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 « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »

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MessageSujet: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   16.05.14 4:28



Quelle nuit de merde. Une autre parmi tant d'autres, remplit de ses pires cauchemars et de ses souvenirs. Vivre quatre heures par nuit son passé était quelque chose d'étouffant, surtout quand ça n'avait été que de parcourir des champs de batailles, des contrats d'assassinats. Il aurait été prêt à se rendre de nouveau à l'Agence juste pour tout oublier à nouveau. Autant dire qu'il se leva de mauvais humeur ce matin-là.
Il enfila un jean propre et un t-shirt blanc uni sans la moindre fioriture et attacha prestement ses cheveux. Il savait qu'il allait encore passer une longue journée. Plus encore depuis qu'il avait cette... ange-prostituée-manipuleuse-séductrice qui ne devait même pas savoir comment cuisiner. En faîte... maintenant que ses souvenirs lui revenaient, il aurait pu faire quelques plats. Et quoi encore ? Elle va vraiment commencer à croire que je suis son homme à tout faire.
Ce n'est qu'en remarquant qu'elle était entrain de pioncer pour tout un régiment qu'il finit par sortir pour aller remplir le frigo de quelques aliments. Et lorsqu'elle ne se réveilla toujours pas, il finit par partir une heure pour aller retaper sa Pontiac. Et... elle ne se réveilla toujours pas.
Il passa le reste de sa matinée enfermé dans sa chambre, prenant des notes sur tout ce qui s'était passé ces derniers jours. Il attrapa un tableau blanc bourré d'informations qui n'avaient plus leur utilité, enfila les énormes lunettes qu'il était obligé pour avoir une vue à peu près potables, et prit les notes nécessaires.
Ce n'était qu'en arrivant vers midi qu'il se rendit compte que l'ange dormait toujours. Dans un soupir, il se leva et alla dans son atelier. Cette pièce était une caverne d'Ali-Baba pour tout trafiquant d'armes digne de ce nom ; du pistolet discret à l'arme antichar. C'était cette dernière qui l'intéressant le plus et sur laquelle il consacra l'heure qui suivit.

Ce n'était vers que treize heures qu'il revint sur sa décision, quand il l'entendit enfin se réveiller. Il sortit de l'atelier pour finalement rejoindre la cuisine où il se lava les mains. Il attrapa une poele, des toats, quelques œufs et prépara du café. Ils avaient encore du pain sur la blanche et il voulait que les choses se fassent rapidement. Plus encore que l'urgence
Il fit chauffer la poêle dans laquelle il fit revenir un brin de beurre. Il profita de ce temps pour découper la mie de deux toasts et la déposer dans une assiette à côté. Il déposa les deux croûtes et cassa un œuf au centre de chacun d'entre elles.

« Bonjour », lâcha-t-il avant même qu'elle n'ait passée le cadre de la cuisine tout en salant et poivrant.

La gamine avait toujours aimé ce plat. Il s'en souvenait ; c'était bien l'un des rares trucs qu'il réussissait à tous les coups et les gestes lui revenaient tout naturellement, comme si ils ne l'avaient jamais quitté. Il jeta un coup d’œil rapide vers l'ange.

« J'ai préparé du café, si vous en voulez. »

Il sentait venir la question « mais que me vaut toutes ces attentions ? ». Devait-il déjà se préparer à lui retourner la poêle sur la tête ?


Dernière édition par Tristan Levian le 17.06.14 17:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   21.05.14 15:01

Je m'étire. Quelle bonne surprise, pas la nuit la plus agréable de ma vie, mais tout du moins une bonne nuit de sommeil. Je me lève de mon pseudo lit, attrapant mes nouvelles pantoufles moelleuses achetées juste hier et mon téléphone d'une main. Je sors de la chambre habillée de mon pyjama ample, blanc coton avec des petits chats gambadant dessus. Bon très bien ce n'est pas glamour, mais qui a dit que je n'aimais pas non plus ce qui est mignon ? Puis franchement, faire l'effort de se trimballer en nuisette pour tenter de m'amuser à séduire cette grande quiche aveugle... L'effort était trop élevé pour la récompense. Non, j'ai juste assez ouvert le pyjama pour avoir un joli décolleté, ce qui suffira amplement (de toute manière il ne verra rien...)

Je l'entends me dire bonjour depuis la cuisine. Serait-il bien luné ou va-t-il encore m'insinuer qu'il faudrait que je me brosse les dents ?

Je passe la porte, alors qu'il a l'air de s'affairer à ces petites affaires. Tristan a laissé le costume de côté pour une tenue bien plus simple à mon grand regret. Il n'empêche que je suis de bonne humeur et que je voudrais le faire savoir, notamment parce que j'ai remarqué qu'il m'avait déposé délicatement dans mon lit cette nuit.

« Bonjour, mon coeur ! Bien dormi ? » Tout ça de ma voix la plus tendre et ensommeillée possible, je ne me refuse rien.

Lui, me jette un coup d'oeil avant de me proposer une tasse de café. Sympa ce matin.

« Non merci, c'est trop mauvais pour l'haleine » Petite pointe d'ironie, à près tout c'est ainsi qu'il fonctionne.

Je m'approche de la cuisinière, jetant un regard au plat qui cuit. Une omelette, un repas simple mais délicieux. Franchement, vous auriez imaginé Le Corbeau derrière les fourneaux vous ? Moi non. Surtout pas pour me faire un petit déjeuner, mais qui ne tente rien n'a rien, j'essaye :

« C'est... pour moi ? »

Je le regarde d'un air plein d'espoir, un peu d'étonnement dans la voix. Il tente de la jouer romantique ce matin ?

Je lui souris gentiment, avant d'aller m'assoir sur la table de la cuisine.

«Ça sent bon et puisque vous me faites cet honneur, je compte bien en profiter pleinement -et ne rien faire donc.

Vous savez, il m'a semblé qu'on m'a porté jusqu'à mon lit hier, et délicatement qui plus est. Merci...»

C'est en silence que j'attends mon repas, affalée sur la chaise peu confortable de la cuisine, le smartphone ouvert devant mes yeux. Je pianote l'écran, lisant mes mails, me mordant la joue : des clients ont essayés de me joindre, de savoir ce que je devenais. La rumeur de ma disparition aurait-elle déjà fait le tour de mon cercle de contacts ? Savent-ils pourquoi ?

Je décide d'ignorer les messages et me connecte à internet, tapant le nom de Yahô Tannichi. Qui est-il où travaille-t-il ? A-t-il des évènements prévus dans les prochains jours, je commence à me plonger dans mes recherches inconsistantes attendant juste d'être servie comme une princesse.
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   21.05.14 16:54



Peu importe les raisons, il se figea lorsqu'elle l'entendit dire « mon cœur » mais reprit rapidement contenance. Il haussa des épaules à la question qui avait suivi. Il avait dormi plus pour tromper son ennui que par envie, et il le regrettait un peu. Il allait devoir se défaire de ses cernes. Et mieux encore, peut-être se couper les cheveux pouvaient être envisagés.
Il écouta la boutade concernant le café et n'ajouta rien. Il s'était bien attendu à ce qu'elle soit rancunière mais pas sur un point aussi... insignifiant. Comme quoi, sept siècles de vie ne suffisaient pas à comprendre les mystères qui se cachaient derrière le beau sexe.
Quand elle s'approcha avec toute la curiosité d'un enfant, il jeta de nouveau un coup d’œil vers elle. On aurait presque dit qu'elle était ébahie par l'exploit qu'il était entrain de faire ; il en connaissait une autre qui avait cette expression quand il se tenait derrière une cuisinière. Il soupira finalement à la question.

« Oui mais n'espérez pas plus de ma part. C'est sans doute l'un des rares trucs que j'arrive à cuisiner sans que... eh bien... bref. »

Qu'il ne grillait pas, ne ratait pas, ne risquait pas de mettre le feu à la cuisine... et bien d'autres. Il attrapa finalement une tasse dans l'un des placards muraux, un verre et remplit le premier de café et l'autre d'eau. Il était réveillé depuis longtemps mais il n'avait envie de gaspiller les deux tasses de café qu'il avait préparées pour elle.
Il sortit finalement une assiette tandis qu'elle parla de nouveau. Il espérait bien qu'elle allait profiter de cet « honneur », ce n'était pas tous les jours qu'il s'amusait à cuisiner pour les autres. Par contre... il eut un sourire malgré lui. Il ferait mieux de ne pas lui dire que sa première envie avait été de l'abandonner dans la voiture. Il retint un rire qui secoua ses épaules alors qu'il imaginait la tête du type chargé de nettoyer la voiture. Pauvre type, je t'ai sans doute épargné de sacrées misères.
Il reprit son sérieux tout en en préparant l'assiette qu'il déposa sur la table face à elle avec les services.
Quelque chose lui revint alors en tête. Il attrapa son téléphone portable et profita de l'application vocale pour lui demander de contacter « Nathalie ». Il retourna derrière le comptoir et entreprit de nettoyer les ustensiles et la poêle. Il avait coincé le portable entre son épaule et son oreille. Et quand l'interlocuteur décrocha, il reprit son rôle de patron bienveillant et simple d'esprit. C'était d'un ton lent mais pas bien méchant qu'il se mit à parler ;

« Hey... salut Nana, je ne te dérange pas ? Ha, le petit est encore entrain de te faire des misères, on dirait. Oui, j'attends. »

Il soupira et s'affaira à nettoyer la poêle à grand coups de liquide vaisselle et d'éponge. Quand la voix grésilla à l'autre bout, il imita un rire.

« Ouais, j'me suis déjà occupé d'un enfant de cet âge. Elle était terrible aussi. Enfin, j't'appelais pour te dire que tu n'as pas besoin de venir travailler ce soir. Ma cousine a eu quelques problèmes et j'vais l'héberger un certain temps, l'temps que sa situation s'arrange. Du coup, elle va travailler avec nous. Hum ? Nan, tu viendras demain soir et tu t'occuperas d'elle, j'dois faire quelque chose dans la soirée. Hein... ? »

Il jeta un coup d’œil vers l'ange, à nouveau et retint un soupire.

« Oui, elle est gentille.Un peu princesse mais gentille. »

Il retourna à sa vaisselle.

« Non, j'te payerais pour les deux jours de congé. Profite de ton gamin. J'te rappellerais demain mais j'pense que tu peux venir à l'heure habituelle. À plus. »

Il raccrocha et enfila le portable dans la poche arrière de son jean. Il s'essuya les mains avant de saisir sa tasse de café et s'appuyer contre le comptoir. Il avait repris son air impassible et posait maintenant ses yeux pupilles sombres sur la jeune femme.

« Nathalie. Trente-deux ans. Mère célibataire qui peine à joindre les deux bouts. Elle a un fort caractère. Un brin jalouse, surtout lorsque vous prendrez sa place d'« attraction » du coin. Enfin, je ne sais pas vraiment à quoi elle ressemble mais elle est assez jolie pour qu'elle attire quelques clients réguliers. Vous allez sûrement doublé mon chiffre d'affaire, du coup. »

L'argent n'était pas vraiment une donnée importante. Il fallait juste que le bar tienne la route assez longtemps pour qu'il puisse se remettre en avant sur les affaires. Il but une gorgée de son café.
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   22.05.14 9:49

Je pose mon téléphone allumé sur la table.
D'accord, alors là... c'est trop étrange pour ne pas être souligné. Le mec me fait à manger et me sert gentiment ? Ça semble beaucoup trop éloigné du personnage pour concorder... Je me retouve avec assiette et couverts sous le nez, servie comme une princesse et sans avoir à ne rien demander. Je fronce mon petit nez. Étrange...
J'attrape fourchette et couteau et entame mes oeufs brouillés servis sur un tranche de pain de mie. Il faut dire que c'est loin d'être mauvais vu le créateur de la bête... Je rêve peut-être innocemment dans mon lit que Tristan s'est transformé en prince charmant. Je lui jette un coup d'oeil de biais, voyant qu'il attrape son téléphone préhistorique. Donc cet extra-terrestre courtois ne serait qu'un rêve ? Bien plus probable.

Nana ? Qui est Nana ? Le petit qui fait des siennes ? J'arrête tout bonnement de manger juste pour le plaisir et la curiosité d'écouter la conversation de l'hyrbide. Je ne me cache même pas puisque je me suis retournée et l'observe carrément. Et quel spectacle Tristan m'offre : il rit par obligation, il s'invente une vie qu'il n'a pas eu, il est même plutôt doux. Le rôle du petit mec presque parfait me fait lever les yeux au ciel. Et ton petit numéro de mec aigri et sordide tu le joues quand ? Ah, ce bonhomme m'horripile !

Il sort enfin son petit mensonge de cousine venue d'ailleurs... Je m'énerve qu'on parle de moi comme si je n'étais pas dans la pièce. Princesse ? Je lève un sourcil, la fourchette et l'oeuf enfournés dans ma bouche. Princesse ! Je t'en foutrais moi du princesse !!

Je me retourne enfin, lorsqu'il raccroche.

" Comment ça princesse ? " dis-je d'un air presque outré.
L'hybride ne me fait même pas l'effort de répondre, il m'explique cependant quelle est la personne qu'il vient d'appeler, puisqu'il se trouve que je la rencontrerai tôt ou tard.
Je souris devant la description de son employée. Jalouse de moi ? Bof, j'ai l'habitude des femmes... Nathalie donc, huuum j'hésite, soit je ferais en sorte de devenir bonne amie soit je m'amuserais à jouer la pétasse. Le tout mérite réflexion, mais la perspective de cotôyer une humaine me réjouit. Enfin quelqu'un qui aura des véritables émotions, pas comme ce coeur de pierre face à moi. Je ne fais pas montre de ma joie, au contraire, j'affiche un air blasé.

"Très bien , et si nous passions à des choses plus intéressantes ? Par exemple, les quelques renseignements et coups de fils que j'ai passé ce matin quand vous êtes sorti ? "

Je lui souris, bien que je me rends compte bien après que la chose est inutile puisqu'il ne me voit pas.

" Et oui, je ne suis pas restée totalement oïsiv..."

J'observe d'un coup un changement dans la physionomie de Tristan. Il se fiche, comme s'il avait perçu quelque chose qui s'approchait. Puis j'entends distinctement quelqu'un qui frappe à la porte du bar en bas. Je me crispe quelques secondes avant de réfléchir...

"Ah ! dis-je d'une voix enjouée. Il est déjà 13h ? Ils sont arrivés !"

Et je me lève, me précipitant vers les escaliers sous les yeux médusés du Corbeau. Je les descends rapidement avant de me diriger vers la porte du bar. Je tombe nez à nez avec deux employés : un homme qui a frappé à la porte et une femme juste derrière, les deux étant habillés en blouse de travail.
"Bonjour, euh, " Il jette un regard gêné sur mon pyjama, mon décolté et mes yeux bleux. " Vous nous avez appelé pour un ménage et un traitement des nuisibles ?
- Tout à fait ! Vous êtes à l'heure ! Suivez moi, c'est là-haut !"

Je me retourne prête à leur montrer la voie... Oups, avec tout ça j'ai oublié de prévenir Tristan !
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   22.05.14 15:35



Un véhicule qui ne s'arrêta pas loin d'eux. Des odeurs chimiques typiques des produits ménagers. Sur le coup, il avait décidé de ne pas en tenir compte. Son regard finit par se poser sur l'ange qui parlait... parlant de coup de fils qu'elle avait passés ? Sûrement pendant qu'il était parti retaper sa voiture.
Quelque peu satisfait des termes qu'elle utilisa, il fut persuadé qu'elle avait progressé dans le boulot qui les importait actuellement. Il s'attendait à quelques menues explications pour l'aider dans les tâches qui suivraient mais les bruits de pas se dirigeant vers eux, en établissant une conversation du genre « c'est vraiment là ? ».
Il se figea et son regard s'assombrit de plus en plus. Il voyait maintenant. Il se souvenait de cette promesse qu'il avait la nuit passée. Et quand elle partit sans lui donner plus d'explications, il s'énerva tout seul, bougonnant, ronchonnant. Quelle idiote ! Et dire qu'il avait décidé d'être gentil. Plus jamais. Plus jamais !
Il descendit à son tour l'escalier. Et il n'avait pas le droit de taper une scène devant deux inconnus, surtout pas avec elle qui devait être sa « cousine avec laquelle il s'entendait plutôt bien ». Il se pointa quand elle venait de se retourner, priant aux deux employées de rentrer. Il avait repris son petit rôle de patron gentil et bienveillant bien que, lorsqu'il posa son regard sur l'ange, il eut une once de haine qui traversa son regard.

« Excusez-moi. Je suis désolé mais pourriez-vous patienter un moment ? »

Et il referma la porte avant d'avoir eu une réponse et se tourna vers elle, sombre, glacial, énervé comme il ne l'avait jamais été auparavant.

« Et dire que pendant un moment, j'étais persuadé que vous aviez un brin de cervelle. », lâcha-t-il entre ses dents. « Mais à priori, quand ce n'est pas pour sauver votre peau, ça ne fonctionne pas parfaitement là-haut. »

Il venait de tapoter du bout du doigt le front de l'ange et décida  de marquer une pause pour qu'elle prenne conscience de son idiotie. Son doigt resta planté là tandis qu'il reprenait sa tirade, lâchant la lâchant d'un ton monocorde.

« Premièrement, si je vous ai demandée de ne jamais rentrer dans ma chambre, non pas parce que vous y trouveriez des pornos ou des passes-temps bizarres mais parce que vous risqueriez de vous foutre encore plus dans la merde. Deuxièmement, ça ne voulait pas dire que je vous avais interdite de rentrer dans les autres pièces, et à priori vous n'êtes jamais allée dans la pièce en face de ma chambre mais juste pour que vous le sachiez... il y a assez d'armes et d'explosifs là-dedans pour que, même sous un contrat de confidentialité, on en vienne à appeler la police. »

Il retira son doigt et se redressa de tout son long, soupira d'agacement avant de se frotter ses cheveux. Il lâcha alors avant de se retourner ;

« Du coup, vous allez passer votre après-midi à vérifier qu'ils ne seront pas gagnés par la curiosité une fois que vous leur aurez demandé de ne pas rentrer dans ces pièces, compris ? »

Il n'avait attendu aucune réponse avant de retourner à l'étage. Pour faire bonne mesure, il allait tout de même fermer les portes à clé, et surtout, récupérer la boîte en bois qui se trouvait sous l'un des canapés du salon qu'il allait ranger dans sa chambre.
Quelle idiote.
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   23.05.14 10:15

Ah, le regard de Tristan ne me dit rien qui vaille. Qu'a-t-il encore ? Je sens qu'il va se contrarier pour un rien encore. Il reste zen devant les employés, leur demande de patienter quelques instants avec sa voix calme et posée, la même qu'il a adoptée avec la jeune femme au téléphone.

Lorsqu'il ferme la porte, j'ouvre la bouche pour me défendre mais il est plus rapide :
« Et dire que pendant un moment, j'étais persuadé que vous aviez un brin de cervelle.
- Pardon ? » Je fronce des sourcils, énervée, outrée. Pour qui se prend-t-il ?
« Mais à priori, quand ce n'est pas pour sauver votre peau, ça ne fonctionne pas parfaitement là-haut. »

Quel homme détestable. J'ouvre la bouche de surprise lorsqu'il m'annonce d'abord que je serais en danger si j'entre dans sa chambre -pour quelle raison bordel ?- ainsi qu'il possède une mini-armada d'explosif, assez pour que le prenne pour un terroriste au final. D'ailleurs la possibilité qu'il en soit un me traverse l'esprit.
Il ose me mettre le doigt sur le front, me fait la leçon comme une enfant. Cet homme me met hors de moi, je prends ma respiration plusieurs fois, essayant de le couper dans sa tirade, mais rien n'y fait.

Je pousse sa main qui est sur mon front mais il l'enlève rapidement, me laissant pousser du vent et m'énerver encore plus. Il part, me laissant seul, fuyant ma réponse.

Je le hais, je le hais, je le hais, je le hais, je le hais, je le hais je le hais !

« Tristan ? »

Lâche, fuyard, homme ! Tu fuis la discussion, juste après m'avoir sermonné ? Peu importe je le suis, montant les escaliers, s'il ne veut pas discuter je le forcerais.
Je sais qu'à priori il m'entend depuis les escaliers, je lui parle donc.

« Vous m'avez dit hier que je n'avais qu'à faire comme bon me semble, ce que j'ai fait, vous m'avez dit hier que je n'avais pas le droit d'entrer dans votre chambre, et je l'ai fait, j'ai préservé votre intimité ; maintenant j'aimerais savoir pourquoi je me sermonner comme une idiote alors que vous n'avez pas été capable de m'expliquer correctement ce qu'il y a de si important à préserver ici, espèce de cinglé paranoïaque ! »
Ma voix est tremblotante et énervée.

Ma fin de ma phrase résonne alors que j'arrive dans le couloir, je l'entends dans la pièce face à sa chambre, sûrement entrain de cacher ou toucher quelque chose. J'étais là pour lui parler mais ma colère est telle que je change d'avis au dernier moment. Je suis énervée, je veux me venger ou je ne sais quoi d'autre, peut-être donner une justification au sermon que j'ai reçu ou peut-être l'envie de faire exactement ce que l'on m'a interdit de faire. En un pas j'arrive devant la porte de la chambre de Tristan et l'entrouvre. J'ai à peine le temps d'apercevoir les murs recouverts de journaux que par les épaules, je suis tirée en arrière...

Cinglé paranoïaque et Idiote, nous avions surement tous les deux raison...
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   24.05.14 4:26

HRP:
 



La curiosité était sans doute une chose qu'il détestait le plus. Surtout quand elle se tournait vers lui, et particulièrement quand elle se faisait aussi insistante. Lui-même n'était pas d'une nature curieuse.
C'était presque avec énervement qu'il vit l'ange pousser la porte. Putain. Enfilant la boîte en bois sous un bras, il la saisit rapidement par les épaules et la tira en arrière pour aller la plaquer contre l'un des murs du couloir. Il n'y avait eu aucune douceur dans son geste mais aucune violence pour autant ; sa main libre vint atterrir sur le haut de la poitrine de la femme et exerça assez de pression pour l'empêcher de faire le moindre mouvement. Ou tout du moins, sans risquer d'y laisser quelques côtes brisées au passage.
Si ce petit tour de force brute aurait pu impressionner, ce n'était sans doute rien au regard qu'il lui lança à cet instant ; il avait souvent fait preuve de froideur, mais probablement jamais de colère. Les deux pupilles noirâtres commencèrent à se tâcher lentement de petits points rouges comme pour indiquer qu'elle venait de dépasser les bornes.

« Toi », commença-t-il de son ton le plus glacial avant de reprendre lentement, la mâchoire serrée. « Si tu tiens tant à mourir, ça peut s'arranger... »

Ses doigts appuyèrent plus fort, corroborant ses propos. Il pouvait, oui. Se débarrasser d'elle et de tous les problèmes qu'elle allait lui causer. Ce n'était pas difficile de cacher un corps, et personne ne pourrait prouver son implication. Au pire, il pourrait encore fuir et changer d'identité. Ce n'était pas un problème. Ce n'était pas la première fois qu'il changeait de nom.
Il inspira profondément et finit par retirer sa main. Il recula pour aller s'appuyer contre le mur derrière lui, poussa un long soupire et se frotta les paupières. Lentement mais sûrement, il parvint à faire machine arrière. Ne pas se laisser déborder par les sentiments personnels.
Il laissa retomber sa main et émit un nouveau soupire. Et le reste de son corps glissa contre le mur pour finir assis à côté de l'entrée de sa chambre. Sa colère s'était calmée mais des réminiscences restaient présentes. Ses yeux étaient parfaitement noirs ; après l'avoir vu deux fois, elle devait sans doute comprendre que ses pupilles n'étaient là que pour indiquer son état mental.
Et dans une invitation silencieuse, il poussa la porte toujours entrouverte. Il dirigea sa tête vers elle ; ce n'était rien d'autre qu'une invitation silencieuse. Si elle voulait prendre le risque d'y rentrer malgré tout, c'était l'unique qu'il lui offrirait de satisfaire sa curiosité. Peut-être qu'ainsi, elle comprendrait mieux la situation dans laquelle elle se trouvait vraiment.
Une chambre sans fenêtre. Des murs recouverts de tableaux blancs qui eux-même étaient recouverts d'informations. Des journaux. Des images. Un vieux bureau. Un vieil ordinateur. Des boîtes en bois dissimulées sous les meubles et qui étaient remplies de souvenir. Une armoire à la garde robe peu variée. Cette chambre représentait sa vie. Son Univers. Et ce n'était pas un endroit où il faisait bon y rentrer ; au final, il avait tenté de la préserver de ça, quelque part.
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   31.05.14 15:22

Une pièces sombres. Des journaux sur les murs. Mon corps tiré en arrière. Mon dos qui cogne un mur. Ma respiration qui se bloque par peur. Une main qui m'appuie sur le torse. Sa voix remplie de haine.

Je cligne des yeux, surprise par la rapidité de la chose. Je n'avais pas oublié qu'il était rapide, je n'avais juste pas encore réalisé la chose à mes dépends. Je plonge mes yeux dans les siens, rouges sang.
« Si tu tiens à mourir, ça peut s'arranger. » Je ne sourcille pas une seconde, trop prise par cet échange de regard. Il me tutoies... La chose a très peu d'importance mais bizarrement elle m'interpelle rapidement. Je garde mon sang froid. Du calme Tristan, je ne suis plus la même qu'avant-hier, vous avez cassé votre mythe de tueur sans cœur. Rappelez vous que j'ai passé la journée avec vous hier. Non, je ne crois pas que vous me ferez du mal, à près tout c'est contraire à votre job de garde du corps n'est-ce pas ?

Sa main s'enfonce sur mon torse pour me rappeler qu'il n'a même pas à faire d'effort pour me tuer. Bien, bien, je comprends que vous ayez besoin de faire valoir vos droit de mâle cher Tristan, mais soyons sérieux et arrêtons cette mascarade.

« Vous me faites mal ! »

Il enlève la pression qu'il effectuait sur ma cage thoracique, je prends une profonde inspiration. Il a l'air de se calmer, de réfléchir. Ma colère diminue en même temps que la sienne. en réalité le voir comme ça m'attriste plutôt. Il se passe la main sur le visage. Je ressens une souffrance qu'il doit trainer depuis longtemps. Je m'apitoierais presque mais il fait un geste qui m'époustoufle. La porte de la chambre lentement poussée grince, révélant ses secrets. Tristan croise mon regard ébahit. Il me propose d'entrer ?

Est-il fatigué de porter seul des secrets ? Est-il prêt à me faire confiance ? J'avance lentement, traversant le couloir, m'arrêtant au seuil de la porte. L'hybride ne fait pas un geste pour m'en empêcher. Je jette un regard circulaire à la pièce depuis l'embouchure de la porte. La première chose qui me vient c'est, qu'elle genre de dépressif pourrait bien vivre là. Il n'y a aucune ouverture sur le monde extérieur et tous les murs sont recouverts de faits divers, de journaux. J'ai l'impression de rentrer dans une cave et non une chambre. Je fais quelques pas, longeant les murs et parcourant les articles qui sont en plusieurs langues. Une chose est certaine, non seulement l'homme qui vit ici est dépressif mais il est complètement obsédé par quelque chose. Je doute qu'on puise dire que Le Corbeau est un homme sain d'esprit. Il a plutôt l'air d'être rongé par quelque chose.

Je m'arrête au centre de la pièce, refait un demi-tour sur moi-même histoire dévaluer la pièce et arrête mon regard sur Tristan qui est resté dans le couloir. Il me regarde néanmoins, attendant surement que je le questionne. Ce que je ne suis pas sûre d'avoir envie de faire, mais la phrase franchit tout de même mes lèvres :

« Vous... enquêtez sur quelque chose ? »

Je porte un regard sur lui différent. Légèrement suspicieux, aussi rempli d'un peu de pitié. Cet homme est fou non ?
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   31.05.14 21:59



Pour un non-initié, cette chambre n'était sans doute qu'un coin sombre. Aussi sombre et torturé que son occupant ; pourtant, il se sentait bien au sein de ce genre d'endroits. Il aimait les espaces clos et sombres. Il aimait le silence. Et cette pièce lui apportait tout ça, même si elle faisait plus penser à une prison qu'autre chose ; en comparaison, l'ange vivait presque dans le luxe.
Ses doigts jouèrent avec le bois épais de la boîte qui se tenait à côté de lui tandis qu'elle rentrait dans la pièce. Son regard l'avait suivi mais au final, il ne prêtait pas vraiment attention à ce qu'elle faisait ou les réactions qu'elle pourrait avoir ; il se préparait surtout aux questions qu'elle pourrait lui lancer.
Il n'écoutait que les battements de cœur, et surtout, les deux employés qui devaient s'impatienter en bas. Elle était loin l'époque où il était encore capable de ressentir les sentiments des gens proches de lui ; il ne pouvait que se fier au rythme cardiaque pour tenter de déterminer l'état mental de sa colocataire, et même ça n'était pas suffisant. Il n'entendait que l’inquiétude et rien d'autre.
Il se redressa dans un soupir, abandonnant la boîte en bois et son contenu sur le sol. La question n'avait rien de surprenant ; ça ne pouvait être qu'une enquête à première vue mais ce n'était pas tout à fait ça.

« Je tente de me souvenir, plutôt. »

Son regard fureta légèrement sur l'ange avant de se détacher pour descendre doucement vers le sol. Il passa une main sur sa nuque, tentant de fournir une explication claire et concise ; peu importe comment il l'expliquerait, ce qu'il avait à dire était bien plus dur à croire qu'elle ne pouvait l'imaginer. Elle devait déjà le prendre pour un fou et les choses n'allaient faire qu'empirer.

« Vous n'avez donc fait aucune recherche à mon sujet ? Vous auriez dû... il aurait été plus simple de corriger les informations que vous auriez pu obtenir que plutôt vous expliquer tout depuis le début. »

Il appuya son épaule contre le mur. Les réminiscences de sa colère toujours présente, il décida de garder son regard vers le sol tout en réfléchissant à la suite de sa tirade. Par où commencer ?

«Pour vous faire un court résumé, l'Agence est une organisation secrète qu'on élève au rang de légendes urbaines. On l'affilie à beaucoup de domaines... telle que la recherche sur les créatures que vous et moi représentons. Leur premier objectif est de se débarrasser de nous, quitte à nous utiliser. Et ils nous utilisent plutôt bien puisqu'il y a encore deux ans de ça, je travaillais pour eux après qu'il m'ait joué un petit tour dégueulasse, du genre... « on lui efface la mémoire et on le manipule de façon à ce qu'il bosse pour nous ». »

Un bref soupire. Lui-même avait de la peine à croire à sa propre histoire, et pourtant... ça lui était bel et bien arrivé. Il en était l'acteur principal. Pis encore, comment réagirait-elle si il venait à lui dire que c'était lui l'un des fondateurs de cette fameuse Agence ? C'en était tellement risible que ça lui en arracha un sourire en coin.

« La suite ne doit pas être dure à comprendre, n'est-ce pas ? Ma mémoire me revient en fragments depuis un an et tant que je suis vivant, je suis un problème. Pas uniquement parce que j'en sais trop mais parce qu'à leurs yeux, je suis un monstre parmi les monstres. »

Il se décolla finalement du mur, planta ses pupilles noires dans celle de l'ange et finit par passer une main sur ses paupières avant de se frotter l'arrête du nez pour formuler la suite. Suite qui était plus délicate à expliquer. Et surtout parce qu'il devait faire un aveu difficile à faire.

« Quand je vous ai dit que vous ne vous en seriez pas sorti avec une claque sur les fesses, ce n'était pas à Georgio que je pensais mais à l'Agence. Il vous aurait promis mont et merveille en échange d''informations me concernant. Et ensuite... je vous l'ai dit, ils en ont après nous. »

Cette simple révélation se traduisait par un « j'étais inquiet que vous puissiez devenir leur cible ». Et le reste de ses explications devait suffire à expliquer son comportement jusque là ; bien qu'il ait toujours été d'une certaine froideur, il n'avait pas vraiment de haine, de rancune ou même de crainte à l'encontre de l'ange. Il ne faisait que garder ses distances avec elle, ainsi que les secrets qu'il embarquait.
Il soupira à nouveau avant de faire les quelques pas qui les séparaient tout en levant les mains avant de les redescendre sur l'ange pour les déposer sur l'ange, emporté par l'envie de dire une dernière chose qu'il jugeait important avec un regard étonnamment sincère;

« Écou... »

Il s'interrompit. Quelque chose le dérangea. La dureté des os que représentait les épaules n'était pas présente ; au contraire, c'était étonnamment mou et agréable au toucher. Elle ne lui semblait pas aussi graisseuse que ça, pourtant... il l’agrippa avec plus fermeté avant de baisser les yeux pour observer ses deux paluches déposées sur sur la poitrine de la femme.
Il retira brusquement ses mains, comme si il venait de se brûler sur des plaques chauffantes. Si il fut gêné, il ne le montra pas. Si il fut satisfait, il ne le montra pas non plus. Seul un sourire énigmatique se dévoila sur ses lèvres.

Ce n'est pas si mauvais que ça, d'être aveugle.
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   02.06.14 13:40

Il soupire, surement agacé par le fait de devoir s'expliquer, mais il me répond tout de même. Ce qui me soulage, enfin fini les cachoteries, je m'attends à ce qu'il me dise ce que je suis sensée savoir pour ma propre sécurité apparemment.

Il s'agit d'un cours résumé, d'où le fait que je ne comprenne pas tout. Pourquoi Tristan me parle de cette agence ? Une agence qui étudie et extermine les créatures comme "nous". Je sais que beaucoup d'hommes ont haït les anges, puisqu'ils n'ont pas vous en nous une aide lors de la guerre, d'où l'arrivée des clovers... Siem... Mais pour ma part je ne me considère pas dans le tas, des créatures dangereuses, surtout depuis que j'ai vu Tristan en action. Il a donc tout oublié de sa vie, et sa mémoire lui revient depuis un an, il a été l'esclave d'une agence qui l'obligeait à... quoi ? tuer surement.

Je ferme un moment les yeux, je suppose que les souvenirs qui lui reviennent ne doivent pas être de tout repos pour son esprit ou pour sa conscience. Tristan... Je me sens tellement désolée pour lui.

« ...je suis un monstre parmi les monstres. »

Je relève lentement mon regard vers lui. Il suffirait d'une phrase réconfortante, d'un mensonge bien placé. Le genre de chose que je suis capable de faire en tant normal, lorsqu'un homme me demande s'il est trop vieux, s'il a été trop vite, si j'ai ressentis quelque chose..., mentir est d'une facilité. Alors pourquoi aucun son ne sort de ma bouche ? Aller, Elena... Dis-lui qu'il est... argh... galant ? Non, tout sonnerait faux et il se renfermerait comme une huitre. Il passe la main sur ses yeux, sur le nez, la chose à l'air difficile pour lui, et je n'ai toujours rien dit, posant sur lui des yeux hésitant et tristes.

Ces-derniers s'arrondissent d'ébahissement lorsqu'il prononce sa phrase. Attends, est-il entrain de dire qu'il me protège contre son agence au final ? Il est... galant ou final... Je crois. À moins qu'on puisse considérer que plus je traine avec lui, plus je risque de me faire repérer par cette fichue agence et donc plus je risque gros... Je ferme les yeux de peur. Bon sang, salopard de Georgio qui m'a foutue dans cette merde impossible ! Si je pouvais l'étriper...

Je suis sortie de mes pensées par Tristan qui m'étonne de seconde en seconde : non seulement je ne l'avais pas connu aussi bavard mais voilà qu'il s'approche vers moi... voilà qu'il devient tactile maintenant. Il tend ses mains vers moi, il me regard d'un air totalement... confiant ? Je dois avouer que mon cœur se met à battre plus fort, moi qui suis en manque de contact physique et d'attention depuis ces derniers jours. Il s'approche vers moi pour me prendre par les épaules je suppose et... met ses mains sur mes seins ? Que ?

Mon regard se perd dans le vague alors qu'il se crispe, appuyant une dernière fois pour vérifier la texture... avant de réaliser son erreur et de se retirer aussi tôt. Aveugle hein ? Bien sûr...

Je lève des yeux blasés vers lui, et cet idiot n'a qu'un sourire niais à me présenter. Je soupire, mettant mes mains sur les hanches, levant les yeux au ciel -et regrettant qu'il ne puisse pas voir ceci.

« Vous vous amusez ? » Ma voix est cassante est fébrile, il faut dire que je suis traversée de frissons comme si je ne savais plus où j'en étais. Frissons de peur, de colère, peut-être aussi d'excitation...

Je soupire déçue, posant mes doigts sur l'arrête de mon nez.
« Moi qui aie cru une seconde que vous étiez... je ne sais pas, sincère ? » Je soupire une seconde fois.

« Votre passé vous regarde, je ne voulais pas jouer l'intruse, cependant si vous voulez le partager avec moi, je vous... je serais là.» Ma voix est beaucoup plus douce. « Je vais ouvrir aux employés de ménage, fermez votre porte et je vous assure que je veillerais à ce que personne ne rentre. »
Je me suis éloignée de lui, marchant vers la porte, je m'arrête à l'embouchure, retourne mon visage de côté.

« Quant au reste... Je ne vous traiterais pas différemment parce que vous êtes mon garde du corps, vous aurez à payer, comme tous les autres... Ma douceur s'achète... »

Il pourrait facilement se vexer, mais peu importe. Faire payer, rendait la chose plus facile. Il s'agissait d'un échange de bons procédés, pas de sentiments, pas d'amour, l'amour rendait les choses tellement douloureuses.
Je me mords les lèvres... Ai-je bien fait ? Le manque me rend à cran, c'est moi qui n'aurait pas dit non à une présence dans mon lit... Elena, tu es une droguée, une folle...

« Dites moi juste, pensez-vous vraiment que j'étais déjà en danger lorsque je suis rentrée chez vous avec Georgio ? Pensez-vous vraiment que l'Agence en aurait eu après moi ? Je... quoique je fasse maintenant, il est déjà trop tard non ? »

Je devais savoir si j'encourrais un grand danger, s'il n'était pas trop tard, peut-être que je pourrais le quitter et m'en sortir seule, sans avoir une organisation à mes trousses... S'il n'était pas trop tard...


Dernière édition par Elena Gavrisg le 16.06.14 11:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   03.06.14 0:17



Aucun cri. Aucune larme. Elle ne prit même pas la peine de l'insulter ou de le traiter d'idiot ; elle prit la chose plutôt bien et ne sembla qu'évoquer vaguement le fait qu'il ait touché sa poitrine sans son accord. Bien qu'elle avait brisé le brin gaieté qui l'avait traversé. Après tout, trois ans sans le moindre contact avec le sexe opposé devenait lourd.
Il ne fit que soupirer aux phrases qu'elle débita suite à sa question. La sincérité ne comptait pas vraiment en cet instant. Et il n'exprima rien quand elle parla de l'éventualité qu'il se confie à elle ; il n'y avait rien à dire là-dessus. Rien de bon. Sa vie actuelle n'était que les conséquences que de ses actes passées. Il devait être plus prudent, et cette prudence l'avait poussé à prendre le choix le plus délicat lorsqu'elle était rentrée pour la première fois ici.
Elle confirma alors qu'elle veillerait au grain. C'était préférable, de toute façon. Ils devaient faire faire tous les deux preuve de la prudence nécessaire pour ne pas attirer l'attention sur eux. Tant pour Georgio que pour l'Agence. Il devait encore aborder un sujet concernant l'affaire qui les intéressait mais ce n'était pas le moment.
Il se pencha pour attraper la boîte en bois qu'il avait laissée au sol et la coinça sous son bras. Ils se tournaient le dos et elle ne put le voir lever les yeux au ciel lorsqu'elle parla de traitement de faveur. Il haussa brièvement des épaules ; il n'espérait rien de particulier. Bien qu'il doutait qu'elle le fasse payer pour des « services ».

Et lorsqu'il attrapa la poignée de la porte, prêt à ranger un de ses « secrets » dans la chambre, elle l'interpella. Il haussa des épaules pour première réponse avant de commencer à marmonner quelque chose dans sa barbe.
Sincérité. Honnêteté. Toutes ces conneries dont il allait devoir faire preuve et qui ne feraient que l'inquiéter encore plus, n'est-ce pas ?

« Probablement que non mais je vous aurais tout de même chassés. Il n'y avait donc aucune garantie que Georgio la garde fermer. Et puisqu'il aurait à chercher un autre assassin, les chances qu'il puisse tomber sur un de mes anciens collègues étaient présentes. Les rumeurs vont bon train au sein de la mafia.. et la Costra Nostra a déjà eu affaire à nous par le passé. »

Il laissa son geste suspendu, ne poussant toujours pas la porte pour rentrer. Il devait continuer sur sa lancée et l'informer du reste.

« La numéro deux et exécutrice de l'Agence est au Japon. Le fait que vous soyez une entité quasi divine et que vous soyez accompagné de l'ancien numéro un l'empêchera sûrement de passer à l'action. »

Et de toute façon, si il devait y avoir une attaque, ce ne serait pas elle qui serait envoyée en premier. Elle avait coûté bien trop de temps et d'argent pour qu'ils puissent simplement de se débarrasser de la légendaire Faucheuse des ténèbres dans un combat qu'elle pourrait perdre contre deux monstres. Pour le moment, ils possédaient l'avantage psychologique mais c'était tout. Quand ils prendraient le risque de passer une première fois à l'offensive, il y avait de fortes chances qu'elle rentre aussi à l'action et tente de les éliminer en même temps.
Il caressa du pouce le bois de la boîte sous son bras avant de la déposer à même le sol dans sa chambre. Il referma la porte et extirpa un trousseau de clé la poche de son pantalon pour verrouiller le tout.

« D'après le tissu, et au vue de leur taille, êtes-vous sûre de vouloir accueillir ces personnes dans votre pyjama offrant une vue aussi plongeante »

Il posa cette question tout en se tournant vers la pièce en face de sa chambre, verrouillant la porte de cette dernière. Il rangea les clés à leur emplacement initial et se tourna vers elle, sembla réfléchir brièvement, un léger sourire énigmatique en coin tandis qu'il se rappelait de la sensation agréable dans la paume de ses mains..


Dernière édition par Tristan Levian le 17.06.14 17:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   17.06.14 10:55

J'écoute attentivement ce que Tristan me raconte.
« Probablement que non »
Ce qui veut dire que j'aurais pu partir tranquillement et rentrer chez moi sans craindre l'agence. J'aurais repris ma vie normale...

La numéro deux ? L'ancien numéro un ? Donc lui... Bon, non pas que ça m'étonne pas vu la monstruosité que j'ai vu en action, cela dit la numéro Deux ne doit pas être une partie de plaisir... Argh ! Dans quoi tu t'es foutu Elena ? Ce putain de Georgio, si je pouvais passer mes mains autours de son cou de bœuf, je l'étranglerais... C'est le retour de bâton pour avoir trainé dans les pattes de la mafia...

Bon du calme, il a dit que cette Agence éviterait de passer à l'action. Mais pour combien de temps ?

Je me mords les lèvres, réfléchissant... Et si la protection de ce Tannichi ne suffisait pas à me protéger de cette Agence ? Ils doivent déjà savoir que je suis avec Tristan, que j'ai même passé plusieurs jours avec lui. À la seconde même où nous ne seront plus ensemble, ils me traqueront aussi. Ma réflexion me fait paniquer. Je visualise un futur incertain, d'abord la possibilité d'avoir à déménager ici à jamais, la perte de mon appartement, de tous mes biens, de tous ce que j'ai construit : mes clients, ma fortune, mes relations... Il ne restera plus rien. Je devrais fuir, me cacher jusqu'à ce que quoi ? Je me fasse attraper et disséquer, qu'ils me balancent des sondes, qu'ils me torturent pour me faire avouer des renseignements.

L'image de mon corps nu sur une table d'expérimentation apparait devant mes yeux et m'obsède. Comme dans mon rêve, comme dans les visions du Clover...  Il m'avait montré ses souvenirs. La douleur, je l'ai sentit dans mes muscles, dans mes veines, sur ma peau. Une agonie sans fin, et ce n'était pas qu'un simple cauchemar. C'était la réalité : des humains faisaient subir ça à d'autres humains, j'avais appris à mes dépends jusqu'où s'entendait la cruauté humaine.

Je ferme les yeux essayant de chasser ses visions d'horreur.
« D'après le tissu, et au vue de leur taille,...»
Le noir, l'humidité, des cris, des halètements rauques...
« êtes-vous sûre de vouloir accueillir ces personnes dans votre pyjama...»
Le matelas sale, la douleur,...
« offrant une vue aussi plongeante »
Du sang, un métal froid sur la tempe.

Ma gorge se serre tellement que ma respiration est coupée. La panique s'intensifie, une crise comme une autre, comme j'ai l'habitude d'en faire de temps en temps. Mais cette fois-ci elle est pire. Mon cerveau hurle de respirer, mes poumons tentent d'attraper de l'air, mais en vain, ma gorge se serre encore plus et mon esprit m'hurle de ne pas paniquer devant Tristan, de ne pas perdre mes nerfs. Plus je désire que la chose s'arrête plus elle s'intensifie. J'arrive néanmoins à haleter brièvement :

« Vous...ha, ha de..viez me ha... proté...ger ! »

C'est ça Elena, c'est toi qui est stupide. Tu a écouté ce bonhomme, tu lui as fait confiance et tu t'es fait avoir encore une fois. Comme avec Siem, comme avec Tika. Le pire c'est qu'il n'est pas le premier à te décevoir, à te descendre plus bas que terre. Plus tu restes avec lui, plus tu es en danger. Stupide Elena...
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   17.06.14 18:54



Il s'apprêtait à retourner au salon pour se débarrasser des cadavres de bouteille et des cendriers débordants. Il n'avait rien de spécial à cacher, à part son stock d'armes et les informations qui se trouvaient dans sa chambre. C'était ce qu'il aurait fait si il n'aurait pas entendu les battements de cœur de l'ange s'affoler. Il s'interrompit dans son mouvement et tourna de nouveau vers elle. Il brisa la distance en quelques pas tandis qu'elle lâcha difficilement quelques mots entre deux respirations difficiles. Odeur et son. Il leva finalement sa main pour la déposer sur la tête de la femme, ses doigts se glissant dans les cheveux.

« Vous en avez mis du temps, pour réagir à votre situation. Enfin, j'aurais mieux fait de ne rien vous dire. Vous auriez pu dormir l'esprit tranquille, au moins... mais c'est ce qui se passe quand vous décidez de fouiner dans la vie des autres et de fricoter dans des milieux dangereux. Ça vous apprendra, idiote. »

Il lâcha un léger soupir, un regard à peine compatissant envers elle. Elle venait de découvrir son quotidien et il comprenait les craintes qu'elle avait. Il comprenait aussi qu'elle ne soit pas prête à lui faire entièrement confiance et c'était tant mieux en soi. Il n'avait pas besoin de son entière confiance. La peur l'aiderait même à faire preuve de prudence.
La dernière fois qu'il avait utilisé ce truc, c'était il y a trois siècles. Et en prime, ça avait été une humaine. Il n'était pas sûr de pouvoir le faire à nouveau, ni même si ça pouvait fonctionner sur un anges. Dans le bordel de capacités qu'étaient les siennes, il avait toujours pu instaurer certains sentiments au travers de contact physique. Mais pas cette fois. Ça ne fonctionnait plus. Il avait perdu ce pouvoir à partir du moment où il s'était mis à complètement renier sa partie vampirique.

« Tch. »

Il poussa la porte de la chambre à côté, celle de l'ange, et l'attrapa pour aller la déposer sur le lit. Quelle plaie. Il sortit de la chambre pour retourner dans celle qui contenait ses armes et revint auprès d'elle avec un tubulure encore dans sa pochette stérile. Il l'en sortit, arracha les deux embouts puis environ les trois-quart du tube, tendant la plus petite partie à la femme.

« Expirez tout l'air de vos poumons puis inspirez à travers le tube. Comptez jusqu'à trois puis expirez. Comptez jusqu'à six et inspirez. Et ainsi de suite... faites-le ! »

Ses deux pupilles noires observèrent l'ange. Il était légèrement préoccupé par la condition, c'était censé être son taff après tout, mais il ne pouvait pas non plus se permettre de lui donner de faux espoirs. Il croisa les bras contre son torse.

« Dès que vous serez sous la protection de quelqu'un d'autre, l'Agence n'aura plus le temps de se préoccuper de vous. Je m'attaquerais directement à eux, c'est pourquoi vous allez faire en sorte de rapidement extirper vos fesses de chez moi pour que je puisse passer à l'action. »

Oui, ce type avait bel et bien fait des études en psychologie. Ça ne voulait pas dire pour autant que c'était un bon praticien... enfin, si, il en avait été un. Enfin, même les psychologues avaient des problèmes dans leur vie sociale ; divorce, difficulté parentale, suicide... ça ne faisait pas d'eux des dieux dans ces domaines. Ils étaient humains, après tout.
Le problème ne venait pas tant de ses capacités d'expression, qui devaient sans doute se limiter à celle d'une huître, mais bel et bien la certitude que l'Agence aurait mieux à faire que de se préoccuper d'une ange qui ne leur apporterait rien.

« Après tout, la meilleure défense, c'est l'attaque. »
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   24.06.14 0:09

Sa main qui se pose sur ma tête et qui glisse doucement le long de mes cheveux hérissent tous les poils de mon corps. Je frissonne de froid ou de stress. Puis je l'entends me parler, je sens dans sa voix qu'il prend pitié de moi. La chose pourrait m'horripiler si je n'étais pas complètement occupée à essayer de respirer.

Idiote... Idiote...

Je lève un regard noir et plein de rancune vers l'hybride. Si seulement je n'étais pas entrain de suffoquer, je lui aurais balancé toute ma haine à sa figure. Moi qui apprécie le contact physique en général, je trouve insupportable que l'on me touche juste à ce moment même. Tout contact me donne envie de vomir, même une douce caresse dans les cheveux. Fermer les yeux me renvoient à mes cauchemars en boucle et plus j'essaye de chasser l'image du sang recouvrant le sol, plus elle m'obsède.

J'entends Tristan ouvrir la porte de ma chambre. Dans mon sac... Ça y est je me souviens d'avoir de quoi me calmer dans le fond de mon sac. Je devrais lui dire. Non... Attends. Il ne doit pas voir.

L'hybride revient vers moi pour faire mine de me porter, je fais montre de mon refus, essayant toujours de reprendre mon souffle. Ma crise s'est calmée, je suis néanmoins encore mal. Il m'attrape par le bras pour me trainer quasi de force dans la chambre et me fais assoir sur le lit. J'obtempère pour l'instant, me disant qu'au moins l'un de nous a l'air de maîtrisé la situation. En réalité ses agissements et son air sûr de lui me calment un peu.

Il me ramène une pochette alors que je commence à me calmer un peu et me donne des ordres, chose qui m'énerve assez pour me faire parler.
« Expirez tout l'air de vos poumons puis inspirez à travers le tube. Comptez jusqu'à trois puis expirez. Comptez jusqu'à six et inspirez. Et ainsi de suite...
- C'est bon ! Je vais bien
- Faites le ! »
Je lui arrache l'objet des mains, le trifouillant pour essayer de l'ouvrir. Son regard posé sur moi me dérange et me met mal-à-l'aise. Qu'à-t-il ? J'en viens même à me demander si ça ne lui plairait pas de me voir dans cet état. Il a sa vengeance et je suis punie de ma curiosité. Pourquoi je n'ai pas pu me retenir ? Je mords ma lèvre, me montrer sous ce jour peu reluisant était la dernière de mes envies.

Lorsqu'il se remet à me parler, je pose le sachet que je n'ai pas ouvert sur le lit, libérée de son attention. Il m'explique que dès qu'il m'aura refourguer à quelqu'un, il attaquera l'organisation qu'il appelle l'agence. Même dans mon malaise, j'arrive à hausser un sourcil d'étonnement.

« Vous comptez attaquer cette agence... seul ? »

Malgré sa force, j'ai l'impression que l'entreprise est suicidaire. Je pose mes yeux sur lui, me demandant depuis combien de temps cette histoire avec l'agence dure. Je frisonne de froids, mes yeux se perdent dans la pièce, pour finir sur mon sac, je le fixe quelques secondes. Chacun ses problèmes, surtout s'il se jette de lui-même dans les bras de ses tortionnaires. Tant que c'est lui qui se trouve sur la table d'opération et non moi... Je me fiche du reste... Je m'en fiche.

« Ne vous inquiétez pas, je dégagerais vite de chez vous, c'est, il me semble  la seule chose sur laquelle nous sommes d'accord...»

Mes yeux se reperdent sur mon sac. J'en ai besoin. Si j'en prends, j'irais mieux ensuite.

« Vous me laissez seule une seconde ? »

Je ne le regarde même plus, les yeux dans le vague.
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   24.06.14 22:21



Elle n'avait pas soufflé. Elle était définitivement exaspérante.
Une crise d'angoisse, hein ? Il n'avait plus le truc en main. Il avait réagi au quart de tour, sans doute mû par de vieilles habitudes. Combien de fois avait-il dû calmer des personnes ? Ce n'était pas tout à fait la même situation, et même son contexte de vie était de loin de ressembler à celui d'aujourd'hui.
Elle ouvrit la bouche à nouveau. Il tiqua brièvement sur le « seul ». Qu'importe. Elle ne savait rien. Elle ne connaissait rien. Ce n'était que la curiosité malsaine qui l’avait placée là. Il reporta son regard sur elle, bien qu'il lui semblait qu'elle avait déjà détourné le sien. Le simulacre de silhouette qu'il voyait poser sur le lit semblait le lui confirmer.
Il n'écouta qu'à moitié les paroles qui suivirent et il haussa simplement des épaules à ce qui suivit. Elle voulait un peu de solitude, hein... il décroisa les bras et entreprit de sortir de la pièce. Il s'arrêta en saisissant la poignée, s'apprêta à dire quelque chose et renonça finalement pour finalement changer de sujet.

« Je vais renvoyer les deux employés. Vous pourrez les rappeler demain, si ça vous chante. »

Il referma la porte sans attendre de réponse et descendit les marches deux par deux. Il atteignit la salle du bar et se dirigea vers la porte d'entrée. En empruntant sa personnalité de tenancier, il leur servit une excuse bidon à propos de sa colocataire qui ne se sentait pas très bien, tout en rajoutant qu'il accepterait tout même une facture pour le dérangement occasionné.
Après avoir fermé la porte principale, il se tourna vers la salle du bar. Dans un soupir, il se dirigea derrière le comptoir. Il avait nettoyé la pièce dans la matinée après s'être occupé de la Pontiac. Il devait encore s'occuper de la gestion administrative de son commerce. Il n'avait pas vraiment envie de se mettre à la tâche et décida d'en venir au point le plus important. Il déplaça toutes les tables et chaises dans un coin de la pièce, les empilant les unes sur les autres. Il remonta à l'étage tout en sortant ses clés et se dirigea vers la salle d'armes. Il comptait tout sortit et emmener son matériel au garage. Au moins, il aurait la conscience tranquille quand elle rappellerait l'entreprise de nettoyage.
Il fit plusieurs allers-retours les bras chargés de caisse, de mallettes. Vider la pièce ne lui prit qu'une vingtaine de minute. Le poids des armes n'était pas lourd, c'était surtout que certaines étaient encombrantes. Particulièrement les armes anti-blindés, les caisses de munition ou certains explosifs qu'il était obligé de manipuler prudemment. Il fut obligé de descendre dans la cave réaménagée en réserve pour en sortir une caisse et remonter dans sa chambre. Il se débarrassa rapidement de tout le bordel qui recouvrait les murs de la pièce ; de toute façon, il ne pouvait plus les lire.
Une fois terminée, il observa le bordel qui prenait un bon quart de la salle de bar. Il ne suait pas, n'avait même pas le souffle-court ; ce n'était même pas un exercice physique pour lui. Une promenade de santé, tout au plus. Il s'étonnait tout de même d'avoir pu réussir à cacher tout ça dans deux pièces de petites tailles... et le problème était de réussir à tout transporter maintenant.

Enfin... ça ne doit pas être difficile de trouver un type prêt à me prêter un van ou une camionnette contre du fric. Elle pourrait même m'être utile, sur ce point, pensa-t-il en levant un regard dans sa direction.

Bien qu'il ne pouvait la voir à cause des murs, il entendait toujours distinctement les battements de son cœur. Ils sont plus lents.... Il fronça des sourcils. Il n'y avait que moyennement prêté occasion pendant tout le déménagement, s'assurant qu'elle ne tente pas quelque chose de stupide mais il semblerait qu'elle avait su se calmer. Il avait promis d'être son bouclier... mais rien de plus. Et il n'avait pas dit que ça. Il lui avait aussi dit qu'il ne lui tiendrait pas rigueur si elle venait à mépriser son existence ; ça voulait aussi dire qu'il n'avait pas besoin de sa confiance. Mais le contraire n'était pas vrai pour autant. Il devait d'être sûr de pouvoir compter sur elle. Il soupira d'exaspération en se disant que c'était mal parti.
Il se déplaça jusqu'aux nombreuses armes étalées au sol pour finalement extirper un PX-Z 40. Il posa le manche de l'arme au sol et l'attrapa par une partie de canon ; elle était plus grande que lui, et sans doute lourde. Il n'avait jamais utilisé cette arme mais il avait obtenue une ristourne. Un fusil anti-blindé russe capable de tirer des balles de balles de quarante millimètre et utilisant l'énergie explosive et électrique. Ça transperçait des murs en béton de deux mètres de large... et il avait déjà lui-même fait les frais de cette arme dans sa version modifiée. Il avait gardé une sale cicatrice à l'estomac et la cuisse. Il lâcha l'arme qui tomba au sol dans un bruit assourdissant. Il devait vraiment se débarrasser d'elle, et vite. Il reposa son regard sur le fusil. Quitte à devoir tuer, si nécessaire.

« Si nécessaire... hein. »

Même si il avait promis d'éviter des morts inutiles, dès qu'il s'attaquerait de nouveau à l'Agence, il y aurait son lot de morts. Sans doute de nombreux morts et les chances qu'il y passe étaient plus que probantes. Qu'il soit une légende, un monstre ou pas.
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   29.06.14 14:45

La porte claque. Qu'à-t-il dit avant de partir ? Il a parlé des employés du bas. Je les avais oublié. Je soupire, exaspérée. Il a encore réussi à se défiler même pour ça.

J'écoute attentivement les pas de Tristan qui s'éloignent dans l'escalier. Une fois que je suis sûre qu'il est bien parti, je me lève tremblante jusqu'à mon sac, fouillant fébrilement à l'intérieur.

Allongée sur mon lit, je sens mon corps s'alourdir. Mes pensées n'affluent plus à la même vitesse, elles sont terriblement ralenties mais aussi dénuées de tout jugement et de toute subjectivité. Non seulement le stress qui m'habitait ces derniers jours s'est envolé, mais même mes propres envies ou sentiments ont disparus sous une couche de lassitude et de nonchalance.

Quel apaisement de ne plus rien ressentir juste pour une heure ou deux. Je peux penser à tout cela sans sentir mon cœur s'emballer, je peux me souvenir de Siem sans que mon cœur ne se serre et que les regrets affluent.

Mes yeux scrutent le plafond, je me sens stupide de m'être fait du soucis pour pas grand chose. Tout me parait insignifiant depuis quelques minutes, ou quelques heures, ma notion du temps est complètement chamboulée. Qu'il est fatiguant de lutter contre des évènements qui nous dépassent.

Une vibration me réveille de ma léthargie. C'est loin. C'est mon téléphone qui est resté sur la table de la cuisine, juste à côté de mon petit-déjeuner entamé. Je l'avais oublié. Le vibreur dure un moment, le temps d'un appel, puis se calme pour quelques secondes, avant de recommencer.

Je me lève péniblement, me demandant qui me dérange de mon état comateux. Je traine mon corps engourdi jusqu'à la porte et traverse le couloir jusqu'à la cuisine. Rien n'importe mais j'ai tout de même envie de savoir qui m'appelle. Pas de stress, pas de montée d'adrénaline, rien ne se passe lorsque le nom de Georgio apparait sur le mini écran, seul un sourire désabusé se dessine sur mes lèvres.

Je me demande pourquoi je le craignais tellement tout en empoignant le téléphone. Il y avait surement des raisons, je m'en rappelle, mais celles-ci me semblent insignifiantes dès lors. Après tout ce n'est qu'un humain...

« Georgio, que me vaut l'honneur de cet appel ? »

Ma voix est totalement détachée, tout ce qu'il fallait pour le faire sortir de ces gongs.

« T'es où, sale pute ?!?
- Huuum, je croupie au fond de la baie ?
- Put***, te fous pas de ma gueule. Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
- Il m'a baisée, que voulais-tu qu'il fasse d'autre ? Puis je suis gentiment partie de chez lui. J'ai eu l'impression de me faire piétiner par un troupeau de rhinocéros si tu veux savoir... Ah, vous avez quelque chose en commun à ne pas en douter...
- ... T'es où ?
- Tu transpires les emmerdes Georgio, tu vas t'en sortir comment tu penses ? Laisse moi deviner. Ça serait certainement plus facile si tu me mettais la main dessus non ?
- Écoute, mais écoute bien pouffiasse. Je te rencontrerais ce soir aux docks à 22h. T'as intérêt à y être...
- Et j'y gagne ?
- Sinon, je fais la tour de la ville, je te retrouve et je t'anéantis, toi, tes tripes, tes proches et ta réput' !
- Je te laisse réfléchir à une meilleure offre, convaincs-moi de ne pas quitter la ville ce soir, tu n'as qu'à faire preuve d'imagination... »

Je raccroche sur ces paroles, une bouffée de contentement m'assaille, avec l'impression de le tenir entre mes mains. Du bluff, que du bluff mais qu'elle réussite.

Je me retourne lentement, sentant à retardement la présence du Corbeau dans mon dos, il est dans l'embouchure de la porte de la cuisine. Ma tête est lourde, j'aimerais aller m'allonger et j'ai donné le peu d'énergie qu'il me restait dans la discussion au téléphone. Si je parle, il va se rendre compte que je suis stone. Je fais quelques pas malheureusement maladroits vers la porte. Trop tard... il doit s'en douter, j'abandonne donc l'idée de cacher mon état et parle sans complexes.

« Alors ? Vous avez apprécié le passage sur les rhinocéros ? »

Je tourne des yeux manquant de vitalité vers sa silhouette, n'ayant plus qu'une envie, m'allonger et me laisser aller...
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   30.06.14 21:52



Il entendit des bruits de pas provenant de l'extérieur. Il avait oublié ce détail ; il se déplaça jusqu'aux fenêtres et tira les rideaux. Il retourna de nouveau dans la cave pour aller chercher une bâche et l'étendit par-dessus les armes, s'assurant que ces dernières soient dissimulées. Il se mit à réfléchir aux contacts susceptibles de lui prêter un véhicule dans lequel il pourrait charger tout ça, ou trouver une remorque.
Concentré, son attention changea radicalement lorsqu'il capta un prénom. « Georgio ». Il fronça des sourcils et émit un léger grognement de mécontentement. Il écouta le reste de la conversation tout en montant les escaliers deux par deux. Idiote. Il ralentit en arrivant le couloir, laissant le temps à l'ange de terminer. Jusque là, elle s'en était tenue à ce qu'ils avaient convenu, si ce n'était de plus reprendre contact avec lui.
Il arriva finalement devant la porte de la cuisine et chercha la silhouette du regard. Alors qu'il s'apprêtait à faire un pas vers elle, l'ange se tourna à son tour vers lui. Il hésita, arqua un sourcil en la voyant tituber et l'écouta finalement parler.  Idiote... il soupira-

« Vous avez vraiment dû passer un sale moment pour en être arrivée là »,marmonna-t-il à voix basse en amorçant les premiers pas pour se diriger vers elle.

Et dire qu'il vivait avec un ange... il n'avait vraiment pas cette impression. La majorité du temps, il avait plus le sentiment d'être avec une humaine. Elle n'avait plus rien d'un ange. Et pourtant... n'étaient-ils pas censé représenter la pureté ? Elle avait dû en voir des vertes et des pas mûres. Au final, il ne poserait jamais la question ; ce n'était pas ses affaires. Il ne voulait pas qu'elle se mêle des siennes et il ferait de même.

« J'ai une idée », lâcha-t-il en arrivant à sa hauteur.

Son premier geste fut de lui arracher le téléphone portable avant de l'enfiler dans la poche arrière de son pantalon. Son deuxième fut... plus surprenant. Il l'attrapa par une épaule et l'aida à se maintenir droit. Celui qui suivait trimballait un geste tout aussi... affectueux ; le plat de sa main se posa sur son front avant de se retourner, de descendre et atterrir paume contre la joue. L'index et le pouce finir par pincer la peau et la tirer avec une rudesse toute relative.

« Puisque vous tenez à vous comporter comme un enfant capricieux, je vais vous traiter comme tel. Je vous confisque vos portables, premièrement. »

Son regard, bien que blasé, affichait un certain sérieux quant aux propos qu'il était entrain de débiter.

« Puis ensuite, je propose de vous faire redescendre sur Terre, et de façon radicale. Une douche froide, qu'en dites-vous ? »
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   01.07.14 10:20

« Vous avez vraiment dû passer un sale moment pour en être arrivée là »

Il marmonna entre ses dents mais assez fort pour que je capte ses paroles

« À priori non, vous n'avez pas aimé. On... parle du fait que vous êtes un... alcoolique et un gros fumeur ? »

Les gens sont trop lâches pour se regarder en face, ils préfèrent se juger les uns les autres. Les humains passent leur vie à ça. Se juger, s'évaluer, se comparer. Je ne fais qu'en jouer. Et puis d'ailleurs qu'est-ce qu'il croit ? Que de débarquer sur terre est facile ? Personne ne vous prépare à ce que vous allez voir.

Il se rapproche de moi et me supporte. Tiens, je me rendais compte de mon état de faiblesse physique mais pas à ce point. J'ai du mal à comprendre ce qu'il fabrique, tout à l'air de se passer très vite, dans mon monde du moins. Par contre je capte clairement ses paroles et elles ne me plaisent vraiment pas.

Cet homme, me traite vraiment comme un bébé. Se rend-t-il compte que je suis "née" bien avant lui ?

« ... je vous confisque vos téléphones... »

J'attrape son poignet et le tire délicatement, ses doigts glissent sur ma joue et la libère enfin, celle-ci reprend sa place d'origine accompagnée d'un "ploc" peu gracieux.

«... Une douche froide qu'en dites-vous ? »

Je l'observe dans les yeux, avant de poser ma tête qui me semble peser une tonne contre son torse. Mes muscles se relâchent uns-à-uns et mes yeux sont lourds.

"Enfant capricieux..." Pfff, je connais ce genre d'homme. Il se sait fort, alors il veut tout contrôler. Ça veut dire que quoi que je fasse, quel que soit la décision que je prenne, elle ne sera jamais la bonne surtout si je ne colle pas à ses plans. Il n'a pas compris...

« Non... et non merci... »

Il doit me voir dans un état déplorable, et doit certainement se faire des idées. Il faut que je lui explique que j'ai juste pris un anxiolytique, c'est tout. Rien de bien méchant, bien que j'ai peut-être un peu trop forcé la dose... Mais c'est tout.
Il faut que je lui explique que ce n'est pas un simplement un coup de tête d'avoir répondu au coup de fil de Georgio, que je sais ce que je fais. Je n'ai plus qu'à faire une explication claire, c'est simple. J'essaye de me préparer à la longue clarification que je vais devoir faire et qui me fatigue déjà, mais à quoi bon, mon fichu corps s'appuie contre le sien, abandonnant sa tenue. Sans lui je me serais déjà roulée en boule pour dormir dans un coin.

Dormir... Quelle tentation !

« C'est...»

Je suis coupée par la vibration de mon téléphone située sur la fesse gauche de Tristan. Georgio, de nouveau ? La chose m'intrigue assez pour me faire relever les paupières.

« ... qui ? »
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   18.07.14 11:53



Il leva les yeux au ciel face à la repartie de l'ange. Il peinait vraiment à comprendre ce qui se tramait dans l'esprit dérangé de celle-ci ; elle semblait si brillante et pourtant, elle ne lui donnait que la seule et unique impression d'être face à une enfant capricieuse
.
Elle se libéra des pincements qu'il prodiguait à ses joues et ce, sans que l'action ne semble la déranger. Il finit par abandonner tout espoir qu'elle puisse réellement s'en sortir un jour sans lui au vue de sa situation. Il ne pouvait pas la garder auprès de lui indéfiniment. Elle répondit par la négative à ses propositions bien qu'à la base... il ne comptait pas vraiment lui demander son avis.
Elle se laissa encore plus aller. Quel bordel... quelle position désagréable. Il soupire avec impassibilité et une certaine impatience tandis qu'elle semble prête à s'endormir à tout instant. Il sentit le téléphone vibrer dans sa poche arrière et ça attira aussitôt l'attention de sa protégée. Il baissa les yeux vers elle lorsqu'elle remonta les siens sur lui.
Il tira l'appareil de sa poche, jeta un coup d’œil sur l'écran et abandonna, incapable de lire. Il hésita brièvement. Si il la laissait répondre dans cet état et que c'était encore le mafieux, il n'était pas sûr qu'elle les aide à arranger la situation. D'un autre côté...

« Je ne peux pas lire », fit-il en lui montrant l'appareil et rajouta d'un air grave, « Si c'est lui, soyez prudente. »

Il lui tendit le téléphone pour qu'elle y répondre. Il n'avait pas peur de se retrouver dans une confrontation direct avec Georgio. Les multiples qu'elle pouvait avoir, se révélaient déjà plus dangereuses. La disparition et la mort de plusieurs mafieux, parce qu'il serait obligé d'en buter plusieurs pour instaurer un climat de panique chez eux, provoqueraient sans doute l'engouement de nombreuses personnes, l'Agence comptée dans le tas.
Il décida tout de même de croire en elle. Son petit discours sur la confiance devait donner suite ; si il passait son temps à douter d'elle, il ne parviendrait jamais à instaurer l'entente mutuelle qu'il espérait et qui serait nécessaire à leur collaboration future. Au final, ça restait la vie de l'ange qui était en jeu.

Il continua de supporter l'ange et l'écouta attentivement...
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   22.07.14 14:07

Pas de douche froide, pas de perte de patience. Ça m'arrange qu'il coopère bien que je sois trop dans les vapes pour voir son exaspération.

« Je ne peux pas lire »

Oh, oui... Aveugle... J'avais oublié ça. Il tourne le téléphone vers moi, me priant d'être prudente, mais j'entends à peine ses avertissements lorsque je vois le nom qui s'affiche sur l'écran.

Ooooh, ça serait tellement bien que je puisse me réveiller. La bonne douche froide promis par Tristan était une excellente idée au final mais bien tardive. Je souris lentement, attrapant le téléphone par le bout des doigts.

Peut-être devrais-je attendre, le rappeler, mais un coup de fil comme celui-ci ne se rate pas. Il serait malvenu que je ne réponde pas après ce que je lui ai demandé.

Je décroche, puis pose lentement le combiné contre mon oreille.

« Tu as été rapide... »

J'ai l'impression que je m'en tire avec une voix plutôt normale, ralentie certes mais presque langoureuse. J'entends le rire de mon interlocuteur à l'autre bout du fil.

« Quand madame me donne un ordre... »  
C'est à mon tour de sourire.

« Et je sais que tu ne m'appelles que pour me donner une bonne nouvelle.
- Je fais ce que tu m'as demandé, bien sagement. J'ai appelé la secrétaire de l'homme qui t'intéresse pour lui demander un rendez-vous. Ça n'a pas été facile tu sais, j'ai dû avancer mon nom et faire jouer mon statut.
- Merci
- Tu me remercieras quand on se verra... En attendant, j'ai cru comprendre que tu étais pressée. Hum... Cette gourdasse de secrétaire était vraiment peu coopérative mais elle a finit par me dire que je pourrais le rencontrer en coup de vent à l'hôtel Yzo à Naniwa dans 3 jours. Impossible avant, l'homme n'est pas en ville. Je te renverrais l'heure. Attention, aucun rendez-vous n'a été pris, il a juste été mis au courant que je suis sensé le contacter là-bas. S'il n'y a personne, il n'attendra pas. C'est le mieux que j'ai pu faire vu le statut de l'homme d'affaire. »

Je souffle de contentement.

« Tu es magnifique mon cœur...
- J'espère te voir bientôt.
- Bien sûr... »

Quelques mots doux encore, avant de quitter la conversation réjouie. Je me retourne vers Tristan, un léger sourire sur les lèvres.

« Vous avez entendu ? »

Je repose ma tête à nouveau sur le torse de Tristan. Cela faisait quelques années que j'avais arrêté de faire payer mes rendez-vous à mon contact. Il est bien plus utile parfois de se faire payer en services, et quel service, il venait de me rendre...

« Dans trois jours, si... tout va bien, je serais loin d'ici... »

Mon corps se détend plus qu'auparavant, soulagée par cette bonne nouvelle.
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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   24.07.14 19:09



Bien qu'il ne puisse pas lire, il pouvait entendre la conversation et y mettre un terme si il le jugeait nécessaire. Il la laissa décrocher et laissa son audition s'occuper du reste... il ne reconnut pas la voix de Georgio mais d'un inconnu. Ne lui avait-il pas dit de limiter ses contacts avec l'extérieur autant que possible ? Elle en venait même à appeler des personnes ci et là pour demander des services, au vue de ce qu'elle demandait.
Un léger grognement pour passer son contentement. Il avait promis de lui faire confiance après tout, de la laisser gérer la situation mais qu'elle le fasse à son insu le dérangeait quelque peu. Il devait passer outre et écouta le reste de la conversation.

Dans trois jours. Dans un hôtel... en centre ville ? Probablement. Une rencontre de ce genre n'était pas anodin, surtout au vue de l'urgence qu'avait exprimé le contact de l'ange. Les conditions étaient encore plus étranges mais ils devraient faire avec. Légèrement perdu dans ses réflexions intérieures, il ne réagit pas immédiatement lorsqu'elle l'interpelle après avoir raccroché.

— Hum, fit-il tout de même pour lui assurer qu'il l'avait bien écoutée.

Il devait inspecter les environs du point de rendez-vous pour établir des routes de fuite. Il devait aussi s'assurer qu'il n'y aurait aucun spot permettant à des tireurs embusqués. Devait-il l'accompagner à l'intérieur pour signifier sa présence ? Peut-être devait-il finalement mettre cette carte sur table pour s'assurer qu'il ne lui arriverait rien.

— En soi, on dispose de trois jours s'assurer que tout se passe bien. J'irais visiter les lieux et tenterais d'obtenir les plans de l'hôtel... en cas de besoin, finit-il pour la rassurer.

Ce n'était qu'un homme d'affaire, après tout. La rencontre n'était juste pas normale et il prendrait sans doute ses dispositions pour s'assurer que sa sécurité ne serait pas mise en péril ; de son côté, le Corbeau devait faire la même chose pour sa cliente. À lui, il valait sans doute n'importe quelle entreprise de sécurité. Quoique... la très réputée Kylar Enterprise pourrait lui poser quelques soucis. Et il devait sans doute avoir les moyens de s'en offrir les services.

Il soupira finalement, décidant de mettre ses pensées de côté. Il y avait plus urgent en l'instant ; il devait se débarrasser de ses armes et s'assurer que l'ange soit fraîche pour la soirée. Après tout, il comptait bien la faire bosser, même si ce n'était que pour trois jours. Et il se rappella.

— J'avais un contrat de deux jours avec les Dolgo pour demain... on dirait que je vais devoir annuler ça.

Une mésentente allait sans doute en naître mais ce n'était pas bien important. La bratva n'était même pas sûre qu'il était réellement le Corbeau même si sa tête était placardée un peu partout sur les sites des autorités nationales qui le recherchaient.

— En attendant, vous devriez aller vous reposer, rajouta-t-il aussitôt en attrapant le portable dans les mains de la prostituée pour le glisser dans sa poche.

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MessageSujet: Re: « Boulot et sentiments ne font pas bon ménages »   24.07.14 23:53

« Hum... »

Hum ?!?! Je lève mes yeux vers l'hybride. Hum ??? Ce mec n'est-il vraiment jamais content. Je fais tout le boulot, j'obtiens le rendez-vous rapidement et avec classe... et HUM ???
Il m'énerve...
Un mot gentil, lui arracherait la trachée, j'en ai bien peur. Ma main se dépose sur son torse et je me détache de lui à l'aide d'une poussée plutôt chancelante. Je prends encore appui sur lui rien qu'avec cette main.

« En soi, on dispose de trois jours s'assurer que tout se passe bien. J'irais visiter les lieux et tenterais d'obtenir les plans de l'hôtel... en cas de besoin.
- Mouiii, s'il s'agit des plans de l'hôtel je peux m'assurer de les avoir facilement, surtout que je me rappelle y avoir séjourné. » Je fait une pause, puis reprends d'un ton saccadé et distant contrairement à mon habitude. « Enfin bon... c'est vraiment pousser la paranoïa loin. Très loin. » Je me fatigue à lui expliqué des choses aussi simples alors que je suis exténuée, je n'ai plus la force pour ceci, je continue néanmoins, prenant sur moi pour mettre les choses au clair. « Mon "ami" a pris rendez-vous avec cette personne en son nom. À priori, personne à part nous trois, ne sera au courant de notre venue. » D'ailleurs, j'enchaine avant même que l'idée ne lui vienne en tête : « Et avant que vous ne me demandiez, oui, j'ai complètement confiance en lui. »

Et une chose est sûre c'est que ma confiance, je ne l'accorde qu'avec modération. Bon, mes yeux se ferment tout seul, il serait temps de prendre congé de Monsieur cœur de pierre, je suis prête à ouvrir la bouche pour le prévenir quand il parle d'un contrat de travail avec je-ne-sais-qui. Je lève mes sourcils d'étonnement. Tiens ? Il refuse un contrat pour pouvoir s'occuper de mon affaire... C'est... comment dit-on ? Généreux ?

Généreux jusqu'à ce que mon téléphone soit arraché de mes mains. Mes sourcils se baissent et mon regard se fait distant, blasé. Je. Hais. Ce. Bonhomme. Le portable disparait, surement dans la poche de son pantalon. Je me mords les lèvres.

« Me reposer, oui, mais mon téléphone d'abord. Je le récupère. Sommeil alors ne compliquez pas les choses. »

Ça, ça veut dire qu'il faut me rendre mon téléphone de suite et ma main tendue paume ouverte aussi. Je baille et pose ma main devant ma bouche pour éviter de paraitre trop vulgaire. Dès que j'ai terminé, je reprends :

« Et le travail pour M. Gogol-je-ne-sais-quoi. Comme vous voulez mais, annuler. Mauvaise idée. »

Comme si j'avais envie que mon garde du corps s'attire des ennemis gratuits... Vraiment, l'idée me semble peu plaisante, mais franchement elle m'importe bien moins que le fait de me faire confisquer mon portable comme une vulgaire gamine. M'allonger est ma deuxième préoccupation, d'autant que je réalise que debout, il est finalement plutôt difficile de supporter tout le poids de son corps. Je lève des yeux endormis sur lui. Alors, chieur de première, tu vas encore me compliquer la vie, oui ou non ?

HRP:
 
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