alors même qu'il venait de retirer son pantalon alcoolisé et qu'il fouillait dans son sac, la réalité le rattrapa.

Voix robotisée et pic de stress.

Aleeeerte! Quelqu'un venait d'entrer. Le rouquin pudique fut pris d'une panique inattendue et enfila un peu trop vivement son nouveau pantalon. Non mais qui était le débile qui se pointait ici dans un moment pareil hein? Il se jeta presque sur sa chaise pour s'y installer et faire semblant de faire... n'importe quoi d'autre. C'était débile, oui. Mais Shaun avait tendance à faire des choses illogiques lorsqu'il était gêné. Bon, et maintenant, qui était l'idiot qui l'avait suivi?

Visite du Captain Gamma.
Dans son unité. Dans son bureau, à lui. Parlant du bureau, celui de Shaun était un mix étrange entre la plus haute des technologies et les plus belles vieilleries. Il était littéralement entouré de bouquins historiques poussiéreux. Il aimait autant les antiquités que ses gadgets électroniques dernier cri. D'ailleurs, son bureau lui-même était une immense surface tactile, comme ce n'était pas assez pour notre geek, il avait aussi fait installer trois écrans transparents pour compléter le tout. Mais revenons au Captain Gamma. Si Shaun n'avait pas écouté l'annonce de son arrivé avec attention, il put néanmoins constater que ce n'était pas James qui l'avait suivit, mais bien le Captain d'une autre unité. Il fronça les sourcils, déjà prêt mentalement à lui mentionner qu'il s'était trompé d'endroit. Ah, les affres de l'alcool, ce que ça peut leur faire des fois.

« Hey, Campbell. Pouvais pas vous laisser faire bande à part, alors ’vous ai ramené de quoi participer quand même. »

... James en tutu.
« Pour une fois que l’ale est pas dégueu, faudra féliciter le logisticien préposé aux beuveries. »
... Rose le tutu.

Ce serait plus probable que ÇA.

Le rouquin garda tout de même, autant que possible, son flegme habituel. N'empêche que la bière qu'on lui tendait avait des airs de bombe nucléaire prête à lui exploser en plein visage. Déjà qu'on venait de lui en renverser une dessus... Autant dire qu'il mit d'interminables secondes avant de se décider à la prendre. Ensuite, le rouquin se leva pour aller déposer la bombe dans un coin plus sécuritaire, loin de sa propre personne. Évidemment, en chemin, il avait capté le petit message et fit, délibérément, attendre le Captain Gamma.

« Je n'ose même pas imaginer pour quelles raisons vous voudriez me saouler. En privé qui plus est. » Il revint sagement s'asseoir à son bureau avant d'appuyer à quelques endroits bien spécifiques et dans un ordre bien précis.

« Safe. Et si vous m'expliquiez pourquoi vous êtes venu me voir. Me voir moi. Vous avez brisé SIRILA c'est ça? »

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MessageSujet: Re: Fist Hacking   06.12.13 16:43

Un sérieux religieux assombrissait ses traits pendant qu’il lui tendait la brune. Il eut l’impression d’entrer en état de stase tout en restant conscient, tant le rouquin mettait d’hésitation à accepter son offrande. Un nerf tressauta au-dessus de son sourcil et les commissures de ses lèvres s’effondrèrent lentement. Soit Campbell était victime d’un sérieux stress post-traumatique après son arrosage, soit craignait-il que la bière fût droguée, songea Vik. Il se demanda même si un holo flash avec la mention « It’s a trap » ne venait pas d’apparaitre sur son front. En revanche, que le tacticien faillît à comprendre le sens de sa comédie était tout bonnement impossible. Dans tous les cas, la chose avait été en passe de l’attrister. Parce qu’il était au final, porteur de mauvaises nouvelles, quoi qu’il voulût en dire, et que le jour où l’un des gars remuerait la queue en le voyant débouler n’était malheureusement ou heureusement pas prêt d’arriver.
Il eut le temps de se formuler vaguement chacune de ses assomptions tandis que ses routines réflexives, autrement sérieuses, continuaient de tourner et qu’une crampe somative menaçait son bras.

Lorsque le rouquin s’empara finalement de la teille, une vague de soulagement emporta le cinqua. Mais il n’en laissa rien paraitre. Il se redressa et croisa les bras en commençant à prendre la mesure de son environnement, scrutant l’affairement du tacticien. Sa mâchoire s’allongea devant le manège constaté, et il repartit à se répandre en conjectures. Quelque part, c’était une bombe qu’il venait de lui mettre entre les mains, au vu de toutes les mauvaises surprises que les trois mots griffonnés pouvaient annoncer. Dans une situation où un autre sous-direlo entrerait dans son bureau à l’insu de son supérieur, Vik lui-même n’était pas certain de la manière dont il réagirait. Mais il était sûr d’une chose : chez lui, la curiosité l’emporterait toujours. Ensuite, peut-être était-il en train de mettre la pièce à conviction dans un endroit sûr ? La dénonciation directe et sans enquête informelle préliminaire n’était pas vraiment dans l’éthos des officiers de la maison. On n’était pas en Russie, bardak.

Les secondes semblèrent encore une fois défiler en temps cosmique et le capitaine restait stoïque. La patience n’était pas son fort, mais il savait se ménager. Lorsqu’il en allait de son intérêt direct. Il remarqua le mélange détonant de vieilleries et d’hightech et résista à ne pas étendre la main pour caresser la reliure en vieux cuir d’un livre antédiluvien, qu’il préféra juger authentique, par sympathie et par nostalgie. La contrebande existait et la reproduction synthétique de pièces papiers était un marché qui rapportait comme tout marché noir ou gris. Impossible de dire la différence à l’œil nu lorsque même les forensiques ne le pouvaient. Il reporta son attention, neutralisée, sur le hacker  lorsque celui-ci revint sur ses pas, et nota le rendu ce qui avait dû être un rembraillement à la va vite. Il cilla et fronça, bloquant son jugement.

« Je n'ose même pas imaginer pour quelles raisons vous voudriez me saouler. En privé qui plus est. »

Sans se départir de son sérieux, Jdankov releva le menton, laissant douze mille conneries défiler sous son crâne. Son regard se mit à luire d’une malice retenue. Pour voir si c’est vrai c’qu’on raconte sur les roux ; Pour illustrer les dangers de l’alcool sous pénurie de pilules dégrisantes ; pour vérifier que vous n’êtes pas un fuckin’ toaster ; Pour faire jaser. Et il en passait encore. Malgré sa très forte envie de répliquer, bonhommie fendarde oblige, le Capitaine avait préféré jouer la prudence. Il ravala ses vannes en grommelant. Rien ne lui assurait que les murs fussent munis de boules quiès, malgré les manipulations discrètes dont il put témoigner.

« Safe. Et si vous m'expliquiez pourquoi vous êtes venu me voir. Me voir moi. Vous avez brisé SIRILA c'est ça? »

Attaboy, songea Vik. Son visage se dérida un brin et il décroisa les bras en tournant ses paumes vers le plafond : « On n’peut rien vous cacher, » s’excusa-t-il. La partie était loin d’être gagnée, il en était parfaitement conscient. Il le considéra un bref instant et hocha la tête, affirmant sa détermination, confirmant ce choix qu’il avait fait de venir le trouver. Sa meilleure alliée jusqu’ici avait été Sirila, et voilà qu’elle s’était mise à porter le pantalon, d’après la règlementation interne des FSR, partie 110 sur l’égalité des cinq genres, paragraphe 25, de la différentiation sexuée, alinéa 8 sur les représentations sexistes, gnagna, l’avait-il mainte fois singée en pensée. Pure coïncidence, certes, qui ne manquait pas d’ajouter à son agacement.
Campbell était la meilleure solution. Déjà parce qu’entre deux maux – entre Zhou et lui – sa team à lui était directement concernée par les informations qu’il tentait d’obtenir. Les news n’avaient pas encore filtré ; seuls O’Fallon et Jdankov lui-même avaient été mis au courant de la prochaine mission croisée qui avait été assignée à leurs deux teams. Ensuite, parce que son passif recelait un mystère suffisamment éloquent pour qui était un tant soit peu branché sur l’histoire et la situation géodésique, ou plutôt kuberdésique, du cybercrime. C’était l’histoire d’un fameux cowboy qui disparut de la circulation en endeuillant suffisamment d’émules pour faire pleurer l’entière mégasphère du cyberespace,  et d’un génie qui intégra peu de temps après,  les Forces Spéciales de Répression.

Le Capitaine Jdankov était fameux pour maitriser la langue de bois à un niveau exceptionnellement vermoulu. Mais il avait le mérite de pouvoir se faire comprendre sans user de jargon nerdifiant.
Il se frotta le menton et partit dans l’exploration de l’anatomie de sa mâchoire, puis envoya la sauce.

« Sirila ne m’avait jamais fait de cachotteries jusqu’ici, » commença-t-il d’un air emmerdé.
Mes accréditations ne me permettent pas d’accéder à  certaines informations que je juge capitale.
Il étira un sourire faussement pudique. « Alors j’voudrai bien passer par derrière. »
J’ai besoin d’une blackdoor.
« Bon, disons que, pour ne pas m’faire refouler, me faudrait prendre trois levels de plus,» fit-il mine de suggérer.
Une blackdoor qui simule une accréditation de niveau 5 sur le réseau gouvernemental.
Son regard dévia et se focalisa au beau milieu d’un écran translucide, simulant quelque profonde considération intérieure. Puis il revint fixer le rouquin d’un regard intense, misant gros, en ajoutant modestement :
« Et avec ceci, j’voudrais quand même pas vous demander d’me faire un sandwich. »
Je sais que je demande beaucoup. Pour la suite, je suis capable de me démerder tout seul comme un grand et vous resterez en dehors de ça. Mais si vous avez des suggestions je vous écoute.

Une blackdoor était un spyprog mythique qui réunissait deux caractéristiques : simuler une identification accréditée pour entrer dans un réseau quantiquement crypté, autrement dit, s’y intriquer ou s’y superposer ; et générer une faille de type backdoor là ou rien de tel n’avait été implémenté pour pouvoir laisser sortir de l’information et des données. Le procédé était mythique, comme la licorne : c’était le fantasme de nombreux cowboys et très rares étaient ceux qui en avaient vu la couleur – arc en ciel, wild guess. Pas mal se la racontaient et mythonnaient pour écoper de grosses courses. Probablement étaient-ils maintenant décérébrés pour s’y être essayé, ou étaient-ils eux-mêmes des superIA, telle que SIRILA ou encore, des Second Leaves. Très peu probable. Deux hackers – humains, s’accordaient les sources, y étaient parvenus en l’espace d’une quinzaine d’années, l’un perçant dans l’infosphère d’un gouvernement, l’autre, dans celui d’une super-firme. Wendigo et Aleph Zero. Mais peut-être étaient-ils eux aussi, des licornes.  

Bien évidemment, le tacticien était en droit de refuser net et/ou de s’enquérir des motifs qui venaient de pousser le Capitaine des Gamma à émettre pareille requête. Jdankov croulait sous les responsabilités et devait rendre des comptes. Il n’était certainement pas le genre de type à prendre des risques inutiles, du moins à mettre en jeopardy la carrière et la vie de ses gars où de ses collègues... pour rien qui n’eût été pire. Aussi, après considération, prendre peur restait encore  la plus saine et la plus naturelle des réactions à avoir.

Le capitaine avait anticipé l’exigence d’explications, dans la mesure édulcorée de ses soupçons et de ce qu’il lui était possible de révéler. Au moins Campbell en saurait, au mieux pour lui ça vaudrait, principe universel qui fit longtemps l’efficacité des hiérarchies mafieuses. Il s’était rehaussé dans l’expectative d’un bombardement de questions, toujours debout et les mains maintenant jointes dans le dos. Sa carrure massive faisait ombrage aux plafonniers et se projetait sur le visage du rouquin. Bien qu’il fût un supérieur gradé, le caractère officieux et subversif de sa demande annulait, sous une certaine mesure, les rigidités hiérarchiques.
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