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 le cycle de la vie

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MessageSujet: le cycle de la vie   29.01.14 2:44

La traque avait duré plusieurs heures avant qu'un terme n'y soit mis au travers d'une balle logée en plein cœur. Le lycanthrope était vieux, très vieux mais n'avait pas pu échapper à l'ingéniosité de l'Homme et sa technologie.
Allongé au sol, son souffle était rauque, sentant ses derniers instants de vie s'envoler tandis qu'un groupe d'humains l'entourait avec prudence, armes toutes pointées sur lui. Ils avaient raison d'être prudent. Si il n'avait eu qu'un soupçon de force en plus, il aurait été capable de se relever et emporter au moins deux d'entre eux avec lui. Mais c'était trop tard.

La créature couinait tandis que quelque chose de sombre rentra dans son champ de vision. Un nuage noirâtre venait d'apparaître, se déplaçant progressivement entre les bois et jusqu'au rassemblement. L'épais brouillard commença à former une silhouette imprécise au début, finissant de se confirmer lorsqu'il atteignit la hauteur de l'un des hommes : cet étrange phénomène qui tourbillonnait et virevoltait venait de se transformer en un homme à la fière allure, canne en main. Le lycan était surpris et jeta difficilement un regard intrigué vers les humains. Ils ne réagissaient pas.
Pourquoi ne réagissaient-ils pas ? Quelque chose venait d'apparaître. La raison le poussait à avoir peur jusqu'à ce qu'il se décide de croire en son instinct. Et il n'y avait aucune peur. Il l'avait compris, son heure était venue. Il avait vécu de longues années. Plusieurs siècles. Son ère était terminé. Lui, ancien chef de meute, prédateur ultime avec les vampires, était devenu un gibier de bas-étage pour des pitoyables créatures qui avaient perdu leur harmonie avec la nature depuis des millénaires.

C'est sur cette triste pensée que la vie l'abandonna tandis qu'il voyait cet étrange personnage apparut de nul part s'approcher de lui dans un pas tranquille et lent.

*

Les hommes ameutés tel des charognards sur la proie qu'ils venaient d'abattre étaient incapable de le voir. Ils ne pourraient même pas se douter qu'un être plus vieux que l'Univers lui-même se tenait à leur côté en cet instant et qu'il s'apprêtait à récolter une âme de plus.
Il ne se déplaçait qu'en de rares occasions, le cycle de la vie étant en majeur partie gérée par la monstrueuse puissance qu'il avait à disposition. Mais de temps à autre, La Mort se déplaçait personnellement pour récupérer une âme digne de figurer dans sa collection personnelle.
Ce jour-là, c'était un lycan bien plus vieux et puissant que ceux qu'on pouvait croiser habituellement. Il devait presque frôler le millénaire et avait été à de nombreuses reprises un Alpha au sein de diverses meutes. La Mort connaissait sa vie, pas en détails, mais assez pour qu'il soit intéressé par lui.
Les soldats s'étaient détendus dès qu'ils avaient compris que le loup-garou était mort. Ils échangeaient des phrases presque anodines, manquant cruellement de respect envers la créature qu'ils venaient d'abattre. Il soupira tandis qu'il se penchait vers le corps sans vie, plaçant la canne sous son bras. Sa main libre traversa le cadavre, sembla saisir quelque chose et en ressortit.
Il tenait à cet instant quelque chose dans sa main. C'était une masse informe, presque liquide, qui ondulait doucement. Une lumière douce et blanchâtre en émanait. C'était une âme. L'âme de la pauvre créature dont la vie venait de prendre fin. Peu importe l'espèce ou le sexe, une âme ressemblait toujours à ça. Parfois, elle apparaissait sous d'autres formes, celle d'un esprit qui prenait les traits de son ancienne vie par exemple. Mais ceci était la véritable forme dune âme. C'était d'une pureté sans nul autre.
L'âme fut soudainement englobée dans une étrange sphère dont la matière ressemblait à du verre. Il observa encore pendant un court moment celle-ci avant de la jeter dans les airs. Après avoir atteint une certaine hauteur, elle disparut complètement et mystérieusement.

Il se redressa. Les hommes saisirent le cadavre et commencèrent à le traîner, se plaignant de sa lourdeur. C'était d'une barbarie sans nul autre mais la Mort n'était même pas surprise. Non, il ne l'était plus depuis longtemps. Et surtout, quelque chose attirait son attention.
Lorsqu'il se trouvait en un lieu donné, il pouvait tout simplement décider d'être visible ou non. Sachant ce qu'il devait se passer cette nuit-là, il avait décidé de ne pas l'être pour les humains. Et seulement pour eux, dans le but de d'amoindrir l'utilisation du pouvoir magique qui était déjà bien limité à cause du flot d'âmes qui apparaissaient à chaque instant à travers le monde.
Ce n'était pas la première fois qu'il y avait eu des spectateurs lors d'un fauchage. Et ce soir-là, il y en avait une de plus. Il se tourna alors brusquement et ses yeux fixèrent un point. Ses pupilles noirs comme la pénombre qui l'entourait ne lui permettaient pas de la voir mais il savait qu'elle était là. Et il était intrigué.

« Voyez-vous, je n'apprécie guère de me donner en spectacle sans pouvoir remercier mon public. C'est d'un ennui mortel, pour ainsi dire. »

La voix était grave et se propageait au travers de la forêt alors qu'il n'avait aucune puissance dans celle-ci. Le ton était presque monocorde, désabusé même. Il n'ordonnait pas clairement et ne menaçait pas pour autant. Il avait beau être la Mort, il ne tuait pas sans de très, très bonnes raisons, évitant d'avoir une influence sur le cycle de la vie qu'il avait mis en place.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   29.01.14 14:48

Une traque. Son premier réflexe avait été de fuir, loin de ces Hommes, loin de cette tuerie qui lui rappelait de mauvais souvenirs : la dernière chose qu'elle voulait, c'était être prise en chasse à son tour, et elle n'avait pas envie d'assister à ça. Alors elle avait volé jusqu'à son petit sanctuaire, jusqu'à l'arbre qu'elle s'était arbitrairement approprié, prévoyant d'y rester jusqu'à ce que la menace se soit éloignée.
Seulement voilà, ce n'était pas si simple : une autre créature s'était ajoutée à l'équation. Quelque chose de puissant et ancestral, beaucoup plus vieux qu'elle, une magie si ancienne et si importante qu'elle pouvait la sentir de loin. Bleuenn s'était donc approché, elle avait volé aussi vite que possible près de cette force qui l'attirait, et elle s'était cachée, usant de ses dons pour se camoufler du mieux qu'elle le pouvait dans les feuillages.

Le spectacle du lycan était plutôt triste à voir, même pour la fée qui n'était pas spécialement compatissante en règle générale. Les lycans, elle ne les avait jamais spécialement apprécié, sans avoir jamais rien eu contre eux non plus. Il y en avait eu un peu en Brocéliande, mais globalement, fées et lycans restaient chacun sur leur territoire et ils n'interagissaient pas trop. Ici, bien sûr, tout était différent, protéger seule son territoire était plus compliqué et il y avait beaucoup plus de lycans, de toutes sortes.
Celui qui mourait devant elle faisait partie des " vrais ", ceux qui n'avaient pas été modifiés par la main de l'Homme, ce qui lui attirait automatiquement la sympathie de Bleuenn, comme une sorte de solidarité entre espèces pourchassées. Ceci dit, cette sympathie s'arrêtait là, et jamais elle ne se serait mise en danger pour l'aider, elle se contentait d'observer la scène, dégoûtée par les chasseurs et fascinée par la créature nouvellement apparue, créature qui semblait invisible aux yeux des humains.

C'était si triste, et si beau pourtant... captivée, elle ne manquait pas un seul geste de ce qui avait l'apparence d'un homme, se retenant à grand peine d'approcher pour contempler de plus près cette chose qui brillait. Malgré son caractère curieux et sans-gêne, elle sentait quelque part que cette sphère lumineuse était trop précieuse pour qu'elle prenne le risque de gêner sa course, et bien sûr, elle était terriblement intimidée par cet être étrange et si calme. Oh, bien sûr, elle avait bien une petite idée de ce qui était devant elle, mais ça ne faisait que l'impressionner encore plus.
Quand il l'interpella, elle sursauta, surprise qu'il s'intéresse à sa présence. Timidement, elle sortit de sa cachette, dissipant le léger camouflage qui aidait à sa dissimulation. Elle s'approcha, pas trop près, s'arrêtant à une distance raisonnable, à hauteur du visage de son interlocuteur.

" Je ne voulais pas vous déranger... Elle marqua une pause, fixant le sol, et releva la tête, l'observant plus franchement. Qui êtes-vous ? Ou plutôt, qu'est-ce que vous êtes ? "

Sa voix était douce, son ton respectueux, presque craintif. C'était assez inhabituel pour être noté. Effectivement, le personnage auquel elle faisait face imposait le respect, et, alors qu'elle avait l'habitude de poser les questions qui lui passaient par la tête sans se préoccuper d'importuner ou non ses interlocuteurs, elle changeait d'attitude face à celui-là. Ce n'était pas tellement qu'elle avait peur, même si elle ne pouvait retenir une certaine appréhension, elle sentait au fond d'elle qu'il ne lui ferait rien, pas tout de suite en tout cas, mais elle se sentait obligée d'afficher une certaine déférence : on ne rencontre pas ce genre d'être tous les jours.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   29.01.14 18:41

Voici quelque chose qu'il n'avait pas vu depuis très, très longtemps. La Mort connaissait chaque créature en ce monde. Il ne connaissait pas l'histoire de chacun individuellement mais il connaissait l'existence de leur espèce.
Quand la fée apparut, il arqua un sourcil intrigué. C'était une créature rare, particulièrement en ces temps où la pollution et la destruction des milieux naturels étaient monnaies courantes. Il en avait déjà vu par le passé bien qu'il n'avait pas grandement interagit avec celles-ci. C'était peut-être l'occasion, surtout que celle-ci semblait avoir une vague idée de ce qu'il était. Bon, il venait de ramasser une âme devant elle, rien de plus normal.
Il l'écouta avec un certain respect, son regard se fichant dans les grandes pupilles bleus de l'être minuscule. Certains les auraient sans doute trouver pathétiques au vue de leur apparence, d'autres mignonnes mais pas lui. Il avait du respect pour les êtres, qui, comme lui, étaient d'un aspect bien plus surnaturel que les vampires, les anges ou encore les lycans.
Ses yeux se tournèrent vers la direction que les hommes avaient empruntée. Ils étaient assez loin. Il changea de plan de réalité, revenant à celle de ce monde. Il pouvait de nouveau interagir physiquement avec son environnement.

« Je suis la Mort. », répondit-il finalement, ses yeux se posant à nouveau sur elle avant d'incliner légèrement la tête

Il n'avait nul besoin de se cacher derrière des identités farfelues en cet instant. Il avait le droit d'être ce qu'il était et pouvait s'afficher à son bon vouloir. Après tout, la fée venait de le voir en action et peu d'êtres en avaient la chance. Ce n'était certes pas grand chose, mais qu'il vienne cueillir des âmes étaient rares. Ce n'était que le contrat tacite qu'il avait passé avec le Créateur.
Il saisit la canne dans sa main avant d'en poser le bout sur le sol, prenant appui sur celle-ci et dévisagea longuement la fée. Il n'y avait aucune attention de quelque sorte si ce n'est de détailler la créature pour satisfaire sa curiosité.

« L'étiquette voudrait que tu te présentes d'abord, voyez-vous », commença-t-il avant de la questionner plus franchement. « Ton nom ? »

Son ton semblait empli de reproches et ce n'était pas totalement faux. Il avait beau ne pas mettre fin à la vie des créatures qui l'entourait, il n'en était pas moins... chatouilleux sur la politesse qu'on lui attribuait. Connaître le nom de son interlocutrice était donc la moindre des choses à ses yeux.
Bien sûr, il était la Mort mais ça ne voulait dit pour autant qu'il connaissait chaque être vivant personnellement. C'était bien plus que ne pouvait supporter sa mémoire, autant virtuelle soit-elle. Il s'intéressait à certaines personnes et savaient quand leur fin arriverait mais ça ne voulait pas dire pour autant qu'il aurait entièrement connaissance de leur histoire. Ça n'arrivait que lorsqu'il effleurait leur âme.. chose qu'il aurait pu faire en cet instant avec la petite demoiselle mais ça aurait été bien trop désagréable pour elle
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   29.01.14 23:23

La Mort, carrément. Pas un de ses envoyés, pas un faucheur ou une créature assimilée, non non, c'était bien La Mort qui se tenait face à Bleuenn. Et qui lui donnait une leçon de politesse en plus. Honnêtement, elle ne l'avait pas volée, il était même grand temps que quelqu'un lui en donne une, mais elle avait quand même été surprise, et très embarrassée. Elle avait toujours été effrontée, même pour une fée, et les choses ne s'étaient pas arrangées quand elle avait commencé à vivre seule, sans ses pairs pour la rappeler à l'ordre quand elle en faisait un peu trop. Jusque là, elle n'avait jamais considéré ça comme une source de problèmes, mais elle allait peut-être devoir revoir un peu son attitude.
Face à un humain normal, elle aurait probablement ri, joué un peu, ou elle se serait vexée et aurait boudé, selon son humeur. Mais face à La Mort, étrangement, elle était bien plus sage, plus réservée, elle se surprit même à rougir un peu. D'accord, il faut bien admettre qu'elle était un peu vexée, mais il était hors de question de le lui montrer, elle ne voulait pas envenimer les choses. Elle lui répondit rapidement, non sans avoir détourné les yeux : malgré son âge avancé, elle avait tout de l'enfant pris en faute, et elle serait volontiers retournée se cacher dans ses feuillages si elle n'avait pas été aussi curieuse.

" Bleuenn. "

L'étiquette. Mine de rien, c'était une remarque qu'on ne lui avait pas fait souvent, sans doute parce que les humains qu'elle avait croisés étaient trop surpris ou curieux pour s'offusquer de broutilles dans ce genre. Ceci expliquait sans doute le fait qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait ou non dire ou demander à celui qui venait de se matérialiser devant elle. Pourtant, elle en avait des interrogations, des tas de questions qui lui envahissaient la tête et qu'elle brûlait de lui poser. Il faut bien l'avouer, jusque là, elle avait largement compté sur son physique inhabituel et apparemment inoffensif pour qu'on lui passe d'office ce genre de choses : la plupart des gens étaient intrigués, attendris ou amusés, et jusqu'ici, ceux qu'elle avait croisé à Naniwa n'avaient jamais vu de fées avant elle. Malheureusement, La Mort ne semblait pas sensible à ce genre de choses... ce qui n'était pas tellement étonnant.
Gênée, elle frottait son pied gauche contre son mollet droit, se demandant quelle serait la meilleure formulation. Parce que oui, ses questions, elle comptait bien les poser, et elle espérait bien obtenir quelques réponses : La Mort en personne, on ne la croisait pas tous les jours, et il serait vraiment dommage de la laisser partir sans avoir au moins essayé d'assouvir sa curiosité. Restait à trouver la bonne manière de demander les choses, afin qu'il ne se braque pas, et peut-être qu'il oublie la première maladresse de la fée.

" Je ne voudrais pas être indiscrète, mais votre présence ici m'intrigue... Pourquoi vous déplacer en personne pour cette âme plutôt qu'une autre ? "

Le ton de sa voix avait gagné en humilité, elle était plus posée, moins spontanée. Elle espérait sincèrement ne pas le froisser avec sa question : elle avait volontairement abordé un sujet de circonstance, sans doute le sujet idéal après la scène à laquelle elle avait assisté, et peut-être que ça ouvrirait la voie aux sujets qui l'intéressaient plus.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   30.01.14 0:25

« Oh, Bleueen. Quel nom mortel. Ça correspond bien à ta nature, petite fée. »

Aucune condescendance ne s'échappait de sa voix. Il semblait réellement apprécier le nom et le répéta une première fois, écoutant les sonorités au travers de sa voix grave. Son regard avait quitté un instant l'être avant de le répéter à nouveau, plus lentement.
Il finit par la dévisager à nouveau, l'air satisfait. En plus de s'être présenté, elle portait un nom qui lui plaisait. Il passa donc outre le manque de politesse flagrant dont elle avait preuve auparavant, s'intéressant davantage à la petite créature.
Et la fée amorça une nouvelle phrase, posant une question. Intriguée, disait-elle ? Forcément, elle n'y échappait pas. Si la Mort se tenait devant vous, vous auriez sûrement des questions par centaine qui viendraient à vous effleurer les lèvres. Et il était pratiquement sûr que celle-ci ne serait que la première parmi d'autre.
Sa main libre se frotta le visage avant de se tourner et d''entreprendre quelques pas, semblant l'air de réfléchir à la question qu'elle venait de poser. Ce n'était absolument pas le cas. Il s'arrêta et pris de nouveau appui sur sa canne.

« Voyez-vous, il y a là un problème d'équité. Tu désires en savoir plus sur moi, n'est-ce pas ? Alors je veux en savoir plus sur toi en contrepartie. Pour chaque question, je t'en poserais une. »

Il la regarda par-dessus son épaule, un étrange sourire s'affichant sur ses lèvres.

« Par contre, rien ne peut te garantir que je répondrais entièrement à ta question. »

Il se tourna complètement vers elle, levant une main à la hauteur de son visage, les doigts tendus vers le ciel.

« Si nous avons un deal, tope là. »

Même s'il n'en avait pas l'air, la Mort était joueuse. Comme il venait de le préciser, il répondrait à ses questions mais jamais dans le détail. Ça serait à elle de poser les bonnes questions pour obtenir toutes les réponses qu'elle désirait. Si elle venait à faire la même chose, ça pourrait même rendre le défi plus amusant.
Il avait tout le pouvoir nécessaire pour que le cycle de la vie continue sans qu'il y ait besoin de sa présence à chaque mort, lui offrant plus de temps que nécessaire à disposition. Et il s'ennuyait souvent. Et il n'aimait pas répondre aux demandes des autres sans rien avoir en retour.
Il avait toujours cet étrange sourire sur le visage, comme s'il savait d'avance qu'elle allait regretter d'accepter. Du moins, si elle avait l'audace d'accepter un deal avec la Mort en personne.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   30.01.14 16:20

Il appréciait son nom ? Un bon point pour la fée, à un détail près : elle n'était pas mortelle. Elle garda cette remarque pour elle, supposant que La Mort n'aimait pas qu'on la corrige. La suite commença par lui faire un peu peur mais lui arracha rapidement un sourire. Il voulait jouer, vraiment ? Rien n'aurait pu faire plus plaisir à la fée ! Elle qui occupait difficilement ses journées et ses nuits dans ces bois rêvait de distractions qui égaieraient un peu son quotidien. Jouer avec La Mort... oui, dit comme ça, ce n'était sans doute pas très rassurant, mais ça ne lui faisait pas tellement peur : après tout, il n'avait parlé que de questions, elle ne voyait rien de mal là-dedans. Et surtout, elle pourrait lui en poser autant qu'elle le voudrait, et ça, ça n'avait pas de prix. Le seul problème résidait dans la remarque qu'il avait faite ensuite et qu'elle n'était pas bien sûre de comprendre, mais elle ferait avec. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'elle aurait à se montrer un peu insistante pour avoir une réponse à ses questions.
Bien sûr, en terme de divertissement, ça ne vaudrait sans doute pas les nuits entières à danser avec ses pairs et les Hommes qui se laissaient prendre au piège, mais ce serait à coup sûr beaucoup plus instructif. Sans compter que ce genre de rencontres était à ranger parmi les évènements exceptionnels dans une vie, même pour une fée, et Bleuenn avait bien l'intention de prolonger l'entretien autant qu'elle le pourrait : qui sait, ce serait peut-être la seule et unique fois qu'elle aurait l'occasion de lui parler.

Évidemment, elle l'entendait cette petite voix au fond d'elle, cette voix qui ressemblait trop à celle de ses aînés, cette voix qui lui disait de se méfier, de ne pas se laisser abuser par l'aspect humanoïde de cet être, de ne pas oublier qu'elle était face à La Mort en personne et qu'il ne pouvait pas y avoir de jeu innocent avec elle, qu'elle n'était pas de taille, mais elle n'en tint pas compte, chassant rapidement ses craintes. Ce n'étaient que des questions, rappelons-le, même si en y réfléchissant, il était assez surprenant qu'il s'intéresse à la vie d'une simple fée : vieux comme il était, le petit peuple ne devait pas être un mystère à ses yeux.
Elle prit une mine faussement songeuse, comme si elle avait besoin de plus de réflexion, histoire de le faire un peu mariner - comme si elle pouvait passer à côté d'une telle occasion. Au bout de quelques secondes, elle sourit et voleta rapidement vers lui, venant taper la main de La Mort avec sa petite main de fée. A cette distance, le contraste entre leurs tailles était encore plus frappant : elle recula donc assez vite, recréant entre eux un écart qui la mettait plus à l'aise.

" C'est d'accord, je veux bien jouer à ça. "

Un peu plus détendue, elle voleta autour de lui, l'observant un peu mieux. Elle avait dans l'idée que cette apparence n'était qu'un leurre pour passer inaperçu parmi les humains, peut-être aussi pour rassurer les mourants qui le voyaient, mais elle ne comprenait pas la canne. Logiquement, une créature comme lui devait être imperméable aux douleurs de la vieillesse, de la même manière que l'était Bleuenn, mais peut-être avait-il été blessé ? Pouvait-il seulement l'être, et par qui, par quoi ? Il n'avait pas l'air d'avoir de difficultés à marcher à vrai dire, et étant donné la manière dont il était arrivé, il ne devait pas en avoir tellement besoin.
Mais ne nous égarons pas, ces questions, aussi intéressantes soient-elles, n'étaient pas les premières sur la liste de la fée. D'ailleurs, elle en avait déjà posé une. D'un signe de tête, elle désigna l'endroit où était mort le lycan, encore repérable par les herbes écrasés et le sang frais.

" Alors, pourquoi lui ? J'imagine que vous avez pas mal de monde sous vos ordres, pourquoi vous déplacer pour ce mort en particulier ? "

Comme son attitude, le ton de sa voix s'était relaxé, même si elle avait conservé le vouvoiement. C'était une forme qu'elle employait rarement, presque jamais même, mais elle ne pouvait se résoudre à le tutoyer, quand bien même il le faisait pour elle. Qui sait, il pourrait bien être tatillon sur ça aussi, et elle ne voulait surtout pas le braquer.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   30.01.14 18:27

Et elle tapa sa main, acceptant l'accord qu'il venait d’énumérer. Ce n'était peut-être pas le jeu le plus amusant qu'il avait de sa vie mais ça l'occuperait au moins un moment, même s'il se doutait bien que l'ennui allait le gagner tôt ou tard. La Mort n'était pas le genre de personnage à s'intéresser aux êtres vivants. Seulement ceux d'exception, ceux dont l'âme vibrait avec une force particulière et que même lui avait de la peine à comprendre.
Cependant, avoir une fée sous les yeux en cet instant était quelque chose d'inhabituel. Surtout une fée courtoise et polie. Les pupilles noires la dévisagèrent tandis qu'elle reposait cette question. « Pourquoi lui ? ». Cette question, il l'avait déjà entendue mais la réponse attendue avait rarement été celle qu'espérait la petite demoiselle. Un léger sourire apparut, choisissant ses mots parcimonie pour éviter d'en dire trop. Sa voix grave résonna à nouveau.

« Parce que c'était un être d'exception et que je désirais être présent au moment de sa fin pour cueillir son âme personnellement.»

Il se garda de préciser plusieurs points. Comme elle l'avait dit, il avait les Faucheuses qui travaillaient pour lui mais elles n'existaient plus en ce monde, supprimées lors de la grande guerre entre les démons et les anges. Il ne précisa pas non plus qu'il se déplaçait uniquement pour les âmes qu'il désirait ajouter à sa collection personnelle, celle-ci frisant le million. Des créatures de toutes espèces s'y trouvaient. Il n'avait pas souvenir avoir cueilli des fées, par contre.
Il se frotta à nouveau le menton, réfléchissant à ça. Il finit par changer le fil de ses pensées, se souvenant qu'il devait maintenant poser une question, comme leur accord le stipulait. Quelque chose l'avait tracassée en la voyant, quelque chose qu'il n'avait pas mentionnée. Que faisait une fée au Japon ? Il était presque sûr qu'elles vivaient en Europe.

« Si je ne me trompe, vous vivez en communauté, n'est-ce pas ? Où sont tes sœurs ? Voyez-vous »

Il se doutait bien que quelque chose de tragique s'était passée. La dévastation forestière était une habitude pour les humains. Si elle venait à lui dire qu'elle était seule et qu'elle était loin de sa patrie, il ne hausserait sûrement pas un sourcil d'étonnement, parce qu'il s'en doutait déjà.
Il abordait ce sujet avec grand calme, semblant peu intéressé par la possibilité de raviver de mauvais souvenirs à Bleuenn. Il voulait savoir ce qu'elle faisait dans ce pays, sûrement bien loin de chez elle et des siens.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   30.01.14 19:19

La réponse de La Mort était très frustrante. Au final, Bleuenn n'était pas beaucoup plus avancée : savoir que cet être était spécial, c'était bien beau mais elle s'en serait douté. Ce qui l'intéressait, c'était ce qui rendait cet être spécial aux yeux de La Mort elle-même, les raisons qui faisaient qu'un être se distinguait plus qu'un autre une fois que tout était fini. Mais soit, elle n'avait pas été assez précise, on pouvait dire que La Mort marquait un point, et c'était maintenant à elle de poser une question.
Question douloureuse pour la fée, remuant des souvenirs particulièrement désagréables, pénibles, pourtant abordé sur un ton nonchalant pas son interlocuteur. Bleuenn se renfrogna, croisa ses bras sur sa poitrine en lui jetant un regard mêlé de reproches et de douleur. Non, elle n'aimait pas du tout cette question, c'était tout sauf un sujet amusant à aborder. Elle répondit quand même, sur un ton plutôt sec, les sourcils froncés.

" Nous vivions en communauté oui, mais il n'y que moi ici. Mes sœurs sont mortes, ou elles se cachent, je pensais qu'un être tel que vous aurait su pour ce massacre. "

Elle marqua une pause, essaya de calmer son ressentiment, de ravaler sa colère. Elle pouvait lui en vouloir d'avoir abordé ce sujet, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir pour sa perte. C'étaient les Hommes et leurs guerres les responsables, et surtout, c'étaient les anges qui avaient semé la mort, les anges et leur haine du paganisme, des créatures qui n'avaient pas été créées par leur Dieu. C'étaient les anges qui avaient tué Obéron, ce qui l'amena directement à la question suivante.

" Notre roi est mort aussi, Obéron. Vous n'êtes pas allé cueillir son âme ? Il n'était pas assez exceptionnel pour vous ou vous ne prenez pas les nôtres ? "

Encore une fois, il y avait du reproche, dans ses yeux et dans sa voix. Dès qu'il avait répondu à sa première question, il lui avait semblé évident qu'Obéron devait faire partie de ceux qui avaient eu l'honneur d'être fauchés par La Mort en personne, mais visiblement, elle n'était même pas au courant que les fées avaient presque disparu de cette planète.
Quand à ce qui arrivait au petit peuple après la mort, c'était une question qui n'avait pas effleuré l'esprit de Bleuenn pendant des siècles, jusqu'à cette fameuse guerre, jusqu'à ce qu'elles doivent se cacher et penser à ce qui se passerait si les anges les découvraient. Ces questions là n'avaient jamais eu de réponse, évidemment. Après tout, les autres espèces ne savent pas plus ce qui les attend derrière le voile, les fées n'avaient aucune raison de faire exception à cette règle.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   30.01.14 20:10

La Mort n'arqua même pas un sourcil face aux révélations de la fée, gardant un visage de marbre. La colère qui transparaissait dans les grandes prunelles qu'il observait ne sembla même pas l'agacer. Elle avait accepté ce jeu et était obligée de s'y soumettre si elle voulait avoir les réponses à ses questions.
Qu'il ne soit pas au courant de la mise en péril de l'existence des fées était un autre problème auquel il faisait face. Au lieu d'être le tributaire de sa condition, il en était devenu le prisonnier, Dieu ayant réussi à le mettre dans cet état. Ce qui avait pour résultat de réduire son omniscience. Et ça l'énervait particulièrement de ne pas savoir.
La voix était pleine de reproches tandis qu'elle posait à son tour une nouvelle question. Une question à la fois épineuse et problématique puisqu'il risquait de ne faire croître la colère de l'être. Il soupira et ferma les yeux.

« Obéron, dis-tu ? »

Concentré un instant, il appela l'espace qu'il avait créé pour entreposer la myriade d'âme en sa possession. Le système était plutôt simple, lui permettant d'appeler les âmes en pensant à celle-ci. Ainsi, il pensa au Roi des fées, un certain Obéron et tendit la main, paume ouverte vers le ciel. Il sembla attendre que quelque chose se produise mais rien ne vint. Il n'avait pas cueilli cette personne et son âme était passée de l'autre côté, comme l'avait désiré l'Éternel.
Il referma les doigts et laissa tomber son bras le long de son corps. Il rouvrit les yeux et secoua doucement la tête, un air désolé sur le visage, qui contrairement à avant, semblait plutôt sincère. Après ce qu'elle venait de raconter et la mine qu'elle arborait, il comprenait bien que le sujet était délicat.

« Je ne connais aucun Obéron. Quant à ton autre question, oui, je vous cueille mais comme n'importe quel être vivant sur cette planète. Je ne considère pas le genre, l'espèce, ou la religion. Une âme est une âme, rien de plus, rien de moins. », conclut-il doucement.

Il se garda de préciser à quel point une âme avait de la valeur pour lui. Peu intéressé par les biens habituels, tel que les terres, l'argent ou le pouvoir, il n'y avait sûrement pas assez de tout ceci sur cette planète pour racheter une âme. Seule une âme pouvait en racheter une autre. Et en restituer une ne s'était jamais produite.
Il avait déjà trouvé sa prochaine question. Elle lui était venue alors qu'il avait déblatéré son petit speech sur les âmes. Son visage reprenant une nature plus froide et distante.
Las d'être debout, il jeta la canne par-dessus son épaule. En plein vol, elle sembla exploser, formant un nuage aussi noirâtre que lorsqu'il était apparu quelques minutes auparavant. À la place du nuage apparu un fauteuil à quatre pieds, fait d'un bois aussi noir que sa canne. Un coussin d'un simple cramoisi était collé au dossier ainsi qu'à la surface du meuble. Ce dernier venait d’atterrir lourdement au sol. Plus que de s'y asseoir, il se vautra dedans, détendant ses longues jambes. Un coude posé sur l'accoudoir, il posa sa tempe contre son poing fermé.

« As-tu connu Obéron personnellement ? Si oui, parle moi de lui. Et ne me dis pas ce que votre peuple pensait de lui mais ce que tu en pensais. » demanda-t-il en reposant son regard sur Bleuenn.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   30.01.14 22:41

Un espoir naquit dans les yeux de Bleuenn lorsqu'elle entendit La Mort prononcer le nom de son roi défunt, lorsqu'elle fit ce geste étrange qui rappelait la manière dont l'âme du lycan avait été envoyée dans un autre monde. Malheureusement, cet espoir fut vite détruit, elle le sut rien qu'en voyant son visage, avant même qu'il ait parlé. Les mots n'avaient pas vraiment d'importance de toute manière, il ne pourrait rien dire pour la consoler.
Obéron n'avait pas eu cet honneur, il était parti comme n'importe qui d'autre, mis au même niveau que n'importe quel mortel. Obéron, roi des fées, l'être qui avait compté plus que tous les autres aux yeux de Bleuenn. Elle se détourna, ne montrant à son interlocuteur que la longue chevelure qui descendait jusqu'à ses pieds. Oui, si elle n'avait pas peur de montrer sa colère, montrer sa tristesse la dérangeait plus, et elle préférait rester pudique.

Étrangement, elle n'était pas énervée. Elle l'aurait sans doute été si La Mort avait parlé sur un ton aussi détaché que précédemment, mais sa voix avait été douce, son expression désolée avait eu l'air sincère. Alors, plutôt que la rage, c'était l'abattement qui l'envahissait, et elle resta quelques instants sans bouger, battant simplement des ailes pour maintenir son altitude. Elle ne se retourna que lorsqu'un bruit inconnu attira son attention, juste à temps pour voir un nuage de fumée se transformer en fauteuil sous ses yeux.
En temps normal, ce genre de prouesse aurait déclenché rires et enthousiasme, mais là, elle ne lui arracha même pas un sourire. Elle s'approcha, essayant de refouler ses sentiments. C'était difficile, surtout après la nouvelle question de La Mort, mais elle réussit à maintenir ses yeux secs. Décidément, ce jeu était beaucoup moins drôle que prévu. Elle s'assit au bout de l'accoudoir libre, fixant ses propres genoux en lui répondant.

" Je l'ai connu personnellement oui. Pas aussi bien que d'autres, mais j'ai eu cet honneur. Elle soupira, l'air nostalgique. Obéron était plus que notre Roi, c'était le plus vieux d'entre nous, le premier. Pourtant, il n'était pas arrogant, ni trop autoritaire. Il n'en avait pas besoin, il imposait le respect, et les fées n'ont de toute manière jamais été un peuple très prompt à se rebeller. Il était accessible, avait le rire facile tout en étant bien plus sage que toutes les fées que j'ai pu rencontrer. Avec moi, il était... patient, je crois que c'est le mot. Il n'a jamais levé la voix sur moi, essayait de m'expliquer ce qui n'allait pas dans mon comportement. Elle finit par relever les yeux vers lui, émue. Si vous voulez savoir ce que je pensais de lui... je l'aimais comme un père et comme mon Roi, c'est aussi simple que ça. "

Elle resta silencieuse un instant, plongée dans ses souvenirs. Nostalgie, quand tu nous tiens... Elle avait toujours eu la conviction qu'Obéron aimait les fées comme ses filles, toutes les fées, même celles qu'il connaissait peu : il était de toute manière relié à chacune d'elles, comme l'avait prouvé le fait qu'elles aient toutes assisté à sa mort. Cet état de fait ne l'avait jamais dérangée, la jalousie ne faisait pas partie de ses nombreux défauts. Quoi qu'il en soit, en presque un millénaire, elle avait eu le temps de le connaître, même si elle ne faisait pas partie des fées les plus vieilles de sa communauté. Au bout de quelques instants, elle reprit la parole, se souvenant qu'elle avait droit à une nouvelle question.

" Quand vous prenez les âmes, elles vont toutes au même endroit ? Toutes les espèces se retrouvent ? "

Au moins, elle s'éloignait un peu de son sujet à elle, en plus de poser une question qui l'intriguait réellement. Les fées n'avaient pas vraiment d'opinion commune à propos de ce qu'il y avait après la mort, probablement parce que pendant longtemps, elle ne les avait pas touchées, ou si peu. Bleuenn, quant à elle, aimait à croire qu'elle retrouverait ses pairs lorsque son existence s'achèverait, mais elle ne pouvait chasser complètement la peur de disparaître pour de bon. Et si quand l'âme s'élevait, quand elle s'en allait dans le ciel, elle n'allait nulle part ? Si la fin, c'était simplement la destruction de cette âme, suivant la destruction du corps ? Oui, depuis la guerre, la fée se posait de nombreuses questions.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   30.01.14 23:43

Il la laissa reprendre contenance face à la tristesse qui l'avait gagnée. La Mort n'était pas le mal, ni le sadisme. Il avait une lourde tâche qui l'incombait. Celle de prendre la vie de nombreuses personnes, de laisser leur proche pleurer la disparition de celui-ci. S'il n'avait jamais existé, toutes les créatures seraient sans doute Éternelles mais ça poserait rapidement un problème. Même s'il n'était pas mauvais, il était un mal nécessaire. De ce fait, il laissait toujours les êtres vivants pleurer le vide qu'imposait la fin d'un proche, peu importe le temps que ça leur prenait. Il était patient. Il avait l'éternité devant lui.
Après cet instant, elle était venue s'asseoir sur l'accoudoir du meuble sur lequel il était posé, sans qu'elle en ait demandé la permission. Il fit preuve de clémence au vue de la tristesse qu'elle venait d'exprimer, décidé à ne lui en tenir rigueur.
Il l'écouta attentivement, l'histoire qu'elle raconta lui rappelant une relation qu'il entretenait avec une certaine Faucheuse. Ainsi donc, la fée était impatiente, malpolie et avait un « père » attentionné et patient ? La description du Roi des fées lui plut, arrachant un sourire en entendant les souvenirs de Bleuenn. Les siens avaient aidé à décrocher ce rictus amusé qui se dessinait à cet instant mais la fée restait en partie responsable de cet état de fait.

Et elle posa à nouveau une question qu'il avait l'habitude d'entendre. « Où va-t-on, après ? ». La réponse à celle-ci était généralement accompagnée d'un mensonge. La Mort n'avait que peu de règles, si ce n'est aucune. Il était toujours mystérieux sur ce sujet, puisque seul lui et les Faucheuses partageaient le poids des âmes. Parler de ce sujet était toujours délicat. Prompt à en dire plus sur le sujet, il commença calmement.

« Je ne gère pas réellement le système de l'après-vie ici. J'ai créé quelque chose permettant aux âmes d'être guidées là où elles doivent aller. C'est Dieu et ses anges qui décident du reste. », finit-il avec un certain sérieux avant de reprendre, « mais tôt ou tard, vous serez de nouveau avec moi, toi ainsi que tes pairs, voyez-vous. »

La fin de sa phrase était plus douce, se voulant rassurante. Ici, comme dans d'autres Univers, il y avait l'Enfer et le Paradis. Contrairement aux autres, les âmes des espèces non-prévues par Dieu finissaient en Enfer. Là où séjournaient les démons. Et ils étaient de véritables barbares. Il n'avait vu qu'une seule âme sortir des Enfer depuis l'existence de cet Univers et les ravages causées à celle-ci était sans précédent. Ce n'avait été plus qu'une forme noirâtre qui avait perdu de sa superbe. Il avait pu la guérir mais non sans des efforts considérables. Et il aurait des millions, voire des milliards d'âmes. Il fulminait intérieurement envers Dieu d'avoir choisi de faire l'Enfer la prison des démons.
Son autre bras se posa sur l'accoudoir, formant un étrange V, sa main atterrissant derrière la fée. Il pointa du menton les ailes, sa nouvelle question toute préparée :

« Puis-je ? Je ne te ferais aucun mal », rassura-t-il aussitôt.

Sans doute avait-elle senti l'air froid et étrange qui entourait la Mort. Ses mains étaient glaciales, comme le reste de son corps. Il n'était pas seulement pâle pour faire bonne figure. Tout son corps était d'un froid surnaturel, à glacer les os de n'importe qui.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   31.01.14 12:34

Encore une fois, il était énigmatique. Bleuenn avait connu des fées qui adoraient s'exprimer ainsi, une en particulier, qui aimait intriguer, ne répondant jamais totalement aux questions qu'on lui posait pour conserver un peu de mystère. Honnêtement, c'était quelque chose qui avait toujours eu le don de l'énerver, parce qu'elle trouvait ça terriblement frustrant. C'était également quelque chose qu'elle n'avait jamais su imiter : quand elle ne voulait pas répondre à une question, la plupart du temps, elle ne répondait pas, c'était aussi simple que ça. Sauf que dans cette situation, évidemment, elle était nettement désavantagée.
Malgré tout, il l'avait un peu réconfortée en lui assurant qu'elle finirait par retrouver les siens, même si la question du tôt ou tard la perturbait un peu... d'autant plus qu'il n'avait pas vraiment répondu à la question : au final, il était resté extrêmement vague concernant ce qui arrivait aux différentes espèces après la mort, c'était un détail qu'elle n'avait pas manqué.
Elle aurait voulu approfondir la question, essayer de grappiller un peu plus d'informations, mais c'était à lui de poser une question, tel était leur accord. Et la question en question la fit frémir.

Une scène qu'elle avait souvent vu au cours des siècles lui revint en mémoire sans qu'elle puisse la retenir, une scène qui lui avait toujours fait peur, un comportement qui n'avait pas tellement évolué au fil des époques. Les enfants et les mouches, ou les enfants et les cousins, tous ces animaux inoffensifs dont ils arrachaient les ailes ou les pattes par simple jeu, incapables d'entendre la souffrance de ces êtres, incapables de la concevoir même. Une image à glacer le sang pour un être comme elle. Jamais elle n'aurait laissé un de ceux-là approcher ses ailes délicates, qui lui étaient si précieuses : sans elles, elle ne serait plus qu'un petit être noyé dans les herbes, condamnée à rester au sol et à la lenteur de la marche. Mais La Mort n'était pas un enfant, ni même un humain, et il avait dit qu'il ne lui ferait aucun mal. S'il était resté vague sur certains points, s'il avait manifestement choisi de ne pas tout lui dire, elle n'avait pas le sentiment qu'il lui avait menti.
Lentement, elle hocha la tête, essayant de ne pas penser à ces choses désagréables, essayant de retenir un léger tremblement qui n'était pas dû qu'au froid dégagé par La Mort. Mais avant qu'il la touche, elle posa sa question, l'observant attentivement.

" Pourquoi ? "

Aussi simple que ça. Sans doute avait-elle encore manqué de précision, sans doute avait-elle gâché son tour, mais elle voulait être sûre. Peut-être était-il simplement curieux, comme elle ne pouvait s'empêcher d'approcher les bijoux en argent, mais s'il y avait une autre raison, elle voulait la connaître.
Elle s'était crispée, attendant avec appréhension le contact de cette main glacée sur ses ailes, luttant contre ses instincts qui lui disaient de s'envoler immédiatement et de ne pas revenir, de ne pas prendre un tel risque. Il avait dit qu'il ne lui ferait aucun mal...
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   31.01.14 20:44

À cause de l'hydromel. C'était purement par intérêt culinaire qu'il s'intéressait aux ailes de la fée. Oh, bien sûr, il ne désirait pas la dévorer. S'il lui arrivait de se nourrir, il ne chassait pas pour autant. Et ce n'était que par envie qu'il mangeait. Surtout qu'à ce moment-là, il rêvait plus d'un cheeseburger bien gras que d'une fée toute menue.
Cependant, un souvenir récent, voyez vieux de quelques milliers d'années, en faîte, lui était revenu au sujet des fées. Il avait le souvenir d'un monde où il avait croisé un demi-dieu qui s'abreuvait d'hydromel. Cette boisson était connue pour être celle des Dieux mais aussi celle des fées. Et probablement à cause de cette dernière raison, il avait décidé d'ajouter une composante particulière à la boisson : des ailes de fées séchées qui, d'après le demi-dieu, croquaient sous la dent. Sur le moment, ça lui avait vaguement fait envie.
Il se devait de répondre à la question qu'elle lui avait posée, hésitant. Devait-il être franc ? Ou devait-il trouver un moyen d'y échapper ? Il voyait bien dans les grands yeux bleus ainsi que dans sa façon d'être que ce geste ne la rassurait guère. Pourtant, elle ne fuyait pas et sa main était prête à toucher les appendices.
Et il trouva un subterfuge. Peut-être pas le meilleur, et peut-être bien y verrait-t-elle une entorse aux règles qu'il avait imposées mais c'était plus pour le bien être mental de l'être face à lui que par plaisir de la tromper.

« Voyez-vous, je pense que la véritable raison te déplairait, qui plus après avoir ravivé de douloureux souvenirs. Alors voici une question pour toi. Veux-tu une réponse honnête ? » demanda-t-il sans la lâcher du regard.

Et il mit fin à la torture de la fée. Ses doigts glacés effleurèrent les ailes. Il ne les saisit pas, non. Juste effleuré, sentant la texture et leur forme du bout des doigts. Il les parcourut un instant, pas plus de quinze secondes avant de retirer sa main qu'il déposa sur l'une de ses cuisses.
Il évita tout commentaire, même s'il trouvait les ailes bien trop délicates. Il se demandait si elles pouvaient être vraiment croquantes, même après avoir été séchées. Il en doutait quelque peu... il aurait peut-être dû goûter la boisson au lieu de se retrouver à se demander si c'était la vérité.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   31.01.14 21:32

Elle fronça les sourcils lorsqu'il lui répondit, n'appréciant guère ce qu'elle entendait. Avant de lui répondre, toutefois, elle attendit qu'il ait touché ses ailes si délicates, ce qui lui laissait le temps de la réflexion. Quand les doigts de La Mort effleurèrent les ailes de la fée, elle fut prise d'un frisson beaucoup plus intense que précédemment, et ce tout le temps que dura leur contact.
C'était une sensation très différente de ce qu'elle avait ressenti quand elle lui avait tapé dans la main, d'abord parce que c'était plus long, ensuite parce que ses mains étaient tout le temps en contact avec tout, alors que ses ailes se contentaient de la porter, seulement entourées d'air, touchant parfois son environnement lorsqu'elle les repliait pour s'adosser quelque part, mais toujours avec précaution. Cette interaction avec cette main si froide était donc particulièrement désagréable, et lorsqu'elle prit fin, elle secoua vivement ses ailes, comme pour chasser cette sensation glacée qui les recouvrait, et elle les replia : elle n'en avait pas besoin d'elles une fois assise, et elle ressentait le besoin de les protéger un peu, même si ce n'était qu'une protection dérisoire.

Une fois ce moment passé, elle pouvait réfléchir à la question qui lui était posée. A vrai dire, la réflexion ne fut pas bien longue. Elle avait bien compris la mise en garde de La Mort, elle ne l'avait pas appréciée mais était consciente que c'était une mise en garde sérieuse, ce qui ne l'empêchait pas de vouloir avoir une vraie réponse. Peut-être qu'elle le regretterait, mais rien ne pique plus la curiosité que de savoir qu'une information ferait mieux de nous rester cachée, et Bleuenn était loin de faire exception à cette règle.

" Vous n'êtes pas très bon joueur. Ne donner que la moitié des réponses est une chose, vous m'aviez prévenue que vous le feriez, mais refuser de répondre en est une autre. Oui, je veux savoir, et puisque vous m'obligez à vous demander deux fois la même chose, j'aurai droit à deux questions au prochain tour. "

Ce n'était pas vraiment une requête, même si elle espérait ne pas avoir à regretter le ton qu'elle venait d'employer autant qu'elle espérait ne pas regretter sa décision. Oui, peut-être avait-elle été un peu impulsive, et l'aplomb dont elle avait fait preuve pendant sa courte tirade semblait fondre à vue d’œil à mesure que les secondes s'écoulaient. Il fallait bien l'avouer, La Mort lui faisait quand même un peu peur.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   31.01.14 22:03

La Mort arqua un sourcil. Elle parla beaucoup, surtout pour lui faire des reproches pour finalement répondre à sa question. Le problème vint du ton employé et l’exigence qu'elle venait d'émettre. Il fronça finalement les sourcils, l'air presque menaçant et sa voix résonna à nouveau.

« Non. »

Ni plus, ni moins. Certes, il avait prévu qu'elle puisse avoir une réaction de ce genre mais ne s'était pas attendu à un tel ton et encore moins qu'elle n'en fasse qu'à sa tête. Plus encore, contrairement à ce qu'elle disait, il avait répondu à sa question, par laquelle il avait à son tour posé une question. Bien sûr, il y avait injustice et c'était évident, puisqu'elle aurait eu à reposer sa question, ce à quoi il s'était effectivement préparé. La possibilité de lui offrir une seconde demande lui était bel et bien venue mais l'impatience de la fée lui avait coupé l'envie de lui faire cette fleur. Peut-être aurait-il dû le dire mais il était la Mort. Il ne faisait pas étalage de ce qu'il était mais son existence était bien plus ancienne que tous les peuples qu'il connaissaient. Il n'y avait qu'une chose qui soit plus vieille que lui et c'était la Vie, puisqu'elle avait vu le jour avant lui. Ce n'était pas ce jour-là qu'un être à peine né pourrait l'ordonner et exiger de lui.
Il n'avait cependant pas répondu à la question. Le visage encore sombre, il prit un certain plaisir à lâcher les quelques mots qui suivirent, comme s'il s'agissait d'une vengeance face à l'impudence de la fée.

« J'ai vu à quelque part une créature s'abreuvant d'hydromel dont l'un des principaux ingrédients étaient des ailes de fées séchées. Mon intérêt pour les tiennes étaient purement culinaire. »

Et il la laissa imaginer ce qui venait de se produire. Il n'avait pas touché les appendices du petit être dans le but d'en connaître la sensation, ce n'était que par une curiosité purement malsaine à l'égard de Bleuenn. Et forcément, il se doutait bien qu'elle pourrait se sentir bien plus mal à l'aise, surtout avec l'air froid et distant qu'il venait d'arborer. Et c'était dans ce but qu'il avait décidé de la mettre en garde.
Il se redressa dans le siège, son dos s'appuyant complètement contre le dossier.

« À mon tour », commença-t-il avec un ton aussi glacial que le reste de son corps.

Son regard était ouvert. Les pupilles noires paraissaient encore plus vite qu'auparavant, comme s'il avait changé de comportement vers la petite fée. Probablement était-il en colère. Sans doute. Et malheureusement, il était neutre, ne se permettant de mettre fin à l'existence d'autrui.

« Pourquoi as-tu peur de moi ? »
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   31.01.14 22:54

Un simple mot, et le peu d'aplomb qu'il restait à Bleuenn s'était définitivement envolé. La Mort dégageait vraiment quelque chose de puissant, le genre de personnage capable de vous faire taire d'un simple regard, et maintenant qu'il avait parlé, essayer d'argumenter semblait inconcevable. Quant à la réponse qu'il lui donna, elle ne lui plut pas, mais alors pas du tout.
Elle déploya à nouveau ses ailes et quitta le fauteuil, prenant un peu de distance.
Offensée, c'était sans doute le mot qui résumait le mieux son état d'esprit, et elle lui aurait bien dit ce qu'elle pensait de ce qu'il venait de dire si elle n'avait pas peur d'aller trop loin cette fois. S'il n'aimait pas ses manières, elle n'aimait pas les siennes : parler d'une partie de son corps comme d'un condiment après qu'elle l'ait autorisé à la toucher était particulièrement déplacé, même pour elle ! Seulement voilà, elle n'avait pas franchement envie de voir à quoi il ressemblait quand il s'énervait vraiment.

Elle se mordit l'intérieur des joues, se contentant de lui jeter un regard courroucé en essayant de se rappeler la voix d'Obéron quand il lui disait de se méfier de sa propre impulsivité, qu'elle finirait par lui jouer des tours et qu'elle ne serait pas toujours entourée par ses pairs pour la protéger, quand ils parlaient de leur puissance qui décroissait et qu'ils se demandaient si ce phénomène était réversible, et jusqu'où il irait. Bien sûr, quand il lui disait ça, il l'imaginait une situation où elle se serait éloignée du groupe, jamais il n'aurait cru qu'elle finirait ici, seule dans une forêt japonaise jusqu'à la fin de sa vie. Et jamais Bleuenn n'aurait imaginé survivre à son roi. Mais passons, ne revenons pas à ce sujet délicat.
Ce qu'il fallait retenir, c'était que le moment était idéal pour appliquer les conseils d'Obéron et essayer de contrôler un peu sa langue. Réfléchir avant de parler.

" Vous parlez de faire de l'hydromel avec mes ailes et vous vous demandez pourquoi j'ai peur de vous ? "

Réfléchir avant de parler, on a dit. Elle se mordit à nouveau l'intérieur des joues, essayant de réprimer cet air de reproche qu'on lisait clairement sur son visage. Cacher ses émotions, encore quelque chose qu'elle n'avait jamais appris à faire. Elle reprit, plus calmement, conservant une certaine distance avec lui.

" Pour être sincère...vous me faites peur à cause de ce vous représentez. La mort, la fin, c'est une peine qui m'a longtemps été épargnée, et je l'ai crainte dès le moment où mon peuple y a été confronté. Vous êtes glacé, vous respirez l'ancienneté et le pouvoir, et vous voir me fait me sentir insignifiante, peut-être le dernier spécimen d'une espèce presque éteinte.

Elle marqua une pause, reprenant son souffle après cette réplique qu'elle avait prononcé d'une traite.

" Et vous être très intimidant quand vous vous énervez, même si vous ne criez pas. "

La dernière phrase avait été prononcée sur le ton d'un aveu, comme pour contrebalancer les choses finalement très personnelles qu'elle avait dit précédemment. Elle aurait pu être plus succincte, mais Bleuenn était le genre de personne à continuer facilement sur sa lancée un fois qu'elle avait commencé à parler, en plus d'avoir le sentiment qu'elle ne pouvait pas tellement se permettre une réponse incomplète après l'avoir énervé.
Maintenant, c'était à son tour de poser une question, même si elle était un peu déçue de ne pas pouvoir en poser deux. Sans se rapprocher de lui, elle releva la tête, plongeant à nouveau ses yeux dans ceux de La Mort.

" Vous avez déjà tué quelqu'un vous-même ? "

Ça rejoignait un peu le sujet déjà abordé, et la réponse lui dirait si oui ou non elle devait se méfier de lui.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   01.02.14 23:29

Comme il s'y était attendu, elle avait pris ses distances avec lui, mal à l'aise, voire même énervée. Il soutint le regard de Bleuenn sans fléchir. Il n'y avait aucune méchanceté, aucune menace, juste une indifférence presque totale à son égard et du comportement qu'elle entretenait. Et la répartie de la petite créature ne fit que l'agacer encore plus, renforçant le froncement de sourcil. Ses yeux paupières à demi-closes semblaient prêtes à faire jaillir des éclairs pour la punir mais il était encore loin d'avoir l'honneur d'être la cible de son courroux.
Elle finit par se reprendre pour répondre avec plus d’honnêteté. Il la toisa, l'écouta et comprit l’aveu qu'elle fit au final. Les réponses habituelles. Les questions habituelles. Que ce soit un humain, un vampire, un lycan ou même une fée, c'était toujours les mêmes questions et réponses qui ressortaient. C'était terriblement ennuyant de ne pas trouver quelqu'un qui ne le craigne pas. À part les Faucheuses, mais c'était des êtres totalement à part.

« Tu n'es pas la dernière », lâcha-t-il avec un dédain presque palpable.

Si elle l'avait été, il serait sans doute venu cueillir son âme personnellement et ce n'était pas le cas. Du moins, pour le moment, elle n'était pas l'unique représentante de sa race. D'autres étaient sans doute encore en vie, ailleurs. Où ? Il n'aurait pas pu le dire. Quand leur vie s'éteindrait ? C'était aussi une question à laquelle il ne répondrait pas.
Dans le grand jeu de la Vie, il ne s'impliquait jamais personnellement. Il n'était qu'une conséquence des actes et ce qui attendait chaque être à la fin. S'impliquer voulait dire perdre sa neutralité. S'il venait à commettre un acte de bonne ou mauvaise charité alors les peuplades commenceraient à penser qu'il est un allié ou un ennemi. Et il ne pouvait se permettre de les laisser penser ainsi.
C'est ainsi qu'il répondit à sa question, le dédain de sa voix ayant disparu pour reprendre un ton moins antipathique.

« Je ne met pas fin à l'existence, pas personnellement. Vous viendrez, tôt ou tard. »

Cependant, faire vivre l'Enfer à certaines créatures ne lui posait aucun problème, particulièrement si c'était dans un intérêt personnel. Mais sa patience avait une frontière aussi vieille que son existence. Il fallait y aller pour en arriver là et la fée était encore loin de l'avoir suffisamment mis en colère pour devenir l'objet de son courroux.
Il n'était pas prêt de se détendre à ce train-là. L'envie de lui poser une question s'était presque envolée et décida presque de se forcer à le faire.

« Pourquoi pourrais-je avoir envie de te tuer ? Voyez-vous. »

La question avait été demandée plus gentiment que précédemment même s'il y avait toujours une certaine froideur.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   02.02.14 3:38

Elle n'était pas la dernière. Voilà une réponse qui la calma instantanément, et positivement. Malgré le dédain clairement présent dans la voix de La Mort, Bleuenn fut profondément soulagée par cette réponse, qui calmait une crainte qui ne l'avait pas quittée depuis son exil forcé. Ainsi, il en restait d'autres, et si elle venait à mourir, elle ne serait pas responsable de la disparition de son espèce. Oh, bien sûr, elle savait que les beaux jours étaient derrière elle, elle savait qu'aucune fée n'était née depuis longtemps et qu'il n'en naîtrait probablement plus jamais, mais tant qu'elle ne sentirait pas la vie d'une de ses sœurs s'éteindre, elle n'aurait plus ce poids sur les épaules. Alors elle sourit, sincèrement, le battement presque frénétique de ses ailes retrouva un rythme de croisière, et elle s'approcha à nouveau. Lui n'était sans doute pas calmée, elle s'en doutait, mais elle n'avait plus tellement peur.
A la réponse à sa question, elle hocha doucement la tête, comme une élève attentive écoutant une leçon, même si ce qu'il venait de dire lui importait finalement beaucoup moins que la précédente révélation. Au final, c'était assez logique.
La question suivante la surprit plus, ça se lisait facilement sur son visage, et elle prit le temps de réfléchir avant de parler, calme.

" Je ne sais pas. Je ne crois pas avoir fait quelque chose qui mérite un tel châtiment, mais les années m'ont rendue méfiante, et je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme vous, je ne sais pas vraiment à quoi m'attendre. Je n'ai jamais dit que mes craintes étaient logiques. "

Elle s'approcha encore, voletant au-dessus de l'accoudoir sans oser s'y rasseoir. Sa question suivante était toute prête, mais elle avait presque peur de la poser tant la réponse lui importait. Elle prit son temps, choisit bien ses mots, l'observant calmement en parlant en espérant qu'il ne lui en veuille pas de s'être comportée comme elle l'avait fait.

" Comment savez-vous que je ne suis pas la dernière ? Et s'il-vous-plaît, si vous en avez vu d'autres, où était-ce ? Elle marqua une pause, hésitante. Je sais que ça fait deux questions, et je comprendrais que vous ne vouliez répondre qu'à la première, mais il fallait que je vous demande. "

C'était comme si d'un coup, elle avait regagné en humilité. Les piques précédentes étaient oubliées, tout ce qui lui avait déplu était sans importance s'il pouvait lui apprendre de nouvelles choses sur son peuple, même si elle savait que ça ne l'aiderait sans doute pas à le retrouver. Au moins, elle avait à nouveau un peu d'espoir.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   04.02.14 16:51

Elle changea du tout au tout à l'annonce qu'il avait faite. Quelque part, il comprit immédiatement qu'il avait fait une erreur en parlant de ça, surtout en voyant l'intérêt qu'elle avait tout soudainement. Elle ne semblait même plus énervée. Pis encore, il n'y avait plus de crainte, elle semblait calme, trop calme à son avis même si la question qu'il avait posée sembla surprendre la fée. Et la réponse qu'elle lui offrit n'était pas vraiment inattendue, c'était même blasant. L'ennui s'était finalement installé et il comptait s'en aller, son envie de cheeseburger devenant plus pressante.
Il observa la fée voleter près de l'accoudoir, une question semblant toute prête à l'esprit. Il l'attendit, sachant déjà ce qui allait sortir de la petite bouche. Et au final, ce ne fut pas une mais deux questions. Quelle audace... après tout ce qu'il venait de se passer, elle osait briser les règles avec une telle facilité, comme si ce n'était rien et lui demandait des informations.
Il se redressa soudainement et tendit la main vers le fauteuil, ce dernier retournant à sa forme originale dans le même nuage noirâtre qu'auparavant. Il attrapa la canne qui avait sauté dans les airs et se tourna à nouveau vers la fée.

« Je répondrais à ta première question : si tu étais la dernière, je viendrais te cueillir personnellement. Or, je n'ai pas prévu de le faire, voyez-vous. »

Le dédain avait disparu de sa voix et une certaine froideur s'y était de nouveau installée. Il fit quelques pas en avant, prêt à s'en aller. Il s'arrêta néanmoins, décider à faire preuve d'une certaine gentillesse, et un brin de politesse malgré tout, à l'égard de Bleuenn.

« Mes obligations m'attendent. Cependant, si tu as une dernière question à me poser, je l'écouterais et évaluerais la possibilité d'y répondre. »

La Mort posa ses prunelles noirâtres sur la petite créature, attendant une quelconque réaction de sa part, espérant qu'elle saurait poser une question de plus grand intérêt, tant pour lui que pour elle. Ça se lisait presque sur son visage.

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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   04.02.14 20:49

La fée sursauta quand le fauteuil se transforma en fumée, retrouvant sa forme originelle. La canne. Elle n'avait pas noté sa disparition la première fois, supposant que La Mort avait simplement fait apparaître le fauteuil, mais cette manière de faire les choses avait beaucoup plus de sens. Surtout, ça expliquait en partie la présence de cette fameuse canne, qui était apparemment beaucoup plus que ce qu'elle semblait être à première vue. Un sourire amusé éclaira son visage, rapidement figé par la réponse de son interlocuteur.
Déception. Manifestement, il n'avait pas croisé d'autres fées récemment, ou alors il cachait très bien son jeu. Tant pis, elle avait au moins le réconfort de savoir qu'elle n'était pas seule, et mieux encore, que lorsque la dernière de ses sœurs viendrait à mourir, elle aurait l'honneur d'être accueillie de l'autre côté par La Mort elle-même. Un peu égoïstement, elle espérait juste que ce ne serait pas elle : même s'il y avait longtemps qu'elle n'avait pas ressenti la mort d'un de ses pairs, preuve qu'une fois cachées, les fées savaient se faire discrètes, elle ne pouvait pas effacer de son esprit la douleur ressentie dès que l'une d'elles s'éteignait, le lien qui se brisait. Elle ne tenait pas à le revivre, et si son espèce devait disparaître, elle préfèrerait mourir avant les autres. Mais assez de pensées lugubres, le temps était plutôt à l'espoir.
Oui, il ne lui avait pas dit avoir rencontré d'autres fées, mais il y en avait d'autres, quelque part, même si elles étaient trop éloignées pour que Bleuenn puisse ressentir leur présence. Peut-être était-ce tout simplement un de ses pouvoirs de savoir quand il était face au dernier spécimen d'une espèce, comme elle avait senti sa présence à lui sans vraiment pouvoir l'expliquer.

Patiemment, elle attendit sa question, mais aucune ne vint. Non, au lieu de ça, il lui annonça son départ, lui offrant une dernière opportunité de l'interroger. A nouveau, elle était un peu déçue, elle ne le cacha pas. En plus de ça, elle trouvait sa situation difficile, choisir une seule question parmi toutes celles qu'elle avait encore en tête n'était pas une mince affaire. Elle devait faire attention, en prendre une importante, une à laquelle lui seul pourrait répondre, une dont elle serait sûre qu'il aurait la réponse. Elle aurait bien voulu savoir d'où il venait, ce qui l'avait créé, mais c'était trop risqué, rien ne garantissait qu'il connaisse ses origines, de la même manière qu'elle n'avait jamais su ce qui entraînait la naissance d'une fée, même si elle avait toujours soupçonné Obéron de jouer un rôle là-dedans, soupçon qu'il n'avait jamais confirmé. De toute façon, ça n'expliquerait pas comment lui était arrivé... mais encore une fois, elle s'égarait.
Elle avait tant de questions sur le monde, sur les anges, tant de sujets sur lesquels il aurait pu l'éclairer, mais il fallait faire un choix, et le faire judicieusement. Après une réflexion un peu longue, elle leva la tête vers lui et soutint son regard, prête à parler.

" Que se passerait-il si vous disparaissiez ? "

Elle n'était pas tellement sûre d'elle en lui demandant ça, peut-être qu'il ne le saurait pas, peut-être aussi qu'il ne voudrait tout simplement pas lui répondre. Rien ne l'y obligeait, après tout. Une fois n'est pas coutume, son ton avait presque été grave quand elle avait parlé,  sérieux, sans grande émotion ni taquinerie d'aucune sorte. Bleuenn était tout simplement curieuse, très curieuse, et même si ce n'était pas flagrant, elle ne s'intéressait pas qu'à l'avenir de son espèce.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   12.02.14 21:53

Et elle réussit à éveiller un certain intérêt en lui. Cette question n'était venue que très rarement durant sa très longue existence. Ça pouvait paraître absurde dans l'esprit des gens que la Mort puisse elle aussi connaître une fin. Et si on leur disait qu'elle était consciente, ça leur paraîtrait aussi absurde. Il était logique, au final, qu'on puisse le croire réellement immortel. Il existait bien des moyens de se débarrasser de lui mais de façon définitive, il n'en connaissait qu'un seul.

Le Temps.

Lui ne régissait pas la fin d'un être vivant, il ne faisait que communiquer avec les défunts et les collecter, rien de plus, rien de moins. Le Temps était ce qui tuait. Plus les aiguilles d'une horloge tournent, plus celles-ci amènent à l'inéluctable. Triste pour certains, c'était une réalité aussi inéluctable que lui.
Si le Temps venait à s'arrêter, alors il disparaîtrait de manière définitive. Et à partir de ce moment, il ne savait pas ce qui pouvait se produire. Si ça venait à arriver alors probablement que le « Tout » aurait aussi disparu. Et que la Vie n'existait plus non plus, et que par ce biais, son existence n'était plus nécessaire.
Son air était réfléchi, semblant se poser réellement la question de ce qui pouvait lui arriver. Ça pouvait paraître étrange mais il s'était lui-même posé la question de ce qui se produirait s'il venait à ne plus exister. La possibilité qu'il puisse venir à disparaître alors que son existence était nécessaire aurait pu lui faire un frisson dans le dos. Et il décida de prendre cette possibilité comme réponse, ayant un air bien plus dramatique à ses yeux.

« Si je venais à disparaître, petite fée, alors les âmes ne trouveraient plus leur chemin. Les Anges pourraient assurer ce rôle mais il y en a tellement qu'ils seraient obligés de s'y consacrer de façon constante. Et assurément, certaines âmes finiraient entre de mauvaises mains. »

Et c'était une source de pouvoir bien plus grande qu'elle n'y paraissait si on savait comment s'y prendre. Ce serait donc un moment apocalyptique qui pourrait s'abattre sur les mondes. Les conséquences qui découleraient d'un tel acte seraient chaotiques, catastrophiques et probablement destructrices.
Il chassa ces pensées de sa tête avant de se tourner une dernière fois vers la petite créature et inclina légèrement la tête par politesse.

« Sur ce, jeune demoiselle, je vais vous laisser. Mes devoirs m'appellent. Peut-être nous reverrons-nous un jour. Espérons que votre tempérament se sera adouci et que vous saurez tenir votre langue... »

Ses yeux noirs la quittèrent, faisant volte-face. Quelques pas et il sembla s'enfoncer dans une autre réalité, devenant invisible aux yeux de toutes les créatures. Continuant de marcher, il posa un dernier regard sur elle avec la vague pensée qu'il viendrait sûrement la chercher en personne, par pur caprice.
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MessageSujet: Re: le cycle de la vie   13.02.14 21:13

Un frisson secoua Bleuenn lorsque La Mort lui répondit. Sincèrement, elle n'avait aucune idée de la valeur que pouvait avoir une âme, l'idée que ça puisse servir à autre chose qu'occuper un corps ne lui effleurait même pas l'esprit, mais elle était sûre de ne pas vouloir qu'un ange vienne recueillir son âme. C'était compréhensible : après avoir vu ce qu'ils faisaient aux fées de leur vivant, elle ne pouvait que craindre la manière dont ils traiteraient les créatures païennes après leur mort. Aucun doute qu'ils ne les accueilleraient pas à bras ouverts... heureusement, cette situation n'était encore qu'hypothétique, et elle espérait bien ne plus être là si elle venait à se réaliser un jour.
Elle hocha lentement la tête et répondit doucement, presque pour elle-même.

" J'espère que vous resterez alors... je ne crois pas que les Anges prendraient soin de mon âme. "

Et il annonça son départ. Dommage. Elle aurait bien voulu continuer cette discussion, poser toutes les questions qui lui restaient en tête et qui resteraient sans réponse s'il partait. La fée espérait bien le revoir un jour, l'interroger encore, et cette fois elle ferait attention à ne pas l'énerver. Autant que possible, elle essaierait d'être polie, de tenir sa langue comme il le disait si bien, mais elle ne le laisserait plus toucher ses ailes, la sensation qu'elle avait éprouvé était trop désagréable pour qu'elle veuille réitérer l'expérience. Sans compter qu'elle avait beau être infiniment reconnaissante envers lui pour ce qu'il lui avait révélé, le commentaire qu'il avait fait sur ses ailes restait dans un coin de sa tête. De l'hydromel... quelle idée !
Mais cette histoire n'était plus à l'ordre du jour, et elle ne voulait pas y penser tout de suite de crainte qu'il croit qu'elle lui en voulait encore. Il avait effacé ses craintes quant à sa solitude, et ça, c'était inestimable, ça excusait tout. Encore gênée par sa dernière remarque, elle lui répondit, un peu rougissante.

" Au revoir. Et... merci. "

Il disparut d'un coup, comme il était venu. Bleuenn se demandait s'il était vraiment ailleurs ou s'il s'était simplement rendu invisible. A sa connaissance, elle n'avait jamais croisé de créature capable de se dérober au regard des Fées, mais il était La Mort, ses pouvoirs devaient être vastes, plus peut-être que ce qu'elle même pouvait imaginer. Sans compter que ses pouvoirs à elle ne faisaient que décliner, elle ne pouvait le nier. Peut-être qu'il voyageait entre les réalités, de la même manière que le royaume des Fées n'était pas tout à fait de ce monde à l'époque où il était encore debout. Ce serait logique, parmi toute la magie qu'elle avait pu voir, celle-à était de loin la plus mystérieuse, et cette qu'elle avait préféré, il était plus que probable qu'elle soit connu d'un être comme La Mort.
Mais tout ça n'avait pas d'importance, ce n'était que de la curiosité. Après ces quelques secondes de réflexion, elle réalisa qu'elle était complètement à découvert dans cette clairière, et elle regagna rapidement la sécurité des arbres, apaisée.

RP clos.
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