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 [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino

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MessageSujet: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   17.01.14 0:58

Puttana, c'est un mot qui me définit.
Je suis à genoux devant un homme en costard gris assis sur un beau fauteuil en cuir. Il me caresse les cheveux. Sei Bellisima. Il halète alors que ma langue titille le bout de son gland. Je lève les yeux vers lui de temps en temps pour scruter son visage exalté de plaisir. Soudainement, un bruit sourd contre la porte se fait entendre et nous dérange, nous sursautons tous les deux. Merda ! Une voix d'homme se fait entendre, les deux mafieux discutent en italien à travers la porte. Georgio semble contrarié et furieux mais je ne m'arrête pas, puisqu’il continue à caresser mes cheveux. Lorsqu'il termine sa conversation, il me dit dans un anglais à fort accent :

"Dépêche-toi de finir, j'ai à faire"

Bien, je m'exécute alors et entame un va-et-vient rapide avec ma bouche,  il m'attrape une mèche de cheveux et la serre. Rapidement, l'homme se cabre, je sens un liquide chaud me couler dans la bouche. Une minute d'astiquage intensif avant d'atteindre la délivrance, record du monde Georgio ! J'attends quelques secondes pour que l’homme s'enivre de cette vague de plaisir qui l'a assaillit. Sei bravo Elena. Lorsque son souffle se calme, que sa main lâche mes cheveux, je délivre son sexe de mon emprise et avale. Je me relève et lui tourne le dos. Je commence à reboutonner ma robe bleue que l'homme avait commencé à défaire. Il fait de même avec sa chemise rose saumon.

"Alors, vous êtes en ville pour combien de temps ?"

L'homme finit de se rhabiller et allume une clope.

"Tout dépend des affaires... Magne de te ravaler la façade, j'te dépose chez toi"

Je lève un sourcil, qu'il ne peut voir. Je ne crois pas qu'il se rende compte du ton autoritaire et condescendant qu'il prend. Beaucoup de gens doivent le haïr, cela dit, peu de personnes oseraient se révolter contre ses décisions, quelles qu'elles soient. Quand on fait partie de la mafia, forcément ça donne des arguments pour que la plupart des gens sensés réfléchissent à 3 fois avant de contester une décision. Ce qui est attristant c'est que c'est ce genre d'idiot qui est haut dans la hiérarchie, être bien né aide toujours dans la roulette de la vie. Pour finir, quant à son traitement des femmes, c'est déplorable : en dehors des plus âgées, les mamas italiennes qui méritent son respect, elles sont toutes bonnes à lui sucer la queue. Je vais me laver rapidement les dents et rafraichis mon maquillage. J'enchaîne la discussion depuis la salle de bain.

"Vous n'aimez pas les japonaises ? Trois fois que vous venez au Japon pour du business en quelques mois et c'est moi que vous venez voir."

J'ai un visage d'européenne, et à ceux qui me demande, je dis que je viens de l'Europe de l'Est : roumaine, polonaise, lettonienne ou slovaque, pour être honnête peu de personnes ne font la différence. En fait, peu de gens connaissent ce pays, son histoire et son environnement, ce qui m'arrange c'est je peux en dire ce que je veux, je peux m'y inventer une vie qui paraitra logique alors que je n'y suis restée que quelques mois. En fait, ce ne sont pas vraiment des bobards non plus, ça a été ma destination à une période, la première où j'avais été envoyée sur terre, j'étais encore un ange blanc. Bref, longue histoire mais c'est de là d'où vient mon prénom.

"Ça manque de chaire, mais si tu as une copine et que vous voulez me faire changer d'avis toutes les deux..."

Cet homme me désespère, impossible de lui tirer les vers du nez, d'avoir la moindre histoire sur sa vie. Qu'est-ce qu'il croit ? Que ça me fait plaisir de lui sucer la queue pour un peu de thunes ? Bien que je ne crache pas contre son argent, mais vraiment, pour un mec de la mafia, un italien qui plus est, il est ennuyeux à mourir. Je veux des histoires à me mettre sous la dent, quelque chose, n'importe quoi !!

"Vous avez tort !"

Je ferme rapidement l'étui de mon fond de teint et revient d'un pas décidé vers Georgio. Il me regarde interloqué, comme si c'était la première fois qu'on avait assez de cran pour prononcer cette phrase devant lui.

"Les japonaises sont tellement déroutantes une fois qu'elles enlèvent leur petit air effacé et sage... Les pires curva que j'ai jamais vu ! Vous ratez quelque chose."

L'homme reste silencieux, semblant réfléchir. Je  range mon sac et attrape mon manteau, je perçois du coin de l'œil son visage, alors qu’il esquisse un léger sourire tout en éteignant sa cigarette. Bingo mia bella !

Nous quittons cette jolie chambre d’hôtel, et c’est une fois dans l’ascenseur que j’ai bien la preuve d’avoir fait mouche. Je sens que l’italien me scrute, mieux, j’ai l’impression que c’est la première fois qu’il me regarde vraiment. Alors comme ça tu aimes les femmes ayant du caractère machin ? Huuum, j’espère que je ne te fais pas penser à ta mère qui te disputait ; Œdipe, ne me vieillit pas je te prie…
Bien, Monsieur m’ouvre maintenant la porte de sa bagnole dans laquelle je me glisse : une Maserati d’une couleur sobre, déjà habitée par deux gardes du corps. Gerogio s’installe à mes côtés et quelques secondes après, son chauffeur démarre.

« Tu n’es donc pas tenté par les japonaises, que ce soit les femmes ou les voitures à ce que je vois »

Mon visage dessine un sourire enjôleur. Pas question que je te lâche alors, puisqu’il faut te tenir tête, allons-y ! Sa bouche fait un bruit, tel un tic de mécontentement, alors qu’il arbore un sourire lui aussi.

« Tu me déposeras près du parc ?»

À bien y réfléchir, le tutoiement lui correspond mieux. Je commence à me sentir plus à l’aise, premièrement parce que pour la première fois depuis que je le vois je commence à exister à ces yeux. Il me mettait les nerfs à passer à côté d’une femme comme moi. Deuxièmement parce que mes fesses s’enfoncent délicieusement dans le siège en cuir d’une belle voiture, la vie est quand même plus sympathique quand on a de l’argent, surtout si celle-ci est éternelle.

« Non ! (prononcé à l’italienne) Tu viens avec moi. » Je le dévisage en silence alors qu’il a les yeux rivés sur la route. Il s’est affaissé dans le siège lui aussi. Une gourmette de mauvais goût ainsi qu’une bague en or jaune presque fluorescent sont exhibées fièrement à son poignet et sa main gauche, n’oublions pas sa chemise rose saumon ouverte en haut, de manière à ce qu’il arbore fièrement des preuves de sa virilité poilue.

« Vraiment ? »

Je fronce les sourcils, intriguée, je me méfie quand même : La Cosa Nostra, n'est pas un rassemblement d'enfant de choeur, mais plutôt une organisation mafieuse extrêmement puissante, surtout implantée en Europe, aux États-Unis et au Canada. Alors pourquoi, ce type haut placé vient au Japon, trois fois de suite ? Je n’ai pas eu énormément de contacts avec les Yukazas, donc je suis protégée d’une guerre entre mafias, mais dans ce cas, qu’est-ce qu’il me veut ?

« Tu as besoin de moi pour négocier ? »dis-je, moqueuse.
Il se contente de sourire d’un air beauf.

La nuit se met à tomber et la voiture se dirige vers un quartier bien moins huppé de la ville : les docks, les quais, la prison… Pendant le trajet, mon anxiété ainsi qu’une montée d’adrénaline m’assaillent, moi qui voulais des histoires, je sens que je vais être servie. Ça fait des années que je ne me suis pas ressentie si éveillée ! Sauf, que je suis un peu déçu lorsque le véhicule s’arrête devant un simple bar glauque.
Je jette un coup d’œil à la devanture du commerce et revêt un air hautain :

« J’espère que tu vas mettre le prix pour me faire rentrer là-dedans
-Tu restes avec moi jusqu’à demain matin, donne-moi ton prix. »

Ça a l’avantage d’être clair. Les portes de la voiture claquent, le chauffeur s’adosse à la carrosserie, allumant une cigarette. Georgio m’attrape par la taille et nous nous dirigeons vers l’entrée de l’établissement, un des gardes nous suit et c’est ainsi que notre petite troupe fait une entrée remarquée dans ce bar miteux.

« Voi ! Où est l’boss ? »

Georgio pointe la barmaid du doigt, détournant de leurs boissons le regard vitreux des quelques clients présents. Niveau discrétion on a vu mieux. Alors, il est où le boss ?


La Cosa Nostra:
 


Dernière édition par Elena Gavrisg le 13.03.14 23:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   17.01.14 3:54

C'était une période creuse pour son deuxième boulot. La demande s'était faite plus rare ces derniers jours, le poussant à prendre des jours de reposes forcés. Enfin, façon de parler puisqu'il avait décidé de donner des jours de congé à sa serveuse et de tenir le bar pendant ce temps, histoire qu'elle puisse se reposer du surplus de travail qu'elle avait eu à sa charge. Il s'était même promis de chercher une deuxième serveuse, histoire qu'elles puissent se partager le travail. Il avait les moyens, après tout.
Dans la journée, il s'était occupé de tout le nécessaire. Nettoyer la salle, retaper quelques lattes qui tentaient de se faire la malle, tenter de réparer l'un des hauts-parleurs qui n'arrêtait pas de grésiller et qui avait fini en un tas de débris traînant au bas de l'escalier qui menait à son appartement. En soi, une journée vide de sens pour quelqu'un comme lui, à l'affût du moindre danger.
Sa journée avait été simple et monotone. Il avait profité de la dernière heure avant l'ouverture de son bar pour refaire le stock de boisson derrière le bar, bien qu'il n'avait eu qu'à remettre deux-trois bouteilles puisque même ici, les clients manquaient cruellement. La boutique était trop récente pour attirer une clientèle régulière, malgré la présence d'une charmante serveuse.

Et pendant les premières heures, il vit quelques clients, rien de bien méchant. Il eut même une table complète, des dockers qui venaient de finir le travail. Certains lui demandèrent où était passé son employée, visiblement déçus de ne pouvoir lui faire du charme. Oh, devait-on préciser qu'il ne voyait que rarement des femmes rentrer dans son établissement et qu'elle était sûrement la seule touche féminine qui avait actuellement parcouru les lieux ? Sûrement que non.
Le bar n'était sûrement pas tout jeune, sûrement pas accueillant mais quelque chose de rassurant se dégageait dans l'air. Les compositions de jazz et de blues que crachait l'unique haut-parleur de la salle ne faisaient qu'approfondir la tranquillité du lieu. Comme cette musique, c'était une mélodie à la fois nostalgique et avec une force incroyable qui donnait le sentiment que ce lieu était un endroit sûr. Et son musicien faisait en sorte que jamais cette quiétude ne se brise, évitant au possible les notes agressives.

Quelques clients s’attelèrent au comptoir durant la soirée, discutant avec le propriétaire des lieux de choses et d'autres. Mystérieux comme jamais, certains cherchaient à savoir d'où il venait, d'autres ne faisaient que raconter les derniers ragots de la ville alors que certains racontaient leur vie ou menait des discussions vives sur les derniers enjeux politiques, choses auxquelles il ne démontra que peu d'intérêts. Sûrement parce qu'il avait déjà été impliqué personnellement dans ces jeux de complots et de manipulations que chérissaient les politiciens.
La soirée continua. Ce ne fut que vers les vingts-trois heures que débarqua une personne inattendue. Un informateur qui se posa au bar pour délivrer quelques informations de dernières fraîcheurs au Corbeau. C'était un pur japonais, cheveux noirs et yeux foncés, comme le tenancier. Le bar s'était vidé et seul deux clients, dans un coin de la salle, continuaient leur discussion avec une certaine vivacité dans la voix.

« Mon vieux, je ne sais pas dans quoi tu comptes te foutre mais en tout cas, je ne chercherais plus d'infos sur l'Agence. »

Il se tenait derrière le comptoir, nettoyant les verres utilisées par les consommateurs qui venaient de quitter la pièce. À la remarque du nippon, il ne haussa qu'un sourcil interrogateur.

« Il s'est passé quelque chose ? » lâcha-t-il avec un semblant d'intérêt dans la voix.

Il était bien plus intéressé par les informations qu'il avait pu obtenir que sur sa sécurité. Et n'importe quel idiot aurait vu le ton peu intéressé qu'il venait d'arborer. Mais pas lui. Et ses inquiétudes restaient infondées. Aucune menace n'avait été proférée mais les rumeurs qu'il avait entendus l'avaient terrorisés. Et les informations qu'il déblatéra étaient inutiles. Que des choses dont il était déjà au courant.
Malgré tout, il décida de sortir une enveloppe de sous le bar qu'il tendit à l'informateur. Ce dernier s'offusqua au vue de la somme ridicule qui se trouvait à l'intérieur.

« Les infos que tu m'as filés, je les avais déjà. Dis-toi que c'est pour les risques que tu as encourus. ».

Il ponctua lourdement sur le mot « risques », faisant bien ressentir la note d'humour que ça laissait sous-entendre. Vexé au premier abord, le nippon décida de ne pas en rester là.

« J'ai d'autres informations. Ça ne concerne pas l'Agence mais ça pourrait t'intéresser vu que t'essayes de tisser un réseau au sein de la pègre d'outre-mer. »

Son vis-à-vis vit immédiatement l'intérêt qui avait vaguement naquit dans les yeux sombres du patron. Depuis qu'il était revenu, il avait pris la décision de se faire des amis au sein des diverses organisations criminelles, d'où ses prix largement baissés pour convenir à ces dernières. Les mafias les puissantes restaient les Yakuzas et la Bratva, bien que la mafia italienne avait aussi réussi à s’implémenter dans la cité mais se faisait plus discrète.

« D'après les bruits qui courent, la Cosa Nostra serait en ville. Je n'ai pas réussi à trouver qui mais je suis sûr que je pourrais trouver où est son dignitaire et tu pourrais tenter de te faire un coup de pub. »

Il saluait l'idée bien qu'il détestait l'idée d'aller se vendre ainsi. Il n'appréciait guère d'avoir à aller marchander ses services alors qu'à une époque, ses clients devaient accepter ses conditions ou pouvaient simplement aller se faire foutre ailleurs. Il soupira à l'idée, l'envisagea puis finit par sortir une enveloppe, plus conséquente cette fois-ci.

« Je te file plus cette fois pour une seule raison ; ne les cherche pas. Ils sont d'un autre niveau et même si tu tombais sur un bon type, je ne suis pas sûr que tu t'en sortirais avec toutes tes dents. Je me débrouillerais pour la suite. »

L'unique raison qui le poussait à faire appel à des informateurs était simplement parce qu'il n'avait pas le temps de courir après l'information lui-même. Trouver un mafieux dans cette ville n'était pas difficile, surtout s'il faisait partie d'une organisation de grandes envergures. Et il avait de très bon contacts avec une grande ponte à la retraite qui serait sûrement en mesure de faire jouer ses quelques relations pour l'aider.
Le nippon se mit à se compter les billets qu'il avait gagnés tandis qu'il entendit le bruit de moteur d'une voiture s'approchant. Son ouïe, particulièrement plus puissante que l'ordinaire, avait entendu le son inhabituel. La caisse en question devait valoir son pesant de cacahuètes et ça, ce n'était vraiment pas commode. La moteur s'éteignit devant l'enseigne et au moment où il entendit des voix, il revint à une utilisation de son ouïe plus normale.
Il attrapa le verre de whisky qu'il s'était servi quelques minutes plutôt et le tira d'une traite. Plus ça allait, moins il ressentait le goût des aliments et des boissons, chose qui ne faisait que renforcer sa déprime.
Il rattacha ses cheveux en une queue de cheval en hauteur, passa une main sur ses joues pour faire un état de sa barbe de trois jours et jeta un rapide coup d’œil à ses vêtements. Son vieux jeans délavé et son t-shirt blanc étaient propres. Et il ne sentait aucune odeur étrange, si ce n'est celle du bois et des alcools.

La vieille porte grinça lorsqu'elle fut poussée. Trois personnes rentrèrent, deux hommes et une femme, tous ayant un semblant de classe ou quelque chose qui s'en rapprochait. Le vieil hybride ne s'intéressa à eux que de façon rapide avant de jeter un regard au japonais, le sommant de partir.
La voix à l'accent italienne lui irrita les oreilles. Il tourna son regard vers l'italien, observant le doigt pointé vers lui et afficha un sourire avenant qui n'était que de façade, offrant celui-ci à ses clients pour ne pas les faire fuir avec son attitude habituelle.

« Prenez place, il va arriver. » fit-il d'une voix dont le ton accompagnait parfaitement son sourire, son jeu d'acteur étant parfait.

Sa main indiqua la table opposée à celle de ses actuels clients. L'informateur avait profité de ce moment pour s'éclipser. Heureux de voir que ce dernier avait suivi ses conseils, il devait maintenant se débarrasser des deux derniers clients.
Pourquoi ? Le son de la voiture, l'accent italien, la jolie Dame accrochée à son bras... il avait un nouveau client. Et celui-ci était d'un autre genre. Il avait l'habitude que certains se pointent ainsi avec leurs grands airs mais ils étaient beaucoup moins voyants.
Ses épaules étaient légèrement tendus. Il ne savait pas à qui il avait à faire. Il en avait vu des hurluberlus rentrer dans son bar et lui demander de faire l'impossible. Et il était sûr que celui-ci allait battre des records.
Arrivé près de ses deux clients, il les chassa gentiment, tout sourire et avec un charme qui sembla presque ravir les deux hommes de se faire éjecter. Au moins, ils n'auraient pas à payer leur consommation. Il les suivit jusqu'à la porte et la laissa ouverte un instant en attendant qu'ils soient assez éloigner. Il jeta un regard entendu aux hommes de main restés à l'extérieur pour qu'ils empêchent quiconque de rentrer. Il finit par rentrer et se tourna aussitôt vers les protagonistes.
Et il se détendit. Complètement. Ses épaules avaient perdu leur raideur. L'image du tenancier bienveillant et souriant avait elle aussi disparu, laissant place à sa véritable nature. Malgré le fait qu'il ressemblait à un jeune trentenaire, malgré le fait que ses yeux soient cernés par ses nuits rempli de cauchemars, il ne dégageait à présent plus ce sentiment d'être un loser qui arrivait à peine à joindre les deux bouts avec son commerce de bas-étage.

Il se mouva dans la salle avec une certaine souplesse. Il semblait éviter soigneusement les lattes du plancher qui grinçaient car aucun de ses pas ne firent de bruit. Il rejoignit le comptoir d'où il extirpa trois verres et une bouteille de whisky de piètre qualité, se réservant les meilleures pour éponger sa dépression seul.
Arrivé à la table, il posa un premier verre devant la jeune femme. Jeune était sans doute le pire adjectif qu'il aurait pu utiliser. Cette femme, derrière sa beauté, cachait quelque chose que seul son instinct animal lui révéla. Cet instinct qui lui criait de fuir à chaque fois qu'il croisait la route d'un ange. Alors qu'il versait le liquide ambré dans le verre, son regard dévisagea longuement la créature.
Il posa le deuxième verre devant le premier homme. Celui qui semblait être à la tête de cette expédition au vue des bijoux qu'il arborait fièrement. Les yeux sombres de l'hybride ne s'intéressèrent guère à lui, le jaugeant de piètre valeur comparé aux deux autres.
Il posa le troisième verre qu'il remplit à l'homme. Ce dernier était un homme d'honneur et de moral, il l'avait ressenti aussitôt. Il semblait avoir discerné la personne qui se tenait face à lui et le tenait déjà en respect, bien qu'il devait l'attribuer entièrement à son patron. Aussi, pour éviter d'attiser une quelconque haine envers lui, il décida de ne pas s'attarder sur lui.
Il posa la bouteille au centre de la table et s'assit sur la chaise qui se tenait face à celle du grand manitou. Son regard d'un noir profond n'avait fait que s'assombrir au vue du manque de lumière évident de la pièce. Il arborait un air presque hautain, voire froid envers eux. Et quelque part, n'importe qui aurait compris que c'était normal, puisqu'il se dégageai de lui quelque chose d'à la fois vieux mais puissant tout en étant loin de la douceur dont il avait fait preuve et encore bien plus loin de ce qu'on pourrait citer comme une quelconque sagesse.

« Je suis le patron. Et ceci sera toute l'hospitalité que vous tirerez de ma part. »

La voix était aussi monocorde que son visage. En ces lieux, il était le maître. Celui qui possédait toutes les clés. À partir du moment où ils étaient rentrés dans ce bar, à partir du moment où ils l'avaient demandé, ils avaient perdu toutes possibilités de lui échapper. Il s'était déjà imprégné de l'odeur de chacun et écoutait le battement de leur cœur.

« Je suis Tristan Levian, aussi connu comme le Corbeau. Avant que tu ne tentes de me prouver ta magnificence et que tu me parles boulot, j'aimerais préciser une petite chose, sans doute sans importance à tes yeux. », commença-t-il avec un calme apparent mais une rage mordante à l'intérieur.

« Pour cette fois, je tolérais la présence de ta Dame. La prochaine fois, on retrouvera vos corps dans la baie. »

Le ton utilisé était plus fort, plus violent et surtout, le sérieux dont il venait de faire preuve était frappant tel un coup de poing dans le nez. Bien sûr, il venait peut-être d'énerver un type important et dangereux mais il n'en avait cure et à raison, il y avait bien plus important. Au vue de l'odeur, ces deux-là venaient tout juste de baiser. Et aussi angélique soit-elle, ils n'étaient pas dû genre à fricoter régulièrement. Ils étaient proches mais pas comme tous ces couples qu'il avait pu croiser pendant ces derniers siècles et qu'il avait secrètement enviés.
Non, c'était une passade amoureuse. Ou peut-être qu'un pan de sa robe s'était accrochée à la montre hors de prix qu'il portait. Voire pire, il s'agissait peut-être d'une prostituée. Dans tous les cas, elle venait de rentrer dans son antre, là où il vivait, travaillait et accueillait ses clients. Des informations cruciales. Et elle n'était pas tenue, contrairement aux deux autres, de fermer sa gueule.

Et certains seraient prêts à allonger un bras juste pour savoir s'il avait la diarrhée.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   26.01.14 17:37

Je me demande vraiment pourquoi cet idiot de Georgio m'a amené dans une cave glauque et miteuse. Quel besoin avait-il de se pavaner à mon bras dans ce bar poussiéreux et austère ? Je l'ignore vraiment. J'avais hésité à lui dire que j'attendrais bien sagement dans la voiture, mais ma curiosité l'avait importée... Résultat, un serveur quelconque et mal sapé nous avait désigné une des tables du bar. Gluante, collante et vieille comme le monde : c'est à peu près à quoi ressemblait la table. J'ai une moue dégoutée lorsque nous arrivons devant elle tandis que Georgio jure en italien. Fils de pute,Comment, recevoir, moi. Ce sont les seuls mots que je comprends, mais ça doit donner quelque chose comme "Comment ose-t-il me recevoir ce fils de pute ?"

Je note qu'il s'évertue à se pavaner d'autant plus depuis qu'il est rentré. Peut-être parce que l'endroit est miteux et qu'il porte une rolex et une chemise couleur saumon. Bref, après une hésitation nous nous asseyons, et je profite d'un petit temps pour questionner Georgio sur le pourquoi de cette visite :
" Nous sommes où ?
- Chez un pro à priori.
- Un pro pour... ?"
Georgio se retourne vers moi, et un sourire se dessine sur son visage, il essaye de se donner l'air malin.
"Pour tuer" répond-t-il d'une voix qu'il voudrait mystérieux.

Sombre idiot...

"Et qu'est-ce que je fais là ?" J'hausse les sourcils.
L'homme baisse ses yeux vers mes cuisses, à la limite même entre le tissu de la robe et ma peau, il relève légèrement un bout de la robe.
"J'avais encore envie de baiser"

Journée de merde en somme. Cet idiot est entrain de me faire courir un risque inutile et stupide pour contenter sa queue.

Et la situation allait de mal en pis lorsque celui que j'avais pris pour un simple serveur s'installa face à nous. Je l'avais à peine regardé -un serveur étant assez insignifiant pour que je n'en ai cure- mais je remarque tout de suite que quelque chose à changé radicalement. C'est en croisant son regard que je prends toute la mesure de ma situation délicate. Ancien. Oui, ses yeux et son visage sont vieux mais artificiellement ceux d'un trentenaire. Le seul soulagement que je ressens est que je ne capte chez lui aucune origine céleste. Par déduction, j'ai donc devant moi un vampire. Et un vampire qui a de bonne idée de ce que je suis moi. Soyons clairs, déjà que je hais les vampires, humains malades condamnés à vivre pour l'éternité. Il faut avouer que contrairement à nous, ils manquent cruellement de sagesse et de prestance. Des humains immortels se nourrissant de sang, quelle aberration !

« Je suis le patron. Et ceci sera toute l'hospitalité que vous tirerez de ma part. »

Voilà ! Ça démarre tellement bien ! Quel connard. Mon corps se crispe légèrement lorsque cette voix monotone nous énonce, son nom et son titre, faisant montre de toute l'aversion qu'il nous porte. Puis c'est le final, la menace, l'image de nos corps sans vie flottants dans la baie, c'en est trop pour l'ego du mafieux. Il se lève brutalement et crache sur la table.

"Tu sais qui je suis ?"

Son fort accent rend la phrase quasiment incompréhensible. Notre garde du corps s'est tendu, aux aguets, alors que Georgio fulmine sa haine. Quant à moi je n'ai presque pas quitté le vampire des yeux. Glacial, je sens que ses prochains faits et gestes vont nous être fatals. Mon coeur bat si fort que le sang me résonne aux oreilles, tant et si bien qu'il devient difficile de réfléchir efficacement. De toute évidence, il est temps de changer de camps...

"Dites..."

Ma voix féminine brise le silence avant que les deux hommes ne s'entre-tuent. J'essaye de soutenir tout d'abord le regard du Corbeau.

"Je suis peu habituée à ce genre de business, mais je me demandais si menacer vos futurs clients était bon pour les affaires ?"

Je me lève, pour m'éloigner des trois hommes, cherchant à éviter l'épicentre de la violence.

"Quant à vous Georgio, il me semble que votre rendez-vous de négociation a mal démarré." Je dépose mon sac sur un des tabourets qui se trouve contre le comptoir et commence à chercher mon miroir.
"Je suis las d'avoir été trimballée ici sans n'avoir rien demandé. Je prends congé si vous le permettez, une fois que j'aurais reçu mon argent."

Je m'observe dans la petite glace rapidement et la range aussitôt. Ma main tremblait légèrement. Puis je tourne enfin la tête vers Georgio, attendant sa réponse. Va-t-en maintenant Georgio... Si tu as une once d'intelligence c'est ce que tu devrais faire.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   26.01.14 19:47

Il soupira d'agacement. L'italien s'était brusquement levé, la menace n'ayant pas eu l'effet voulu. Il ne le suivit même pas du regard, observant un point sur le mur en face de lui. Ses sens étaient à l’affût. Son ouïe lui indiquait la tension qui régnait dans la pièce. Le garde du corps avait compris qu'il venait de se fourrer dans une situation de merde, tout comme la femme.
Il semblait avoir perdu de sa froideur. L'énervement. Parler de conditions serait impossible. Il semblait être le genre d'homme prompt à penser que tout pouvait s'acheter avec l'argent, même les autres. Et c'était sans doute la plus grosse erreur qu'il avait pu commise en se rendant ici. Il n'était pas humain. Et loin des standards habituels des siens. C'était un monstre, même parmi les non-humains.

Le cœur de l'ange était sûrement celui qui s'était le plus affolée. Il l'entendait palpiter et il sentait l'odeur de la peur qui se dégageait d'elle. Il y en avait une qui semblait avoir un soupçon d'intelligence...
Et elle débita des paroles. Il l'écouta bien qu'il semblait distrait. Elle se déplaçait et il la suivait de l'oreille, l'entendant se mouvant jusqu'au comptoir. Elle avait pris ses distances parce qu'elle savait ce qui allait se passer maintenant, n'est-ce pas ? Peut-être allait-il pouvoir limiter la casse. Il l'espérait assez intelligente pour comprendre dans quelle situation elle venait de se fourrer.

« Ange », fit-il pour attirer son attention avant de reprendre avec cette même voix méprisante, « tu seras la dernière à partir d'ici. »

Son regard se tourna vers elle, son visage laissant paraître un léger sourire. Un rictus carnassier, tel le prédateur qu'il était censé être. Et les yeux noirs s'étaient finalement teint d'un rouge sombres qui firent disparaître la nature froide de l'hybride. À cet instant, la violence représentative de sa race venait d'éclater au grand jour, lui donnant une nature bien plus sauvage.
Un léger grognement guttural qu'il retint à la commissures de ses lèvres. Avant même que le mafieux n'ait eu le temps de prononcer un mot, la table vola, projeter par la force démentielle qu'il mit en œuvre. Elle vola, frappant le garde du corps qui fut envoyé au sol, le meuble lui retombant dessus.
Aussitôt, il se redressa. L'italien encore sous le coup de la surprise, et bien trop lent pour lui, n'eut pas le temps de tenter quoique ce soit. Il brisa la distance qui les sépara et l'attrapa par le crane, la main se refermant avec violence. Il se retint assez pour éviter de briser le misérable crâne.

« Sa seigneurie me demandait qui elle était ? À mon avis, un merdeux qui pense qu'il peut avoir tout ce qu'il veut parce que son père lui paie les putes qui le pompent. »

Il entendit les bruits de pas précipités provenant de l'extérieur. Le deuxième garde du corps, il avait failli l'oublier. Il saisit le mafieux par la chemise qu'il arborait fièrement, le soulevant sans peine et se tourna vers la porte d'entrée qui s'ouvrit au même instant. Le quatrième protagoniste qui venait de rentrer en scène avait déjà dégainé une arme à feu mais s'était très vite ravisé d'en faire usage en voyant son patron devant lui, soulever comme une poupée de chiffon.
Le premier homme, toujours avachi sous la table, commença à remuer. Aussitôt, la jambe de l'hybride frappa avec assez de force pour le dissuader d'en bouger. De toute façon, il n'aurait pas pu à cause de la pression dont il faisait preuve.

« Je n'ai pas encore pris la décision de vous tuer. Et si tu veux que j'évite de la prendre, pose ton arme et envoi la vers la Dame. »

Le dernier acteur a être rentré dans la pièce hésitait. Il perdrait son seul outil de défense. Les ordres que vociféra son patron finit par le convaincre et il s'exécuta.
Un sourire satisfait apparut sur les lèvres de l'hybride. En contrepartie, il décida de faire une démarche pour montrer sa bonne volonté de terminer tout ceci dans la courtoisie, déposant l'italien sur le sol. Il le retint lorsque ce dernier sentit ses jambes se dérober. Il tapota sur l'épaule avec un air amical qui ne faisait que contraster avec l'air sauvage qu'il avait arboré quelques secondes auparavant.

« Bien, petit con. Vu que t'es entrain de te pisser dessus, je suppose que t'as compris dans quelle situation tu es. Je ne suis pas humain. Mi-vampire, mi-lycan. Excuse cette dernière partie, elle a tendance à me pousser à des actes de violence quand je me sens menacé. Tu aurais dû te renseigner plus en détails me concernant, tu aurais sûrement entendu parler des rumeurs qui disent que je suis un monstre de trois mètres de haut, que je rentre dans des rages folles et que mes yeux sont rouges comme le sang dont je m’abreuve. »

L'italien déglutit, suant à grosses gouttes et tremblant. Et semblait-il qu'il venait effectivement de se faire dessus. Il n'avait plus aucune raison de se pavaner.
À nouveau, l'air de l'hybride avait doucement changé pour ne laisser place qu'à la froideur dont il avait fait preuve plutôt. Il lâcha prise et retira son pied de la table. L'homme en dessous avait sûrement fini par tomber dans les vapes puisqu'il ne bougea pas.
Il fit un pas en arrière. Il dépassait le mafieux d'au moins vingt-centimètre... un humai face à une créature qu'il ne pouvait combattre. Et dire que tout ce temps, il s'était tenu à côté d'un ange, quel idiot.

« D'après ce que j'ai compris, tu veux que je tue pour toi. Oui, j'écoutais aux portes. Le hic, c'est que je ne fais plus dans l'assassinat. Donc je vais devoir refuser ton travail. Et tu vas partir, maintenant( L'italien ouvrit la bouche mais fut interrompu ). Tutututu, ce n'était pas une demande. Tu vas quitter le pays dès ce soir. Et évites d'avoir des envies de vengeances, j'ai la Bratva de mon côté. »

Le mafieux parut étonné d'abord, puis tourna la tête vers la femme, l'intimant de venir avec lui. L'hybride le siffla avec force, ce qui le fit sursauter.

« Q-q-q-quoi ? » demanda-t-il.

« Elle, elle reste avec moi. C'est ton cadeau d'excuse pour m'avoir foutu en rogne. Et si tu veux mon avis, vaut mieux pas que tu le rappelles parce qu'après la nuit qu'elle va passer avec moi, elle risque de ne plus être aussi agréable à regarder. »

Un sourire entendu s'étira sur les lèvres de l'écossais, comme s'il prévoyait déjà une nuit d'enfer pour la femme. Après tout, l'aversion mutuelle entre les siens et les anges était connue. Se faire les crocs sur elle lui permettrait sûrement de se détendre après avoir été mis en colère.
L'italien ne sembla pas avoir envie d'en savoir plus et abandonna totalement la femme à son sort. Lâche, pensa l'hybride avec une certaine colère. Il ne tentait même pas de se battre un tantinet pour sauver la peau d'une personne qu'il avait mise en danger.
Les deux hommes allèrent chercher le garde du corps encore dans les vapes et sortirent rapidement du bar. Lorsque la porte se ferma, l'hybride soupira profondément. Il se dirigea vers l'arme au sol, qu'il ramassa. Il éjecta le magasin ainsi que la balle qui se trouvait dans la culasse, posant le tout sur le comptoir.
À l'extérieur, la voiture vrombit avant de partir en trombe. Cette fois-ci, elle était seule. Complètement seule avec une créature qui venait de passer cinq minutes à changer d'air et faire preuve d'une certaine violence, tout en énonçant une nuit atroce qu'elle passerait à cet instant.
Et pourtant, il arborait à nouveau sa vraie nature. L'air carnassier s'était volatilisé. Il paraissait toujours aussi froid et distant mais en même temps... c'était bien plus doux qu'auparavant. Ses yeux, toujours rouges, se posèrent sur elle. Les dernières minutes qui venaient de s'écouler, il l'avait insultée, menacée et promis de lui faire passer la pire nuit de sa vie.

« Bon, eh bien, je vous dois des excuses, je suppose ? »

Il venait de la vouvoyer, chose qu'il n'avait pas fait auparavant. Il se décolla du comptoir, faisant le tour de ce dernier pour reprendre sa place de tenancier. Il fouilla   dans le bordel de bouteille, cherchant quelque chose de spécifique. Il finit par sortir une bouteille de whisky, un pur malt, et assez vieux en prime.
Il jeta un coup d’œil vers elle, comme pour vérifier qu'elle ne comptait pas s'enfuir. Le calme venait de retomber après le tumulte qu'il avait provoqué. Et il savait déjà les questions qu'elle allait poser. Aussi, posa-t-il la bouteille ouverte face à elle, l'intimant à boire pour se détendre pour qu'elle puisse enfin prendre la parole.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   29.01.14 19:09

NA !:
 

"Ange"

"Ange"

"Ange"

"Ange"

"Ange"


Mon teint devient livide. Il l'a dit. Il l'a dit ce con.
Je n'arrive pas à croire qu'il ait pu le dire tout haut. Mes oreilles bourdonnent déjà de peur et de fureur lorsqu'il continue de parler. La dernière à sortir d'ici ? Vu son regard glacial et le sourire de psychopathe qu'il m'offre est-ce que je vais seulement sortir en vie ?

Je n'aurais pas du le regarder dans les yeux, mais je reste interdite face à la violence froide qui se dégage de lui. Mes jambes tremblent. Ses pupilles deviennent rouges, enfin il me semble parce que l'action qu'il enchaîne juste après arrive tellement vite qu'un battement de cil après, la table vole en grand fracas en plein sur la face des mafieux.

"Hiii !"

Ô mon Dieu, qu'est-ce que je fous là ? Je m'écroule, le corps tremblant, les mains jointes devant mon visage, cachée entre deux tabourets de bar. Par dessus le bourdonnement qui picote mes oreilles, je perçois des bruits de lutte ainsi que la voix toujours monotone du vampire. Mes yeux restent fixés sur le sol devant moi. Pitié Georgio, tu es stupide mais prouve un minimum ton efficacité au combat. Pitié...

La porte s'ouvre d'un coup, me faisant sursauter. Le deuxième garde du corps jette un coup d'œil dans la pièce pour analyser la situation.

« Je n'ai pas encore pris la décision de vous tuer. Et si tu veux que j'évite de la prendre, pose ton arme et envoi la vers la Dame. »

Il hésite, me lance un regard. J'esquisse un "non" de la tête vers lui pour qu'il ne se sépare pas de son arme, mais l'homme obtempère et c'est avec désespoir que j'observe l'arme glisser sur le sol jusqu'à mes pieds. Foutus mafieux... Je peste intérieurement contre leur lâcheté, louchant sur l'arme qui est si proche de moi... Je donnerais un rein là tout de suite pour savoir comment me servir de cette merde. La voix tranchante du vampire me sort de mes vaines prières. Pour la première fois depuis que je suis cachée derrière les tabourets de bar, je tourne ma tête lentement vers les trois hommes.

Pour la suite, la scène qui se passe est tellement étrange, comme si la dignité de Georgio avait été annihilée totalement. Quant à moi, j'ai l'impression que tout ce qui se passe devant mes yeux est irréel et pourtant je suis pleinement concentrée sur la voix du vampire. La sensation est étrange, complétement tétanisée et pourtant tellement tendue et alerte. Chaque mot me donne la chaire de poule.

Lorsque l'italien signe la retraite en m'intimant de le rejoindre, je me relève rapidement, tellement que je ne m'en serais pas crue capable avec mes jambes tremblantes. Me relever est tout ce que j'ai le temps de faire avant qu'un sifflement me tétanise.

« Elle, elle reste avec moi. C'est ton cadeau d'excuse pour m'avoir foutu en rogne. Et si tu veux mon avis, vaut mieux pas que tu le rappelles parce qu'après la nuit qu'elle va passer avec moi, elle risque de ne plus être aussi agréable à regarder. »

Mais, il est fou ! Chaque mot qu'il prononce me dégoute et impose en moi des images terribles. J'observe les deux hommes avec stupeur.

"Co...Comment ?"

Ma voix est fluette et n'est pas plus forte qu'un soupir. Et c'est avec ahurissement que "j'admire" Georgio se faire la malle avec ces acolytes la queue entre les jambes.

"Non..."

TROIS MAFIEUX et pas un seul pour avoir une once de courage ou d'honneur ? La porte se referme sur eux, mes yeux sont toujours braqués sur cette porte qui vient de se refermer sur mon seul espoir.

L'hybride s'approche de moi et je recule de quelques pas, cognant mes fesses contre le comptoir. Effectivement, j'ai maintenant l'impression que l'homme fait 3 mètres de haut et que je ne suis qu'une gamine tremblante face à lui. Pire que ça, vu sa démarche et ses muscles, il pourrait me casser comme une brindille. La panique me gagne mais... Réfléchis, Elena, réfléchis. Je vais bien pouvoir trouver un moyen de sortir, Peut-être quelque chose qui me permettrait de le menacer. Je suis un ange, les autres idiots n'ont pas fait long feu, mais moi je dois pouvoir le maintenir à distance, ne serait-ce que par bluff.

"Je vous préviens, je vous interdis de me toucher."

La voix est toujours plus aigüe que ce que j'espérais mais au moins j'arrive à faire montre d'un minimum de volonté. Sauf que l'homme se baisse et attrape le pistolet qui s'était trouvé à mes pieds. Pendant une seconde j'ai l'impression qu'il va se retourner vers moi et que la dernière chose que je verrais c'est un canon d'arme à feu braqué vers moi, et la balle figée dans ma cervelle, mais à mon grand étonnement il désarme le flingue.

Suis-je bête... Vu la démonstration qu'il a fait, il ne fait aucun doute qu'il n'en a pas besoin pour me broyer littéralement le visage. Son regard croise le mien, alors que je rassemble toute l'énergie dont je suis capable, dussé-je rameuter tous les clovers du coin. "mes yeux sont rouges comme le sang dont je m’abreuve." Oui, cette fois je suis aux premières loges pour les voir ces yeux, d'ailleurs j'y détecte quelque chose d'étrange. Alors, on va se battre n'est-ce pas ? Ou alors, j'ai peut-être encore une chance de m'en sortir en le suppliant. Après tout, je suis une putain, de luxe, mais une putain. Pas la peine donc de s'accrocher à ma dignité. Pourtant, cette dernière m'oblige à rester debout et à tenir son regard surtout lorsqu'il se remet à parler.

"Des excuses ?" dis-je hésitante.

Des excuses d'avance pour me bousiller le visage ? Je le suis du regard lorsqu'il fait le tour du comptoir, puis je l'observe d'un oeil incertain encore quand il se met à fouiller ses placards. Je soulève un de mes sourcil à la vue d'une bonne bouteille de... de whisky il semblerait. Il est bizarre ce mec. Il attend quoi ? Il voudrait que je trinque avec lui comme de vieux amis rigolant de la scène qui vient de se passer. Il a cassé la gueule à deux types et m'a insultée et ça se fêterait avec du whisky ? Bon, j'ai bien la preuve qu'il ne tourne pas bien rond, il est temps de partir avant que j'entame un rire frôlant la folie et motivé par une certaine montée d'adrénaline. Je. veux. juste. rentrer. chez. moi. et hurler dans un oreiller si possible. Mais loin. Très loin de ce bar.

"Oui vous m'en devez..." je baisse les yeux sur la bouteille "mais si vos excuses sont présentées sous la forme de cette bouteille, je les refuse. D'ailleurs je ne resterai pas une seconde de plus ici."

Mes joues s'empourprent et ma voix tremble d'énervement, d'adrénaline et de stress mais peu importe car je suis bientôt chez moi, il me suffit juste d'attraper mon sac, de marcher jusqu'à la porte et de trouver un taxi. Je tends ma main vers l'anse de mon sac mais alors que je pensais qu'elle allait se renfermer dessus, je n'attrape que du vide. Hein ? Qu'est-ce que... ?

Je... crois que je me sens bizarre. J'observe ma main comme si elle ne m'appartenait pas. Des fourmillements dans le bras... puis à la tête. Bourdonnements aux oreilles. Des points noirs et blanc qui dansent devant mes paupières. Déjà inconsciente quand mon corps s'affale sur le sol.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   29.01.14 23:00

À partir du moment où les mafieux s'étaient fait la malle, l'hybride avait fini par reporter son attention sur la jeune femme. Il n'avait pas eu l'occasion de se préoccuper d'elle... même s'il l'avait bien entendue paniquer pendant tout le long. Au moins, il avait eu le résultat escompté.
C'était en majeur partie de l’esbroufe. Comme il l'avait expliqué, il ne faisait plus dans l'assassinat mais évitait aussi les meurtres inutiles. Il voulait éviter au possible la casse et faire une démonstration de force mêlé à un jeu où il se démontrait à la fois cruelle et impitoyable s'était naturellement imposé. Et ça avait eu son effet, autant sur cette bande pathétique d'humains que sur l'ange.
Elle se retrouvait là, seule avec une créature qui venait de démontrer des capacités pour le combat et une force de loin bien supérieure à ce qu'on pouvait s'attendre. Et elle tentait tant bien que mal de faire en sorte qu'il ne se comporte pas violemment... elle semblait prête à se défendre alors qu'il entendait les battements de son cœur affolé et une odeur de peur qui lui remontait de narines de façon presque agressive.
Avant qu'il n'empoigne l'arme qui reposait au sol, il l'avait entendu lui dire de ne pas la toucher. Intérieurement, il rigolait. Sa petite pique avait fait effet. Elle s'attendait bien à une nuit de cauchemar en sa compagnie.

T'inquiètes pas, pensa-t-il, t'as beau être un joli lot, t'es très loin de ce que j'ai envie d'avoir sous la main en ce moment.

Il avait décidé de ne rien dire, ignorant la remarque et se débarrassant de l'arme. Il n'avait aucune intention envers elle, que ce soit d'ordres sexuels ou autres. Il ne voulait que des informations, et en quelque sorte sa sécurité. Après ce qu'il venait de faire, elle aurait pu payer une partie des pots cassés.

Un profond soupir s'échappa de sa bouche. Elle parut surprise quand il parla d'excuses. Rien de vraiment très étonnant. Il avait décidé de commencer par là plutôt que de chercher à lui expliquer qu'il ne lui voulait aucun mal.
La bouteille, qu'elle refusa, n'était là que pour l'aider à se détendre et reprendre contenance. Elle voulait juste partir et il comprenait bien cette envie mais toutes bonnes intentions qu'il pouvait avoir, il ne pouvait définitivement pas la laisser faire.
Il décida de la laisser tenter, prêt à bondir par-dessus le bar pour l'attraper et lui rappeler qu'il pouvait aisément la rattraper, du genre, eh, vampire, lycan, t'as pas saisi le bordel, ma vieille?
Il l'observa finalement vaciller. Il haussa un sourcil. Était-elle vraiment entrain de... ? Il hésita et décida finalement de la laisser tomber, se penchant par-dessus le comptoir pour l'observer. Elle était effectivement tombée dans les vapes.

« Effectivement... »

Il attrapa la bouteille qui reposait toujours sur le bois, l'ouvrit et en but quelques gorgées, attendant quelques secondes, pesant le pour et le contre. La solution de lui coller quelques baffes pour qu'elle se réveille apparut dans son esprit mais il chassa rapidement cette idée. La pauvre, elle se réveillerait à coup sûr avec un hématome qui ne partirait pas avant des semaines. Il décida de la laisser dans cet état, même si ça l'emmerdait de devoir jouer au gentil plus qu'habituellement.

Être prévenant, ce n'était définitivement pas son truc. Il avait déjà de la peine avec les personnes dont il était proche mais avec une parfaite inconnue, c'était presque insurmontable. Fais un effort, elle a des infos et tu l'as foutu dans la merde.
Il fit le tour du comptoir et se pencha vers l'ange. Pas prête de se réveiller. Un nouveau soupir. Il attrapa le corps de la femme dans ses bras. Elle ne pesait pas bien lourd. Enfin, une voiture ne pesait déjà pas très lourd pour lui, ce n'était pas ce bout de femme qui allait l'être.
Il se dirigea vers la porte de son appartement, la poussa et gravit les escaliers. Il pria intérieurement pour que personne ne le voit mener cette action. Il détesterait que des rumeurs se répandent. Et les rumeurs, surtout dans ce genre, ça se répandait super vite.
Alors qu'il avait parcouru la moitié des escaliers, il la sentit gigoter. Les battements de son cœur était bien plus calme. Du moins, c'était le cas jusqu'à ce qu'elle voit son visage et les deux pupilles rouges toujours présente... il s'était planté là, dans les escaliers, l'observant émerger.

« Hey. »

Superbe entrée en matière. Le voila entrain de monter des escaliers pour l'emmener Dieu sait où pour faire Dieu sait quoi. Dis quelque chose avant qu'elle ne pense au pire. Vite !

« Vous voulez pas vous allonger un coup dans mon lit ? » dit-il sans vraiment avoir l'intention de le vraiment le faire.

Crédibilité = zéro.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   30.01.14 20:41

C'est la sensation étrange de flotter en l'air qui me sort de mon coma. Mes yeux s'entrouvrent difficilement, j'ai juste l'impression que mes paupières sont soudées tellement elles sont lourdes. Il fait tout noir là où je suis et mon cerveau à du mal à faire le point.

"Hey"

Hey ? Mes yeux rencontrent un regard rouge et scrutateur. Où je suis ? Pourquoi je suis dans ses bras ? Qu'est-ce que...?

« Vous voulez pas vous allonger un coup dans mon lit ? »

Quoiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?

Mes yeux s'écarquillent tout ronds alors que mon corps gigote dans tous les sens pour me dépêtrer de ses bras. Sauf que dans mon agitation, je suis à deux doigts de me casser la figure. À la dernière minute, je me rends compte que c'est le vide en dessous, je reprends donc mon équilibre et me raccroche au cou de l'homme à toute vitesse. Mon visage se retrouve tout près du sien et je plonge mon regard bleu dans ses yeux rouges sang. Il est flippant. Et moi je suis dans ses bras, toute menue et vulnérable. Je reste une seconde -ou plus-, étourdie et chancelante, et étonnée de le voir tellement près. Il sent fort l'alcool et peut-être le sang. J'ai du mal à me sortir de ma léthargie et à retrouver mes esprits. Je ne comprends même pas ce qu'il s'est passé. J'étais debout et d'un coup plus rien et l'ayant vu se battre lui,... il me semble qu'il serait tout à fait probable qu'il m'ait attaqué très rapidement. Il m'aurait donc frappée ou assommée ? Et maintenant il m'amène dans son pieu. Bravo la galanterie ! Dans l'état dans lequel je suis, je me retrouve dans l'incapacité de sortir une réflexion plus intelligente que ça :

"M'allonger ? M'allonger pour quoi faire ?"

Question stupide ! Vas-y... joue la coconne, ça peut amuser certains hommes au pire. J'enchaine rapidement avant qu'il ne se rende compte de mon malaise.

"Bon, je veux dire, je suis une professionnelle certes, mais... disons que j'établis des règles généralement. Et puis je vous assure, aujourd'hui, je ne suis pas en forme. Haha." Je sors un rire gêné. "Autant qu'on fasse les choses biens non ?"

Franchement, autant la jouer finement plutôt que de tenter d'énerver ce genre d'homme, j'ose espérer que la proposition passera, même si je doute que non. Je scrute son visage fatigué pour voir s'il est énervé par mes paroles, mais en sondant son visage j'ai plutôt l'impression qu'il se fiche de ma gueule. Ses lèvres forment un léger sourire entre ses joues mal rasées. Sadique... Je n'ose même pas imaginer le sort qu'il veut me réserver.

"On pourrait en discuter autours d'un verre..." Je fais semblant d'y réfléchir "Après demain par exemple ?"

C'est ça, si j'ai la moindre chance de sortir d'ici autrement que les pieds par l'avant, crois moi qu'on ne se reverra plus mon coco. Sérieusement, les hommes succombent à mes charmes généralement, d'habitude c'est plutôt pour m'arranger que pour me desservir. J'ai plus l'habite d'obtenir des avantages que ce genre de... merde. Je l'observe de l'air le plus innocent que je puisse après mes centaines années d'existences.

"Je peux partir maintenant ?"
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   30.01.14 22:01

Forcément, la phrase avait été mal tournée. Il n'était pas étonnant qu'elle se mette à soudainement gigoter pour tenter de se faire la malle. Il tenta de conserver son équilibre, la jeune femme n'ayant que peu de chance de le faire tomber avec la force qu'elle y met. Il la dévisagea lorsqu'elle se rattrapa à son cou, haussant un sourcil amusé.
Il l'écouta. Forcément, elle se demanda quoi... puis elle sembla se raviser. Ha, finalement, elle était plus maligne que ce qu'il avait pensé de prime abord, même si ce n'était toujours pas le cas. Elle tenta de négocier et un sourire s'étira sur ses lèvres, pas loin de lâcher de rire, totalement amusé de la situation. Il ne pouvait pas lui en vouloir de croire qu'il avait envie de se la faire, après tout il l'avait dit clairement. Et la question tomba, celle qu'il attendait. Toutes les tentatives de négociations étaient parties à la trappe, sachant que ce n'était qu'un moyen de tenter de s'échapper.

« Non », répondit-il sans garder cet étrange sourire amusé qui lui collait plutôt bien à la face.

Et il reprit sa marche, grimpant les escaliers qui menaient à son appartement faisant légèrement durer l'attente. Il trouvait la situation plutôt amusante, il devait se l'avouer. Terroriser une femme... oui, il était sans doute sadique mais il aimait aussi taquiner les gens.
Alors qu'il atteignit finalement le sol du premier étage, il commença à parler.

« Je pense que je vais arrêter de vous torturer maintenant et passer à quelques explications, histoire que vous arrêtiez de croire que j'ai envie de vous violer ou je ne sais quelles conneries. »

Il la déposa au sol. Entre elle et les escaliers, il y avait lui. Derrière elle, un long couloir bordé de deux portes chaque côté du mur. Et il n'était pas très épais, contrairement à son propriétaire qui prenait un huitième de la place avec la largeur de ses épaules. Autant dire que si elle voulait se faire la malle, il faudrait qu'elle fonce à travers le couloir pour rejoindre la pièce au fond de celui-ci et sauter par les fenêtres du grand salon. Et il n'était pas sûr qu'elle atterrisse indemne. Bon, il était face un ange, les ailes et tout ça, mais il se doutait bien qu'elle manquerait quelque peu d'audace et que sa dernière phrase avait du piquer vivement sa curiosité.

« Ce qui s'est passé avant n'était que de la mise en scène. »

Bon, il ne précisa pas que ça n'avait tenu qu'à un fil de massacrer le mafieux, particulièrement lorsqu'il s'était tiré sans rien dire de plus. Il ne supportait pas les lâches, surtout ceux qui abandonnaient une femme à un triste sort. Heureusement pour elle, il n'avait jamais eu aucune intention violente, si ce n'est d'avoir un échange poli et courtois.
Il avait oublié un détail. Ses yeux rouges. C'était un problème généralement. Quand il s'énervait, ceux-ci tournaient automatiquement vers cette couleur. Aussi, décida-t-il de calmer les restes de pulsions meurtrières qui se trouvaient en lui et espéra que ses yeux comprendraient. Et tandis qu'il ouvrit de nouveau la bouche pour parler, quelque chose d'étrange se produisit dans les pupilles de l'hybride. C'était comme si quelqu'un venait de jeter un liquide noir dans ses yeux, se mélangeant peu à peu au rouge, jusqu'à l'effacer complètement.

« La décision de vous garder avec moi, c'était simplement pour éviter que vous le soyez avec lui. Après ce qui vient de se passer, pensez-vous vraiment que vous auriez fini avec quelques billets en poche et un bleu sur les fesses ? »

L'image était assez explicite pour se passer de commentaires. Cet homme était inutilement violent et arrogant. En à peine quelques secondes, toute la fierté qu'il avait à disposition s'était évanoui et il avait arrêté de faire preuve d'orgueil lorsqu'il avait uriné sur le plancher du bar. Il était évident que la colère l'aurait gagnée et qu'il se serait fait la main sur la première personne venue. Si ce n'était pas un de ses hommes de main, ça aurait été elle. Du moins, c'est ce qu'il pensait.
Bon, c'était un ange. Au final, il aurait pu l'envoyer péter et la laisser à son triste sort. Il ne l'avait pas retenue par chevalerie, pas uniquement en tout cas. Il venait de mettre en colère un mafieux et vu son comportement, il devait avoir une certaine importance au sein de sa clique. Il se doutait bien que des représailles, il y en aurait, surtout que la Bratva n'était pas vraiment de son côté. Elle avait donc des informations sur lui. Et Tristan, il avait de l'argent, des compétences et une force démesurée, trois choses toutes indiquées qui pourraient servir l'ange. Il était responsable et prêt à rattraper son erreur.

« Et si au lieu de discuter ici, on allait dans mon salon, confortablement assis en prenant un verre histoire de vous détendre un bon coup ? Si vous ne voulez pas d'alcool, j'ai... ( il fit mine de réfléchir, cherchant ce qu'il avait d'autre )... de l'eau. »

Il y avait bien du soda et d'autres boissons du genre dans le bar mais l'envie de descendre lui passa. De une, qu'elle ait envie de s'enfuir était toujours possible. Et de deux, il n'avait pas envie de déprimer en revoyant l'état désastreux du bar après l'esclandre qui y avait eu lieu.
Et il se rappela l'urine. On lui avait déjà fait le vomi mais pas l'urine. Il n'aurait jamais dû prendre sa soirée... quoique, il était content que sa serveuse n'ait pas été présente ce soir-là.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   31.01.14 0:05

"Non"

La réponse martèle mes oreilles. Je reste interdite face à lui. Et il continue a avancer, ne me jetant pas le moindre coup d'oeil. Tac. Un pas. Tac. Deux pas. Étrangement je commence à compter ses pas. Combien il en reste avant... ? Tac. Trois pas. Mes yeux sont fixés sur sa nuque, où je crois deviner une veine qui palpite. Si, cette veine c'est la carotide n'est-ce pas ? Celle qui remonte au cerveau par le côté du cou. Tac. Quatre pas. Il me suffirait de, d'y donner un coup peut-être pour parvenir à quelque chose. Tac. Cinq pas. Sauf que c'est une montagne de muscles et face à moi... Tac. Six pas. Si je n'essaye pas, je ne saurais jamais. Tac. Sept pas. Vas-y maintenant. Tac. Huit pas. Maintenant j'ai dis. Tac. Neuf pas. Maint...

« Je pense que je vais arrêter de vous torturer maintenant et passer à quelques explications, histoire que vous arrêtiez de croire que j'ai envie de vous violer ou je ne sais quelles conneries. »

Comment ? C'est sa voix qui me coupe dans ma folie, dans ma tentative désespérée de me raccrocher à la moindre connerie qui aurait pu me passer par la tête. Puis, toujours trop stupéfaite pour avancer la moindre parole, je me fais déposer tranquillement sur le sol. Autant dire, que je m'éloigne de lui rapidement de quelques pas et ressens un léger soulagement à ne plus être prise en tenaille entre ses bras. Je n'ai d'yeux que pour lui et ne regarde même pas la salle dans laquelle nous sommes. Je réalise juste qu'elle est petite et sombre, je m'y sens encore prisonnière et ma méfiance m'empêche de me remettre à respirer normalement, d'abord je voudrais être sûre de bien comprendre.

« De... de la mise en scène ? Vous rigolez ? »

Il DEVAIT rigoler. Ou alors il était fou. Envoyer valdinguer des types d'une pichenette et prendre ça comme un jeu ? Bon, j'en avais déjà vu des anges forts, ce n'était pas la première fois ; sauf qu'avec eux, j'étais dans leur camp jusqu'à récemment. Mine de rien, ça rend la chose moins impressionnante.

À la seconde même où il se remet à parler, ses yeux changent de couleur, pour être honnête, c'est une des choses les plus fascinantes que j'ai vu depuis longtemps. Malheureusement mon état d'émerveillement est de courte durée.

« La décision de vous garder avec moi, c'était simplement pour éviter que vous le soyez avec lui. Après ce qui vient de se passer, pensez-vous vraiment que vous auriez fini avec quelques billets en poche et un bleu sur les fesses ? »

« Ha ! » Mon cri est étouffé et effaré. Elle est bien bonne celle-là ! Je mets mes mains des deux côtés de mon visage. « Mais pardon d'avoir cru que vous étiez plus dangereux que Georgio !  »

Ma voix part dans les aigües tellement je suis consternée et outrée.
Je fais retomber mes bras, les faisant claquer sur mes cuisses. Vu mon ton, il pourrait très mal le prendre, mais j'ai comme l'impression que l'homme ne se rend pas compte de sa force et surtout de la peur qu'il m'a foutu. Les paroles se bousculent dans ma bouche.

« J'ai cru... » Je secoue légèrement ma tête, cherchant mes mots, réalisant ce qui aurait pu m'arriver, j'ai du mal à mettre des descriptions sur toutes les horreurs qui se sont bousculées dans mon esprit. « J'ai cru que j'allais me faire démembrer ou je ne sais quoi d'autres... »

Je comprends très bien à quel point ma réaction est idiote. Je devrais me réjouir de m'en sortir aussi bien, mais rien n'y fait c'est la tension accumulée qui parle.
« Alors oui.. » Je relève la tête et le regarde droit dans les yeux. « Oui, je pensais que j'aurais pu gérer Georgio comme une grande et peut-être m'en sortir avec un bleu sur les fesses comme vous dites... »

Mes joues sont rouges d'énervement et de honte. Non seulement parce que je me suis faite avoir mais aussi parce qu'il se permet de, de... se foutre de moi !

Je pousse un long soupir, et baisse mon visage pour le cacher entre mes mains ; mes paroles en sont quelques peu étouffées et c'est avec une voix désespérée que j'annonce :

«Je suis foutue, foutue, foutue... »

Ma petite crise d'hystérie laisse place à un long silence, que je brise une fois que je pense avoir repris mes esprits.

« Oui, s'il-vous plait, je voudrais de l'eau. » J'ajoute après un temps « Et je n'ai vraiment rien contre le fait de m'assoir, ni contre un petit verre d'alcool en plus... »

Je lève des yeux fatigués vers lui, lui faisant comprendre que j'acceptais une discussion, ou même de le laisser gérer la suite. Quoiqu'il se passerait ensuite, je n'avais pas vraiment l'impression d'avoir le choix.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   31.01.14 2:09

« De... de la mise en scène ? Vous rigolez ? »

Il secoua doucement de la tête, signifiant que ce n'était absolument pas une blague. Elle se tenait là, debout, devant lui, avec un air consterné et une mine bientôt renfrognée. Et elle l'était de plus en plus qu'elle parlait. Il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir et s'était même amusé de la situation. Qu'on se le dise tout de suite, il ne s'en voulait absolument pas. Ses choix étaient logiques, menée par une raison de faire vieille de sept siècles. Fricoter avec les diverses organisations criminelles ou non, c'était devenu son truc. Il savait les gérer tout comme les combattre.
Mais bon, elle n'avait pas réagi à son sobriquet. Non, uniquement à la force dont il avait fait preuve. Et ça voulait dire qu'elle ne connaissait pas la légende urbaine qui l'entourait. Il était normal qu'elle ne se sente pas rassurer, voire même menacer par l'éventualité de représailles de la part de son client.

Et qu'elle continua sa tirade, telle une diva. C'était sans doute l'une des raisons qui faisait qu'il ne s'était jamais attaché à des femmes. Qu'elles le veuillent ou non, elles avaient ce foutu comportement qui les poussaient à agir quand on dépassait les bornes. Enfin, leurs bornes. Peut-être devait-il gueuler un coup, histoire de lui rappeler qui était le pseudo-monstre sanguinaire dans la salle ?... mauvaise idée, mon vieux. Tu lui as déjà assez foutu les boules et causés d'ennuis pour la soirée.
Enfin, il ne se sentait qu'en partie responsable de sa situation. Ce n'était pas lui qui l'avait trimbalé ici et les choses se seraient sans doute passées de la même façon, qu'elle soit présente ou non.

Au moins, il débarquait avec un plan pour la sortir de toute cette merde. Et elle, elle avait quoi à part son cul ? Sois poli et courtois. C'est pas en l'insultant que tu vas la rassurer.
Il la regarda enfouir son visage entre ses mains, Il continua de la laisser dans sa tirade, patientant malgré l'envie d'aller plus en profondeur dans cette histoire, parce que bon... il était là, quoi.

Et hop, elle reprend enfin contenance. Et là, il était sur le qui-vive. Elle allait enfin arrêter de jouer au martyr et faire bouger les choses un peu. C'était la partie intéressante, du moins pour lui. Non pas qu'il en ressentait une excitation mais ça avait été l'un de ses boulots. Protéger.

Il pointa du menton la pièce du fond et la suivit. Il l'abandonna à mi-parcour, lui faisant mine de continuer. Il rentra dans la cuisine, sortit deux verres d'un placard  dont il en remplit un d'eau fraîche sortit du robinet. Avant de sortir de la pièce, il attrapa un sachet de fruits secs. Un petit casse-dalle, ça devrait l'aider aussi.
Il sortit de la pièce, se dirigeant dans celle d'en face. Celle-ci est fermée, le forçant à utiliser son coude pour l'ouvrir. La salle d'arme... bon, pas de fausses idées, c'était là qu'il stockait ses paquets de cigarettes. Il en attrapa un qu'il enfila dans la poche arrière de son jean avant de sortir à nouveau de la pièce, avançant dans le couloir et remarqua qu'il n'avait pas fermé la porte de sa chambre. Normal, j'ai jamais d'invité de dernières minutes.
Elle ressemblait à l'ancienne qu'il avait. Sombre, petite, sans fenêtre. C'était le bordel, non pas qu'il était du genre à étaler ses affaires. Le sol était propre, le lit était fait, le bureau sur lequel reposait un ordinateur portable était parfaitement rangé. Méthodique était le mot qui correspondait le mieux à l'état général.
Alors, c'était quoi le bordel dans cette pièce, au final ? Sur les murs reposaient des tableaux blancs. Ils en étaient presque tapissés. Sur les support blancs, il n'y avait aucun dessin, si ce n'est une toile formés par des centaines de traits qui rejoignaient des articles de journaux, des photos, des morceaux ou des papiers entiers. Et ce, dans plusieurs langues, allant de l'arabe à l'allemand. Un seul mot ressortait souvent dans tout ça, « l'Agence ».

Il soupira en constatant qu'elle aurait pu y jeter un coup d’œil, bien qu'il en doutait vu l'état émotionnel de l'ange. Il n'en avait cure, de toute façon, le monde des ombres savait qu'il était plus ou moins en guerre contre l'Agence. Il rentra dans la pièce, les lattes de bois craquant sous le poids de ses pas.
Il déposa les deux verres face à elle ainsi que le sachet de fruits secs avant de se diriger dans un coin de la pièce où reposait le mini-bar. Il en sortit une bouteille de vodka aromatisé qui n'avait pas même encore été ouverte, ainsi que l'éternelle bouteille de whisky, sa boisson de prédilection. Il revint près de la table basse, posant les deux bouteilles sur celle-ci.
Sur le meuble, il y avait aussi un portable, un cendrier et une paire de lunettes aux verres correcteurs... épais, témoignage de la mauvaise vue dont il disposait. Il attrapa le portable qu'il enfila dans une de ses poches, tira le cendrier vers lui et jeta le paquet de clopes ainsi que le zippo à côté de celui-ci. Il s'enfonça alors enfin dans le fauteuil dans un soupir d’exaltation. En plus des problèmes de vue et de goût, il se tapait aussi quelques problèmes de dos. C'était ce qui se produisait quand il vous manquait la plupart des muscles de cette partie du corps... heureusement, son pouvoir de régénération inhibait en grande partie la douleur, ce qui n'empêchait pas d'en ressentir la fatigue après une longue période sans s'être allongé.

Enfin assis, et ayant retrouvé un peu de sa contenance, un silence se plaça doucement. Ses pupilles noirs comme une nuit sans étoile et lune se posèrent alors sur elle, la dévisageant longuement avant de prendre la parole.

« Buvez, mangez, fumez, alcoolisez-vous si vous en avez envie mais écoutez-moi avec calme. Jusqu'à présent, vous avez été la seule à faire preuve de bon sens, continuez ainsi », commença-t-il sereinement, bien trop sereinement au vue de la situation dans laquelle ils s'étaient foutus.

« Je vais commencer par des excuses. Je vous ai insulté à plusieurs reprises. Je vous ai menacée. Et je vous ai sans doute fait l'une des pires frayeurs de votre vie. Pour tout ça, je m'en excuse, sincèrement. Cependant, comprenez que c'était un mal nécessaire. Je ne suis pas responsable de votre venue dans mon bar mais vous avez le droit de mépriser mon existence, je ne vous en tiendrai pas rigueur », finit-il comme si elle ne serait pas la première. Et elle ne le serait pas, loin de là.

Il marqua une pause tandis qu'il attrapait son paquet de cigarettes, extirpant l'une d'entre elles après l'avoir ouvert. Il l'attrapa entre ses lèvres, l'alluma et tira une longue bouffée qu'il expulsa aussitôt. Trois heures sans fumer, c'est long. La nicotine, l'alcool et les drogues n'avaient que peu d'effet sur lui, il ne pouvait pas y être accro physiquement parlant. Il ne ressentait pas le goût des cigarettes mais en sentait l'odeur et en subissait les effets déstressant.

« Vous auriez pu réellement passer une soirée horrible en sa compagnie et je préférais ne pas avoir à lire dans les journaux de demain que la police a retrouvé votre cadavre. Si il n'est pas trop con, ce dont je doute, il partira du principe que vous ressortirez d'ici dans un sale état et vous foutra la paix. S'il a une bonne âme, peut-être viendra-t-il vous voir pour savoir dans quel état vous êtes, même si je pense que ça sera plutôt par curiosité malsaine. Ou alors il en aura rien à branler et voudra tout de même vous sauter. », finit-il avec froideur.

« La chose étant que cet homme est un lâche qui était prêt à me coller une balle entre les deux yeux par orgueil. »

Il se souvint doucement de sa conversation avec l'informateur avant que les mafieux et l'ange n'arrivent. La Costa Nostra, hein... vu le comportement du type, il n'aurait pas été étonné qu'il en fasse partie. Les petites mafias étaient bien plus humbles devant lui.

« Maintenant, je pense que vous avez dû comprendre que je désire réellement vous sortir de cette situation. Vous savez que, physiquement parlant, je serais à même de vous servir de bouclier. Et littéralement, ce ne sont pas les armes automatiques qu'ils avaient avec eux qui auraient pu me blesser. »

Une oreille mal avisée y aurait sûrement vu de la vantardise. Quant aux autres, ils auraient rapidement compris que tout ce speech sur ses capacités n'était là que pour la convaincre que, en sa présence, elle était bien mieux lotie qu'avec un mafieux. Surtout qu'il ne paniquait pas, au contraire. Il semblait maître de la situation et confiant. Aussi confiant que lorsqu'il avait bondit sur deux hommes armés tout en sachant qu'un troisième débarquerait et que, dans le tas, il y avait un ange.
Ses yeux la regardaient avec un calme emprunt du côté surnaturel des deux espèces qui bouillaient en lui.

« Alors, au choix. Vous pouvez partir en sachant que vous serez obligée de rester planquer un bout de temps. Ou alors, vous restez ici, me donnez toutes les informations que vous avez sur votre client, y gagnez une protection en attendant que je règle la situation et en plus, assez d'argent pour que vous vous teniez à carreaux la semaine à venir dans un hôtel cinq étoiles. »

Il n'y avait aucun humour pour le coup. Comme il l'avait pensé avant, c'était une espèce de diva parmi tant d'autres. Forcément, il ne s'attendait pas à ce qu'elle ait envie d'aller se planquer dans un motel pourri et miteux.
Concluant sur cette touche, il s'enfonça profondément dans le fauteuil dans lequel il était assis, preuve qu'il avait terminé de parler et lui laissait le loisir de dire tout ce qu'elle désirait, de poser toutes les questions qui pouvaient lui venir. Et surtout, de prendre une décision.

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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   04.02.14 9:49

Je répugne vraiment à lui tourner le dos, j'hésite, puis je m'exécute. J'enlève mes chaussures à talons et les dépose dans le couloir avant de marcher complètement harassée par ces dernières minutes de tension. Je voudrais juste un siège, un lit, quelque chose, je voudrais m'y rouler en boule et c'est ce que je fais dès que je me retrouve dans le salon. En temps normal je me serais attardée sur la décoration -qui a l'air quasi inexistante ici- mais sans attendre ne serait-ce qu'une seconde, je m'affale sur un des canapé en cuir.

La matière est froide et je me mets à grelotter subitement. J'entends le Corbeau depuis le salon, alors qu'il navigue dans son appartement à la recherche de quoi me requinquer. Lorsqu'il revient dans la pièce, et pose devant moi un verre d'eau rempli, je me lève et le bois d'une traite.  L'eau fraiche me fait du bien, elle me réveille et adoucie mon état renfrogné. Il fait encore quelques allers-retours avant de venir s'assoir dans l'un des fauteuils à côté. Il me dévisage et je lui rends son regard. L'homme a du charisme. Je le vois maintenant que nous sommes face à face, et surtout, maintenant qu'il ne représente plus une menace. Il est beau si on omet son visage fatigué et mal rasé et ses yeux noirs me mettent moins mal à l'aise que les rouges.

Et ainsi, il commence à parler. D'abord, il m'invite à me servir à boire puis il me sert des excuses, je hoche la tête pour signifier que je les accepte. Avec quelqu'un d'autre, je me serais acharnée pour qu'il se sente vraiment coupable, j'aurais fait une scène, j'en aurais rajouté. Mais ne soyons pas bête, ce n'est pas le style de la maison que d'être patient. Au moins ça démarre bien, surtout comparé à la situation dans laquelle j'aurais dû me retrouver. Je lève les yeux au ciel, quand il me parle de le mépriser ou non. Peu importe ce que je pense de toi, je voudrais juste que tu me sortes de là bonhomme...

Il prend le temps d'allumer une cigarette au milieu de son speech. Je baisse les yeux lorsqu'il parle de ce que Georgio aurait pu me faire si j'étais partie avec lui. Mon regard se fixe sur les bouteilles qui sont posées sur la table basse, comme si c'était la chose la plus intéressante que j'aurais pu trouver dans le coin. Il a raison, je ne suis pas assez bornée pour ne pas l'avouer. J'hoche encore une fois la tête pour lui donner raison.

« Maintenant, je pense que vous avez dû comprendre que je désire réellement vous sortir de cette situation. Vous savez que, physiquement parlant, je serais à même de vous servir de bouclier. Et littéralement, ce ne sont pas les armes automatiques qu'ils avaient avec eux qui auraient pu me blesser. »

À partir de là, je suis beaucoup plus alerte sur ses paroles. Il désire réellement me sortir de cette situation ? Pourquoi ? Par sens des responsabilités ? Je suis assez estomaquée qu'un type comme lui s'évertue à sauver mes fesses -même si elles sont fort jolies- sans une bonne raison derrière.

Et maintenant, voilà qu'il me propose un deal, mes informations contre une protection et de l'argent. Avouons-le, je rêverais de me le couler douce dans un superbe hôtel pendant une semaine. Le Radison par exemple, ils ont un services exceptionnel... Mais tout ça c'est fini dorénavant.

Je relève lentement la tête vers lui, essayant de sonder ses yeux, de sonder son visage, ses yeux noirs. Toute l'empathie dont je fais preuve me pousse à lui faire confiance, à le croire sincère. Sauf qu'il s'agit d'une créature sordide que j'ai face à moi, une créature qui a autant que moi l'expérience de l'âge.

« Il est encore dur pour moi de savoir si je peux vous faire confiance ou non. »

Je ne lâche pas l'homme des yeux, cherchant la moindre de ses réactions. J'aurais besoin de garanties pour être sûr qu'il ne me poignardera pas dans le dos à la minute même où je quitterais le bar. Qu'il ne m'ait pas fait du mal maintenant, ne veut pas dire qu'il ne peut pas m'en faire après. Je réfléchis à toute vitesse. Est-ce qu'il n'aurait par exemple, pas intérêt à jouer la carte amicale pour avoir des informations beaucoup plus facilement ?

« Je peux vous demander quel est votre intérêt si vous m'aidez ? »

La question est difficile, à mes yeux, il n'en a aucun. À part les informations que j'ai... Mais pourquoi s'enliser dans des comptes avec la mafia ? À moins d'être suicidaire j'ai du mal à cerner les avantages. Donc, ce qu'il veut ce sont des informations et c'est la seule carte que je peux jouer dans la négociation.

« Oh, bien sûr, j'entends bien que vous voulez des informations ; dans ce cas je vais vous mettre au courant de quelques détails avant si vous le voulez bien, car malgré tout le professionnalisme dont vous faite preuve pour régler cette histoire, je ne suis vraiment pas sûre que vous compreniez exactement la situation dans laquelle je me trouve.»

Un plan se dessine dans ma tête, il est peut-être mauvais, mais c'est le seul qui me vient en tête. L'hybride a raison, il peut m'aider. Il est même le seul, bien que ça, il n'ait pas besoin de le savoir. Mon esprit divague quelques instants vers Siem... J'ai des images et des sensations qui s'imposent à moi et légèrement mon cœur se serre. Non, il ne m'aidera jamais, surtout pas vu comment nous nous sommes quittés. Je suis abattue de constater que je n'ai personne vers qui me tourner. Personne sauf ce vampire.

Lorsque je relève la tête vers Tristan, c'est un air stoïque que je lui montre, presque dédaigneux.

« Les hommes font du business, ils négocient et après un rendez-vous, je suis, comme qui dirait appelée pour disons, ... finir d'être persuasive. De ce fait, depuis quelques années, j'ai l'habitude de voir défiler une clientèle huppée. Je n'ai jamais choisi d'aller voir ce mafieux, on m'a plutôt demandé gentiment d'être un joli cadeau pour sa coopération.»

J'ai l'impression de débiter mes phrases comme un professeur qui fait sa leçon à ses élèves. L'assurance que j'affiche maintenant, comparée à ma panique de tout à l'heure, n'est qu'une façade, mais c'est plus fort que moi.

« Alors certes, je suis peu au courant de quel contrat je suis sensée fêter avec mes clients, enfin on m'en dit peu sur le sujet... Sauf que j'entends des choses et indéniablement j'ai des informations assez conséquentes qui me tombent dans les mains. Sans compter que je suis loin d'être bête, tout peut se recouper facilement. Certes je ne suis qu'une pute, je n'ai donc que peu de valeur en dehors de l'attachement corporel que quelques clients vouent à mon égard. Donc pour résumer, j'ai des informations à mes dépends, j'ai peu de valeur et qui plus est vous m'avez à priori enlevée et torturée, vous qui, si j'ai bien saisi l'affaire, avez des contacts avec la mafia russe qui pourrait être intéressée par les informations que j'ai. »

Pendant mon discours, ma voix a commencé à être fébrile et je débite les informations rapidement presque maladivement et pourtant je suis sereine. Oui, sereine de donner des informations que j'ai toujours gardées pour moi. Quoiqu'il choisisse, les dés sont jetés, je ne peux revenir en arrière. J'espère juste que mon intuition est la bonne et que son choix penchera en ma faveur, alors je joue franc-jeu jusqu'au bout.

« Que je donne les informations ou non n'intéressera pas nos ennemis, ils me supprimeront par sécurité ou par vengeance. Au final, maintenant que je suis entre vos mains, je deviens dangereuse pour les hommes d'affaires qui font appels à moi ; l'attachement qu'ils me portent ne fera pas le poids comparé et avec le gain de temps, d'argent et la facilité qu'ils auront à me faire taire définitivement. Vous comprenez ce que je veux dire ? » J'attends une milli-seconde, le temps de reprendre mon souffle et lâche mi-dépitée mi-ironique :

« Si jamais je me pointe dans un hôtel 5 étoiles, j'ai des très fortes chances qu'on y connaisse mon visage, j'ai donc aussi de très fortes chances de voir apparaître la Costra Nostra et là on retrouvera mon corps dans la baie...»

Et dans ce cas, qui s'en souciera ? Peut-être aurais-je au moins le droit à un encart dans le journal. "Une prostituée a été assassinée" Glamour... Et est-ce que le grand manitou là-haut voudra encore de moi après que la moitié des cadres de Naniwa soient passés entre mes cuisses ? Un ou cent, quoiqu'il arrive la luxure est rarement pardonnable de là d'où je viens. Un frisson me parcourt l'échine rien qu'en pensant au sale quart d'heure que je passerais lorsqu'on jugera mes fautes...

« Peut-être aurait-il mieux valut recevoir des coups pendant cinq minutes plutôt que d'être poursuivie jusqu'à ce que mort s'en suive par la mafia italienne d'un côté et par les hommes qui ont des affaires avec eux de l'autre.»

Il aurait suffit de fermer les yeux et d'attendre que ça passe...

«  Quoi qu'il en soit, il est trop tard pour revenir en arrière, trop tard pour que je reprenne mon ancienne vie, du moins pour l'instant. Alors je vais vous donner des informations, des bonnes informations. Vous pourrez vendre ça aux russes et vous faire des amis si vous le souhaitez. Tout ce que je voudrais en échange c'est de l'argent pour pouvoir m'enfuir si besoin et surtout... votre protection. Vous comprenez bien que je ne peux plus me balader seule dans la sphère que j'avais pour habitude de fréquenter. Vous allez attirer le danger autant que moi, mais quitte à être en danger, autant se couvrir avec le bon "bouclier". »

Évidemment j'aurais pu m'enfuir, partir loin, prendre mes économies. Mais la peur m'assaille. Je ne veux pas quitter tout ce que je connais.

Je fixe son visage, attendant que l'information ait le temps d'être assimilée. Le silence me permettant de donner du poids à ma phrase suivante :

« Je voudrais rester avec vous le temps que l'affaire soit réglée »

Si elle a une chance d'être réglée un jour. Malheureusement une fois qu'on touche à la mafia, c'est comme jouer aux poupées russes... Ça ne finit jamais vraiment.

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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   04.02.14 20:33

Elle l'avait écouté, le tout agrémenté de quelques hochements de tête peu convaincus. De toute façon, elle se retrouvait dans une situation compliquée et elle n'aurait pas d'autres choix que de se faire petite. Bien que les informations qu'elle possédait pouvaient la rendre dangereuse, très dangereuse, ce n'était au final qu'un ange coincé dans un corps humain. Bien trop humain pour elle. Et même si elle avait pu être puissante par le passé, il n'en était rien aujourd'hui. Elle était aussi faible que les autres. Et le prouva finalement lorsqu'elle parla de la confiance qu'elle pouvait lui attribuer.
Il avait failli en soupirer mais s'était retenu. Il ne lui avait pas demandé de faire confiance à cause d'un principe qu'il s'était imposé : ne jamais croire en quelqu'un vous demande d'être honnête avec lui, ou de lui faire confiance. C'était des mots mielleux faciles à mettre dans n'importe quelle conversation et qui pouvait attirer l'attention d'une une qui avait désespérément besoin de l'aide d'une âme charitable. Il préférait qu'elle puisse être suspicieuse en tout temps sans forcément rentrer dans la paranoïa.

Et la question qui suivit le prit un peu au dépourvu. Parler de l'intérêt, de ce qu'il avait à y gagner dans cette histoire, n'aurait fait que rajouter de l'huile sur le feu. Il avait proposé son aide sans souligner le fait que, toute mafia que c'était, les quelques hurluberlues qui étaient partis promptement de son bar n'étaient rien comparé à ce qu'il avait déjà sur le dos. Et que dans le but de ne pas avoir une organisation criminelle de seconde zone en plus, il devait faire en sorte d'arranger la situation tout en évitant la casse. La casse ? L'ange qui se tenait en face de lui.

« Mon intérêt... je préférais éviter la discussion à ce sujet. Sachez juste que je suis de votre côté. »

Les personnes qui connaissaient le Corbeau savaient qu'il travaillait pour l'Agence. Et ils devaient maintenant savoir que cette même Agence en avait après lui. Si elle venait à le côtoyer régulièrement, elle l'apprendrait tôt ou tard. Et il préférait tard que tôt. Le mieux étant jamais.
En dehors des organisations criminelles ou non, les civils en règle générale ne savaient que ce qu'il montrait de lui. En soi, le patron d'un bar ayant souvent l'air benêt. Il n'y avait qu'une seule personne, voire deux, au courant des nombreux secrets qui l'entouraient, tant pour l'Agence, que pour son amnésie ou ses sens défaillants.

Il écouta l'ange parler sans l'interrompre. Les quelques mots qu'elle vint à lui dire n'avaient rien de très surprenant. En faisant un métier comme le sien, il était évident qu'elle finissait par entendre des choses qu'elle n'aurait pas dû, et en bonne professionnelle qu'elle était, elle avait fermé sa gueule. Sauf que maintenant, c'était les seuls arguments de poids qu'elle possédait pour sa survie.
Qui plus est, elle semblait ne pouvoir faire croire qu'en lui. Elle devait être bien seule... aussi seule que lui, au final. Quelque chose qu'il comprenait. Quelque chose pour laquelle il aurait même pu faire preuve de compassion envers elle si le ton de la conversation ne s'y prêtait pas.
Il hocha doucement de la tête à la question qu'elle posa. Il comprenait bien, oui. Et c'est après ça qu'elle confirma ses doutes. La Costra Nostra... un léger sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Et elle continua sa tirade. Elle était inquiète pour l'avenir de sa vie qui semblait s'être drastiquement raccourci, ce à quoi il n'avait qu'une seule réponse : t'as pas encore compris que d'entre eux et moi, je suis probablement le plus dangereux.
Comme il l'avait prévu, elle lui demandait clairement de jouer aux gardes du corps un certain temps. Ce n'était pas sa position favorite mais celle qu'il occupait avant ne faisait plus vraiment partie de ce qu'il était non plus.

La dernière demande le laissa à nouveau au dépourvu, ses yeux s'ouvrant plus que nécessaires sous le coup de la soudaine surprise. Sa mâchoire avait failli suivre le mouvement mais il avait su éviter d'avoir l'air grotesque. Elle était clairement entrain de lui demander de vivre chez lui là, non ? Sois pas idiot, c'est la meilleure solution, peu importe comment on la regarde.
Il reprit contenance et son regard finit par se détacher d'elle, semblant presque perdu. Pendant un bref instant, des souvenirs remontèrent à son esprit malgré lui. L'air confiant qu'il avait arboré jusque là se dissipa, laissant place à sa personnalité la plus enfoui. La situation commençait vaguement à lui rappeler quelque chose. Pis encore, l'ange et lui allaient se rendre dans ce restaurant. Il ferma les yeux, soupirant brièvement et se frotta les paupières à l'aide de son pouce et son index gauche.
Il tenta vainement de la chasser de son esprit, décidé à se concentrer sur l'instant présent. Il alla chercher la bouteille de whisky, hésita et finit par la reposer sur la table. Ça ne changerait rien. Il buvait sans cesse mais ça n'avait jamais allégé ce qu'il ressentait.
Il trouva rapidement quelque chose pour tenter de se remettre au goût de l'affaire. Une information capitale pour lui.

« Avant que vous ne me donniez des informations capitales à votre survie ainsi que de me demander de vivre sous mon toit, il y a une chose importante que vous devez me dire. » commença-t-il en reposant finalement son regard sur elle.

« ... vous vous appelez comment ? »

Il avait tenté d'avoir un air  plaisantin sur le visage mais ce fut pas aussi convaincant qu'il l'aurait aimé, ses capacités de comédien légèrement brouillées par les souvenirs qui l'assaillaient malgré lui.
Bien qu'il était resté debout une partie de la journée et que son dos profitait enfin d'un repos bien mérité, il décida de se lever. Il fit le tour du canapé face à celui sur lequel elle était posée, se dirigeant vers les trois vitre qui parsemaient le mur. Il se plaça un bref devant celles-ci, observant l'extérieur.
Il tentait de préparer un plan d'action mais il commençait à perdre l'intérêt qu'il avait pour cette affaire. Il passa sa main dans sa barbe de trois jours, réfléchissant longuement, le tout accompagné de sa mémoire qui lui remettait le visage de Kurenai en tête. Il soupira bruyamment, tentant tant bien que mal de revenir à la réalité.

« Il y a peut-être une chance de régler ça rapidement même si je doute que ça fonctionne comme sur des roulettes. »

Le plan était encore imprécis. Généralement, ça lui venait tout seul, comme si ça avait été soigneusement préparé dans un coin de sa tête. Mais pas cette fois. Cette fois, ce qui ressortait du coin sa tête, c'était surtout des souvenirs.

« Avant de rentrer en contact avec la mafia russe, nous irons voir l'ancien boss de la Costra Nostra. Il tient un restaurant en ville. Ne vous fiez pas trop à ce que vous avez pu connaître jusqu'à présent, c'est un homme d'un tout autre niveau. Et en prime, c'est devenu un chic type. Il a des manières qui devraient vous plaire. »

Il marqua une pause, tentant d'élaborer la suite du plan. Le tout lui venait gentiment tout en se rappelant de détails futiles datant d'environ deux ans auparavant. Mais d''autres problèmes naissaient gentiment, plus il avançait dans l'élaboration de son plan d'action. Dans un programme ou une formule, ça fonctionnait généralement sans trop d'accro si on ne faisait pas d'erreur. Par contre, dans ce qu'il prévoyait, la variable humaine posait souvent un problème, créant des possibilités bien plus nombreuses et il devait se parer à chacune d'entre elles. Autant dire que c'était difficile lorsqu'une femme vous accapare la plupart de vos pensées.
Il soupira à nouveau, se rendant compte qu'il n'était pas vraiment disposé à en faire plus pour le moment. Il avait envie d'attraper cette foutue bouteille et se la vider cul sec en espérant qu'il finirait enfin bourré.
Il se tourna finalement vers elle, enfilant les mains dans les poches de son pantalon. Son dos se posa contre l'une des vitres qui sembla prête à exploser sous son poids. Son regard l'observa un instant de commencer d'une voix quelque peu vidée de son enthousiasme et sa confiance.

« Pour le moment, il se fait tard. Se reposer me semble la meilleure chose à faire avant de rentrer pus en détails. Ne prévenez personne de votre situation actuelle. On trouvera une histoire quant à votre présence en ces lieux, probablement une histoire de cousine éloignée venue s'installer en ville. »

Il marqua une courte pause, réfléchissant à la suite de ses paroles qui au final, n'était pas vraiment important.

« Demain, nous irons vous acheter des vêtements qui se prêtent plus à ce lieu. On essayera aussi de vous trouver une robe plus élégante que celle que vous portez actuellement. »

Il comptait l'emmener manger au restaurant de l'ancien boss de la Costra Nostra. Et même si elle pouvait se trouver élégante, elle ne rentrait clairement pas dans les standards d'élégance de l'hybride. En même temps, ils avaient vécu dans des milieux opposés. Si ils avaient tout deux pu fréquenter les hautes sphères de la société, il n'avait jamais côtoyé la moindre prostituée. Ou tout du moins, jamais fait appel à leurs services. Au final, il ne s'était mêlé à ce monde de lèche-cul dans le seul but d'atteindre certains objectifs.
Au final, lui trouver une robe n'était pas vraiment important pour lui. C'était dans le but de faire bonne impression lorsque son vieil ami la verrait, histoire de gagner des points d'entrée de jeu. L'important à présent était de faire bonne impression envers les bonnes personnes. Les armes, ce serait pour plus tard.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   09.02.14 0:49

Franchement ce type est psychotique. La seule chose qu'il m'inspire juste après ma demande c'est qu'il a l'air plus que fatigué. Exténué même. Non mieux, complètement mort. Pour une momie vivante ça ne m'étonne pas, mais il montre son vrai visage. Comment peut-on vivre des centaines d'années tout en gardant l'envie de vivre, ou plutôt une sorte de joie ? J'ai la réponse. On ne peut pas.

Et l'homme ne déroge pas à la règle, me dis-je lorsqu'il fait mine de prendre sa bouteille de whisky. Chacun sa dépendance...

Il reprend la parole. "Avant que vous ne commenciez à vivre sous mon toit" Je souris légèrement. Bien, il accepte.

« Vous vous appelez comment ? »

Mon sourire s'étire encore et c'est sans sourciller une seule seconde que je réponds :

« Zusana Manih, enchantée. »

Les noms, qu'est-ce que c'est finalement ? En inventer, en changer, imaginer une vie, c'est la routine. Et franchement c'est pas à ce bonhomme que je laisserais mon nom, pas celui qui me tient à cœur.

Il s'est levé, s'est approché près de la fenêtre et me tourne le dos. Qu'est-ce qu'il fuit ? Pour la première fois depuis que je le vois, il me semble embrouillé, même si de dos c'est difficile à dire. je me demande vraiment s'il va pouvoir me protéger ou non. Il parle d'un plan, mais je suis peu incline à aller me rendre tranquillement voir l'ancien boss de la Costra Nostra. Comment se fait-il qu'il connaisse cet homme ? Étrange. Il est ami avec la mafia russe, avec l'ancien boss de la Costra Nostra et qui d'autre encore ? Je lève un sourcil, suspicieuse et  intriguée, me promettant de découvrir quel est cet homme. J'ai un peu de temps de toute manière, vu que je vais être coincée de cette cave dorénavant, et que j'aurais surement besoin de quoi satisfaire ma curiosité.

Lorsqu'il me propose de se reposer, mon corps approuve de toute ses forces. Je suis éreintée et même si je suis dubitative quant à la nécessité d'aller voir l'ancien boss de cette mafia italienne, comme il le dit, j'aurais tout le temps de demander des explications demain. Je baille discrètement alors que des larmes m'arrivent aux coins des yeux. J'hoche la tête en soupirant pour signifier que je comprends que je ne dois en parler à personne. Il me prend vraiment pour une idiote ou quoi ? Comment cet homme peut-il se croire supérieur à moi ? Il n'a ni l'ascendant sur l'âge, ni sur l'intelligence, peut-être la prééminence de la force mais qu'est-ce que ça vaut ? Moi je suis un ange.

La fatigue me rend de mauvaise humeur et je rigole ironiquement lorsqu'il parle de m'acheter une robe élégante. Je me lève et marche vers l'hybride.

« Me choisir une robe ! Me choisir une robe ? Évidemment, je pense que vos goûts vestimentaire valent le déplacement »

Mes yeux se baissent vers la tenue de l'homme, je tends ma main pour caresser le bout de tissu. Je suis tactile aussi. Quel salopard, hautain et suffisant à en vomir.

« J'aimerais que vous me convainquiez que d'aller voir un tel homme est une bonne idée; mais nous aurons le temps demain. Quand vous me choisirez une robe plus élégante disons...»

Je fais reposer mon épaule contre la fenêtre et je croise mes bras, observant l'homme qui se trouve de profil.

« Alors, où est-ce que je dors ? J'ai renoncé à l'hôtel 5 étoiles, j'espère que j'ai bien fait ! Ah, et je vous préviens, hors de question que je vous réchauffe les pieds, que je vous traite en héros parce que vous me protégez ou que vous ayez le droit à une compensation sexuelle, vous n'êtes pas mon type, je préfère prévenir avant qu'il n'y ait méprise. »

Non mais ! Je vois bien venir l'histoire romantique pour deux sous. Il pourrait se méprendre et croire que je suis d'accord pour dormir avec lui. Ou pire, tomber amoureux de moi à vouloir jouer les gardes du corps, c'est du déjà-vu...


Dernière édition par Elena Gavrisg le 09.02.14 14:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   09.02.14 3:40

L'hybride observa la femme lorsqu'elle sortit un nom. Pendant un bref instant, un sourcil d'interrogation s'était arqué. Zusana Manih ? Son sourcil retourna à sa position normale, faisant rapidement le lien entre une vérité commune dans ce monde : quand vous vous trouvez dans la merde, ne jamais donner son nom.
Probablement parce qu'il s'était attendu à quelque chose avec une consonance plus angélique, il s'était tout de suite douté que ce n'était peut-être pas son vrai nom. Il n'en était pas sûr mais ils vivaient dans un monde à peu près similaire... il n'aurait même pas été étonné de voir les ailes de l'ange teintées d'ébène. Et puis, c'était surtout une expérience personnelle. Il s'était rarement présenté sous son véritable nom. À l'heure actuelle, les personnes à le connaître devaient être les membres de l'Agence ayant accès à l'information et... lui-même. Ce qui voulait dire moins d'une dizaine de personne dans ce monde.
Probablement par fatigue, probablement parce qu'il avait la tête ailleurs et probablement parce qu'il en avait rien à faire, il décida de passer outre. Qu'elle s'appelle Gabriel, Uriel ou que savait-il d'autre n'avait pas vraiment d'importance. L'important, c'était de régler cette affaire rapidement pour s'éviter des problèmes supplémentaires. Le large réseau qu'il avait tissé devrait l'aider en ce sens mais la garantie que ce soit rapide n'était pas forcément là... il espérait sincèrement ne pas avoir à se la coltiner des mois durant. Le mieux étant qu'elle puisse retourner à sa vie dans les deux mois à venir. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne soit retrouvé par l'Agence. Et son plan initial voulait qu'il le soit. Ce n'était pas pour rien s'il avait choisi « The Crow » qui voulait dire la corneille, petit cousin du corbeau. Et il ne serait probablement pas en mesure de la protéger contre eux.

Alors qu'il venait de parler d'acheter une robe, elle rigola. Et elle se rapproche brusquement de lui, faisant preuve d'un mouvement qu'il trouva bien trop... proche. Il ne fit rien pour la repousser, son regard continuant d'observer le décor face à lui. La Bay Area...
Alors qu'elle mettait clairement en doute ses goûts vestimentaires, il se rappela de ce qu'il portait. Il y avait encore un costard suspendu au fond de son placard. Si seulement elle l'avait vu auparavant, probablement n'aurait-elle pas douté de de ses goûts. Il n'avait que rarement porté autre chose que ses habituels costards-cravates durant ce demi-siècle et même bien avant, il avait toujours fait preuve d'une élégance remarquable. Aujourd'hui, avec ses vêtements mal foutus, il était évident qu'il ne risquait plus de dégager la même classe qu'il avait auparavant.
Quand elle parla de son ami, il regarda son reflet dans la vitre un court instant. Vu qu'ils allaient se taper l'incruste dans un restaurant huppé de la ville, il serait obligé de renfiler son vieux costard pour l'occasion. Et de se raser. Et tout le bordel qui accompagnait cette joyeuseté. Il n'avait pas vraiment envie d'y penser pour le moment, ses pensées toujours ailleurs.

Il se tenait déjà contre la vitre lorsqu'elle s'appuya à son tour contre. Et elle aborda un sujet inattendu. Il posa finalement son regard sur elle, la dévisageant face aux conneries qu'elle venait de lui lancer au visage.

« Tch. » fit-il, instantanément agacé, en se souvenant pourquoi il n'avait jamais réussi à supporter les femmes.

Il se décolla de la fenêtre, fit quelques pas, près à contourner l'un des canapés pour se diriger vers la sortie de la pièce. Il s'arrêta finalement avant de commencer d'une voix froide.

« Je vais aussi éviter toute méprise. Vous êtes à des années lumières de ce que j’attends d'une femme. »

Il marqua une courte pause, avant de rajouter d'un ton plus grave.

« Et je n'ai rien d'un héros. Je suis à des lieues de ce que vous pourriez considérer comme tel. »

Foutues putes. Anges ou non, elles avaient un truc en plus qui l'énervait. Probablement cette vanité de penser que tout le monde courait après leur corps. Il reprit son chemin tout en montrant une porte qui se trouvait dans la pièce, précisant :

« La salle de bain. »

Il sortit aussitôt de la pièce, il attrapa la poignée de sa porte, déjà prêt à y mettre un pied.. Une fois qu'elle arriva dans le couloir, il montra du doigt la porte face à cette dernière.

« Vous n'y trouverez rien d'intéressant, si ce n'est des armes, du fric, de l'alcool et des clopes. »

Il pointa du doigt la pièce qui se tenait à côté de celle qu'il venait de décrire.

« Votre chambre. Il y a des draps propres dans le placard. En face, c'est la cuisine. À part de la viande, quelques légumes périmées depuis la semaine passée et du riz, vous n'y trouverez rien. »

Il s'apprêta à rentrer dans sa chambre, l'envie de s'enfermer dans son petit monde et profiter d'un moment de détente, peut-être essayerait-il de dormir finalement, bien qu'il savait qu'il la passerait à se remémorer des souvenirs qu'il avait oublié. Cependant, il décida de préciser la règle la plus importante de tous les appartements dans lesquels il avait vécus, où il avait accueilli quelqu'un :

« Ici, c'est MA chambre. Vous y rentrez, je vous fous dehors. Et je vous préviens, je saurais si vous y êtes rentrée. »

Un ton et des yeux menaçants avaient accompagné ces quelques. Il s’engouffra aussitôt dans la pièce, refermant la porte derrière lui, celle-ci claquant, faisant vibrer les murs. Il entendit les quelques bruits de pas... et fini par couper son ouïe, décidé à rester enfermer dans son monde.
Ce n'était pas vrai, il ne l'aurait sûrement pas mise dehors mais au vue dernières paroles qu'elle avait lancé, elle avait dû y mettre tout le venin qu'elle pouvait. Probablement aurait-il eu l'air de faire la gueule mais il s'en fichait. Il l'accueillait, prêt à la protéger et elle osait encore jouer à la princesse avec lui, balançant des mots vides de sens. Ça l'avait pris à la gorge. Ça l'avait énervé. Et ce n'était pas comme auparavant, où son agacement avait fini avec un type dans un sale état et un mafieux se pissant dessus.
Il s'assit lourdement sur son lit, lâchant un profond soupir d'agacement. Pendant un bref instant, il remit en question la source de ce qui venait de se passer, cette colère soudaine et froide qui l'avait prise. Il s'enfonça plus en arrière sur le matelas, finissant par détendre ses jambes et appuya sa tête contre le mur.
Après une courte période de réflexion, il se rendit que ce n'était pas tant les propos qui l'avaient énervé. Habituellement, il aurait simplement lancé une phrase remplit lourde de sous-entendues et l'aurait guidée jusqu'à sa chambre sans vraiment tenir compte de ce qu'elle avait pu dire. Habituellement, elle aurait même pu poser une seule et unique fois le pied dans sa chambre pour assouvir l'éventuelle curiosité qui pourrait s'imposer. Il ne l'avait pas toujours fait mais avec elle, oui. Probablement parce que ce soir là, il s'était senti proche de quelqu'un et que la situation actuelle lui rappelait par bien des égards ce qu'avait été sa vie d'autrefois.
Il frappa le haut de son crâne contre le mur comme pour tenter d'extirper les pensées hors de sa tête. Ou s'assommer. De toute façon, avant qu'il ne finisse dans les vapes, le mur aurait été détruit. Il ne répéta pas l'action, et décida de tenter de penser à autre chose. En vain. Le scrupule continua de l'envahir peu à peu. Ce n'était pas tant que les paroles de l'ange lui avaient causées du tort, c'était plutôt le fait qu'il savait qu'il n'avait pas l'étoffe d'un héros. Les héros n'abandonnaient pas les gens qu'il promettait de protéger.
Peut-être s'excuserait-il auprès de l'ange pour son comportement. Même si les paroles acerbes qu'elle lui avait servies tantôt l'avaient emmerdées, il ne réagissait que rarement de cette façon, gardant un certain calme et répondant un ton plaisantin déroutant. À la place, elle n'avait eu le droit qu'à de l'énervement, un regard froid et un claquement de porte. Quel con. Il tenterait de faire un effort le lendemain.

Près d'une heure passa avant qu'il ne puisse trouver le sommeil. Peut-être parce que sa mauvaise conscience n'avait fait que le tirailler, il n'eut aucun cauchemar. Au contraire, il fit un début de rêve intéressant. Un rêve presque troublant, un passage de sa vie qui lui permit de finalement se requinquer, effaçant sa mauvaise humeur à son réveil le lendemain.
Il était sept heure du matin lorsqu'il finit par se réveiller. En voyant l'heure, il ne fit que grogner et se recoucha, tentant de trouver à nouveau le sommeil. Il n'avait dormi que six heures... pour trois jours éveillés, ce n'était pas assez. Il tenta de s'endormir mais en vain. Il finit par rester couchée, attendant finalement d'entendre la jeune femme bougée.
Est-ce qu'elle était encore là, au moins ?
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   12.02.14 14:08

Pourquoi tu t'énerves mon bonhomme ?

À des années lumières de ce qu'il attend d'une femme ? Alors tu aimes les moches mon gars ? Ou alors c'est le genre de nana qui peut te tenir tête physiquement qui te plait ? Dans ce cas, effectivement, pour la carrure d'armoire à glace, je ne suis pas la mieux placée. Étrange, je l'aurais vu aimé une fille vulnérable, limite niaise... Enfin, si tant est qu'il est capable d'aimer quelque chose...

Il me fait la visite des lieux rapide. Pour être rapide, on dirait qu'il a un train à prendre. pour la sympathie, c'est simple, je crois qu'il était plus aimable quand il cassait la gueule à Georgio. C'est dire. Mais j'y fais peu attention, ce qui m'intrique plutôt c'est le pourquoi de son énervement. S'il n'était pas intéressé, il aurait tout simplement pu m'envoyer une vanne. Au contraire, ça aurait pu me faire rire. Je suis tolérante au final, on a tout à fait le droit d'avoir des mauvais goûts !

Des armes dans sa baraque, bof rien d'étonnant maintenant que je connais le gus. Ma chambre ! J'ai ma propre chambre, c'est bien plus que j'espérais, je redoutais de passer la nuit sur les canapés à vrai dire. Par contre je fronce le nez quand il me parle de draps propres. Quelle galère si c'est à moi de les faire... Une subite flemme me prend, je voulais juste me coucher et faire le vide, point, pas jouer à la dame de ménage.

Presque rien à manger dans la cuisine, peu de chances que je puisse calmer mon petit creux qui plus est. Quelle poisse. Je me renfrogne mais c'est de courte durée lorsqu'il commence son speech "menaçant" sur SA chambre. Mon sourire s'étire. Il veut me tenir éloignée de la pièce ? Mauvaise technique. Peut-être que s'il avait évité de montrer qu'il tenait à ce point que je n'y rentre pas, peut-être bien que la pièce ne m'aurait pas parut intéressante du tout. Alors que là, c'est un appel à la curiosité. Que se passe t-il ? Est-ce qu'il a des pornos bizarres et peu conventionnels cachés dans ses slips ? Est-ce qu'il a le corps de sa mère décomposée  et allongée sur le lit tandis qu'il revêt les vêtements de celle-ci ? ( Impossible de dormir tranquille pendant 6 mois après avoir vu cet Hitchcok ) Tout ça pour dire qu'il m'intrique ce Tristan. Et je commence à bien l'aimer, surtout lorsqu'il sort de sa coquille comme ça. Il claque la porte. C'est adorable !

Je m'approche de sa porte fermée.

« Bonne nuit...» dis-je d'une voix douce et fatiguée.

Puis je descends les escaliers à la recherche de mon sac. C'est ça que j'aime chez les gens. Les nuances. Un coup de haine, puis de tendresse. Peut-être qu'il culpabilisera, ou qu'il s'énervera encore plus mais moi, en tout cas, le visage que j'ai vu différait du visage froid et sous contrôle qu'il m'avait montré jusque là. Et ça, ça me plait.

Je remonte les escaliers en concluant que j'ai peut-être mis le doigt sur quelque chose... Lorsque la porte de la chambre se referme sur moi, je suis éreintée et c'est avec désespoir que je pose un regard blasé sur la chambre.

« C'est de bon goût...» marmonnais-je pour casser le silence et le glauque de la pièce vieillotte. Ça sent le renfermé et la poussière.

« On n'a pas beaucoup d'invité à ce que je vois ! » Je suis donc une VIP pour ainsi dire, une VIP qui doit faire son propre lit. Je soupire quand je regarde l'état du matelas. Si ça ne tenait qu'à moi je l'aurais brûlé mais bon, j'ouvre quand même le tiroir de la commode pour y attraper des draps blancs basiques et entame la corvée de rendre ce lit vivable. Pour être honnête, j'y mets un temps fou ! Déjà, parce premièrement je refuse d'allumer la grande lumière, de peur de voir cette chambre au grand jour -seule la lampe de chevet est allumée-, deuxièmement parce que je suis crevée et troisièmement parce que c'est une tâche ingrate et les tâches ingrates je renâcle à les faire !

Donc l'affaire finie avec toute la mauvaise volonté du monde, je m'affale sur le lit toute habillée et attrape l'un de mes portables, le professionnel. L'image tridéo apparait devant moi et c'est avec angoisse que je réalise que j'ai des appels manqués. Certains clients... Et Georgio aussi. Mon cœur s'affole. J'éteins le téléphone rapidement et le glisse dans mon sac. Quant au personnel, comme d'habitude aucun appel, je l'éteins puisqu'il ne me sert à rien.

J'ai une appréhension lorsque j'éteins la lumière. Je redoute de me retrouver seule dans le noir et le silence. C'est tellement inhabituelle. Je déteste la nuit lorsque je suis seule. C'est toujours une période où je fais le bilan de la journée, de la vie et ce n'est jamais vraiment satisfaisant. Et comment ça pourrait être satisfaisant ce soir là. J'ai tout perdu à cause des deux débiles mentaux - j'inclus Tristan dans je lot. Je reste allongée longtemps dans le noir, à ne pouvoir trouver le sommeil. J'angoisse, je regrette, je me sens tellement mal que j'hésite longtemps à braver dès maintenant l'interdiction et aller poser mes fesses dans le lit de l'autre géant. Au moins, il y aurait une présence qui pourrait chasser de mon esprit les pensées néfastes qui s'y incrustent. Je pourrais même lui réchauffer les pieds ! Il me tuerait cela dit donc je reste dans mon lit, resserrant les draps autours de moi pour tenter de gagner un peu de chaleur.

C'est sur cette mauvaise note que j'entame une nuit mouvementée.

Je suis allongée dans une pièce que je ne connais pas, je sens qu'il y a quelqu'un entre mes cuisses mais je suis comme incapable de voir son visage. Je sais qu'il est en moi, mais ne sens rien. Et puis comme une abomination, il apparaît. Un archange arrive dans un coin de la pièce, il s'approche de nous et nous observe d'un air interrogatif. Avec horreur je constate qu'il s'approche de nous et l'homme qui me baise ne s'arrête pas, comme s'il n'avait rien vu. Quant à moi je n'ai même pas la force de hurler, je suffoque à la place. Il fouille dans un paquet de bonbon et annonce, comme s'il y avait un autre témoin à la scène :
« Elle est bizarre celle-là non ? »
Il sort un bistouri de son paquet et je me rends compte que je suis sur une table d'opération.

« Réparons-la »


Je me réveille en sursaut avec l'image de deux yeux rouges qui me dévisagent, imprimée sur ma rétine. Encore des mauvais rêves dû au clover que j'ai rencontré à l'onsen. Cette saloperie m'a plongé dans ses souvenirs... Et j'en fais des cauchemars maintenant.

Moi qui avait froid hier soir, je meurs de chaud et ma bouche est pâteuse. Je me rallonge et m'emmitoufle quand même dans la couverture. Mes yeux me brûlent. Quelle heure il est ? Le jour est prêt de se lever, 5h ? 6h ? Je suis un peu groggy. Se coucher seule, tout aussi désagréable que de se lever seule. Je mets mes mains devant mes yeux, essayant de refouler les larmes qui se pointent. Bon, j'étouffe dans cette salle. J'expire et me reprends, je me lève et tente de sonder les sons de l'appartement. À priori, il n'y a pas âme qui vive, parfait. J'ouvre la porte et me dirige dans le couloir, mes pieds foulent le parquet qui craque à mon passage. J'arrive dans le salon et attrape la bouteille de whisky qui était restée là. Je sais que c'est une mauvaise idée, surtout n'ayant rien mangé depuis hier, mais je bois quelques gorgées au goulot. Je fronce du nez. Il arrache mais il est bon. Je m'approche de la fenêtre, la ville n'est pas encore réveillée, quoiqu'il y a de l'agitation vers les docks. Ma tête tourne déjà et je meurs de faim. Qu'est-ce-qu'il avait dit déjà ? Du riz de la viande non ? Mon estomac grogne.

Je me dirige vers la cuisine et commence à ouvrir les placards à la recherche de quelque chose à me mettre sous le dent.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   13.02.14 3:07

Des bruits de pas.
Heureusement qu'elle n'était pas du genre à dormir jusqu'à dix heure du matin. Il n'aurait pas tenu de rester dans son lit tout ce temps à attendre. Intimidé ? Non, pas vraiment. Il voulait surtout être sûr qu'elle était toujours dans le coin. Et puis de toute façon, il lui restait encore deux jours avant son prochain boulot. Il avait donc la possibilité de faire la grasse mat'.
Il s'assoit sur le bord de son lit avant de regarder sa chambre. Surtout les divers tableaux blancs collés au mur. Il allait devoir ranger tout ça, surtout après lui avoir dit de ne jamais rentrer dans sa chambre. Ou alors...
Il se regarda, toujours habillé. Il attrapa la paire de converse montante en cuir qu'il enfila sans en attacher les lacets. Il retira le t-shirt qu'il portait encore la veille, hésita d'en enfiler un autre et fini par décider qu'il allait prendre une douche. Froide, bien froide histoire de se réveiller définitivement et remettre en place ses idées.

Il sortit de sa chambre, tapant involontairement son épaule contre le cadre de la porte avant de refermer celle-ci derrière lui. Foutue vue. Il fit claquer sa langue histoire de se rappeler où se trouvait quoi et se déplaça vers la cuisine lorsqu'il entendit du bruit venant de celle-ci.
Arrivé dans la pièce, il posa son regard immédiatement sur l'ange, arquant un sourcil intrigué. Elle avait sûrement faim. Lui aussi, de toute façon mais il n'allait pas manger les saloperies qui se trouvaient dans son appartement. Il continuait toujours de manger à l'extérieur, piètre cuisinier qu'il était.

« Bonjour. », commença-t-il, armée d'une voix presque neutre mais tout de même calmée par la nuit tranquille qu'il venait de passer, même si ça n'avait pas suffit à jarreter les cernes sous ses yeux.

« J'suppose que vous crevez la dalle. Je vais prendre une douche et on sortira manger un bout dehors. Il y a les fruits secs sur la table, en attendant. »

Il ouvrit un placard à son tour et en sortit un verre qu'il remplit d'eau fraîche et le but d'une traite. Ça suffit à éveiller les derniers sens de son corps endormi, en particulier l'odorat. Et malgré lui, il sentit les quelques effluves qui émanaient d'elle. Alcool ? Il haussa rapidement un sourcil intrigué.
Il sortit de la pièce sans rien rajouter. Ce n'était pas lui qui allait la juger de boire à une telle heure, surtout qu'il buvait à n'importe quel moment de la journée, et ce peu importe la situation. Il se déplaça rapidement vers la salle de bain dans laquelle il pénétra.

Décrire à quoi pouvait ressembler le haut de son corps, c'était comme comparé une plaine qui avait subit les affres d'une multitude de bataille. Le terme pour définir les formes de ses cicatrices seraient aussi fantaisistes que leur nombre. Même si celles qui se trouvaient sur son abdomen et sur son torse était de loin les plus jolies, rien à voir avec les espèces de crevasses qui se formaient dans son dos, formées à cause du manque évident de certaines parties de ses muscles dorsaux.
Au final, c'était comme si son corps n'avait connu que ça. Blessures sur blessures, incapables de régénérer complètement son corps puisqu'il exécrait sa partie vampirique au plus haut point.

Il soupira en voyant son reflet dans la glace. Ça allait être une journée exceptionnelle où il devrait avoir l'air plus propre sur lui qu'à l'habituelle. Ou plutôt qu'il allait devoir redevenir ce bellâtre au charisme évident. Il se rasa avec précision, se défaisant de son habituelle barbe de trois jours qu'il entretenait tant bien que mal. Il se doucha rapidement mais efficacement, se débarrassant de toutes mauvaises odeurs.
Il ressortit de la pièce après avoir laissé deux linges propres sur la barre en métal prévue à cet effet, prévoyant la possibilité qu'elle aimerait sans doute se laver. Il avait aussi déjà sorti les quelques produits pour femme appartenant à sa serveuse.
Une odeur musquée l'accompagnant à présent. Ses cheveux longs, coiffés contrairement à la veille, et reposait en une queue de cheval volontairement négligée pour rajouter un petit côté sauvage mais agréable à l’œil. Il ne s'attarda pas, retournant dans sa chambre, fermant à nouveau la porte derrière lui.
Bon, la partie délicate débutait. Ils rentreraient sûrement dans la journée mais ils allaient sûrement se retrouver à devoir faire quelques boutiques chics histoire de l'habiller. Une robe ne serait pas suffisante. Si tout se passait comme il le prévoyait, une réserve s'imposait. Et lui-même ne pouvait débarquer complètement négligé.

Dix minutes plus tard, il sortit de la chambre, fermant toujours la porte derrière lui et se dirigea vers la cuisine, déposant la veste du costume sur le dossier d'une chaise. Il mit de l'eau dans la bouilloire avec l'intention de se faire un café.
Il s'était finalement convaincu d'enfiler le complet. Une chemise blanche qui épousait ses épaules naturellement carrées et sans poche, accompagnée d'une cravate noire en soie. Un pantalon noir fait d'un tissu écossais, coûteux mais élégant à l’œil et agréable au toucher. La veste était faite de la même matière, de la même couleur. Les chaussures noires, élégante et élancées aux semelles fines. Une ceinture fine en cuir noir à la boucle argentée et fine.
Le contraste était violent par rapport aux tenues qu'il portait ces derniers temps. La seule chose qui venait gâcher l'ensemble, c'était ses yeux cernés. Même ses cheveux s'étaient accommodés au reste, offrant un style au côté strict et élégant.

Il sortit le smartphone de la poche de son pantalon, tapotant aussi rapidement qu'il le pouvait sur le clavier tactile pour envoyer un message à Ambrogio, lui demandant de réserver une table pour deux dans son restaurant et de s'inclure dans le lot pour une conversation.
Il posa l'appareil sur le comptoir et attrapa la tasse de café chaud, buvant quelques gorgées. Il entendit du bruit et tourna la tête vers l'encadrement de la porte, attendant de voir si elle allait débarquer.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   17.02.14 20:17

« Bonjour »

Je sursaute et me retourne vers l'embouchure de la porte de la cuisine. Il est levé et torse nu, il a l'air mal luné. Ah pardon, c'est son état normal.

« J'suppose que vous crevez la dalle. Je vais prendre une douche et on sortira manger un bout dehors. Il y a les fruits secs sur la table, en attendant. »

« Dites... Vous survivez comment avec rien dans vos placards ? »

J'avais les crocs et je ne me contenterais pas de vieux fruits secs.

« Puis ce n'est pas comme si j'avais bien dormi, merci de demander. »

Oui, j'étais de mauvaise humeur et oui je manquais de sommeil. J'aurais tellement aimé pouvoir rester au lit, me rendormir ou lire un bon livre sous la couette... Si seulement la chambre avait pu être à la hauteur de mes attentes. Hors de question de se reposer tranquillement sur ce genre de matelas. Je soupire, alors qu'il m'ignore et se rempli un verre d'eau.

Je croise son regard quelques milli-secondes avant qu'il ne parte. Je réalise enfin, que sa peau est couverte de cicatrices. Et son dos... des crevasses dans tout l'arrière du dos. Il était comme détruit. Ma bouche s'entrouvre de stupéfaction et je mets mes mains devant, affolée. Bon sang,... Qui est-ce type ? Il doit m'entendre hoqueter de surprise mais fait mine de rien et passe la porte.

Reprends toi... Je suis complétement secouée, tellement que je retourne auprès de la bouteille de whisky pour quémander une petite bouchée.

Il est entrée dans la salle de bain, il ne me reste plus qu'à attendre mon tour, je suppose. Ce que je fais dans ma chambre, allongée, les yeux dans le vague. Je repense à son dos. Il semblerait que sa force démentielle ait des conséquences plutôt terrible. Je frissonne. Siem aussi a des cicatrices, moins terribles cela dit. Je me retourne sur le côté. Ses cicatrices, j'en suivais le tracé avec le bout de mes doigts, le chatouillant légèrement. Je les glissais aussi dans les quelques poils qui parsemaient son torse, ou dans ses cheveux.

Non, stop. Siem c'est le sujet tabou !

Qu'est-ce qu'il fout ? Il met une plombe à se préparer ! Mes dernières pensées n'améliorent pas mon humeur et ne rien faire n'aide pas à en changer. Je me lève en soupirant et me dirige vers mon sac. Un fois le téléphone allumé, je pourrais peut-être penser à autre chose.

Il sort, passe dans le couloir et ferme la porte de sa chambre. C'est à moi donc, j'attrape mon sac qui contient trousse à maquillage et autre outils utiles et je me traine jusqu'à la salle de bain. C'est d'humeur morose que j'ouvre le robinet de douche et attendant que l'eau coule sur mon visage. D'habitude j'adore prendre des bains, j'y reste des heures, mais vu la tête de la salle de bain, je veux juste me dépêcher.

Je chasse la buée de la vitre et observe mon visage encadré par mes cheveux trempés. J'ai enroulé une serviette autours de mon corps mais je grelotte tout de même à cause de la différence de température entre l'eau et l'air ambiant. J'approche mon visage du miroir, passant un doigt sous mes yeux, soulignant un cerne. Les bras de Siem... Je soupire, me tourne vers mon sac pour en retirer mon maquillage. D'abord un peu de fond de teint, je cache aussi les cernes. Je rajoute du mascara. Les mains chaudes de Siem. Je me loupe et me mets du noir au dessus de la paupière. Je recommence machinalement, le cœur lourd.

J'ai peur que mon séjour ici ne soit du même acabit tous les jours : il m'ignorera, il me lancera des paroles à la figure. Je ne l'aime pas. Je n'aime pas cet appartement. Je n'aime pas cette situation. Je m'énerve toute seule, finissant de me sécher, j'attrape ensuite des sous-vêtements propres dans mon sac. Évidemment que j'ai plusieurs sous-vêtements d'avance, ce n'est pas comme si je rentrais souvent chez moi. Bref, je profite du petit bonheur d'avoir une culotte et un soutien gorge propres. J'essore mes cheveux dans le lavabo, bien sûr, il n'y a pas de sèche-cheveux ça serait trop beau ! Puis je tourne la tête vers ma robe avec laquelle j'ai dormi. Malheureusement je n'ai d'autre choix que de la remettre alors qu'elle sent la sueur. Lorsque je l'attrape, elle est assez secouée pour qu'une boule noire tombe sur le sol, je sursaute, lâchant le tissu. Et j'ai le temps de voir... un... UN CAFARD se précipiter sous une plainte de la salle de bain. Une grimace dégoûtée sur le visage, je me précipite vers la porte que je tente d'ouvrir frénétiquement avant de me rendre compte que la serrure était fermée. Je sors en vitesse une fois la serrure tournée et je cherchant Tristan du regard avant de me diriger d'un pas furieux vers lui.
« Hiiii » Je crie de dégoût et d'énervement.

« Un cafard ! UN CAFARD !! »

J'approche mon visage du sien.

« Je vous préviens, je veux qu'une femme de ménage passe dans ce taudis ! »

Je m'éloigne de lui, essayant de reprendre mon souffle alors qu'il me regarde, comme à l'accoutumé d'un air stoïque. J'ai le temps de baisser les yeux sur ses vêtements.

« Mais ? Qui êtes vous ? » dis-je interloqué alors que je détaille son costume, j'ai du mal à croire au changement qui s'est opéré ce matin. Le passage du clochard au gentilhomme me choque mais je me reprends et croise les bras d'un air décidé.

« Prêtez -moi des vêtements, il est hors de question que je mette cette robe souillée ! »
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   18.02.14 11:53

Le café finit d'éveiller ses derniers sens endormis. Il était de nouveau alerte et prêt à affronter une journée semée d'embûches. Et d'emmerdes. Surtout des emmerdes, en faîte. Sa capacité à les attirer était légendaire. Et il en avait un de plus. Bonnet C, cheveux noirs et yeux bleus, à priori.

Un cri. Pourquoi criait-elle ? Il n'y avait qu'eux deux dans cet appartement. Ça devait être quelque chose sans importance.. Et elle le confirma. Rien d'autre qu'un insecte. Elle arriva furibonde dans la cuisine, et en sous-vêtements s'il vous plaît.
Il haussa un sourcil. Trop proche.
Elle balança quelque chose qui était un mixe entre l'ordre et la menace.
Elle recula.Mieux.
Il termina son café, l'écoutant déblatérer ses paroles. En à peine dix secondes, elle était passée du dégoût, à la peur, à l'énervement, à la surprise et après tout ça, elle exigea à nouveau.

« Énergique. »

Trop énergique, à vrai dire. Il n'aurait peut-être pas dû accepter de la laisser vivre chez lui. Ça sentait mauvais, trop mauvais. Il pensait déjà ça alors que ça ne faisait même pas un jour qu'elle vivait là.
Elle a peut-être des bons côtés.

« Pour votre première demande, je vais faire comme si je n'avais rien entendu. Pour les vêtements, il doit y avoir quelque chose... venez avec moi. »

Il la contourna pour se diriger dans la pièce d'en face, la nouvelle chambre de l'ange, et fouilla dans l'armoire pour en extirper les quelques affaires qu'avaient laissé sa serveuse. Rien de classe ou élégant, juste passe-partout.. Des vêtements probablement une taille au-dessus de la sienne mais ça suffirait pour la journée. Il posa le tout sur le lit avant de se tourner vers elle.
La situation était dérangeante. Pis encore, il ne pouvait même pas jeter un coup d’œil à la marchandise. Sa vue trop mauvaise n'aurait sûrement pas été capable de souligner les formes avantageuses... « Zusanah ». Il soupira sur ce triste constat

« Je vais m'équiper. Et pensez à vous brosser les dents ou à boire de la vodka la prochaine fois que vous avez envie de vous détendre de bon matin. »

Petit commentaire acerbe lâché tout en sortant de la chambre. Il se dirigea dans la pièce d'à côté, la salle d'arme au cas où elle aurait encore des demandes ou des envies farfelues à émettre.
Une fois dans la pièce, qui aurait pu faire rougir d'envie un armurier digne de ce nom, il se dirigea vers l'établi sur lequel reposait plusieurs boîtes en bois appuyé contre le mur. D'une première, il sortit de faux papiers d'identité, de port d'arme et même quelque chose qui attestait de sa fonction du garde du corps. Il posa le tout sur un coin du poste de travail.
D'une autre boîte, il sortit de l'argent liquide et des cartes de crédit qui finirent par rejoindre le reste des affaires. Et d'une autre boîte, il sortit un téléphone portable. Il attrapa un holster suspendu au mur qu'il enfila. Quelque chose de discret où l'arme reposerait sous son aisselle.
Il finit par attraper une valise faite en polymère solide dans laquelle se trouvait un FN Five-SeveN USG modifié et un chargeur de vingt munitions. Il rangea l'arme sous son bras puis les papiers dans un porte-monnaie sortit d'une autre boîte. Il réfléchit un bref instant, faisant l'inventaire. Il finit par sortir un paquet de clopes et un zippo qu'il mit dans la poche de son pantalon.

Satisfait, il finit par sortir de la pièce, refermant la porte derrière lui et rejoignit de nouveau la cuisine. Il enfila le veston et ferma deux des trois boutons, respectant cette importante règle. Et surtout, pas celui du bas ! Il lissa ses vêtements et vérifia que l'arme ne se voyait pas ou ne le gênait pas dans ses mouvements. Parfait.
Il enfila le porte-monnaie dans la poche intérieure de sa veste et son smartphone dans une poche de son pantalon. Il sortit de la pièce pour se diriger vers sa chambre mais se rendit compte qu'il avait oublié le deuxième téléphone dans la salle d'arme, allant le chercher et finit par aller à l'endroit initialement prévu. Il sortit de l'armoire un manteau noir et une écharpe noire, pas pour lui mais elle. Il faisait froid en ce moment.
Il finit par se diriger vers la sortie dans le couloir, attendant l'ange. Lorsqu'elle arriva, il lui tendit les vêtements qu'il tenait toujours dans la main.

« Tenez », fit-il simplement avant de lui tendre le deuxième téléphone, réplique exact du sien mais en blanc.

« Accrochez-vous à celui-ci comme si c'était votre. Il y a mon numéro pré-enregistré et je pourrais vous retrouver en cas de pépin. »

Malgré qu'elle puisse déjà lui taper sur le système, il avait pris la ferme intention de tenir sa promesse et c'était une façon pour lui de confirmer ses dires.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino   12.03.14 0:04

Énergique ?

Je lève un sourcil, étonnée : moi, énergique ? Il s'est regardé lui avec son platane planté dans les fesses ? Je lève les yeux au ciel, tellement ce mec m'exaspère. Et dire que ça ne fait que quelques heures que je suis chez lui. J'en ai marre.
Pour ma première demande, il n'a rien entendu, je garde ma colère enfouie au fond de moi, pensant qu'à la première occasion, on verra bien si ma première demande n'a pas été entendu. Il va bien s'absenter à un moment donné... Je ravale donc ma vengeance et le suit dans ma nouvelle "chambre".

J'attrape rapidement les vêtements qu'il pose sur le lit et fronce le nez devant ces horreur. Un t-shirt noir avec des strass de mauvais goût dans les mains j'annonce :
« Je suppose que je devrais au moins me sentir chanceuse d'avoir des vêtements de femme... enfin si on peut donner ce nom à ces "choses".»

C'est lorsque je passe ma tête dans ce t-shirt, lorsque le Corbeau sort, laissant un commentaire douteux derrière lui. Attends, il insinue que je pu de la gueule... Connard, je le suis dans le couloir en gueulant, exaspérée et vexée :
« Et c'est un vieux garçon incapable de faire ses courses et vivant parmi les cafards qui me dit ça ?!? »

Le goujat me ferme la porte au nez, je fais demi-tour et pestant et claque la porte.
Je passe un jean trop grand pour moi et dont la coupe est droite, autant dire que je flotte dedans, avec mes chaussures à talons, c'est dit, je suis parfaitement ridicule. Mais pour être honnête, j'en ai rien à foutre, tellement je suis en rogne. Je passe ma main devant ma bouche pour sentir mon haleine, j'ai bien quelques chewing-gum mais hors de question de lui faire le plaisir de croire que je l'ai écouté. Au lieu de ça je le fais attendre dans le couloir, préférant lui faire perdre son temps faute de mieux.

Lorsque je sors dans le couloir, Tristan m'attend avec des vêtements qu'il me tend, j'enroule l'écharpe autour de mon cou et enfile le manteau, je baisse enfin les yeux sur l'objet qu'il a dans sa main. Un portable, et vieux qui plus est.

« Accrochez-vous à celui-ci comme si c'était votre. Il y a mon numéro pré-enregistré et je pourrais vous retrouver en cas de pépin. »

« Oh ! »

Mes lèvres esquissent un rictus.

« Il est comme vous : préhistorique. »

Je glisse ce téléphone dans ma poche, et relève les yeux vers lui :
« Bon, je suppose que je dois vous suivre.»

C'est surtout que je n'ai aucune envie de passer devant dans les escaliers, au cas où il lui prendrait l'envie de m'y pousser dedans. Je souris, sachant pertinemment que je lui tape sur le système au moins autant qu'il m'horripile.
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[TERMINÉ] Mafiosa, Puttana, Corvino

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