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 Vous avez UN nouveau message (Nolan)

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MessageSujet: Vous avez UN nouveau message (Nolan)   06.10.11 16:56

C’était une nuit comme toutes les autres nuits depuis la guerre : dans les rues, les gens passaient en regardant nerveusement au-dessus de leur tête, par peur des bombes ou des anges (qui pouvait savoir la différence ?), en considérant nerveusement les autres passants, qui pouvaient très bien être des vampires, des loups-garous ou des huissiers de justice. On se pressait de rentrer chez soi, on vérifiait sa vieille carabine, on battait sa femme.

Dans d’autres quartiers, bien sûr, les choses se passaient différemment : la bourgeoise faisait briller ses montres rutilantes aux côtés des décapotables, la jeunesse dorée faisait la fête, car la guerre avait profité aux marchands d’armes, et puis il y avait les autres, tous ceux qui faisaient fortune on ne savait trop comment, on ne voulait trop savoir. Dans les grands appartements, on n’avait pas peur et les quinze gardes du corps au patrimoine génétique plus que douteux décourageaient les intrus.

Il y avait surtout le monde qui s’éveillait la nuit, le terrain de chasse des vampires et des jetseteurs, la terre de perdition de la jeunesse débauchée, là où les boîtes de nuit répandaient dans les rues la musée électronique et le vomis des clients trop éméchés ; c’était le monde des bars : les bars à oxygène, les bars à vins, les bars gays et les bars à vampire, les bars à barbus et les bars barbants, les bars avec arrière-salle et les bars avec terrasse.

C’était dans ces rues animées que marchait Sarmis. Chose très étrange, dans cette foule compacte personne ne le bousculait jamais : il cheminait, les mains nonchalamment enfoncées dans les poches, sans vraiment regarder devant lui, observant tantôt les étoiles tantôt les bâtiments, et les gens, quelque ivres qu’ils fussent, s’écartaient devant lui comme les flots devant Moïse — pourtant, Sarmis n’était pas poursuivi par Pharaon.

D’ailleurs, personne ne semblait prêter attention à lui non plus. Les gens se poussaient, le laissaient passer, mais ne le regardaient pas, leurs yeux glissaient sur lui comme l’eau sur les plumes d’un canard et dans leur mémoire, pas la moindre petite image, pas le moindre petit reste de ce qui avait pu être là, de ce qui avait fait dévier leur trajectoire. Rien qu’un peu de vent.

Il y avait de temps à autre des êtres perspicaces. Pas des humains, généralement. Un ange déchu mais point encore trop abîmé posait les yeux sur lui. Mais, comme personne n’avait envie de s’entendre annoncer sa propre mort par l’Oiseau de Mauvais Augure, tout le monde détournait le regard, volontairement cette fois-ci, et priait pour que Sarmis ne se mît pas en tête de venir leur délivrer en octosyllabes un avis de décès à consommer rapidemment.

Sarmis pour sa part était parfaitement insouciant. De temps à autre, il s’arrêtait et se retournait pour considérer plus longuement les fesses d’un homme qui venait de passer, il poussait un soupir ému devant tant de beauté, songeait à Thrasymaque fils de Thrasymaque, obscur mais admirable athlète grec, qu’il avait connu en moins quatre cents et dont la croupe vraiment était mémorable.

Puis il reprenait sa marche. Une fois, on le bouscula : c’était un vampire parfaitement saoul. L’alcool peut-être avait troublé son jugement et l’avait fait précipité vers un être qu’on cherchait généralement à éviter ou bien, se sachant déjà mort, il croyait possiblement que Sarmis n’avait pas en réserve de mauvaise nouvelle à lui annoncer. C’était peut-être un défi. Sarmis haussa les épaules et passa son chemin ; le vampire, très déçu, vomit son mécontentement.

Enfin Sarmis arriva à la discothèque qui était le véritable but de sa marche nocturne. A l’intérieur se trouvait Nolan, qu’il n’avait jamais vu. C’était une chose qu’il savait. Comment ne pas le savoir ? L’évidence de cette réalité brillait de mille feux dans l’ordre du monde et, à cet instant précis, c’était l’endroit où lui, Sarmis, avait besoin d’être. Donc, il fit la queue pour prendre un billet.

D’où il sortait l’argent qu’il utilisa pour payer, mystère. Il n’y avait de toute façon pas de banques qui fussent assez bien protégées. L’eût-il voulu, il se serait déplacé à l’intérieur de la discothèque sans passer par la porte d’entrée. Mais ce rituel humain l’amusait comme amusent un adulte attendri les facéties d’un jeune enfant et il posait sur cette agitation, d’ailleurs pour lui un peu incompréhensible, le regard bienveillant d’un homme très très vieux.

La discothèque était bondée, des danseurs s’agitaient en tout sens, la lumière épileptique permettait à peine de se frayer un chemin, c’est pourquoi Sarmis se dirigea sans hésiter vers l’une des tables un peu retirées à laquelle Nolan avait établi son stand marchand. Dans un endroit pareil, nul besoin de se cacher : la drogue faisait partie des services que rendait l’établissement, avec les toilettes mal éclairées pour les rencontres éclairs.

Ce devait être l’heure creuse cependant, parce qu’aucun client ne se présentait. Il était également très possible qu’au moment exact où Sarmis était rentré dans l’établissement, tous les drogués qui auraient pu vouloir s’acheter une dose avaient soudain décider d’aller vomir, de se repentir et de mener meilleure vie, ou bien de draguer leur voisine de piste, qui pourtant n’avait pas beaucoup de charme.

Sarmis donc s’assit en face de Nolan. Aussitôt le bruit assourdissant de la musique cessa. Le DJ pourtant tournait toujours ses platines, les danseurs s’agitaient toujours névrotiquement, on voyait toujours leurs lèvres se tordre pour crier des mots doux maladroits à leur conquête de la soirée, mais il n’y avait rien à entendre qu’une brise légère venue de nulle part.

C’était généralement à ce moment précis que les gens bien renseignés cherchaient à s’enfuir.


« Nolan Hillack. »

La voix de Sarmis eût été charmante sans doute si elle n’avait pas cette curieuse propension de résonner à la fois dans les oreilles et dans l’esprit, ce qui n’était certes pas fait pour disposer à la décontraction.

« J’ai un message pour toi. »

La table qui séparait Sarmis et Nolan tremblait légèrement et c’était à se demander si le message ne prendrait pas la forme d’un piano qui viendrait écraser le dealer.

« Ecoute ces mots non encore prononcés :

Dans les raisins noirs un passereau a passé
Et les champs sous la pluie versent une larme unique ;
Quand le temps a tourné dans la ville punique
Trois cerfs dans les bois par trois fois ont bramé. »

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MessageSujet: Re: Vous avez UN nouveau message (Nolan)   07.10.11 22:26

A vrai dire, que ça vomisse, que ça danse ou bien que ça titube jusqu'à terminer dans un caniveau à cause d'un trop plein d'alcool, de drogue, voir d'un mélange explosif des deux. Il en avait carrément rien à battre. Il attendait juste, et c'était chiant, faut dire qu'en début de soirée y'en avait eu des gens. Mais d'un seul coup, ils semblaient s'être évanouis, autant au sens propre du terme : une jeune fille s'était étendue à plat ventre après un rail de coke, pas trop trop loin d'lui, qu'au sens figuré : Aux vues du vide abyssale devant ses yeux. Personne ne se présentait depuis un bon petit moment. En gros, là, à l'instant, il ne vendait pas, mais vraiment pas du tout. Et du coup, bah... Il ne pensait pas, hein... Il ne savait pas faire ce genre de truc là... Nan, on va juste dire qu'il y avait quelques idées abstraites d'un "Mais pourquoi ?" qui passaient par-ci par là dans son cerveau, ouais parce que des fois son cerveau s'apparentait à autre chose qu'un grand couloir vide avec des courants d'air, des fois, pas souvent.

Bref, en gros... Nolan ne faisait pas grand-chose... Il était même pas défoncé, en même temps, s'il l'avait été... Il n'aurait même pas trouvé le moyen de refourguer sa drogue à quelques ados, adultes ou ... choses ? En mal de piquouses... Heum... En manque d'amour... Puisqu'il n'aurait pas tenu sur ses jambes.

Sinon, tout le reste d'gens semblaient être saouls ou être déjà passés lui acheter quelque chose, s'amusant à se trainer pathétiquement par terre, ou essayant de draguer ce pauvre barman, qui savait pourtant bien que ce n'était pas pour son joli minois d'homme des cavernes qu'on le charmait, enfin "charmait..." Mais plus parce que le client n'arrivait même plus à distinguer les traits de son visage et encore moins son sexe.

Il se demandait même plus pourquoi il n'y avait personne, il en avait pas grand-chose à foutre. Après tout, il avait gagné bien assez ce jour-là, mais il restait parce qu'un de plus ne peut pas faire de mal, fin... Pas à lui.

Et là... Il regarda le type qui s'asseyait en face de lui... Le genre de type que tu ne vois pas dans une discothèque quoi... Fin Nolan avait vu de tout dans les multiples endroits qu'il avait côtoyé. Mais, l'autre n'avait pas vraiment l'air d'un drogué, du moins à vu de nez. Ah tiens en plus il connaissait son nom ? Bof, ça ne le surprit même pas. Pourquoi ? Parce que y'avait qu'un mec clean pour retenir des noms alors que les drogués se contentaient d'un "TOI". Ou alors, c'était juste que l'information ne parvenait pas au cerveau. Il se rendit compte que la musique s'arrêtait, du coup, il afficha un air un peu surprit, ce demandant ce qui avait encore pris à ce connard de DJ !

Tin, il manquait plus que ça, le type devant lui avait la tremblote... Okay, okay il allait lui lâcher une dose pas besoin de lui faire un coup de stress comme ça... Rah, ces toxicos... Ouais parce que maintenant que ça tremblait, le fait qu'il était un toxico était passé de "Hmm, je sais pas on dirait pas." à "Oh putain, ce mec est en manque."

Mais à l'entente des mots que l'autre garçon avait prononcé avec une voix d'oracle de l'outre tombe, plus les phrases incompréhensibles à la Yoda... Il se rétracta, il n'allait rien lui refiler... Nan il ne vendrait rien à un malade mental... Le pauvre type aller se faire du mal à ce rythme. Bon les autres aussi se faisaient du mal, mais des comme ça, il en avait pas vu souvent.

Notons que le jeune dealer n'avait absolument rien compris à la situation... Le silence, l'atmosphère flippante et pesante, ainsi que la possibilité d'une incantation vaudou, d'un message de l'au-de-là ou d'une connerie dans le genre, lui avait traversé l'esprit évidemment. Avant de ressortir par une de ses deux oreilles.

«- ... De... Gné ?»

Ouais, c'est par ce... Mot, très intelligent et illustrant superbement sa situation : L'incompréhension la plus totale, qu'il répondit. Il n'avait mais... Absolument rien pigé ! Ce type était incompréhensible ! Il avait lâché quand l'autre avait prononcé ce "Nolan Hillack", ça lui rappelait trop ses multiples retenues... T'façon il vendait pas de raisins lui ! Genre, il s'était cru sur un marché, le gars... De plus lui, il ne savait pas ce que voulait dire la moitié des mots employés par son interlocuteur... Du coup, il le prenait vraiment pour un taré.

«- Oulaaa ! Toi, tu peux toujours crever pour que je te file une dose... T'as l'air d'avoir déjà pas mal abuser. On a dû te donner un truc vachement fort.»

En effet il avait pas vraiment envie d'empirer le cas de ce gars... Puis il risquait de revenir sinon... C'est pas qu'il l'aimait pas, il ne le connaissait pas mais... Vu le vide devant lui... Ce mec était mauvais pour son business. Ah mais tiens... C'était qui ce gars d'abord, pour venir lui parler de choses incompréhensibles avec des mots compliqués ? Encore un de ces bâtards qui avaient dû lui dire qu'il n'était pas une flèche... Bof Nolan lui il ne se trouvait pas con, après tout il s'en sortait un peu près... Enfin bref.

«- Puis d'abord, t'es qui toi ?»

Bah vouais ! Ce type, il le connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Bon il ne connaissait pas non plus d'Eve ou d'Adam, faut dire... Ou alors il s'en souvenait pas... Ouais, c'était peut-être ça...
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MessageSujet: Re: Vous avez UN nouveau message (Nolan)   08.10.11 7:30

Sarmis, il fallait bien le reconnaître, n’était pas habitué à ce que ses messages rencontrassent un très grand succès. D’abord, les gens essayaient souvent de s’enfuir quand il venait le leur délivrer et il ne se souvenait pas d’avoir jamais été attendu avec beaucoup de patience, comme le facteur qui doit apporter, enfin, le colis qu’on désire tant. C’était une attitude très vexante, dont il avait appris à s’accommoder, en supposant que la mort ou l’éradication d’une ville devaient être des choses bien désagréables aux mortels.

Ensuite, les gens n’avaient pas toujours l’air de très, très bien comprendre ce qu’il leur racontait. Il ne pouvait pourtant pas leur dire les choses très clairement ! Où serait le jeu ? Où serait l’aventure ? Et puis, c’était comme cela qu’il avait toujours parlé, il ne voyait pourquoi il changerait ses habitudes. Les Grecs, du moins, jadis, avaient fait l’effort d’engager des prêtres pour interpréter ce genre de communications et il était parfois bien contents de l’ambiguïté des messages, qui leur laissait en quelque sorte les coudées franches.

Mais désormais — ma pauvre Dame ! — le monde moderne n’avait plus le temps à perdre en interprétation, non : il fallait parler vite et clairement. C’était une chose bien désagréable où s’abîmait tout le charme des anciennes prophétiques et, de temps à autre, Sarmis songeait avec mélancolie qu’il pourrait toujours se recycler dans une entreprise de communication pour fabriquer des slogans de publicité.

Cependant, les gens, en général, étaient toujours retenus par une sorte de perplexité respectueuse, née soit de la conscience de la mission importante qui était la sienne, soit de l’inquiétude, soit des manifestations surnaturelles qui entouraient la communication du message ; bref, le mystère n’était pas encore entièrement perdu et il restait quelque chose des anciennes religions.

De ce point de vue, le client du jour était une profonde déception. Sarmis haussa les sourcils en constatant le manque complet de réceptivité de Nolan. Ce type était-il donc complètement crétin ? Avait-il hiberné pendant depuis sa naissance pour ne pas reconnaître une créature surnaturelle quand il en voyait une ? Par quels moyens faire pénétrer le message dans cette petite cervelle étriquée ?

Et, du reste, quelle dose voulait-il lui filer ? Et qu’est-ce que ça voulait dire, filer ? Il n’avait pourtant pas l’air de faire une tapisserie ! Sarmis, qui avait bien connu Pénélope, se targuait de savoir deux ou trois choses sur l’art tisserand, et il lui paraissait plus qu’évident que son interlocuteur n’était pas rompu à l’art du métier et de la navette. Non, sans doute, c’était autre chose qu’il voulait dire par là.

Le Messager laissa la table se reposer et la musique reprendre brutalement, tournant la tête de droite à gauche et scrutant l’assemblée. Car c’était peut-être un piège, une farce, une caméra cachée ! L’archange Gabriel était tellement désagréable et jaloux que Sarmis ne serait pas étonné qu’il eût manigancé une rencontre avec un demeuré profond exprès pour le frustrer. Ou bien c’était cette vampire complètement dérangée qu’il avait aidée une fois et qui croyait depuis devoir lui rendre service en lui arrangeant des rencards avec des types tous plus étranges les uns que les autres.

Mais non, personne horizon. Sarmis reporta son regard sur Nolan. C’était un vrai client, avec un vrai message. D’une certaine façon, il lui rappelait à un Germain de 835 à qui il avait prophétisé les croisades en des termes très simples (Le berger agitera son multiple troupeau) et qui avait eu l’air à peu près aussi éclairé qu’un butoir de porte. Les aléas de la profession, supposait-il.

Sarmis poussa un soupir, posa les deux coudes sur la table et entreprit de procéder à quelques explications qui furent entièrement couvertes par la musique frénétique qui emplissait l’établissement. Le Messager, d’un claquement de doigts agacé, réduisit au silence le DJ — du moins, pour eux d’eux : le reste des clients continuait à se tordre convulsivement.


« Bon, écoutez, alors, euh, bon. »

Par où commencer ? Des mots simples et des phrases courtes, sans doute. Mais est-ce qu’il savait seulement faire ça, lui ? Il n’avait pas de diplôme de professeur ni d’éducateur spécialisé !

« Bon, on va faire simple, d’accord. »

Sarmis plongea son regard dans celui de Nolan pour être bien sûr de captiver son attention.

« Je suis un Oracle et je viens de vous délivrer une prophétie qui concerne votre avenir. »

Sarmis plissait légèrement les paupières, pour tenter de déterminer, aux lueurs d’intelligence qui pouvaient passer dans les yeux de Nolan, s’il comprenait à peu près de quoi il était question ou si ces explications sommaires n’étaient encore pas suffisantes.

« Mais c’est à vous de la méditer, vous voyez. Je ne fais pas l’exégèse. Je veux dire, l’interprétation. Je veux dire, je n’explique pas. »

Il y avait cependant quelque chose d’attendrissant dans le désoeuvrement de Nolan et Sarmis était pris d’une envie de l’assister encore, un peu lorsque, contemplant un chaton légèrement attardé qui essaye d’attraper une souris, l’on désire l’aider un peu dans sa quête que l’on sait, sinon, être d’avance infructueuse.

Sarmis esquissa une moue songeuse puis reprit :


« Si vraiment vous avez des difficultés, je peux vous donner l’adresse de quelques prêtres, qui ont l’habitude de fournir ce genre de services. Bon, évidemment, ce n’est pas gratuit, mais je suppose que vous avez bien un emploi. »

Cette dernière phrase trahissait l’immense naïveté du Messager. Pour lui, Nolan était assis dans cette discothèque parce que, probablement, il attendait que quelqu’un l’invitât à danser. Ou bien il venait boire un verre. Mais il ne soupçonnait pas que les activités du jeune homme pussent être autrement moins recommandables.

D’ailleurs, il n’était pas très certain que Sarmis sût ce qu’était une drogue et l’usage que l’on en faisait.

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MessageSujet: Re: Vous avez UN nouveau message (Nolan)   16.10.11 20:07

Nolan ne fit aucunement attention à la déception de son interlocuteur, déjà parce qu'il ne l’avait pas vu. Et aussi parce qu'il était paumé et que sa capacité de perception était limitée. Mais bon, il n'allait pas longtemps chercher à comprendre, déjà la moitié des mots du messager s'était égarés et ne referaient jamais plus surface. En gros, il avait déjà zappé la moitié du baratin de l'autre, baratin qui était en fait surement très important et tout et tout... Mais Nolan... C'était Nolan quoi.

Ah ! Il capta que le DJ avait enfin remit la musique ! C'était pas trop tôt, comment voulait-il gagner des sous s’il ne faisait même pas son boulot ? Sous la musique assourdissante, il vit le type qui parlait de raisins, chercher ou semblant chercher, quelque chose dans la salle, sans le trouver, avant de retourner son regard vers lui. Sous l’œil complètement abrutit de Nolan, qui pigeait que dalle à tout ça, il s'appuya sur la table, ou plutôt sur le "Plan de travail." Du blondinet qui le suivait des yeux. Claquant des doigts d'un air agacé, la musique s'arrêtant à nouveau suite à ce geste, Nolan cligna un peu des yeux semblant saisir quelque chose...

«- Ah mais... En fait c'est toi l'DJ !»

Bah quoi ? Avec les nouvelles technologies et tout, ça devait être possible ! Puis Nolan lui il s'y connaissait pas dans tous ces trucs... Il avait juste tiré la conclusion la plus terre à terre qui lui avait traversé l'esprit... Et entre-autre la seule qui lui était venue.

Il le toisa un moment, n'empêche, il était bizarre pour un DJ... Et Nolan n'arrivait toujours pas à comprendre où voulait en venir ce type... Qui commença à lui expliquer quelque chose, qu'il ne comprit pas...

«- Comme dans les séries télé ? T'fais pas que DJ ?»

Il eut un moment de gros blanc ou Nolan mordilla sa lèvre inférieure sous la gêne, il voyait bien que l’autre lui expliquait un truc mais, son regard ne renvoya qu’une incompréhension la plus totale. Avant qu'il lâche.

«- Une prophé... Quoi ? Je n’vois pas en quoi mon avenir à un rapport avec un raisin... J’aime pas ça en plus.»

En gros, il ne pigeait que dalle, mais absolument rien. Il cligna même des yeux, perdu. Il ne comprenait rien à tout ce charabia. L'autre avait beau capter son attention, même en faisant cela rien ne semblait réussir à expliquer la situation au dealer.

«- T'es vraiment un malade ou tu te fous juste de ma gueule ?»

Ouais, parce que, soyons honnête, pour lui, un type qui connait ton nom, vient te sortir des phrases sans queue ni tête, et essaye de t'expliquer qu'il ne peut pas t'expliquer mais que... Enfin un truc compliqué... Il se foutait clairement de sa gueule, ou il sortait de l'asile... Il se demanda même si il ne devait pas laisser ce gars là, quand il eut l'air presque attendrit devant lui... Fin un mélange de pité et d'attendrissement... Qui laissa le jeune homme confus.

La dernière phrase de l'inconnu le cloua sur place... Ses yeux s'écarquillèrent comme des
soucoupes. Il eu presque l'air choqué en fait, voir totalement...

«- Hein ? Ce genre de services ? Des prêtres ? Adresse ? Je n’sais pas quels prêtres tu connais mais... C'est vraiment, vraiment, flippant. On dirait que tu parles de putes... Bah j'ai un boulot, tu crois que je fais quoi là ? Je m’amuse ? Je coupe du sucre ?»

Ouais bon, pour le langage, on repassera, Nolan n'avait jamais eu une façon de parler des plus soutenues après tout. C'était tellement naturel pour lui. D'ailleurs c’était ironique que Nolan le regarde comme si le messager était idiot, voir inculte... Genre il était entrain de dealer juste devant son nez et l'autre lui demandait s’il avait un emploi...

Nolan jeta un regard sur les gens qui dansait derrière Sarmis, semblant surprit qu'ils dansent encore... Il les détailla un moment, les gens bougeaient tous comme si la musique était toujours présente. Nolan fronça un peu les sourcils, perplexe, essayant de chercher une raison à ce fait plus qu'étrange, puis soudain son regard or sembla s'illuminer.

«- Ha ! En fait ! Tu as refilé des oreillettes aux gens ?»

Bam... Il était encore complètement à côté de la plaque, d’ailleurs cette idée était illogique, pourquoi aurait-il remit la musique tout à l’heure si les clients avaient des oreillettes ? Mais bon Nolan était un cas, il semblait presque nager dans une autre réalité... Quoiqu'en fait il semblait seulement être très con, ou avoir un problème de connexion de neurones. Certaines choses avaient l’air de lui passer, mais complètement au-dessus. Il était d'ailleurs, pour lui, vraiment impossible qu'il puisse exister une autre race que les humains, qu'il se passe des choses surnaturelles et tout le toutim...

On pouvait, comme maintenant le lui mettre devant le nez. Si l'exemple n'était pas clair et net, le blondinet ne capterait pas. Et encore même avec un bon exemple il faudrait sûrement lui expliquer parce qu'il croirait rêver. Puis bon… Il ne s’intéressait pas trop à ce qui l’entourait en fait.
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