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 And Now the Weather | Nagare

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[Nogitsune]


MessageSujet: And Now the Weather | Nagare   11.03.16 21:43



Il aurait pu être parfait vous savez.
Mais au lieu de cela, il avait choisi d'être bien pire.




La lumière m'enlace, m'étouffe. Le bruit me transperce, me dévore. La chaleur humaine me berce, me broie. Et moi, je me laisse volontiers emporter, bousculer, harponner par toutes ces pollutions sucrées. Et j'attends. J'entends. J'attends désespérément celui dont j'ignore encore qu'il m'appelle. Au travers des spasmes mélodieux. Par dessus les néons euphoriques. Quelque part dans cette marée de viande et de sueur se trouve un précieux inconnu avec lequel je danserais jusqu'à ce que mort s'en suive.
Mon cœur a hâte.
Mon estomac aussi.

Lorsque le sol hurle, et que les murs lui répondent, je peux entendre leur tintement. Lorsque chaque pupille brûle sous les éclats des projecteurs, je peux apercevoir leur lueur. Ils sont un peu partout, à me tendre les bras. La gourmandise me prend. Ah. Comme je les voudrais bien tous. Mais alors les festivités seraient gâchées.
Mes yeux s'affolent.

Sous le tango sanguin des rayons électriques, mes orbites capturent le crissement du métal écorchant ta chair. Entre chaque pulsation des organes de la bâtisse, ma langue retrouve ta peau transpercée d'encre. Les vapeurs parasites d'alcool et d'effluves humaines ne suffisent plus à masquer l'odeur de tes iris plastifiées.

Je t'ai trouvé.

Ils m'entraînent vers toi, ils me fraient un passage, ils tressautent et sursautent et salivent déjà, pourtant chacun des mes doigts redoute ce rendez-vous. Une sirupeuse mélodie  repeint ma peau d'angoisses. Un chant qui me murmure de fuir. Me hurle de déguerpir. Sensation étrangère. Odeur familière. Il y a en toi un quelque chose, je ne sais quoi, dont mon cœur est ivre. Quelque chose qui doit sortir, d'une façon ou d'une autre, en te déchirant le ventre.

Notre rencontre a assez duré. Je veux te connaitre, te sentir, te parler. Te toucher, te brûler. Te faire ramper. Alors j'avance. J'écrase mes doutes sur mon chemin. J'avance. Ils crient et éclatent sous mes orteils. Comme de petits crânes d'enfants, ils griffent mes chevilles dans leur agonie. J'avance. Les questions grouillent entre mes dents et rendent ma langue poudreuse. Je m'arrête.
Tu t'arrêtes.

Quoi ? quoi ? quoi ?


Tu n'es pas humain, mais c'est bien pire. Autour de toi, tout m'attire. Mais à l'intérieur, je ne vois pas, je ne vois rien. Curiosité. Le sol hurle, les projecteurs éclatent, les corps dégorgent, je m'aventure. Curiosité, animosité. Un sourire fend mon visage, l’incompréhension me torture. Les yeux sourds. La langue aveugle. Il te faut rester muet, la partie vient tout juste de commencer.
Toi et moi allons danser pour l'éternité.
Hanches et flancs ancrés, tes cils rougeoyants papillonnent entre mes griffes. Près, oh si près. Je peux gouter le sel collé à la membrane de ta pupille. Souple, Sirupeux, Acide. Dangereux.

Humain ? humain ? humain ?


Arrêtes ma langue dans son agonie de questions et d'interrogations alors que j'avance et balance. Alors que je recule et bascule. Sur mon chemin je dois t'écraser et te faire durer. Mon ventre se déchire, mon cœur m'est étranger, un chant d'angoisses rampantes. Mes doigts hurlent à leur passage, je t'ai trouvé mais l'odeur masquée n'est que plastique. Ils parasitent ma peau tes organes. Elle crisse et écorche le métal ta chair. Notre sang danse. Affolant festival de visages volés. Comme je les voudrais. Les bras tendus un peu partout luisent éclatent et brûlent, je les entends, ils me répondent. Mon estomac mort. Mon précieux inconnu de cette marée de viande et de sueur. Spasmes euphoriques, désespoir sucré. J'entends. J'attends. J'entends. Ta chaleur me broie, me berce. Ton bruit me dévore, me transperce. Ta lumière m'étouffe. M'étouffe.
Car oui, précieux inconnu, tu aurais pu être parfait.

Mais tu avais choisi d'être bien


« pire. »
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▬ Je suis : Une patate qui parle.
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[Inugami]


MessageSujet: Re: And Now the Weather | Nagare   19.04.16 16:18





Tout ça. La chaleur. La sueur. Les corps moites. Les vibrations. Headbang et tremolo. Couleurs, néons et têtes qui tournent. Un autre monde. Le sien. Le leur. Un autre monde - dont il est le roi.

Lumières saccadées et gestes brusques. Il est le roi, l'empereur, le dictateur. Un geste, ils chantent. Un autre, ils dansent. Vers la gauche, vers la droite. Un tempo, un silence, et son armée ralentit. Un crissement de platine et elle repart, hurlant toujours plus. Un hurlement fait de rires, de pleurs, d'acclamations, de discussions avortées, de propositions indécentes.

Une armée faite d'inconnus, pour un royaume éphémère. Qui s'écroulera au matin. Qui ressuscitera le soir prochain. Dans un rythme effréné, qui a l'air aussi immortel que lui-même.

Étourdis, engourdis. Sous la musique épileptique, on oublie.

Il transpire. La sueur tombe et souille les platines. Il hurle, il chuchote. Un sourire titanesque. La concentration extrême. L'assurance. La confiance. Ici, il est le roi.

Et ici, on oublie.

On oublie ce monde bizarre au-delà de ces murs. On oublie son silence anormal. On oublie son manque de couleur, sa tranquillité ennuyeuse, ses limites, ses vies, ses appels, ses menteurs.

Ici on vit.

Ici on est.

Pour un instant, il troque l'objet de son pouvoir pour ressentir tout cela. Celui qui l'a remplacé n'est pas aussi bon que lui. Mais la musique tournent toujours les esprits.

Des corps fiévreux et brûlants se collent au sien. Des souffles éthérés et alcoolisés lui caressent la joue lorsqu'on se penche pour lui offrir compliments et promesses. Des liquides glacés abreuvent sa gorge aride. Des odeurs inconnues et tumultueuses laissent son cerveau en alerte. Une sensation de danger et de plaisir liés.

Impossible à retrouver.

Il met la main dans un tas d'aiguilles pour retrouver le filament de foin.

Des aiguilles qui l’appellent, le torturent. Quelque chose de familier et trop lointain. De connu et d'effacé. De confortable et détestable. Comme récupérer quelque chose que l'on hait et qui nous a manqué.
Comme le dégoût peut manquer à l'amour. Comme ce regard peut manquer à sa nuque.

Le monde continue autours de lui, autours de l'autre. Un rictus. Carnassier. Toujours les hurlements. Toujours les têtes qui tournent. Puis l'approche. La proximité. Trop proche. Trop parfaite. La température meurt. Hivernale. Nostalgique.

Une langue sur ses lèvres sèches. Un gout de sang sous ses crocs.

Une main relevant ses verres.
Pour fixer, sans obstacles. Pour fixer, et voir le tourbillon d'émotions mortes et secrètes cachées derrière ce regard. Pour fixer, et ne pas perdre une miette des mots qui ne seront pas prononcés.

Le feu de ses veines se confronte au froid glaciale de ce regard.

Il sourit.

Provocateur. Animal.

Il est le roi.

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