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 SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.

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Commerçant (un peu) particulier


MessageSujet: SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.   12.07.14 13:30



Sok Han Sohka

AGE Ҩ
trente-cinq années, dans la fleur de l'âge, en somme. Cela fait de lui une personne expérimentée, les petits jeunes qui voudraient prendre sa place n'ont qu'à bien se tenir.
NÉ LE Ҩ
son anniversaire est une information extrêmement confidentielle. Rares sont ceux qui savent qu'il est né le 17 avril...
SEXE Ҩ
Évitez de lui poser cette question si vous tenez à la vie, vous voyez bien que c'est un homme tout de même...
NATIONALITÉ Ҩ
il est chinois mais sa famille vient du Cambodge.
RACE Ҩ
humain, et particulièrement fier de l'être, il déteste en effet tous ceux qui ne le sont pas et leur arrogance.
STATUT SOCIAL Ҩ
il est issu d'une famille pauvre, mais c'était avant. Depuis, il s'est fait un nom, on peut dire qu'il a sa petite célébrité. Son statut social, à présent ? en tant que Sok Han, on ne peut pas dire qu'il en est vraiment, vu que c'est un criminel hautement recherché. En revanche, la fausse identité qu'il utilise pour vendre sa drogue fait partie de la classe moyenne supérieure, du moins, officiellement, ses sous, eux, sont bien cachés...
OCCUPATION Ҩ
criminel évadé du Centre de Détention Mondial, actuellement en cavale, et à la tête de son propre réseau de trafic de drogues.
RANG PERSO Ҩ
Commerçant (un peu) particulier
FAMILLE Ҩ
sa famille ? il en a une, comme tout le monde, mais cela fait des années qu'il n'a plus eu de nouvelles d'elle. Depuis qu'il a été repéré par un chef de gang, quasiment. Sa famille était très pauvre, ses deux parents travaillaient et enchaînaient les petits boulots afin de payer de quoi nourrir leurs nombreux enfants. Il a beaucoup de frères et sœurs, une bonne demi-douzaine, mais n'a jamais passé beaucoup de temps avec eux. Il ne connaît pas les autres membres de sa famille moins proche. La seule personne qui compose désormais sa famille, c'est sa femme.
DES PHOBIES ? DES CRAINTES ? Ҩ
il n'est pas vraiment du genre à avoir des phobies, Sok Han est un dur. Cela ne l'empêche pas d'avoir un certain nombre de craintes : Sok Han est extrêmement paranoïaque, il a tendance à croire que tout le monde lui en veut et se méfie de tout le monde, sauf de sa femme (et encore, on pourrait se demander s'il lui accorde vraiment sa totale confiance, mais c'est une autre histoire). Il a peur d'être trahi, qu'on le poignarde dans le dos, qu'on le double. Et récemment, une nouvelle peur s'est ajoutée à cette liste : il est effrayé à l'idée de retourner un jour en Australie. Bien sûr, il n'a jamais confié à personne que cette perspective l'angoisse profondément, il a une réputation à tenir. En apparence, il ne semble pas perturbé par son séjour, cependant, celui-ci l'a en réalité profondément marqué, et il serait prêt à n'importe quoi pour ne pas y retourner.
DES TICS OU DES MANIES ? Ҩ
s'il y a bien une chose que Sok Han évite, c'est d'adopter des habitudes. C'est assez logique : si vous empruntez toujours le même chemin, on finit par vous tendre une embuscade. Sok Han a toujours été prudent, pour ne pas se faire prendre, il change toujours ses plans. S'il a été arrêté, c'est parce qu'il n'a pas été assez prudent. On ne peut donc pas dire qu'il ait de véritables tics ou manies, c'est vrai qu'on le verra souvent toucher la cicatrice qu'il porte sur la joue ou serrer les poings quand il est en colère, mais sinon, il est toujours maître de lui-même.
FORCES ? Ҩ
il n'en serait pas arrivé là s'il n'était pas doté d'une grande force. Celle-ci est d'abord mentale. Sok Han a toujours su se débrouiller seul, quelles que soient les circonstances, et ne craint pas la solitude. C'est également une personne fort intelligente, qui n'éprouve pas beaucoup de difficultés à manipuler les autres pour parvenir à ses fins. Il ne parle pas forcément très bien, mais cela ne l'empêche pas de convaincre ses interlocuteurs, il a toujours d'autres atouts dans sa manche. Il sait se battre, et vu qu'il a dépassé la trentaine, il a eu le temps d'apprendre comment se débarrasser des petits jeunes qui le prennent pour un vieux. Ah, et ai-je mentionné qu'il est un très bon gestionnaire et qu'être à la tête d'un réseau de trafiquants lui a permis de bien s'organiser ?
FAIBLESSES ? Ҩ
Sa première faiblesse reste sa femme. Non pas qu'elle soit incapable de se défendre elle-même, mais il est amoureux, tout simplement. Il ne supporterait pas de la voir souffrir. On peut également considérer comme des faiblesses le fait que, malgré toute sa prudence, il tend à être trop confiant en ses capacités, sa paranoïa tout de même assez handicapante, son manque de sociabilité, et son manque de souplesse d'un point de vue idéologique, c'est peut-être la seule chose pour laquelle il refuse de s'adapter.
SIGNES DISTINCTIFS ? Ҩ
vous le reconnaîtrez à la cicatrice qui orne sa joue, une brûlure qu'il s'est faite en s'évadant et qui continue de le démanger parfois. Sinon, il ne porte pas de signes distinctifs, ce serait le meilleur moyen de se faire arrêter de nouveau...

HISTOIRE Ҩ
2260 ♦ Naniwa
Sok Han Sohka. Recherché pour crime organisé, trafic de drogues et autres méfaits dont la liste est plus longue que le bras. Un criminel extrêmement dangereux. Imprévisible. Impitoyable. Voilà ce que vous diront les personnes qui connaissent son nom. Sohka n'est pas un inconnu. Si le grand public ne sait pas nécessairement qui il est, dans le milieu, on connaît son nom. Et les forces de police mondiales se sont épuisées à le poursuivre. Nombreux sont ceux qui le détestent, plus encore ceux qui le craignent. Parce que Sok Han Sohka a su forger sa légende noire. Et, depuis peu, il vient de réussir un nouvel exploit qui le rendra célèbre dans le monde entier.
Sok Han Sohka est désormais l'homme qui a réussi à s'évader de l'Australie.
Mais ce n'est pas à cela qu'il pense lorsqu'il pénètre dans cette petite maison toute récente, le visage en feu, le corps appuyé sur l'épaule de sa femme, qui est obligée de le soutenir parce qu'il a du mal à marcher seul. Pour le moment, il se sent plutôt faible et misérable. Mais heureux. Il observe attentivement ce qui va devenir son nouveau lieu de vie. C'est une maison assez simple, chaleureuse, et sans doute confortable. Pas du tout destinée à l'accueillir, lui. C'est pour cela qu'elle constitue une bonne cachette. Sa femme l'aide à s'allonger et Sok Han grimace en sentant la douleur dans son dos se réveiller. Il a intérêt à s'en remettre vite fait, sinon, il ne deviendra qu'un vieux débris dépendant de sa femme. Celle-ci s'assoit à côté de lui, jetant sur lui un regard bienveillant - le seul qu'il puisse jamais tolérer. Il sent qu'il a des explications à lui fournir. Elle ne pourra pas le laisser tranquille tant qu'elle ne saura pas comment il est devenu cette légende. Et Sok Han a bien l'intention de lui dire, cette fois. Lui dire tout ce qu'il a fait, depuis le départ, depuis les prémices...



ENFANCE
« Tu es seul, gamin ? »
Le garçon leva les yeux sur un grand type maigre qui le dévisageait, visiblement intéressé par ce qu'il tenait dans les mains. L'enfant n'avait pas sursauté. Même si cet homme l'avait surpris, il ne pouvait pas se permettre un tel luxe. Il se demandait ce qui serait le plus sûr pour lui. S'enfuir en courant, en songeant qu'il était plus petit, donc qu'il pouvait se faufiler dans des coins qui seraient inaccessibles à son assaillant, ou bien rester, et voir ce que cet homme voulait lui dire ? Les deux étaient tentants. Cependant, quelque chose jouait en sa faveur. Il était vêtu d'un costume très certainement fait sur mesure - ce n'était qu'une supposition, on ne peut demander à un enfant des quartiers défavorisés de reconnaître ce genre de choses - et portait visiblement une arme sur lui, plutôt bien cachée, mais de là où il était, le gamin devinait où il l'avait planquée. Et surtout, il n'avait pas l'air de vouloir le dénoncer, alors qu'il devait savoir que ce que le garçon tenait entre ses mains ne lui appartenait pas. L'enfant décida donc de lui répondre :
« C'est tout comme. »
En fait, il y avait bien ses parents, ses frères, ses sœurs. Mais comme il ne les voyait pas beaucoup, et qu'il ne dépendait plus d'eux financièrement, on pouvait dire qu'il était seul. Qu'il ne comptait que sur lui-même. Et il arrivait à survivre. De toute façon, s'il était resté avec sa famille, il n'aurait pas eu plus à manger, et aurait dû supporter le bruit, la promiscuité, le manque d'espoir. Au moins, là, il était seul maître à bord.
« Et comment tu t'appelles, gamin ?
- J'vous l'dirai pas. Ça vous r'garde pas. »
Cela fit rire l'homme. Il avait un grand rire franc qui rassurait l'enfant. Le type maigre lui tendit la main, les lèvres souriantes, mais les yeux toujours froids, quoique teintés d'intérêt.
« Tu me plais bien, petit. Ça te dirait de trouver du travail ? »
Le gamin réfléchit un instant, évaluant l'homme du regard. Puis il lui prit la main.
« On peut p'tet s'entendre... »

Sok Han faisait partie des ces gamins engagés par la mafia parce qu'ils n'avaient pas d'attaches familiales. Une occupation fort difficile, tant le niveau d'exigence était élevé. Sans compter qu'ils n'étaient pas véritablement protégés : si la police les attrapait, ou si un gang rival s'en prenait à eux, ils ne manquaient à personne. Des enfants comme ça, il y en avait des milliers, qui ne demandaient que cela, gagner de quoi se remplir l'estomac. Sok Han n'était qu'un gosse parmi bien d'autres. Mais finalement, il y avait quelque chose de différent chez lui. Le premier facteur, ce fut certainement la chance. Il y avait eu bien d'autres enfants eux aussi très prometteurs, mais à qui il était arrivé malheur. Puis ce furent ses propres capacités qui le firent remarquer. Sok Han était doué. Affreusement doué. Bien sûr, à cette époque, n'importe qui aurait pu l'emporter sur lui, et cela lui arrivait de commettre des erreurs. Mais Sok Han n'en commettait jamais de trop graves. Quand on lui demandait de faire quelque chose, il réussissait toujours à le faire, ou limitait la casse. Il savait aussi lire entre les lignes et comprenait les demandes implicites.
Mais s'il y avait une chose qu'on pouvait le reprocher, c'était de ne pas savoir bien cacher son jeu. C'était un enfant, il était fier de ce qu'il faisait et il n'avait pas encore compris qu'il valait parfois mieux ne pas montrer à l'autre qu'on était plus intelligent que lui. Cela faillit lui coûter la peau, une fois.

Il y avait toujours ces gens qui traînaient autour de l'endroit où il dormait. Des gens qu'il valait mieux ne pas déranger, parce qu'on n'arrivait jamais à bien s'entendre avec eux. Dès qu'ils vous remarquaient, c'était presque comme s'ils considéraient votre présence comme une offense à leur égard. Sok Han les détestait, mais se savait trop faible pour leur tenir tête. Ce n'est pas à dix ans que l'on peut défier plusieurs adultes en pleine possession de leurs moyens. Sans compter que même son gang à lui évitait d'approcher ces types. Par mesure de prudence, disait-il. Le garçon comprenait bien pourquoi.
Ce soir-là, Sok Han aperçut deux femmes qui se faisaient face. L'une d'entre elles ne lui était pas inconnue, c'était une voisine de ses parents, une dame d'une trentaine d'années qui était redoutable quand il s'agissait de faire une bonne affaire. Elle n'était pas du genre à se laisser faire. L'autre femme, en revanche, ne lui disait rien du tout. Il l'avait juste aperçue une fois, traîner avec ces fameux gens. C'était tout ce qu'il savait d'elle.
« Ah oui ? Tu ne veux pas me dire où tu l'as caché ? » : lança-t-elle à la voisine d'une voix furieuse.
Sok Han se terra dans un coin, comprenant que ce n'était pas le moment de passer à côté d'elles. Deux femmes qui se battent, c'est mauvais signe : elles se tirent les cheveux, hurlent comme des furies et ne font pas du tout attention ce qui se passe autour d'elles. Il en avait vu, des disputes entre mères de famille, dans son quartier, ce n'était pas très beau à voir. Mais en général, les deux opposantes se valaient, et elles en ressortaient dans le même état, à peu de choses près, la gagnante étant en général légèrement moins amochée que la vaincue. C'était dans l'ordre des choses, plus personne ne s'en souciait désormais.
Cependant, ce que vit là Sok Han allait le marquer pour le restant de sa vie. Car la voisine, parfaitement humaine, n'avait pas la moindre chance. Son opposante étant en fait une vampire. Et elle n'avait pas la moindre intention de se montrer délicate avec elle.
Il se souvenait encore de la couleur terne du sang de sa voisine.



MONTÉE
Son propre réseau. Sok Han en avait toujours rêvé. C'était son objectif dans la vie : un jour, le chef, ce serait lui. Et même si ce n'était pas pour tout de suite, il savait qu'il y arriverait. Sok Han gravissait rapidement les échelons. Il était connu comme quelqu'un à qui on pouvait faire confiance. Intelligent, vif, rusé, il se démenait pour son gang. Lui touchait plutôt à la drogue. Il n'en avait jamais pris une seule fois lui-même, se contentant de refuser avec un sourire tout juste poli quand on le lui proposait.
Cela lui prit du temps. Des années, à vrai dire. Mais Sok Han était patient. Il progressait par petites étapes. Par les mensonges, les menaces, les promesses, il s'appropriait petit à petit diverses parcelles des trafics chinois. Il n'eut même pas de mal à évincer celui qui était à la tête de son gang. Sok Han procéda avec lenteur pour saper progressivement sa réputation. A la fin, tout le monde pensait que c'était un traître et un profiteur. Il avait fini raide dans un ruisseau, et Sok Han n'avait même pas eu besoin de se salir les mains pour se débarrasser de lui. Il avait vingt-trois ans à l'époque, et encore beaucoup d'ambition à revendre. Cela ne lui suffisait guère, il voulait être reconnu à l'internationale. Il s'empara de plusieurs groupes criminels assez faibles pour lui tomber dans la main sans difficulté, ou assez puissant pour valoir la peine d'être conquis. Il plaça des hommes de confiance, pour qui il n'avait pas de réelle affection, mais qu'il avait choisi parce qu'il savait qu'ils ne le laisseraient pas tomber. Sok Han Sohka se fit un nom. Il n'était pas encore au sommet, mais son propre réseau était en construction, comme il l'espérait, et bien d'autres étaient sous son contrôle.
Et la chance n'avait pas fini de lui sourire.

A votre avis, quelle femme pourrait plaire à Sok Han Sohka ? Une blonde sulfureuse parfaitement conforme aux clichés ? Une intellectuelle romantique qui rêve du prince charmant ? Une des ces innombrables jeunes filles attirées par les méchants garçons ? Une humaine, en tout cas, à coup sûr. Celle qui allait devenir la femme de Sok Han ne ressemble pas à toutes ces femmes. Peut-être est-ce pour cela qu'elle a intéressé le jeune homme au premier regard. Parce qu'elle tranchait avec toutes les autres dames qui se trouvaient dans le hall de cet immeuble. Elle n'était pas particulièrement jolie, pas petite mais pas grande non plus, et portait des habits très simples qui n'auraient pu la distinguer des autres. Mais ce fut elle que Sok Han remarqua, parce qu'elle était assise tranquillement sur un fauteuil, l'air de rien, à regarder dans le vide, les mains posées sagement sur les genoux. Sok Han fut surtout impressionné par cette apparence décontraction, alors qu'il était évident pour lui qu'elle préparait quelque chose. Il était ainsi curieux de voir que ses yeux fixaient précisément la porte d'entrée, sans en avoir l'air. Que son corps paraissait comme tendu, prêt à se lever au moindre signal. Et puis, c'était peut-être parce qu'elle passait facilement inaperçue qu'elle était plus redoutable. Cela avait intrigué le jeune homme, qui en oubliait presque son rendez-vous et s'était assis près d'elle, imitant sa désinvolture. Comme il avait fait exprès de ne pas rester dans son champ de vision, il pouvait l'observer à loisir. Il voyait que ce n'était pas une femme qui faisait véritablement attention à son apparence. Elle se contentait très certainement du strict minimum, afin qu'on ne se posât pas de questions, mais il était manifeste, quand on voyait la longueur très courte de ses ongles vernis à la va-vite, ou bien qu'on observait ses chaussures plutôt élégantes mais désespérément dépourvues de talons, son pantalon assez près du corps, la façon dont elle attachait ses cheveux, qu'elle privilégiait d'abord l'aspect pratique. Cela fit sourire Sohka. Allez savoir pourquoi, lui qui avait l'habitude de fréquenter des femmes obsédées par leur apparence, il trouvait cela particulièrement adorable.
Cette femme était en fait payée par d'autres pour effectuer des filatures et vérifier que leurs époux ne leur étaient pas infidèles. C'est ce que Sok Han apprit quand il la retint par le bras, alors qu'elle s'apprêtait à quitter le hall. Enfin, presque. En vérité, ce n'est pas la première chose que sa future épouse lui ait dit, elle était plutôt énervée par la réaction de ce parfait inconnu qui avait envie de l'inviter à boire un verre. Qu'est-ce qu'elle en avait à faire, au juste, des hommes ? Elle avait déjà bien assez de travail avec ceux des autres. Mais Sok Han ne désespérait pas. Un jour, il l'inviterait au restaurant, et elle accepterait, il n'en doutait pas un seul instant.

Sok Han avait vingt-huit ans, alors.
Il était au sommet de la gloire. Dans le milieu chinois, personne ne pouvait prétendre ne pas connaître son nom. Une histoire circulait régulièrement, gonflée par de nombreuses rumeurs qui la rendait beaucoup plus impressionnante que ce qu'elle était en réalité. Il se racontait qu'un jeune homme d'origine cambodgienne, dont le nom de famille était Sohka, avait abattu à lui seul toute la famille d'un parrain de la drogue chinois. Mensonge ou réalité ? En tout cas, quelqu'un les avait bien tués, et Sok Han avait clairement sa part de responsabilité dans l'histoire. Sans doute l'avait-il fait exprès. Il n'avait pas été seul, bien sûr, il s'était simplement arrangé pour tuer ensuite ses complices discrètement. Leurs corps n'avaient jamais été découverts, on ignorait tout de leur implication dans cette affaire et, de toute façon, ils ne manquaient pas à grand monde. Ce fut sans doute à ce moment-là que Sok Han commença à être véritablement craint. Le jeune homme d'origine cambodgienne était devenu le nouvel homme fort du trafic chinois. Et il n'avait pas peur de se salir les mains. S'il avait réussi à monter aussi haut, c'était aussi parce qu'il faisait beaucoup de choses par lui-même, n'aimant pas trop déléguer. Il y avait certaines choses que seul lui avait le droit de faire. Paranoïaque, il ne faisait pas beaucoup confiance aux autres. Il lui est arrivé fréquemment de tuer ses propres hommes sur le simple soupçon qu'ils allaient les trahir. Il en profita également pour faire assassiner un certain nombre de mafieux qui avaient le malheur de ne pas être humains. Des meurtres dont la police n'allait pas se soucier.
Sok Han ne cherchait pas à se faire aimer d'eux, après tout. Une fois que le réseau chinois fut entre ses mains, il entreprit de le réorganiser afin d'accroître son contrôle. Il avait deux objectifs. Tout d'abord, il souhaitait bousculer les alliances qui existaient, fragiliser les ententes et les amitiés, faire naître un climat d'inconfort et d'incertitude : diviser pour mieux régner. Ensuite, il voulait que le réseau fût adapté à ses propres besoins et envies. Il avait notamment commencé à travailler sur une nouvelle drogue sur laquelle il voulait conserver l'exclusivité. Celle-ci était particulièrement addictive, ce qui était l'effet recherché, mais plus encore, elle était mortelle pour tous ceux qui n'étaient pas humains. Il ne savait pas trop comment cela fonctionnait, et cela lui importait peu du moment que cela marchait de façon infaillible. Quand la formule fut au point, il fit tuer le chercheur qui l'avait créée afin d'éviter toute fuite et organisa sa fabrication en plusieurs étapes indépendantes. Ainsi, chaque partie ne connaissait qu'une partie du processus de fabrication. Celui qui avait la langue trop pendue était sûr de mourir.
La drogue commença à circuler sur le marché. Nombreux furent les humains à en devenir dépendants, et beaucoup de non-humains en périrent, ce qui réjouissait particulièrement Sok Han. Il s'enrichit beaucoup grâce à cette drogue. Évidemment, c'était aussi elle qui allait lui causer des problèmes.

Il se rappelle encore le jour où il put enfin dire « oui ». Il avait trente ans depuis peu, et à force de courtiser cette femme qui effectuait des filatures, il avait fini par attirer son attention. Il tomba très vite profondément amoureux d'elle. C'était une sensation assez curieuse, pour lui : il n'avait jamais éprouvé énormément d'affection pour sa famille, juste assez pour sentir que le mieux à faire était de vivre loin d'eux, et ne considérait pas ses collègues comme ses amis. Juste des pions. Pour une fois, une personne éveillait son intérêt. Il y avait quelqu'un à qui il ne voulait surtout pas faire de mal, qu'il aimait voir sourire. La seule personne. Au fil de leurs rencontres, Sok Han en vint à se détendre, à être plus ouvert avec elle, à lui montrer qu'il pouvait être réellement. Sans aller jusqu'à lui avouer qu'il était un trafiquant de drogues, il ne lui avait jamais caché qu'il exerçait une activité fort douteuse et qu'il avait du sang sur les mains. Il avait toujours eu cette honnêteté là, pensant qu'il ne voulait pas d'une femme qui l'aimerait pour celui qu'il lui paraîtrait être. Sok Han était un criminel. Un pur et dur. Cela pouvait la mettre en danger.
Cette question ne se posait plus le jour de leur mariage. Elle ne s'était pas habillée en robe, ce qui ne le surprenait pas du tout. Au lieu de cela, elle avait revêtu un costume couleur crème qui lui allait à ravir. Elle avait un petit côté masculin extrêmement séduisant. La cérémonie avait été très sobre, et le nombre d'invités était peu élevé. Ils venaient surtout de son côté à elle, sa famille et ses plus proches amis. Quant à lui, il avait invité ses parents, qui étaient venus, ses frères et sœurs qui avaient tous décliné l'invitation, ainsi que son bras droit pour lui servir de témoin. La fête avait eu lieu dans une petite salle qui était habituellement occupée par ses marchandises, et qu'il avait fait vider pour l'occasion. Tout avait été très simple, et très féerique. Sok Han était heureux.



PRISON
Le bonheur n'était pas fait pour durer. Sok Han était montré trop haut, par conséquent, il était désormais exposé. Il avait beaucoup d'ennemis, beaucoup de personnes souhaitaient le voir tomber, voire carrément mourir. Les ennemis au sein de la pègre ne lui causaient pas beaucoup de soucis, parce qu'il n'avait pas besoin de faire dans la dentelle. Sok Han n'était pas vraiment miséricordieux, quand quelque chose ne lui allait pas, il s'en débarrassait purement et simplement. En revanche, avec la police, c'était plus compliqué. Son produit avait provoqué de nombreuses morts, alors forcément, cela avait alerté les autorités. Sok Han n'était pas stupide, il voyait bien que ses dealers se faisaient prendre un par un, malgré toutes les précautions qu'il avait prises. Ces imbéciles ne savaient simplement pas comment suivre les ordres, à ce niveau-là, il ne pouvait plus rien pour eux. Jamais il ne leur serait en venu en aide. Plus jeune, on l'aurait lâché, il faisait de même désormais, et ce, sans la moindre compassion. Si lui avait couru ce risque en toute connaissance de cause, il ne voyait pas pourquoi faire de discrimination.
Cela ne l'empêchait pas d'avoir de plus en plus de difficultés à se protéger. La police voulait remonter au cerveau du trafic, c'est-à-dire lui. Il n'avait pas la moindre envie de se faire attraper. C'était encore faisable tant que celle-ci ne savait exactement qui menait ce trafic. Sauf que bien sûr, il ne pouvait pas faire totalement confiance en ces hommes. Il ne savait pas exactement qui avait balancé son nom, sans doute un fou qui pensait qu'il serait bien protégé par la police. Toujours est-il que Sok Han Sohka fut recherché dans le monde entier.
Sa priorité était de protéger sa femme. Elle était parfaitement au courant que Sok Han Sohka était un criminel recherché et qu'il risquait de finir en prison. Il ne voulait pas l'entraîner là-dedans. Il la supplia de s'enfuir. Il eut toutes les peines à la convaincre, c'était une femme coriace et indépendante, qui ne supportait pas de voir son mari se transformer en chevalier servant désireux d'assurer sa protection. Ce qui finit par lui faire accepter de partir, ce fut l'argument suivant : elle n'avait pas à payer pour les fautes de son époux. Même si, soyons honnêtes, pour Sok Han, son parcours n'était pas une faute, il était parfaitement satisfait de ce qu'il avait fait.

Il fut réveillé en pleine nuit par un bruit d'irruption. Allongé dans son lit, seul, Sok Han jeta un coup d'œil à l'oreiller libre à côté de lui, se réjouissant de la décision qu'il avait prise. Parce que pour lui, il le savait, c'était la fin. Il les entendait monter, c'était presque émouvant. Si elle avait été encore là, il se serait certainement rendu sans faire d'histoires, par peur de lui causer plus de problèmes. Mais elle n'était pas là, et il se sentait prêt à mourir. Il sortit donc le pistolet qu'il gardait toujours dans sa table de nuit, destiné à des situations d'urgence comme celles-là. Cette arme lui paraissait bien dérisoire, mais il n'avait jamais apporté d'armes lourdes à la maison afin de ne pas effrayer sa femme. Il glissa hors de son lit, se posta près de la porte d'entrée, prêt à abattre la première personne qui allait entrer dans la pièce. Il savait qu'on ne lui ferait pas de cadeaux, qu'on chercherait par tous les moyens à le neutraliser. Peut-être utiliseraient-ils des fumigènes ou des choses de ce genre, il n'aurait su le dire. Il n'avait pas peur. Non, il était désespérément calme, prêt à vendre chèrement sa peau.
Les bruits s'approchaient. Ils étaient tout proches, désormais. A quelques pas seulement. Eux aussi froids comme de la glace. Prêt à faire ce qui était nécessaire pour empêcher Sohka de nuire encore. Cela allait se jouer dans quelques instants. Le silence s'installa un instant. Il était lourd, un peu comme le calme avant la tempête. Sok Han resserra sa poigne sur la crosse de son arme. Il savait qu'il allait finir en enfer, mais il ne comptait pas y aller seul.
Puis les nuages qui cachaient la lune disparurent, et un rayon de lumière entra dans la chambre, se jetant droit sur un petit coffret en cuir, désormais vidé, où sa femme avait coutume de ranger ses bijoux avant son départ. Involontairement, Sok Han fut attiré par ce rai. Et il pensa à sa femme, à tout ce qu'elle lui avait dit avant de s'enfuir, toutes les insultes dont elle l'avait abreuvé, le sourire triste qu'elle lui avait adressé avant de partir. Il lui manquerait. Est-ce qu'elle allait lui reprocher la mort de tous ces policiers ? Elle avait beau vivre avec un criminel qui n'en avait rien à faire de la vie des autres, elle n'était pas comme lui. Elle avait certainement un plus grand sens de la justice que lui. Elle ne trouverait aucune consolation à l'idée que beaucoup de ceux qui avaient abattu son mari étaient partis avec lui. Et lui l'aimait trop pour ne pas prendre en compte ses sentiments. C'était drôle. Elle était sa faiblesse, la seule qui parvenait à le rendre aussi incertain, aussi hésitant. S'il ne l'avait jamais rencontrée, tout aurait été infiniment plus simple. Mais il ne pouvait pas ne pas prendre en compte sa dernière parole avant de l'abandonner.
Promets-moi qu'un jour, tu me reviendras.
Sok Han soupira, et lâcha son arme. Il ne pourrait pas lui revenir s'il n'était pas vivant.
Quand l'équipe d'intervention entra dans la pièce, elle fut très certainement surprise de le voir ainsi, assis par terre en tailleur, attendant tranquillement qu'on vînt l'arrêter. Il aurait simplement accepté n'importe quoi pour revoir sa femme.
Je te le jure. On se reverra.

Il avait gagné un ticket simple pour l'Australie. On lui avait fait un procès, parce qu'on ne pouvait pas enfermer quelqu'un sans cela, mais il avait été rapide et sans fioritures. Sok Han n'avait rien nié. Il n'avait pas avoué non plus. De toute façon, ils avaient réuni suffisamment de preuves. Les témoignages avaient tous été anonymes, ce qui ne le surprenait pas du tout, car quiconque aurait comparu pour l'accuser aurait signé son arrêt de mort, dans l'éventualité où il sortait de prison un jour. Bien sûr, tout le monde savait avant l'heure qu'il serait condamné à la perpétuité à se rendre au centre pénitencier australien, le seul endroit où on était sûr qu'il y resterait jusqu'à la fin de ses jours. Pendant tout son procès, Sok Han resta incroyablement calme et silencieux. Il se demandait si sa femme suivait cette affaire et était au courant de ce qui se passait. Il espérait que non. De toute façon, elle devait bien savoir qu'il était un trafiquant, maintenant, ce n'était pas quelque chose que l'on cachait.
La sentence fut prononcée, et Sok Han fut envoyé en Australie manu militari. Curieusement, on avait envie de se débarrasser rapidement de lui... Il resta de marbre, mais, lorsqu'il aperçut pour la première fois la terre australienne, il fut soudain envahi par la peur. Il ne voyait encore rien de l'endroit que cela pouvait être, mais il le craignait déjà. Parce que tous les gens qui étaient là lui ressemblaient, d'une certaine manière, et qu'ils ne s'en étaient pas évadés. Il se demanda alors si c'était une si bonne idée de s'être laissé faire dans l'espoir de revoir sa femme un jour. Il avait pensé qu'il pourrait toujours s'évader, mais en général, personne ne s'évadait. Le système de sécurité était trop performant pour cela... et puis, pour aller où ? C'était une île, la seule issue était maritime. Allez trouver un bateau en prison... Ils finirent par arriver, on le fit se lever et s'avancer vers sa nouvelle résidence - ainsi ses gardiens la désignèrent-ils en riant.
Et les portes de la prison se refermèrent sur lui.

Il s'adapta très vite à la vie carcérale. Il n'avait pas le choix. Les faibles étaient écrasés, et Sok Han n'était pas un faible. Il se trouva rapidement un camarade de prison. Ils ne s'appréciaient pas, mais cela importait peu, ils tenaient ensemble afin d'être plus forts. Tel était le pacte qu'ils avaient passé : ne jamais s'en prendre à l'autre, ne jamais lui nuire, lui venir en aide au besoin, et surtout, ne jamais essayer de dominer l'autre. C'était une égalité de fait, bien fragile mais nécessaire. Mais ensemble, ils pouvaient se permettre de martyriser les autres. Sok Han ne s'en privait pas. Ce n'était pas quelqu'un de gentil, et il ne faisait pas dans le sentiment, il avait bien compris comment cela fonctionnait. Ils avaient même recruté des sous-fifres, des hommes qui ne pouvaient pas se défendre parfaitement par eux-mêmes mais qui auraient quand même pu se passer de sa protection, et qui acceptaient ses ordres dans rechigner. C'est ainsi que Sok Han trouva très vite sa place dans la hiérarchie de la prison, qu'il respectait scrupuleusement. Il était bien trop récent pour être au sommet, beaucoup étaient bien mieux installés que lui. Ce n'était pas grave, il était patient, et il savait se donner les moyens de parvenir à ses fins. En attendant, il n'était pas trop mal loti, et personne ne s'en prenait physiquement à lui, il n'était donc pas à plaindre.
Ce séjour accrut cependant sa paranoïa. Il était désormais impossible pour Sok Han de s'endormir s'il ne se trouvait pas dans une pièce fermée à clé. Auparavant, il pouvait dormir chez lui la porte ouverte, du moment que l'alarme était enclenchée, et la porte d'entrée verrouillée. Il ne faisait confiance à personne. Pas même à celui avec qui il avait passé ce pacte. Il se doutait bien que si celui-ci pouvait s'élever en le sacrifiant, il le ferait. De toute façon, la réciproque était vraie, cela n'avait rien de choquant. Au fond, c'était dur pour lui. Les autres prisonniers n'étaient pas des anges, les gardiens non plus. Au final, c'étaient tout de même eux qui avaient la plus haute autorité, et Sok Han ne s'entendait pas toujours très bien avec eux. Ce qui finissait toujours par se retourner contre lui...

Dès le début, il songea à son évasion. Il ne voyait pas vraiment de failles dans le système. Et il n'avait absolument aucun contact avec l'extérieur, il ne pouvait donc rien préparer. D'ailleurs, à part sa femme et quelques hommes de confiance, qui lui aurait été assez fidèle pour vouloir lui venir en aide ? Il ne doutait pas que son travail acharné avait déjà été détruit. D'autres s'étaient très certainement emparés de son réseau, vu que ses hommes n'étaient pas comme lui : même son bras droit ne pouvait tenir sans Sok Han pour le soutenir, il n'était pas aussi connu dans le milieu. Il ne s'évaderait pas pour reprendre ce qui lui appartenait, mais bien pour sa femme. C'était ce qu'il se répétait pour se motiver. De toute façon, il n'en pouvait plus, il voulait mettre fin à ce cauchemar.
L'Australie, c'était l'enfer sur Terre.



NOUVELLE LIBERTÉ
L'occasion se présenta lorsqu'un couple de journalistes fut admis dans la prison pour faire un reportage. C'était quelque chose d'assez unique. C'était la première fois que quelqu'un venait de l'extérieur. La sécurité avait bien sûr était renforcée, il était impossible de s'approcher d'eux, même quand ils vous interviewaient : ils restaient à distance, soigneusement protégés par une vitre sans tain et une nuée de gardes du corps. Tout avait été fait pour qu'ils eussent le moins de contacts avec les prisonniers. Cependant, Sok Han se doutait bien que c'était la seule chance qu'il avait de s'enfuir. Ces personnes avaient le droit de sortir. Il sortirait avec elle. Elles l'interrogèrent, un jour, et Sok Han fit des efforts pour avoir l'air parfaitement affable, voire même gentil. Il était même encore plus doux que quand il se trouvait avec sa femme, c'était dire... Les journalistes furent agréablement surpris de voir un prisonnier aussi bien élevé, ils ne pensaient même pas qu'ils pouvaient être en train d'être manipulés... Sok Han n'avait pas de scrupules.
L'histoire de son évasion reste encore un mystère. Ce que l'on sait, c'est que les deux journalistes sont morts alors qu'ils sortaient de la prison, morts dans un incendie provoqué par Sok Han. Il avait profité de la confusion et de l'épaisse fumée pour sortir, leur avait dérobé leurs sacs et avait réussi à s'échapper, presque indemne. Presque. Quelqu'un avait tiré un coup de feu qui lui avait éraflé la jambe, et une flamme avait un peu léché son visage, lui laissant une brûlure sur la joue. Mais il était libre, au moins.

Sok Han n'était cependant pas sorti d'affaire. Les nouvelles de son évasion se répandaient vite, et des battues furent organisées en dehors de l'enceinte pour lui mettre la main dessus. Sok Han n'avait pas grand-chose. Dans les sacs, il se trouvait des portables, deux bouteilles d'eau, un paquet de gâteaux et quelques accessoires de journalistes dont il n'avait nul besoin, et dont il s'était débarrassé à la première occasion en les enterrant dans la plage. Il avait contacté son bras droit pour qu'il organisât son rapatriement, mais en attendant son arrivée, il était sur le qui-vive, toujours en mouvement. Il ne dormait que quelques heures, se réveillait très vite et repartant immédiatement. Il mangeait en se déplaçant. Avec les différents essais d'armes effectués sur le territoire, il ne restait pas grand-chose de la flore initiale, et ce qui existait encore était contaminé. Le trafiquant avait donc organisé ses rations, mais il ne pourrait pas tenir plus de trois jours. Ensuite, il deviendrait trop faible pour avancer, et devrait choisir entre la mort ou le retour en prison. Il préférait la mort. Jamais il ne retournerait là-bas.
Le matin du troisième jour, Sok Han faillit se faire prendre. Un chien avait repéré sa trace et les forces du pénitencier s'approchaient. Il courait, mais à pied, il risquait de se faire rattraper. Il croyait la situation désespérée quand il entendit un hélicoptère. C'était son bras droit qui venait à son secours. Sok Han eut tout juste le temps de monter que déjà, les surveillants arrivaient. Ils tirèrent sur l'hélicoptère, mais Sok Han fut épargné, et l'engin réussit à s'enfuir. Il leur faudrait du temps avant de pouvoir mettre un appareil à leur poursuite, et en attendant, ils s'enfoncèrent dans une zone aérienne qui n'était pas couverte par les radars.

Sok Han finit par arriver au Japon au bout d'une semaine. Pour brouiller les pistes, ils avaient été très attentifs. Ils avaient envoyé des leurres, étaient revenus sur leur pas, avaient toujours changé de cap. Personne ne savait où ils étaient. Et, aux informations, on parlait beaucoup de cette évasion spectaculaire : quelqu'un avait réussi à revenir de là où l'on ne revenait pas. Sok Han en souriait beaucoup, même si cela lui faisait un peu mal à la joue. Il se sentait fort. Aucun de ses camarades d'infortune n'avait suivi son exemple. Personne ne pouvait le dépasser.
Il se rendit à Naniwa presque incognito, profitant de ce que sa cicatrice modifiait son visage : elle ne figurait pas sur la photographie de lui qui circulait, et à la prison, personne n'avait remarqué qu'il avait été blessé à la joue. Il se comportait au demeurant de façon parfaitement correcte, payait son voyage en y ajoutant des pourboires, rendait service quand on le lui demandait et se montrait toujours très poli. Tant que cela ne restait qu'une attitude hypocrite, cela ne le dérangeait pas d'être comme cela.
Il était désormais temps de rentrer à la maison...



Aujourd'hui ♦ Naniwa
L'état de son ancien réseau n'est pas particulièrement beau à voir, mais ce n'est pas si grave. Sok Han est patient, il va le remettre sur pied progressivement. Son bras droit est à ses côtés désormais, ravi de retrouver son patron. Visiblement, être chef ne l'a jamais tenté. Sa femme, quant à elle, lui a pardonné beaucoup de choses. Elle lui en veut un peu pour la mort de ces anodins journalistes lors de son évasion, mais, comme il le lui a fait remarquer, elle profite de ce décès. Qu'elle ne s'en réjouisse pas se comprenne, mais éprouver de la compassion serait hypocrite. De toute façon, entre eux, les choses vont bien, mais pas autant qu'avant. Sok Han sent que le fait qu'elle est au courant de tout la met mal à l'aise. Elle ne peut pas se bercer d'illusions, elle sait qu'elle est amoureuse d'un des pires hommes que la Terre ait jamais portés. Ce n'est pas si facile à digérer, même si elle s'attendait. Sok Han est patient avec elle. Il ne veut pas la blesser, et il se montre attentif à son égard. N'empêche qu'il est en train de remonter son propre réseau. Pour le moment, celui-ci est loin d'atteindre la taille de son ancien, mais il fonctionne plutôt bien, et se montre prometteur. Il ne doute pas de pouvoir le développer très bientôt.
Sok Han Sohka est introuvable. Il est désormais connu sous le nom de monsieur Yu, un ancien homme d'affaires chinois qui est désormais propriétaire d'une boutique de souvenirs. Un nom anodin, dont personne ne se soucie. Personne n'imagine qu'un criminel se terre là.




CARACTÈRE Ҩ
si vous cherchez à vous faire un ami, ne venez pas vers Sok Han. Pour faire simple, il n'est pas « gentil ». Si vous venez le voir, vous risquez de vous faire ignorer. Sok Han est une personne extrêmement froide et distante, et quand une personne ne lui plaît pas, il se contente de faire comme si elle n'existait pas. Rares sont ceux qui ont éveillé son intérêt et lui ont donné envie de mieux connaître cette personne ; la plupart de ceux à qui il adresse la parole sont des relations professionnelles, clients, fournisseurs, sbires. Et il n'est pas du tout du genre à faire dans l'empathie, n'attendez donc aucune compassion de sa part. De toute façon, Sok Han préfère rester seul et ne devoir compter sur personne d'autre.
Sok Han est loin d'être une personne stupide. Ce n'est pas parce qu'il n'a pas eu une enfance de roi et le privilège d'aller à l'école qu'il ne sait rien. Il est bien conscient que sa ruse et son habilité à manipuler les autres l'aident beaucoup, mais également qu'il est ignorant d'un certain nombre de choses. Sans pour autant en faire quelqu'un qui passe sa vie dans les livres - pour la simple et bonne raison qu'il a un réseau à organiser -, il est assez curieux et aime apprendre. Et il respecte ceux qui ont de la connaissance, même s'il ne le montre pas beaucoup.
Sok Han sait s'adapter. Il a toujours été conscient de la place qu'il occupait dans la société. Au départ, elle était basse. Extrêmement basse. Dans de telles conditions, il savait pertinemment qu'il n'avait qu'à la fermer et obéir aux ordres. Les gens qui ont du pouvoir n'aiment pas vraiment que ceux qui n'en ont pas les dérangent. Et à présent, c'est l'inverse. Grâce à sa persévérance, il est arrivé en haut de la chaîne alimentaire. Maintenant, c'est lui qui dirige, et autant dire qu'il est plutôt autoritaire comme chef. Il a toujours voulu en arriver là, parce qu'il est ambitieux et se donne les moyens de réussir. Il fait ce qu'il faut pour cela, y compris tenir sa langue quand on le lui demande.
Sok Han n'est pas quelqu'un de loyal. Pour lui, les règles sont importantes, c'est vrai, mais tout dépend de qui les fixe. Il préfère quand c'est lui qui décide de ce qui est à faire et n'apprécie guère de se voir imposer un comportement à cause de lois imposées par on ne sait qui. Mais il respecte à la lettre les règles qu'il se fixe, tout comme il respectait celles qu'on lui imposait quand il était enfant. Il a également un autre point d'honneur : il ne démordra pas de ses convictions et est prêt à tout pour les défendre.

EN PLUS Ҩ
Sok Han déteste tous ceux qui ne sont pas humains. Ce n'est pas pour rien qu'il adore vendre sa drogue favorite, celle qui est mortelle pour tous ceux qui ne sont pas humains. Il les déteste car il considère que c'est une concurrence déloyale. Nombreux sont ceux qui abusent de leurs dons supérieurs, de sorte que Sok Han a une opinion très simple à leur sujet : ils sont tous mauvais. Même si faire des affaires avec eux ne pose pas problème quand il vend sa drogue favorite...
SES HOBBIES ? Ҩ
sans doute lire, s'entraîner, faire des expérimentations, ce genre de choses...
SON ENDROIT PRÉFÉRÉ ? Ҩ
aucun, du moment que ce n'est pas l'Australie...
SON FILM PRÉFÉRÉ ? Ҩ
il n'a pas beaucoup vu de films dans sa vie, difficile de dire lequel il préfère...
SA BOISSON PRÉFÉRÉE ? Ҩ
l'eau, parce que l'alcool fait perdre la tête, ce n'est pas très prudent.
SA NOURRITURE PRÉFÉRÉE ? Ҩ
il a un faible pour les aliments amers.
PLUTÔT SUCRÉ OU SALÉ ? Ҩ
salé.
CHIEN OU CHAT ? Ҩ
chat, c'est plus malin.
DOUCHE OU BAIN ? Ҩ
la douche prend moins de temps.
ET SI IL ÉTAIT UN ANIMAL ? Ҩ
un renard, très certainement.
...UNE COULEUR ? Ҩ
le noir, ça reste sa couleur préférée.
...UNE CHANSON ? Ҩ
il n'en écoute pas beaucoup, s'il était sentimental, il dirait la berceuse de sa mère, mais comme il ne s'en souvient plus...
...UN ÉLÉMENT ? Ҩ
la glace.
...UN JEU VIDÉO ? Ҩ
un jeu type GTA, sans doute.
PIRE SOUVENIR ? Ҩ
l'Australie.
MEILLEUR SOUVENIR ? Ҩ
le jour où il est devenu le chef de son réseau, très certainement.
SON TYPE DE NANAS ? Ҩ
il n'est pas très intéressé par les femmes, la seule qui lui plaît, c'est son épouse.
SON FANTASME ? Ҩ
en a-t-il seulement un ?
C’ÉTAIT QUOI SON RÊVE, QUAND IL ÉTAIT PETIT ? Ҩ
accéder à la place qu'il occupe actuellement. Hé oui, Sok Han a accompli son rêve de gosse, lui.
ET SON PREMIER BAISER ? Ҩ
... vous ne voulez pas savoir. Non, vraiment, j'vous assure.
SA MAISON A POUDLARD ? ? Ҩ
il est ambitieux comme un Serpentard.
SA DEVISE ? Ҩ
ne jamais renoncer.
SON AVIS SUR LE F.S.R. ? Ҩ
il n'aime pas les organisations officielles.
SUR DIEU ? Ҩ
c'est qui, ce type ?
SUR LES AUTRES RACES ? Ҩ
des affreux qui méritent tous d'être envoyés en Australie à sa place.
SUR LES CUCURBITACÉES ? Ҩ
mot inconnu au bataillon, donc aucune avis.
SUR LE NUTELLA ? Ҩ
c'est pour les gosses.
UN DERNIER MOT ? Ҩ
il vous fait une réduction sur ses drogues si vous taisez ce qui est écrit dans cet encadré.



reine champi'

DERRIÈRE L'ECRAN Ҩ
Hmm... que diriez-vous d'une partie de random facts ? Ouais, ça me paraît bien. Allez, dix petites informations dont vous n'avez rien à faire, histoire de s'amuser !
  1. je déteste le rose et les pigeons.
  2. j'aime dormir le matin.
  3. j'ai la fierté des laides.
  4. j'ai deux ordinateurs rien qu'à moi.
  5. j'ai tout le temps les mains froides.
  6. je n'aime pas les mariages.
  7. j'aime le chiffre sept. Et le treize aussi.
  8. je veux dominer le monde.
  9. j'aime dire non.
  10. j'aime pas, mais alors pas du tout, parler de moi.



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MessageSujet: Re: SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.   13.07.14 1:59

Sok Han Sohka a écrit:
je déteste le rose et les pigeons.
onvapass'entendre

A part ça bienvenue :'DD

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MessageSujet: Re: SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.   13.07.14 2:05

Je suis trop amoureuse.

T'as parfaitement réussit à t'approprier Sok Han. Je veux dire. Il est EXACTEMENT comme je l'avais imaginé en le créant, tu l'as magnifiquement bien cerné, je suis super heureuse. ♥ En plus sa relation avec sa femme est über cute, gnnnh.
Pour les parents de Subaru et les conditions d'évasion, c'est parfait aussi. ♥
Bref, j'ai absolument rien à reprocher à cette fiche que j'ai adoré lire (malgré sa longueur omg)

Alors tu es validé. Officiellement bienvenue ! Laisse moi dominer le monde avec toi.
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MessageSujet: Re: SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.   13.07.14 2:15

Ce Sok Han est tellement parfait.  
Bienvenue !

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MessageSujet: Re: SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.   13.07.14 8:14

Bienvenue <3..
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MessageSujet: Re: SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.   13.07.14 9:30

Merci tout le monde. ♥

Laurence : mais il est très beau, ton rose, voyons. :3
Kohane : alors je suis super contente d'y avoir réussi, c'est un honneur m'dame. ** J'ai déjà Izaya comme partenaire de domination du monde, mais si tu veux, on peut t'intégrer, c'est toujours bien d'avoir la fonda à nos côtés... Et puis vu ton joli PV, comment refuser ? ♥
Assad : je sais, je sais. (a)
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MessageSujet: Re: SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.   13.07.14 14:24

Je serais le quota doux et feminin, tout ça tout ça. 8D

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.   13.07.14 14:36

*ouvre le spoiler, essaie de rester impassible, le referme et sourit*
T'ES ENGAGÉE.   
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MessageSujet: Re: SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.   

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SOK HAN SOHKA ♦ mignon comme un Bisounours.

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